‹ Cours d'electricité (volume 2)Chapitre 32 sur 51 · DC · texte numérisé non relu

DC

ifl,.

ii55o

Ii5

ïi,9

Après avoir considéré la courbe de variation de l'intensité d'aimantation à 20" j)ar exemple, traçons les courbes analogues pour des températures de plus en plus élevées. On peut voir, d'après la ligure 170 tirée du travail de M. Pierre Curie, que l'ai lu re des courbes se modifie avec la température et que la brusque courbure se produit pour des valeurs de plus en plus faibles du champ; à partir de 75o", la partie presque verticale de la courbe a même disparu et la courbe se réduit, dès lors, sensiblement à une droite légèrement inclinée sur OH. Par conséquent, à ^50° et au-dessus,

le coefficient d'aimantation /i==^ devient indépendant du champi

Il est alors très petit et de l'ordre de grandeur du coefficienl d'aimantation du palladium. Aussi, le fer cesse-t-il d'être un corps

( ' ) Les propriétés magnétiques variant assez notablement d'un échantillon de f( T à un autre, les nombres indiqués ci-dessus sont mentionnés seulement poor d )nncr une idée de l'ordre de grandeur.

ITESUKES ÉLECTBOUAGNÉTIQUES. Jll

rroroagnélique, pour ne plus être tjii'iin corps paramagnéUque. îlle transforiuiiiion a lieu graduellement, le fer perdant peu à peu s propriéttïs magnétiques à mesure qu'on élève sa température; ifin, à 75o", il jouit des propriétés des substances paramagnéjiies, et, comme pour ces substances, son coefficient d'aîman-

Fig. .

Jtl,4

nu

lion spécifique K varie en raison inverse de la température isulue.

Le fer n'est pas seul à présenter cette singularité : tous les corps rromagnétiques offrent la même particularité d'une température : transformation, propre à chacun d'eui, à partir de laquelle ils 'ennent rang parmi les corps paramagnétiques. Voici, pour lelques-uns, les températures de transformation :

Fer ;5o

Fonte 6;o

Nickel 3io

Magnétite 535

4 ri <:1IA1MTRK VI.

IL — ME8UBE RELATIVE DE L'IHTENSITÉ DES COURAHTS.

10. Galvanomètres. — Un grand nombre des mesures éleclromagnétiques dont il nous reste à parler reposant sur l'emploi d'un galvanomètre, nous devons maintenant décrire les principales formes données à cet instrument.

L'invention du galvanomètre a suivi de très près la découverte faite par OErsted de l'action des courants sur les aimants. C'est un ph)'sicien allemand, Scbweigger, qui, en 1821, a eii l'idée d*enrouler un grand nombre de fois le fil de cuivre parcouru par le courant, enveloppé d'une substance isolante, sur un cadre en bois, au centre duquel se trouvait une aiguille aimantée mobile et horizontale; de la sorte, toutes les spires de ce fil ajoutaient leurs effets et produisaient une déviation de l'aiguille bien plus considérable que ne l'aurait fait une seule spire. Aussi cet appareil porte-t-il le nom de multiplicateur de Schweigger; c'est le plus simple des galvanomètres.

Un miroir peut être rendu solidaire de l'aiguille, pour permettre d'observer les déviations par la méthode de Poggcndorff.

Pour se servir de l'instrument, on commence par orienter le cadre, sans faire passer de courant : on le place de telle façon que les spires du fil soient parallèles à la ligne des pôles de Taiguillc aimantée.

Calcul de la déviation de V aiguille. — Nous allons supposer, pour le calcul de la déviation de l'aiguille sous Teffet d'un courant, que le champ produit par celui- ci puisse être considéré comme élanl le même autour de chacune des extrémités de Taiguille, quelle que soit la position de cette dernière. (]cci se trouve réalisé sensiblement soit quand l'aiguille ne subit qu'une faible déviation, soit lors(]u'elle ne possède que des dimensions très petites, vi>à-vis des dimensions du cadre. Dans ce dernier cas, quel que soi! l'angle de déviation, fût-il même de <jo", les extrémités de IV guillc conservent sensiblement la même situation par rapport* celui-ci.

Supposons qu'il en soil ainsi : l'aiguille tout entière est alors

MESURES ÉLECTROMAGNÉTIQUES. 4^^

située dans un champ magnétique uniforme résultant de la composition du champ magnétique II existant autour de Taimant en Tabsence du courant et du champ produit par le courant qui circule dans le cadre. Ce dernier est dirigé perpendiculairement au plan des spires et a une intensité 3t proportionnelle à Tinlensité /du courant, d'où

( i ) :jc = G i,

G est appelé la constante gatvano nié triq ue .

