Théorie générale de VEtat, p. aji
4. Divers articles àajMla. Revue philosophique, 1884, i8ao. iSgi.
laa L^OBDBE SOCIAL
datisme, c'est le cas du voleur de bétail chez les Arabes ou du voleur de grand chemin au moyen âge, devenant usurier, banquier, cambrioleur; ou encore, par perversion du mutualisme, c'est ainsi que le maitre avec ses compagnons du moyen âge devient le sweater de Londres avec ses misérables exploités, etc/.
Telles sont quelques-unes des conclusions de la nouvelle école de sociologie. Les considérations développées dans ce chapitre et les précédents nous paraissent suffire pleinement à leur réfutation.
u Parasitisme organique et Parasitisme social, par MM. Van OEE Vjbldi et SIas« OAKT. — Conf. DK Gbebf, le Transformisme social.
La société civile présente avec les corps vivants de remarquables analogies. Pour cette raison elle peut être, à juste titre, considérée comme un organisme moral. Dans le chapitre précédent nous avons isolé les diverses parties organiques du corps social : la famille, les associations, les classes, la commune, le département, la province. Que manque-t-il à notre recherche? Nous avons disséqué la société, mais le principe vital nous a échappé. Quelle est donc la force qui unit les parties de la société en un corps social, qui soude ces éléments épars en un tout organisé et leur donne une fin, une action commune distincte de celles des membres isolés ? Ce principe d'unité, c'est la justice légale. Pour établir cette vérité, il est indispensable de rappeler les notions fondamentales de la justice et de la charité. Nous diviserons donc la matière de cette leçon de la manière suivante :
i* La justice en général; 2" les différentes espèces de justice; 3° la justice légale, lien de la société; 4° ^a charité; 5" justice et charité.
Article r. — £.a justice en général.
Justice dans le sens le plus générale — Pris dans son expression la plus générale, l'idée de juste représente la notion d'une chose bien ajustée à un autre, comme un habit
I. Sur cette question importante de la justice, consulter le remarquable travail que le P. Joseph Hamon a fait paraître dans Y Association catholique, i5 décembre 1891, i5 févrieret i5 mars 1892; — S. Thom., i* sœ, q. 61, a. 3; — Lessius, d* Jusiitia, n» I ; — Tapakelli, Saggio, n" 177, 287, 586.
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à la taille, le contenant d'une mesure de capacité au contenu.
Le mot de Juste représente cette équation.
Dans un sens métaphorique, la justice signifie la conformité, l'équation d'une volonté à la règle de la morale. Que cette acception soit métaphorique, rien n'est plus certain, car l'idée de « juste » suppose, dans l'ordre physique, deux oh]eis distincts ajustés l'un à l'autre, et, par suite, dans l'ordre moral, elle exige une distinction au moins inadéquate des personnes : c'est ce que les Anciens exprimaient en disant que la justice est une vertu ad alterum> . Mais, dans la justice, rectitude morale, il ne s'agit que de l'accord intérieur des dispositions et des actes avec la droite raison dans une même personne'^. C'est encore dans cette même acception que saint Augustin et, après lui, les théologiens ae l'Ecole appellent justice l'ensemble des vertus ou vertu générale.
Justice dans le sens propre. — Dans une signification plus restreinte et plus rigoureuse la justice est : la vertu qui rend à chacun ce qui lui est dû, comme l'exprime saint Augustin : Justitia ea virtus est quse sua cuique tribuit^. Aussi bien, d'après le consentement unamime des peuples, être juste n'est-ce pas donner à chacun ce qui lui appartient, ce à quoi il a droit? Dès lors rien d'étonnant que les philosophes et les jurisconsultes définissent la vertu de justice, «cette disposition habituelle de la volonté à rendre à chacun ce qui lui est dû* ». Ecoutez saint Thomas commentant cette définition avec une incomparable clarté : « Le propre de la justice parmi les autres vertus, c'est de bien ordonner l'homme par rapport à autrui. La justice, en effet, exprime une sorte d'égalité, car on dit ordinairement de deux choses bien égalisées ensemble qu'elles sont ajustées. Or toute égalité marque un rapport avec autrui, tandis que les autres vertus perfectionnent l'homme uniquement dans ce qui le regarde lui-même. Ainsi donc, dans les actes des autres vertus, la rectitude que chacune de ces vertus se pro-