I. La Révolution françaiie, y. loi
YI PREFACE
grand Pontife, à qui la Providence réservait le rôle de refaire en notre siècle l'éducation sociale des catholiques. Quelle sagesse prudente, mais aussi quelle vigueur magistrale dans l'exposé de la philosophie chrétienne, dans le rappel des enseignements de saint Thomas d'Aquin sur la société, dans l'affirmation catégorique des droits et des devoirs, des maux et des remèdes ! Léon XlII nous a souvent, et sous diverses formes, commenté les maximes catholiques en matière sociale. Aussi ce livre n'est-il pas un commentaire de l'Encyclique De condicione opificum. Il s'en inspire à chaque page, mais si w remarquable qu'elle soit, cette œuvre ne livre pas tout ' entière la pensée du Pape; c'est dans l'ensemble de ses enseignements qu'il la faut chercher ; nommons, par exemple, l'encyclique Quod apostolici muneris sur les fondements de l'ordre social, l'Encyclique Arcanum^ code du mariage et de la famille, les Encycliques Humanum genus et Immortale Dei sur la constitution civile des Etats et leurs rapports avec la société spirituelle, l'Encyclique Diuturnum qui étudie le pouvoir civil, enfin l'Encyclique Libertas qui traite de la liberté en face du droit moderne.
Puissions-nous avoir nettement dégagé tant de leçons qui seraient pour la société le salut et la vie ? Elles se résument en cet enseignement de l'immortel Pontife : la réforme sociale dépend de l'initiative individuelle et collective aidée par l'État, dirigée et fécondée par l'Église. Nous n'avons pas d'autre programme.
Jersey, le aS mars 1896.
PRÉFACE