Comme l'aiguille ne peut se mouvoir que dans un plan horizontal elle n'est soumise qu'à la composante horizontale du champ résultant, laquelle s'obtient en composant la composante horizontale H du champ R avec 5C. Puisque ces deux champs sont rectangulaires entre eux, leur résultante forme avec la direction de H un angle a donné par

.le Gi (2) tanga= ;jy = -jj--

La ligne des pôles de Tâiguillc, se mettant toujours dans la direction de la composante horizontale du champ après amortissement des oscillations, aura tourne ainsi de l'angle a donné par la relation (2).

La sensibilité d'un galvanomètre est d'autant plus grande que

tanga est plus grand pour une même valeur de i, autrement dit

que TT est plus grand.

Emploi d^ un aimant auxiliaire, — Il résulte de là un moyen facile d'augmenter considérablement la sensibilité d'un galvanomètre; il consiste à alTaiblir H au moyen d'un aimant auxiliaire SiN ifiS' ^7 0 situé au-dessus d'elle et capable de fournir un champ «loiiulant presque la composante horizontale du champ terrestre. On obtient de la sorte une résultante du champ terrestre et du champ de cet aimant, à laquelle on peut donner telle valeur que l'on veut et aussi telle direction que l'on désire.

Ce dernier point est surtout important. Soit en cflet un galvanomètre, placé dans une situation commode pour l'observation parla méthode optique de Poggendorff ou de Thomson; il faut, avons-nous dit, que l'aiguille soit parallèle au plan des spires.

4l4 CHAPlTDIi VI.

quand il ne passe aucun courant : c'esL ce qu'on réalise au movei (le l'aimant mobile auxiliaire, que l'on fait tourner jusqu'à c qu'on ait un cbamp ri^sullant convenable.

Telle est la mélliode indiquée par Lord Kelvin.

Mais il faut se garder d'exagérer la sensibililé d'un galvanomètre par cette mélhode, car alors l'instrumeDlprésenle undéfpl grave : de faibles variations dans la position du plan m^ridi^" magn<ïtique entraînent des variations considérables de la direciion de la coniposanlc horizontale du champ résultant, lorsque ce'lfcî a été rendue LrOs faible, ce qui fait que la position de l'aigui"'' en l'absence du courant n'est jamais fixe. La composition de ileuv champs horizontaux par la règle du parallélogramme montre, en elTel, que si ces deux champs composants sont d'aboril sensiblement égaux, de même direction et de sens inverse, uu

falc cliangemenl de direction de l'un d'eux priii l'aire loiirner Dgie considérable Iciii- n'sulrante.

galvanomètre de Nobilî. — Il existe une autre inn'tlindi' ■ucoup meilleure pour aujjmenlcr la sensibilité' d'un galvano-

:, ininginée du teste bien avant la précèili^ntc par le |>h^'sici<;n

1 Nobili. Celle méthode consiste à employer, au lieu d'une

lille, un système de deux aiguilles bomonlales et solidaires,

Hes <)ue les p&Ies nord et sud de l'une soieuL respect! ventent en

rard des ]}6les sud et nord de la seconde. Si le moment msgné-

bue des deux aiguilles est le ni^mc, si ces deux aiguilles sont

pilules et si enlin le système qu'elles forment est situé dans un

np magnétique uniforme, ce champ est sans aucune acliuii

te système; on dit que l'on a réalisé ainsi un xyslènie

unique. Un tel système, placé dans un cbamp uniforme,

pourrait pas servir, faute de s'orienter; mais on l'utilise

( ne Jonnaut pas aux deux aiguilles des moments magnétiques

JDiireusemenl égauK, de façon que le système quasi'astatique

avec une force très faible dans un cbamp uniforme. On

use alors l'une des aiguilles dans le cadre niulliplicaleur et

l'autre en dehors, au-dessus par exemple, le système étant soutenu, nomme dans les autres galvanomètres que nous allons décrire, par un fil de cocon.

En appliquant la règle d'Ampère, on verrait facilement que les actions du circuit sur les deux aiguilles sont concordantes, parce que pour Taiguillc supérieure c'est la partie supérieure du circuit quia un effet prédominant.

Tel est le galvanomètre de Nobili (y?^. '72).

Calcul de la déviation du système des deux aiguilles. —

Examinons la sensibilité d'un galvanomètre à deux aiguilles.

Pour cela, supposons que celui-ci soit réglé, c'est-à-dire que le

plan des spires soit parallèle à la composante horizontale H du

champ (champ terrestre ou résultante du champ terrestre et du

champ de l'aimant auxiliaire). Désignons par G la constante

i^alvanomélrique pour Taiguille qui est à l'intérieur du cadre et

par M son moment magnétique que nous supposerons un peu

|)lus grand que le moment M' de l'aiguille supérieure, pour qoe

Téquipage quasi-astatique ait la direction commandée par l'aiguille

inférieure. Si cette aiguille est déviée d'un angle a par rapport

à la position d'équilibre en l'absence du courant, le moment du

couple produit par le champ dû au courant d'intensité / est

MG/cosa; et celui du couple de sens inverse dû au champ H

(!st MH sina; le couple résultant agissant sur l'aiguille a donc

pour moment

M ( G t cos a — H si n CE ).

