I. Cours complet, 5» partie, ch. v
666 l'oudre économique
salaire obtenu par un Ub''e débat entre l'ouvrier et l'employeur est naturel et normal. Or ce salaire ainsi obtenu est le salaire courant ou prix courant du travail^. » Qu'est-ce qui règle le taux des salaires? demande M. Leroy-Beaiilieu, et il répond : « La règle la plus générale, c'est que le salaire, comme tous les prix, est fixé par la grande loi de l'offre et de la demande. Là où il y a beaucoup de capitaux et un nombre restreint d'ouvriers, le salaire est élevé ; là où les capitaux sont rares et les ouvriers très nombreux, le salaire est déprécié. L'on en conclut que l'accroissement des capitaux est favorable aux ouvriers et qu'une augmentation excessive de la population leur est défavorable. On ne peut contester la valeur générale de ces propositions^. »
Cette théorie, en opposition ouverte avec l'enseignement de l'Encyclique Rerum novarum, se trouvera réfutée dans l'article suivant.
Théorie du prix courant. — Dans cette opinion, le juste salaire est celui qui est conforme au taux courant, exempt de fraude et de violence. Cette notion se distingue de la précédente en ce que là on déterminait le juste salaire par la convention particulière des contractants, tandis qu'ici l'on considère le prix payé par la majorité des patrons.
Les défenseurs de cette opinion admettent que la justice du salaire consiste dans l'équivalence entre le salaire et le travail ; mais la valeur du salaire dépend uniquement de l'utilité économique du travail, sans tenir compte de ce qui est nécessaire à la subsistance de l'ouvrier. Dès lors un salaire conforme au taux courant, exempt de fraude et de violence, sera, en soi et de plein droit, d'accord avec les prescriptions de la justice commutative.
Cette opinion a été défendue par la Société catholique d'Economie politique', par MM. Théry*, Onclair*, Hubert Valleroux*, etc.