‹ Cours d'économie socialeChapitre 281 sur 310 · S. Tboh., at Sb, q. 3a, a. 6 et · texte numérisé non relu

S. Tboh., at Sb, q. 3a, a. 6 et

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la valeur de cet excédent est chose difficile et sujette à plus d'une illusion. Dans cette situation perplexe à laquelle il est souvent difficile de trouver une solution, la religion nous vient en aide. Elle convertit l'acte de bienfaisance en un acte d'amour de Dieu et le lie étroitement à l'amour bien ordonné que l'homme se doit à lui-même. « Au-dessus des jugements de l'homme et de ses lois, dit Léon XIII, il y a la loi et les jugements de Jésus-Christ, notre Dieu, qui nous persuade de toutes les manières de faire habituellement l'aumône. »

2" Quelle est la nature de l'obligation imposée au riche de faire l'aumône ^ ? C'est une obligation non de justice stricte mais de charité. Vous direz peut-être : l'obligation de donner le superflu aux pauvres ne donne-t-elle pas à ceux-ci le droit de s'approprier ce superflu? Nous répondons en niant cette conséquence. Sauf le cas de nécessité extrême, le droit de l'indigent au superflu du riche est un droit imparfait et indéterminé^. Le superflu, en efl'et, est dû aux pauvres en général, et non à tel pauvre en particulier. Et comme ce superflu ne peut évidemment subvenir à tous, c'est à la liberté du possesseur qu'est laissé le soin de décider à qui, dans la foule des pauvres, il devra être donné de préférence'.

Organisation de la charité. — Pour que la charité privée remplisse la plénitude de son devoir social, deux conditions lui sont nécessaires : la liberté et l'association. Sans la liberté, la charité privée n'existe pas ; sans l'association, elle se trouve paralysée. Pour remplir sa mission d'une manière efficace, habituelle et constante, la charité a besoin de deux choses : le temps et l'argent. Or, souvent, il arrive

I, Y. L1BEBA.TOBE, Principii, p. 217, seq.

a. La Ciciltà (19 août iSg3) relève quelques propositions inexactes que l'on rencontre parfois sous la plume de certains écrivains catholiques : — i« L'ordre social chrétien est une réaction contre le droit romain ; — a» Le droit de propriété ne consiste pas dans le jus utendiet abutendi ; — 3» Si le propriétaire ne satisfait pas à l'obligation de distribuer au pauvre le surperflu de ses richesses, il perd son droit, de propriété ; — 4° En vertu du droit à l'existence, droit commun à tous les homme» les pauvres ont sur le superflu des riches un droit de justice stricte; — 5° Le droit d« propriété n'a de valeur qu'en tant qu'il confère une fonction sociale à celui qui est investi de la propriété, et cette fonction sociale est toute la raison du droit à» propriété.

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