De mcmc, en appelant G' la constante galvanométrique plu* faible relative à Taiguille supérieure, pour la même déviation J. le moment du couple qui agit sur cette aiguille est

M'(G'i cosa -4- H sina).

le couple dû au champ H étant ici de même sens que le couple dû à Taction du courant. Le couple agissant sur l'ensemble desdcax aiguilles solidaires a ainsi un moment égal à

M (G i cos a — n sina) -+- M' ( G' t cos a 4- H sina); or, quand l'aiguille est revenue au repos, ce couple a un momcnl

MESURES ÉLECTROMAGNÉTIQUES. 4l7

ul; on a donc

M(Gt cosa — H sina) 4- M'(G't cosa-f-H sina) = o,

'où

MG-f-M'G' .

On voit par celte relation que, conformémenl à ce qui a été exposé plus haut, la sensibilité peut devenir aussi grande qu^on le veut en rendant M' de plus en plus voisin de M. Or, même en rendant par ce procédé très grande la sensibilité, on conserve toujours une même position pour l'aiguille quand le courant ne passe pas.

Du reste, aujourd'hui, pour accroître la sensibilité, on emploie toujours simultanément le procédé de Nobili et celui de Lord Kelvin, l'aimant auxiliaire, comme nous l'avons dit, servant surtout à donner à l'équipage mobile une direction convenable.

Galvanomètre de Thomson. — D'après la relation (3) on voit qu'on gagne à augmenter G', ce qui est, du reste, de toute évidence a priori. Aussi dans la plupart des galvanomètres en Qsage maintenant, place-t-on l'aiguille supérieure elle aussi à l'intérieur d'un cadre multiplicateur parcouru par le même (courant que celui du cadre inférieur, dans le sens tel, bien 'Hieudu, que les effets du courant s'ajoutent pour faire tourner équipage dans le même sens. La relation (3) s'applique alors ^^Qs modification. Ces instruments sont connus sous le nom de T<^hanomètres de Thomson (*).

'.(',) Ce qui appartient surtout à Lord Kelvin (W. Thomson) dans ces galva- '^^nièlres, c'est an mode d'enroulement du fil qui, pour une masse donnée de ^^i-eiy et une résistance donnée aussi fournit une constante galvanométrique ^ximam. Dans cet enroulement, les bobines formant cadre multiplicateur sont plus épaisses au milieu que sur le bord. Aujourd'hui on en est revenu à l'enrou- *^Qieot beaucoup plus simple pour la construction qui donne partout le même ^^unéire à la bobine, en observant toutefois la relation, entre le diamètre et la Wfear des bobines, qui donne le maximum de constante galvanométrique.

MBSIUES ei.llCTIM)IIAONIi:TIUI.'lf!<.

GaUunomêtre P. tf'eifs. — Galvanomètre llroca. — Alin ilr

mieux .se i a ni nocher d'uu aslati^uit; tiarfail pour In :

ui;j;tiiilc«, M. l'icire \\ tiss a eu I lituteuseidéc de constiuiei-IV<{uiptgc par deux aiguilles ainianlcps placées verticalement (/t^-. 1-4)

s dt /uçoii que leurs pôles de noius contraires soieat en regard .

li b vcrlicalilé est parfaite, 1

irme donne s

<les aiguilles prise isolémenl uo couple qui n'a pas de composaote horizontale : ce système est donc parfaitement asiatique même si les aiguilles n'ont pas exactement même moment magnétique. Comme il équivaut pourtant à deux aimants horizontaux N| Sj el S1N3, les cadres multiplicateurs qui, comme dans un galvanomètre Thomson, entourent N| S2 et S|Nj agissent sur l'équipage pour le dévier.

Ce galvanomètre présente encore l'avantage de posséder un équipage dont le moment d'inertie est très faible, les aiguilles N| S| et ^2 Sa étant très fines, très près de l'axe de rotation et le miroir M étant très léger et très réduit. 11 en résulte des oscillations qui, malgré l'extrême sensibilité, ne sont pas trop lentes (*).

