‹ Cours d'économie socialeChapitre 246 sur 310 · I. V. Steccanblla, Del Comunismo, p. 3io · texte numérisé non relu

I. V. Steccanblla, Del Comunismo, p. 3io

a. La Participation aux bénéfices, p. 9.

3. Conf. R. DALLA VoLTA, Le Forme del Salaria; — Schônbergs Handbuch et 4!onradt Handwôrterbuch , art. n Arbeitslohn ».

63a l'ordre économique

l'ouvrier*. Le salaire réel est la quantité d'objets utiles que l'ouvrier peut se procurer avec le salaire nominal.

L'importance de cette distinction est manifeste, car la signification du salaire en argent diffère extrêment d'après la puissance d'achat de la monnaie. Ce qui importe au salarié, ce n'est pas assurément la quantité de métal qu'il reçoit, mais bien la somme de choses utiles aux gens de sa condition, qu'il peut se procurer par ce moyen. Tout dépendra donc, en réalité, du prix des objets de consommation par rapport à l'argent, à l'époque et dans le pays dont on étudie les salaires.

Salaire en nature et salaire en argent. — Le salaire consiste généralement en argent; ce n'est cependant pas une règle impérative. Les ouvriers ruraux reçoivent généralement une partie de leur salaire en nature sous forme d'aliments. 11 en est de même dans certaines usines, dont les patrons adjoignent à l'établissement des restaurants, comptoirs ou économats. L'ouvrier reçoit chaque jour un ou plusieurs jetons de présence, ayant une valeur convenue, qu'il peut échanger contre une denrée quelconque. La valeur des jetons utilisés par lui au comptoir lui est retenue le jour de la paie^. Cette pratique connue sous le nom de truck- System, que certains patrons avaient, d'ailleurs, introduite dans un but humanitaire et afin de procurer à leurs ouvriers la vie à bon marché, a donné lieu à de nombreux abus. Très souvent le ti'uck-system dissimulait mal une indigne exploitation de l'ouvrier, aussi la plupart des législations industrielles l'ont-elie prohibé ',

Salaire direct et salaire indirect. — Le salaire peut être direct ou indirect. Le salaire direct est la rémunération affectée immédiatement au travail; le salaire indirect eslxine subvention ou rémunération accordée à l'ouvrier.

I. Cxuwès, Cours, t. III, p. 24 ; — Hervé-Bazin, Traité élémentaire, p. 377 ; — Schônbergs Uandbuch, t. I, p. 61 3.

«. V. Paul Pic, Traité élémentaire de législation industrielle, t. I, p. SgS.

3. V. CauwÈs, Cours, t. III, n" 835 ; — Conrads Handwôrterbueh, art. a Truck- System » ; — Schônbergs Handbuch, t. II, p. 63 1, scq.

DU SALAIRE 63 "î

Le salaire direct ordinaire comprend le salaire du travail à la journée ou à la tâche.

Le salaire direct extraordinaire est um supplément de salaire consenti par l'entrepreneur pour certaines qualités particulières du produit. Il comprend le sursalaire de production et de qualité du produit, les primes et la participation aux bénéfices.

Le salaire indirect comprend toutes les subventions dues à la générosité des patrons : ce sont les primes d'ancienneté, les logements à prix réduit, les caisses de secours ou de retraites, les économats et les sociétés coopératives de con.- Gommation. etc., etc.

Salaire au temps et salaire à la tâ-che. — Dans le salaire au temps l'ouvrier est payé tant par heure, tant par jour ou tant par mois de travail; — dans le salaire aux pièces^ autrement dit à la façon, ou à la tâche, l'ouvrier n'est pas payé proportionneyement au temps, mais proportionnellement à l'ouvrage fait.

Le salaire à l'heure, le seul applicable dans un certain nombre d'industries, a l'avantage d'assurer à l'ouvrier un salaire fixe et d'éviter tout surmenage; mais il a l'inconvénient de ne pas faire généralement une différence suffisante entre un bon ouvrier et l'ouvrier ordinaire ; de favoriser la paresse du mauvais ouvrier, qui produit le moins possible n'ayant d'autre préoccupation que celle de faire juste ce qui est nécessaire pour ne pas être renvoyé; d'obliger le patron à une surveillance minutieuse qui devient facilement pénible pour l'ouvrier.

Le travail à la tâche ou aux pièces offre d'incontestables avantages : il proportionne mieux la rémunération au travail fourni que le salaire au temps; — il fait que l'ouvrier labo- I. rieux gagne davantage, généralement du moins; il stimule \ l'activité du travailleur qui touchera un salaire d'autant plus grand qu'il produira en plus grande quantité; il le rend plus indépendant du patron, le soustrait à la surveillance, toujours mal supportée, des contremaîtres; — il lui permet de vivre un peu plus de la vie de famille en lui donnant la facilité de travailler dans sa propre maison au milieu des siens et parfois avec leur concours. Mais il a l'inconvénient grave de

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faire tendre à la quantité au détriment de la qualité. L'ouvrier tient a produire beaucoup, il produit le plus vite •possible pour arriver à un salaire plus considérable et il néglige de donner à son travail tout le soin et le fini nécessaires.

Les socialistes ont toujours été opposés au travail a la tâche; ils ne lui reconnaissent aucun avantage sérieux et lui trouvent des inconvénients très graves que K.Marx énumère au chapitre xxi de son livre : Le capital.

