‹ Cours d'économie socialeChapitre 259 sur 310 · I. Lu lutte pour le pain quotidien, p · texte numérisé non relu

I. Lu lutte pour le pain quotidien, p

ayons des objections de principes à taire valoir contre le contrat d'association en lui-même. Seulement il faut choisir. Nous avons ditque l'association rencontraitbien des obstacles pratiques. Si elle arrive, dans un cas ou dans un autre, à surmonter ces obstacles nous y applaudirons. Si le personnel ouvrier, par une simple association ou grâce à un capital étranger qui consent à lui faire confiance, parvient à maintenir la bonne marche d'une entreprise; il pourra supprimer le salariat. Mais alors il aura pris l'affaire à son compte, à ses risques et périls et supportera toutes les responsabilités dont le contrat de salaire a précisément pour effet de le décharger.

Remarquons enfin — et la remarque est importante — que les socialistes si pressés de condamner et de proscrire comme injuste le salaire, retomberaient sous son régime, si leurs rêves se réalisaient. Car alors chacun toucherait pour un travail fixé une rétribution convenue, c'est le salaire avec la différence que la caisse patronale serait devenue la caisse de l'État. Et la différence ne serait point toujours un avantage puisque ce même Etat aurait à prélever sur le travail de tous les sommes nécessaires à ses frais généraux multipliés par l'inertie et le gaspillage d'une administration compliquée à l'extrême.

Théorie de la liberté contractuelle. — D'après les défenseurs de cette manière de voir, le juste salaire dépend uniquement du libre consentement des parties contractantes, pourvu que ce consentement soit exempt de fraude et de violence. Il s'ensuit que le salaire n'est pas susceptible d'un juste prix objectif, basé sur l'équivalence entre le donné et le reçu. Si, pressés parla concurrence, les ouvriers se contentent d'un salaire misérable, à peine suffisant pour ne pas mourir de faim, ce salaire, en vertu de la loi de l'offre et de la demande, est parfaitement juste.

C'est bien là ce qui est exprimé par la formule de M. J.-B. Say : « Obliger qui que ce soit à payer des travaux au delà du prix auquel on offre de les exécuter serait une violation de la propriété et une atteinte portée à la liberté des transactions^» Joseph Garnierproposeleprincipesuivant: « Tout

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