M. Broca a encore amélioré le galvanomètre précédent eo prenant pour chacune des deux aiguilles verticales une aiguille ii point conséquent, c'est-à-dire présentant un pôle en son milieu et deux autres pôles vers les extrémités : ces derniers étant, bieo entendu, de noms contraires à celui du milieu {^g. ^1^)' ^ pôles du milieu sont de noms contraires pour les deux aiguilles. Comme chacune d'elles est équivalente à deux aimants solidaires de moments magnétiques égaux, mais disposés en sens inverse, <^haque aiguille est soumise à un couple de moment nul dans 110 champ uniforme, quelle que soit son orientation : le système de deux aiguilles est donc parfaitement asiatique quand même elles ne sont pas rigoureusement verticales. L'ensemble des deux pôles du milieu, de noms contraires, est équivalent à un petit aimant ho-

(>) La longueur des oscillations cause une perte de temps dans Femploi de5 galvanomètres, car malgré les amortisseurs dont sont souvent pourvus les équipages, il faut attendre parfois longtemps que les oscillatioos soient devenifs d'amplitude assez faible pour pouvoir avec exactitude noter la position oùTéiiii' page s'arrêterait, si on lui en laissait le temps. Or, la durée t d'oscillatioo est

donnée, comme pour tout pendule eiïectuant de petites oscillations, par t =«4/^

où J représente le moment d'inertie du système oscillant et C le quotient pir l'angle d'écart co avec la position d'équilibre du moment c du couple dft i cet angle d'écart u, pourvu qu'il soit petit (c = Cu). Mais C est d'autant plus petit qu'on a rendu le galvanomètre plus sensible et par conséquent t d*aalaot pli* grand. D'où l'importance de diminuer le moment d'inertie J autant q*€ p09sib)e.

UESURES ÉLECTROMAGNÉTIQUES. 471

rizonlal; aussi est-ce ce milieu des deux aiguilles qui est placé au centre de l^unique cadre multiplicateur que possède l*inslrumenl. Comme le système étant rigoureusement asiatique dans un champ uDÎforme n'aurait pas de direction fixe, on fait agir sur les exlrr-

pîcr T'*'i

In;

stUn?

mités inférieures des aiguilles un aimant auxiliaire minuscule dont on règle la distance et la direction de façon à obtenir l'orientation de l'équipage dans la position convenable.

La réduction du moment d'inertie a été poussée à l'extrême : les aiguilles sont des tubes très fins en acier enfilés dans des fils d'aluminium; le miroir n'a que quelques millimètres carrés de surface (* ).

C'est le plus parfait des galvanomètres fondés sur Texpériencc d'OErsted.

(*) MM. AyrtoDf Mathescl Sumpner ont désigné sons le nom de constante de sensibilité X le nombre de divisions qui mesure la déviation, pour une distance de la régie au miroir égale à 2000 divisions, due à un courant d*un micro-ampère quand la durée d'une oscillation double de Téquipage est 10 secondes, divisé par la racine carrée de la résistance en ohms. Par conséquent, si un courant de 1 micro-ampères donne n divisions de déviation à une distance de I) divisions, lu dorée d'oscillation double de Téquipage étant T et la résistance du galvano» mètre R ohms, on a pour les constantes de sensibilité A

La constante de sensibilité des galvanomètres Broca est la plus grande connue; ;lle peut atteindre 4oo.

j-ia CHAPITMt VI.

Galvanomètre Deprez-d'Arsonvat. — On peiU aits*i fomlc lies galvanomètres sur la réciprotjue de l'expérience il'ŒMtpJ, Il dévialion d'nn circuit mobile par un aimanL lise.

IVIM. Deprez eL d'Arsonval anl imaginé vers 1S82 un iiomt-tre reposant sur ce principe, auquel il ont donnr r!ps diverses. Nous nous bornerons à décrire In forme la |i|i l''ojée(.A^. i7fi).

Un cadre (rès léger il csl (onné par un \\\ .le r.uivre i iff^tts isolées, suspendu entre deux fils tr^s lins a cl b tsn nrgent(') verticaux, dans le prolongement l'un de l'autre, aboutissant l'iml In partie supérieure du cadre, l'anlre à la pariic inférif-uro elG*^ par leur autre extrémité à des pièces métalliques communiquint respectivement avec les deux bornes du galvHnimuMrc. Ces w

NESrREB ËI.ECmOIlAG^ETIQrES.

servent k iimener

t un doubla n'iln : i° ils servent k iimener le cnuranl dans le , Étant fiii's aux rxtr^riiitt^s du fil de cuivre de celui-ci; I servent de fils de inrsîon pour donner au cadre une nricn-

'ubsencG du cniiraiil.

E cadre est placé entre les branches verticales A et B d'un

lant aimant en fer à cheval; en antre, ii l'intvriciir du cadre

mve une piirc de Cer doux C. généralGiucnt cj-tinilrlquc,

Ofianl la plus grande partie de l'espace cnuipris entre les

mcbes de ruîmant. de façon à ne laisser qu'un faible entrefer

e et à gauche, dans lequel sont placées les parties verticales

:adrc. Celles-ci se trouvent ainsi dans un champ magmatique

', et l'aimant, dont le circuit magnétique est presque fermé

F le cjflindre de l'cr doux, conserve bien son magnclisme.

