‹ Cours d'économie socialeChapitre 97 sur 310 · I. Coof. l'Ouvrier libre, par M. Kellkb · texte numérisé non relu

I. Coof. l'Ouvrier libre, par M. Kellkb

en 1886, elle tombe a 64 p. 100. En 1886, on compte 58 départements dont la population est en progression, 28 dont la population est en décroissance. En 1891, la proportion se trouve à peu près renversée : 55 départements diminuent de 399.000 habitants, 82 augmentent de 523. 000, et dans ces derniers l'accroissement porte sur les villes^. En 1906, la population urbaine était de 16.537.240 habitants et la population rurale de 22.715.011 individus. De cet exode vers les villes résulte, non seulement la diminution de la population municipale, mais l'abandon des villages.

En Normandie, dans un des plus riches territoires de notre pays, on trouve des champs en friche et des maisons écroulées. Le canton de Beaumont-Hague (Manche) a perdu depuis cinquante ans le tiers de sa population, autrefois si prolifique. La commune de Digulleville a reculé de 781 habitants en 1870 à 353 en 1898; à Omonville, suivant un proverbe local, le poisson meurt de vieillesse, faute de pêcheurs pour le prendre.

La dépopulation des campagnes n'est point un fait propre à la France, elle existe dans des proportions variables pour les autres pays.

A l'agglomération des masses ouvrières dans les villes ou les centres industriels se rattache la question des logements d'ouvriers ^ « Si j'avais besoin de démontrer combien sont réelles et nombreuses les souffrances à Paris, écrit M. Léon Lefébure, je n'aurais qu'à attirer l'attention un instant sur l'état des logements où se réfugient les pauvres et dire qu'il y a 27.385 logements habités par les indigents, soit 07 p. loo, qui ne se composent que d'une seule pièce ; qu'il y a 3.192 logements, soit 7 p. loo, qui ne prennent jour que sur un palier ou un corridor. A vrai dire, je ne connais guère, dans la capitale, d'indigents qui jouissent de l'air et de la

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