11 faut avouer que même la production n'est pas toujours activée avec le travail à la tâche ou au pièces, et Taylor a pu dire que la flânerie atteint son maximum dans ce système. Gela tient à ce que les salaires de base ont été souvent calculés sans les éléments d'appréciation suffisants, par des contremaîtres qui n'avaient pas toujours la compétence nécessaire. Si le rendement augmente, l'entrepreneur, parfois sous la poussée de la concurrence, tendra à revenir, pour les diminuer, sur les tarifs primitivement consentis.

C'est pourquoi on cherche à appliquer un système mixte qui tienne compte à la fois du temps et de la tâche.

On paie, par exemple, les ouvriers à l'heure, mais dès qu'une certaine production est atteinte, on ajoute une prime qui croît proportionnellement au travail fourni.

Ou bien, partant toujours du salaire à l'heure (salaire de base ou d'affûtage), on préfère calculer la prime d'après le temps économisé. Halsey et Rowan ont fourni pour cette appréciation des formules appropriées.

Dans la formule Halsey si l'on appelle T le temps acccordé \ l'ouvrier pour un ouvrage donné, t le temps réellement îmployé par lui, a un certain coefficient égal généralement \ i/3 ou 1/2, s le salaire d'affûtage ou horaire primitivement •ronvenu, s' le salaire horaire réellement payé on aura :

s't ■= st + as [T — t)

c'est-à-dire que [le salaire réel sera égal à un salaire au temps augmenté d'une fraction proportionnelle au temps économisé.

Supposons que a = i/3, qu'on ait, en calculant largement, .'iixé à dix heures le temps normal d'un travail donné et à

a francs l'heure le taux d'affûtage. Admettons que l'ouvrier ait économisé trois heures, la formule Halsey donnera :

s't ou salaire réel io<ai = a x 7 + i/3 x a x 3 = 16.

L'ouvrier aura droit à un boni de 2 francs ou de 3 francs si le coefficient a était supposé égal à 1/2 ou de 6 francs quand ce même coefficient a est égala l'unité.

Dans le système Rowan, la formule est un peu différente. Soit T le temps alloué, t le temps employé réellement, T-t représente doncUe temps économisé, en gardant les notations de tout à l'heure on aura :

s't = st + st (-^V^)

et, en reprenant les exemples numériques déjà cités, si un ouvrier économise trois heures sur dix heures, avec un taux d'affûtage de 2 francs à l'heure, l'équation donnera :

s't ou salaire réel total = a x 7 + '' = 18,20.

L'ouvrier aura droit à un boni de 4 fr. 20.

On peut, par ces exemples, se rendre compte que la formule Halsey, avec de forts coefficients a, mène à des primes qui montent assez rapidement : elle décourage les ouvriers malhabiles et encourage vivement les plus habiles, mais elle demande que l'entrepreneur ait fait très exactement ses calculs, s'il ne veut pas être être entraîné à des risques résultant de primes exagérées.

Le système Rowan encourage vivement les ouvriers moyens et donne lieu à moins de surprises que le précédente

En outre du salaire ainsi déterminé, on peut employer encore des primes à l'économie. L'ouvrier qui limite les déchets, qui réduit au minimum la qualité des matières premières employées, qui utilise au mieux la force motrice, mérite un intérêt dans ces économies réalisées par ses soins.

I. V. LiOTJViLLE, Conférence tur le salaire. Echo de l'Union sociale d'ingénieurs -eatholiques, i8 janvier 1920.

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Exemples : prime sur le charbon épargné, sur l'huile de graissage ménagée...

Ainsi en étudiant les modalités du salaire — et les méthodes de Taylor sagement appliquées peuvent trouver ici leur application pour fixer la tâche et le salaire de base — en complétant les tarifs ordinaires par des primes assez détaillées, on peut arriver à intéresser l'ouvrier à la production, à l'associer, somme toute, aux bénéfices, sans entrer dans le régime ordinairement désigné sous le nom de participation aux bénéfices. Cela demande à l'entrepreneur une surveillance attentive pour suivre, dans le détail, les tâches accomplies, cela demande, entre tous les facteurs de la production, une grande loyauté. C'est sans doute dans cette voie qu'il faudrait chercher les garanties nécessaires qui préviennent ou répriment les fraudes, quel que soit leur auteur.

Marchandage. — Le marchandage est un contrat de sousentreprise : c'est la convention au moyen de laquelle les entrepreneurs de grands travaux rétrocèdent à des sousentrepreneurs ou à des tâcherons une partie de l'exécution du travail total. En soi, le contrat de marchandage est parfaitement légitime, puisqu'il n'est, en définitive, qu'une entreprise en sous-offre.

Il a ses avantages. A l'entrepreneur il assure la rapidité d'exécution, si importante dans les soumissions de travaux publics. Le tâcheron retire un bénéfice plus considérable que celui d'un simple ouvrier et peut ainsi s'élever graduellement au rang de patron ; le cas est fréquent chez les sousentrepreneurs de travaux publics.

Il donne lieu aussi à de graves abus, qui sont de deux sortes :

i* Le tâcheron, très souvent, surmène les ouvriers; il est dur pour ceux qu'il emploie. «En général, observe M. Gibon, le chef ouvrier est plus exigeant que ne le serait le patron le plus rigide; son intérêt sera toujours d'obtenir de ses ouvriers un maximum de produit; il exigera toujours ce maximum ^ » Et, après avoir cité le laminage à forfait, il continue : « On pourrait citer d'autres exemples nombreux; ils

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