{In appliquant la règle d'Ampère, on voit tout de suite que,

courant passe dans le cadre, les parties verticales sont

Bmisea à des forces égales, perpendiculaires à la direction du

hinp dans l'enlrefer et de sens contraires, qui constituent un

nple; celui-ci fait tourner le cadre d'un luigle tel que le coujde

I torsion qui en résulte lui fasse équilibre. Celte déviation est

Hiquce, soit par une aiguille se déplaçant sur tin cadran, soit

i moyen des métlioites optiques ordinaires, un miroir étant

:adrc mobile.

appelant n le nombre des spires, l la longueur des parties l'entrefer, a la distance Iioriileur moyenne du champ dans

tîcales du cadre comprises d plaie de ces deux parties, X la v

) entrefer, i' l'intensité du coui ^ple de torsion du lil

(in C le r pour Tunilé d'angle, est petite, est donnée ji

1 sensibilité est donc d'autant plus grande que n, /, a, X sont p8 considérables et C plus faible. Elle peut devenir comparable ^Ic des meilleurs galvanomètres précédents. Ces galvanomètres présenlenl un premier avantage ion peut les .'importe comment sans avoir à s'inquiéter du champ ■nétique terrestre négligeable vis-A-vis du champ de l'aimant. ns l'avantage le plus précieux, c'est qu'ils sont apériodiques, jDt) le circuit total n'a pas une résistance Irop grande, c'est-

MBSURBS ÉLECTROMAGNÉTIQUES. 4'^^

celui que nous venons de décrire et qui est d'invention postérieure. Un électro-aimant animé pour un courant intense remplace Taimanl pour augmenter 3t et par là la sensibilité de l'instrument.

L^emploi de Télectro-aimant est, du reste, tout indiqué si l'on veut donner la plus grande sensibilité possible à ce genre de galvanomètre pour les recherches de laboratoire, et faire varier à volonté cette sensibilité en modifiant l'intensité du champ. La figure 177 représente le galvanomètre à électro-aimant de M. Ledebew.

Résumé. — Comme on le voit par les formules établies cidessus, tant que la déviation de la partie mobile reste faible, celle-ci est proportionnelle à l'intensité du courant. Le galvanomètre peut donc servir à mesurer en valeur relative les intensités; les méthodes optiques (Thomson, Poggendorff) permettant de mesurer exactement le rapport de faibles déviations.

11. Shunt. — L'énorme sensibilité des galvanomètres que nous venons de décrire est souvent une gène dans leur emploi, quand on fait agir sur eux des courants qui ne sont pas extrêmement faibles, puisque alors l'équipage est chassé jusqu'à la limite de sa course.

On peut, sans modifier l'instrument, parer à cet inconvénient en ne faisant circulera son intérieur qu'une dérivation prise sur le circuit total.

Pour cela, on fait communiquer chacune des deux bornes A etB

Fig. 178.

mnnnnnnnnn

avec une résistance r (shunt)^ qui vaut une fraction connue de la. résistance R du galvanomètre (Jiff* i7^)> ^^ loi des courants

ue

dérivés donne entre Fintensité du courant principal I et celle / du courant dérivé dans le galvanomètre :

En général, les shunts présentent trois résistances différentes, Tune valant ^, l'autre ^ et la troisième ~j de la résistance du galvanomètre (d'où — est égal soit à 9, soit à 99, soit à 999). A l'aide

d'une cheville, mise en i, 2 ou 3 {^/Iff» "78), on intercale Tune ou l'autre de ces résistances entre les bornes du galvanomètre el l'on peut réduire ainsi à ^, -^ ou j^ l'intensité du courant qui passe dans le galvanomètre.

«iw II

12. Emploi du galvanomètre pour déceler les forces ôlectromotrices. — Très souvent les galvanomètres servent à déceler l'exi*fence d'une force électromotricc très faible située dans leur circuit ou même à la mesurer en valeur relative par l'intensité du courant qu'elle détermine.

On peut se demander alors quelle doit être la longueur du "' du galvanomètre pour réaliser les meilleures conditions de sensibilité. Les formules précédentes (n** 10), qui donnent la déviation 2 d'un galvanomètre lorsqu'elle est petite, peuvent s'écrire

OÙ / représente la longueur du fil enroulé sur le cadre, i Tinlensité du courant et A une constante qui dépend du type de galvanomètre considéré et de diverses conditions de son emploi, mais qui ne dt'-pend pas de la longueur du fil enroulé sur le cadre,

MESURES KLECTROlfAGNKTIQUES. 427

pourvu que le volume v occupé par ce fil soit le même. Si donc OD appelle s la section du fil, on a la condition

(a) si = V.

