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I. La Papauté, le Socialisme et la Ddmocraiie, p

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une large part de responsabilité. Pesez ces expressions énergiques du grand Pape : « L'affluence de la richesse dana ies mains du petit nombre à côté de l'indigence de la multitude ; » — « les travailleurs livrés à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d'une concurrence effrénée ; » — « le monopole du travail et des effets de commerce devenu le partage d'un petit nombre de riches et d'opulents, qui imposent ainsi un joug presque servile à l'infinie multitude des prolétaires*. »

4° La question sociale a des racines profondes dans l'ordre économique ; elle est le fruit d'un régime économique vicié. N'est-ce pas la pensée de Léon XllI, lorsqu'il indique, parmi les causes du mal social, une répartition défectueuse des richesses, la concurrence effrénée, le monopole du travail et des effets de commerce, l'usure dévorante, la destruction des biens corporatifs.

De cette analyse se dégage la conclusion suivante .

Les éléments du mal social, les causes de la question ouvrière appartiennent à l'ordre religieux moral, à l'ordre économique et à l'ordre politique. Aussi, pour se rendre un compte exact de l'état du monde ouvrier et rechercher avec impartialité les causes et les remèdes de ces souffrances, il importe de dresser le bilan, au moins approximatif, des plaintes et des griefs du peuple des usines dans l'ordre religieux, moral, économique et politique, sans oublier, toutefois, que nous classons des faits, dont la critique et l'analyse seront données dans la seconde partie du Cours.

Abticlb 9. — Description du mal.

i* Éléments religieux et moraux de la question ouvrière.

— L'irréligion fait, dans les masses ouvrières, de douloureux ravages. Arraché dès l'enfance à toute idée religieuse par l'école laïque, excité par les menées des socialistes révolu-

I. Cette responsabilité, au moins partielle, des patrons considérés dans l'ensemble a été souvent avouée par plusieurs d'entre eux. Voir Congrès des Œuvres sociales à Liège, 3» session, iSgo; — Conférences d'études sociales de Nolre-Damedu-Haut-Mont, iSgS, 1894; — Georges Michel, Histoire d'un centre ouvrier, p. ajô, »eq. ; — deGhambbun, Mes nouvelles Conclusions sociologiques; — H. Let&et, En plein faubourg.

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tionnaires et athées, perverti par la mauvaise presse, séduit par les sophismes et les fables creuses qu'on lui jette en pâture, l'ouvrier abandonne peu à peu la pratique de la religion, perd la foi et augmente l'armée des libres-penseurs*.

Pas n'est besoin de refaire le tableau cent fois tracé de l'incrédulité, de l'inconduite et de la débauche des ouvriers des villes.

Un concubinage immonde ne remplace que trop souvent le mariage ; les liens de la famille sont relâchés ou brisés ; l'alcoolisme, ce fléau du xix' siècle, achève d'abrutir les âmes et de ruiner les corps. Que sont devenues les fortes et austères vertus des travailleurs ? Que reste-t-il de la tempérance, de la fidélité, du respect, de la prévoyance, du renoncement, de la probité du monde ouvrier ? Interrogez les prêtres, les patrons, les ouvriers chrétiens et honnêtes, les juges d'instruction, et vous n'obtiendrez pour réponse qu'une longue et douloureuse plainte.

Regardez autour de vous, dans le commerce, l'industrie, la finance. Que deviennent la justice, l'honnêteté professionnelle, la charité, les devoirs d'état? Tout est sophistiqué, jusqu'au langage, car l'injustice, — le vol, pour l'appeler par son nom, — ne s'appelle que trop souvent : habile spéculation, coup hardi, transaction heureuse^.

2° Eléments économiques. — A. Séparation du capital et du travail. -— L'introduction des machines, le rôle prépondérant dont elles jouissent dans la production et la division du travail, ont donné au capital une influence décisive ; aussi voit-on les petites industries indépendantes écrasées ou dévorées par les grandes entreprises industrielles ou commerciales.-

Les rapports personnels entre l'entrepreneur et l'ouvrier, le sentiment du devoir et de la responsabilité, d'un côté, celui de la fidélité et de la soumission, de l'autre, tendent à

I. V. le discours de Jaurès, à la Chambre des députée {Revue socialiste, àècem.* bre 1892, p. 789). — Conf. le Crime et l'Ecole, par Bonzon ; — Au sortir de l'éeole, par Max Tcrmann.

a. Conf. abbé Millot, Que faut-il faire pour le Peuple 7 iQor. — H. Dagan, De la condition du Peuple au XX* siècle, 1904.

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s'éteindre ; à la solidarité de l'entreprise succède la solidarité de la classe. L'oppression de la petite industrie par la grande, la concentration croissante de la production et du capital en un petit nombre de mains tendent naturellement à resserrer la dépendance des ouvriers, à accentuer le contraste dos classes, à développer les conflits entre patrons et ouvriers, à augmenter le nombre des mécontents, qui attisent les désordres et enrôlent les masses ouvrières dans une immense armée de défense.

B. Agglomération des travailleurs dans les villes. — La division du travail, l'outillage gigantesque des usines modernes, nécessitent une production ininterrompue et très étendue et, par suite, un personnel ouvrier considérable. Sous ce rapport, les villes ou les centres industriels offrent des avantages incontestables au point de vue des moyens de communication et de transport, de la facilité de trouver des employés ou des ouvriers spéciaux, etc., etc.

On rencontre dans les centres industriels une foule de commodités et de traditions, qu'il faudrait créer lentement et péniblement si l'on voulait établir une usine en rase campagne. En outre, la ville offre au patron des agréments, à l'ouvrier des séductions qui ne les décident que trop facilement à quitter la campagne ^

L'agglomération des travailleurs dans les faubourgs et dans les quartiers ouvriers des villes, la communauté d'intérêts et de souffrances développent en eux l'esprit de classe et la solidarité, éveillent la conscience de la puissance du nombre et de l'organisation. Le terrain est tout préparé pour les meneurs du socialisme : les mauvais journaux, les romans, les théâtres, les bals achèvent de préparer les révolutionnaires de demain.

Paupérisme et socialisme, voilà le résultat de la dépopulation des campagnes et de l'immigration dans les villes.

En 1846, la population totale de la France était de 34.400.000 habitants ; la population urbaine, de 8.646.000, soit 24 p. 100; la population rurale, de 26.754.000, soit 76 p. 100.

En 1866, la population rurale n'est plus que de 69,54p. 100;

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