I. De» divers modes de rémunération du travail, p
DU SALAIRE Si']
témoigneraient, comme celui des laminoirs, que ce genre de travail est toujours abusif; dans ces conditions, l'homme travaille pour l'entrepreneur, et son salaire reste le même, quel que soit son produit \ »
2* Le tâcheron est un entrepreneur en sous-ordre; le salaire qu'il donne à ses ouvriers est distinct de celui qu'il reçoit; le profil provient justement de la différence entre le prix alloué à forfait au tâcheron pour le travail à exécuter et le salaire payé par lui à ses ouvriers. Si ce salaire est payé à la journée ou à l'heure suivant le tarif courant ou un peu au-dessous, le marchandage ne donne lieu à aucune critique justifiée; mais il en va tout autrement lorsque le tâcheron diminue dans une porportion notable le salaire normal ; alors il y a injustice manifeste, et le marchandage devient une exploitation coupable de l'ouvrier par l'ouvrier. Malheureusement, ce fait n'est pas rare dans les travaux publics, surtout à Paris. « Le marchandeur, écrit M. deMoIinari, pour exécuter les travaux qu'il a pris à la façon, a besoin d'un nombre plus ou moins considérable d'ouvriers. Ces ouvriers, il s'efforce naturellement d'obtenir leur travail au meilleur marché possible, il s'adresse de préférence à ceux dont les besoins de subsistance sont les plus urgents : il leur fait des avances pour les retenir en les endettant, et les surveille de plus près que ne pourrait le faire l'entrepreneur. Le marchandage, ainsi pratiqué, réduit fréquemment l'ouvrier à une condition misérable. A la merci du marchandeur et parfois du sous-marchandeur, il ne reçoit, en échange d'un travail excessif et épuisant, qu'un salaire minime^. »
Le sweating-system a montré l'abus du marchandage poussé à ses dernières limites. Le sweating-systera est le marchandage appliqué par les sous-entrepreneurs aux travaux qu'ils font faire chez eux ou dans un petit atelier par d'autres ouvriers à des prix dérisoires. Ce mode d'exploitation de la sueur de l'ouvrier est très usité dans les quartiers de l'est de Londres, à Leeds, etc., où il domine dans les métiers de tailleurs, cordonniers, chemisiers, couturières. Dans l'enquête faite, en 1890, dans VEast-End London, on a