On voit par (i) que, pour une même valeur de i\ l'angle de déviation a est proportionnel à la longueur /du fil ; mais si Ton au<;mente celle-ci il faut diminuer sa section [relat. (a)] et, pour cette double raison, la résistance augmente et Tintensité i du cou-

rant fourni par la force électromotrice e diminue; Pun des facteurs de a augmentant, Tautre diminuant, on voit qu'il y a, eu égard à la longueur du fil, un optimum à atteindre. Pour le trouver écrivons la formule d'Ohm qui donne l'intensité du courant i

où R est la résistance du fil du galvanomètre et r celle du circuit extérieur au galvanomètre. On a, du reste,

en appelant p la résistance spécifique de la substance (cuivre) qui compose le fil. En portant dans (i) la valeur de i donnée par (3) et en tenant compte de (4)> il vient

Aie Ae

s si

Le numérateur de la seconde fraction est constant, elle sera donc maximum pour la valeur minimum du dénominateur; or, delui-ci se compose de la somme de deux termes dont le produit est indépendant de /, d'après (a) ( 7 = ^)i *' en résulte que le minimum du dénominateur et le maximum de a sont atteints pour

(6) ^ = ^ ou r=£^ = R;

si s

la meilleure condition est donc que la résistance du galvanomètre soit égale à la résistance du circuit extérieur. Bien entendu, il esl inutile de s'astreindre rigoureusement à cette égalité; il suffit.

pour se trouver dans de bonnes conditions, que la résistance do galvanomètre soit du même ordre de grandeur que celle du reste <lu circuit.

Ainsi, quand un galvanomètre est employé à la mesure relative des forces électroniotrices ihermoélectriques, dont le siège est un circuit métallique très peu résistant, il faut employer un fil gros et relativement court, ne faisant qu^uu petit nombre de tours sur le cadre du galvanomètre. Si celui-ci possède deux cadres (galvanomètre Thomson, par exemple), il peut être avantageux de mettre en dérivation les deux cadres sur le circuit principal, pour diminuer la résistance du galvanomètre.

Si, au contraire, la force électromotrice à déceler se trouve dans un circuit très résistant, comme les forces éleclromotriccs dont les organes des animaux peuvent être le siège, il convient d'employer un galvanomètre à fil très long et très fin, par consëquent, faisant un nombre de tours considérable sur le cadre.

Pour un grand nombre d'appareils de mesure, un calcul analogue à celui que nous venons de faire conduit à une relation semblable, l'égalité entre la résistance intérieure et la résistance extérieure, afin que le fonctionnement ait lieu dans les meilleure» conditions.

13. Galvanomètre différentiel. — Le plus souvent, les cadres fixes des galvanomètres à aimants mobiles sont partagés en deui moitiés symétriques par rapport à l'équipage, les extrémités de;» fils pour chaque moitié aboutissant à des bornes distinctes- Lorsqu'il en est ainsi, on peut faire passer dans le galvanomètre deux courants, dont les eff*ets sur l'équipage mobile sont de sco» inverse : l'instrument est alors employé comme galvanomètre dijférentieL Dans plusieurs dispositions expérimentales, il est commode de se servir ainsi du galvanomètre : on fait varier lio* tensité de l'un des courants jusqu'à ce que l'équipage mobile»»^ repris la même position qu'en l'absence de tout courant (m éiAo<w' de zéro). Les couples produits par chacun des deux courants sur l'équipage étant alors proportionnels à leur intensité et étant de sens opposés, on a, en désignant par G| et G^ deux constantes'.

(r) Git'i— Gj/,= o, d'où )■ = ■—;

itRKs éLCcrnoirAGNÊTigi'K^

rapport (les inlensilés des tieiix courunts csl donc exaclemeni \é, si l'on a mesuré ime l'ois pour louies le rapport con-

ttSQt 77^ T très voIsÎD de Piiniti!, en générul. Celte mesura se fait

bellement de la maoiére suivante. Des pôles d'un étcment de pîlc I |i«rleDt deux circuits dont font partie les deux moiiir's h comparer f'dn gnlvanoinètre, les courants passant de façon à pruduire des F couples npposés sur l'éc|uipa^e; au mojen de résistances variables r à vuloutt', d'une Tai^on continue, on modifie l'inlensîté de l'un des * cotirunls jusqu'à ramener l'équipage an Kéro. La relation (i) est LiSlors applicable; d'autre pnrt, en appelant l\, /g les résistances t (Olales des deux circuits joignant les pâles, on a, d'après la

deusit^me loi de K.irchlioir appliquée au circuit fermé constitué par

\es deux précédents,

Ci)

ii'où ;; .

!or, il est aisé de déterminer le rapport des résislauces /■, et r^ (n" 17), égal, d'après (i) el (a), au rapport cherché.

!4, Rhéo^apbes. — Dans l'étude des courants rapidement variables, ou a besoin de connaître la fonction du temps qui représenle ù chaque inslanl l'intensité du courant. A cause de la rapidité de la variation, la méthode graphique s'impose: il faut que l'iaslrument trace une courbe ayant pour abscisses les temps Cl pour ordonnées les intensités. Suivant les inventeurs, ces insirumenlsont reçu des noms divers : oscillographes At M. Ulondel('), le premier qui ait résolu le problème; rhéographe de MM, Abruham et Garpenlicr("), et ondograplie de M. Hospitalier (>).

Nous nous bornerons à décrire ici, succinctement, l'un des appareils de M, Blondel, Voscillographe bifilaire.

Le principe de cet instrument est analogue à celui du galvanomètre Deprez-d'Arsonva! ; mais la partie mobile a une période

(') Blondiii.. Sur /w oacillogrii/ilifi (Journ. de Phyt., igo», l," série, i, 1-, p. ïjï).

(*} Aasitiuii, Rkêegraphe Abiaham-Carpenùev [Journ. dé Phvt., 1897, a->»*rie. t. VI, p. Î56).

(') IloiPiTALiSH , Ondographe (Journ. de J'/iyâ., lyo*, 4" ■crie, t. I,

43o CHAPITRE VI.

(J'oscillalion propre extrêmement courte (7000 à loooo vibrations par seconde) de façon à ne jamais être en résonance avec le courant oscillatoire étudié, et un amortissement considérable, voisin de l'amortissement critique (*); de cette façon^ la position de la partie mobile est, à chaque instant, à très peu près, celle que lui donnerait un courant d'intensité constante égale à I^'ntensité momentanée.

Cette partie mobile est constituée par une mince lame de métal courbée en boucle à sa partie inférieure; la partie supérieure de chacune des deux branches verticales est fixée à une pièce métallique fixe; celles-ci, outre leur rôle de support rigide, servent à faire entrer le courant dans cette lame. La boucle passe sur une poulie d*ivoire tirée par un ressort pour tendre la lame. Ce système est placé entre les pôles très rapprochés d'un puissant aimant, 00 même d'un électro-aimant, quand ou veut avoir beaucoup de sensibilité. Une mince pièce de fer doux est placée entre les branches verticales de la lame pour augmenter l'intensité du champ magnétique. Un miroir-plan de dimension très réduite (de surface inférieure à i •""»*) est porté parles deux branches de la lame, quil réunit vers leur milieu. Enfin, tout cet équiqage, d'un momenl d'inertie extrêmement faible, est noyé dans de Fhuile transparente pour produire un amortissement énergique. Remarquons que, la résistance de la lame étant très petite ainsi que son coefficient de self-induction, l'appareil ne modifiera pas sensiblement la forme du courant que Ton veut étudier.

La lumière émise par une fente verticale vivement éclairée tombe sur une lentille cylindrique, à génératrices horizontales, qui la concentre sur le petit miroir; celui-ci la renvoie sur un miroir tournant rapidement autour d'un axe horizontal qui la renvoie, à son tour, sur un écran de verre dépoli. Lorsque les deux miroirs sont immobiles, il se forme sur l'écran un point brillanl. Mais s'il passe dans la lame un courant périodique, et si le second miroir tourne en synchronisme avec le courant (*), le point lumi-

( ' ) L'amorlissemcnt critique est celui qui donne la limite entre le retour de U partie mobile à sa position de repos par une série d'oscillatioDS et le retour k U position d'équilibre sans oscillations.

(^) Gr^cet à un petit moteur -synchrone actionné par .une dériraiioB du coarant étudié. .. . • '.

MESURES ÉLECTROMAGNÉTIQUES. 43 1

nciix parcourt à chaque période sur Técran Ja courbe ayant pour abscisses les temps (élongations du miroir tournant) et pour ordonnées les intensités (élongations du miroir porté par la lame); ces courbes, identiques à chaque période, se superposant, donnent, à cause de la persistance des impressions sur la rétine, ^apparence d'une seule courbe continue. Pour les recherches précises, il est préférable de remplacer l'écran par une plaque photographique, sur laquelle se forme l'image de la courbe, qu^on l»eul alors étudier à loisir et sur laquelle on peut faire les mesures nécessaires. Dans ce cas, il n'y a pas besoin que le miroir tournant soit synchrone du courant périodique, si on ne laisse s'inscrire qu'une seule période. Il n'y a même pas besoin que le courant soit périodique, puisqu'un seul passage du point lumineuse sur la plaque suffit à produire l'impression.

m. — HESUBE ABSOLUE DE L'INTENSITÉ DES GOURANTS.

Nous avons indiqué plus haut (Chap. P*", n° 10) un procédé pour mesurer en valeur absolue l'intensité des courants au moyen de l'action d'un solénoïde fixe sur un solénoïde mobile. Mais ce procédé manque de sensibilité, il ne peut être employé dans la pratique et n'a été donné que pour faire comprendre la possibilité de celte mesure. C'est par l'emploi à^ électrodynamomètres absolus disposés de façon que deux parties d'un même courant, l'une fixe, l'autre mobile, puissent agh* l'une sur l'autre avec une intensité relativement grande, que se fait aujourd'hui la mesure de l'intensité des courants en valeur absolue (^).

(■) Boussole des tangentes. — Pendant longtemps on s'est servi pour la mesure en valeur absolue de la boussole des tangentes, imaginée par Pouillet; C'est un galvanomètre à une seule aiguille aimantée et dont le cadre a une forme géométrique simple, permettant le calcul de la constante galvanométrique.

Elle se compose d'un cadre circulaire GII {fig. i^o) de très grand rayon, d'une faible épaisseur, ne portant qu'une cuuclie de fil ou un petit nombre de couches. An centre du cadre se trouve une aiguille aimantée très courte (représentée à pmrt en NS) et prolongée par une tige d'un métal non magnétique LL pour indiquer sa position sur un cercle gradué horizontal DE; cette aiguille est mobile sur pivot ou suspendue par un fil de cocon. Le cadre GH peut tourner autour

Nous nous bornerons à décrire Vélectrodynamomètre absolu de M. Pellat, et les ampère~étalons qui en dériveot.

d'un axe veHical pour iXsc orienté ronTenabtement. (Le cercle gradué AB M inutile pour l'usage de cet insirument co:nme bontsole des taogcDtet.) Aprèï aroir disposé l'inatrumenl comme pour tous les galvanométret, en faiMiit

M ligDCdes pAleïddia^ intensité ett donnée [•' ll*-

iiiurorr Ir C4ilrr jusqu'i plan en rab»en<-e du co

»ù a r»l l'4ni:le d^ d^iiation mesure par le cercle fradnë DB. H la coBpM>ilt horit<>iitale du ."liamp lerrestre (vnroi par la mëlJiode de G«aM et G U codM'" $alt jnomririi)ue. r'r>(-j-dire le champ d^>nBé au ceatre da cercle pir le Niri*' seul, quand rinleniileJe >'elui-<i est l'unité. >oas allons la cilcultr. Kjppel><n«-n»us. pour -.via, ifu'ua coarani eitCDUire d'ioleosilé unité d"**'

lump d'iQleasïti

jChap. I-. ■■ ÎX). S'il y a

1IE9UBE9 ei.E<:THOUAUNKTIQi:ilS.

■S- Éleetrodynamomètre absolu de H- Pellat. — I.'é! Boméirc absolu imaginé par M. Pctlat, vers |88((, esl i

uLynara

:}-balance, c'csl-à-dire tjue c"e

nlibri^ aux forces clcclrodviiamtques et en fournit la mcsui Û se compose (Ji g. 181 elfig. 18a) d'une Ionf;iic bohiiie liorïzo

laie iîxel), A l'inti!rîeurde laquelle se trouve, vers son milieu, une autre bobine 1/ a^atit, dans la position d'équilibre, son axe vertical, c'est-à-dire [jerpendiculaire à l'axe de la longue bobine. La bo- Itme ti fait corps avec un fléau de balance F, portant à son autre extn^mitt'- un plateau de balance F susjiendu à la fa^ou ordinaire. Deux fils d'argent extrl^uiement fins et faisant une ou deux spires, dont l'aKe se trouve sur \r prolongement de l'arête du couteau de suspension du fléau, servent à mettre le circuit de la bobine mo-

11 CM dimcile de fjirc la lectiir

llinttc tui'lfliit I> prikision île e

eU. Nous »(oo» vu {p'5)iii.ci

^ aiUdic d'obtenir » ^ prèi la

■ hlK celle ilétermioatioa dans 1;

de langi A inieui que ^ près; mais ce qui te mi^ilicidc. c'eït l'iDcerUiude sur )■ valeur ïiuc éaiti des lacauispéciaui saos fer, il est alcur de It ol qu'il est illusoire d'e<aaji:r de laboratoire. C'est et qui • fait abandonner

belle méthode, outre sa lonKUeur. pour délcrminer l'intensité «lisnluc des courants, lais on |icul, invursemcnl. se aeivir Je la boussole dfs Iaii);i.'nlcs pour dé 1erttr In cunipotaute lioriinntalp 11 du clianip lerreslrt- en mesurant ■' par un

CteetrudjHïi nom être absolu. C'est certaincmeol là lu roeillcure méthode pour

i3i cflAPiTBB ri,

bile b en relation arec le circuit eilérieur sans géaer le mouvc-

menl de celle-ci.

Lorsqu'un même courant d'inlensité i parcourt les deux bobiat;'. la longue bobine produit uo champ qui, vers son milieu, est seiisiMemeot uniforme et horizontal; d'autre pari, la petite bobiiir est c^uivalente à deux surfaces magnétiques placées à ses eiiré-

milés, l'une nord à gauche du courant, l'autre sud à droite; elle est donc soumise à un couple, dont le plan coïncide avec le plia de mobilité du fléau, et qui fera basculer celui-cî, si aviol \t passage du courant la balance était en équilibre. En ajoutant, ou en retranchant, suivant le sens du couple, des poids marquésdiDi le plateau, on rétablit l'équilibre. Vovons comment on peut f" déduire l'iotcnsilé du courant.

Pour cela, supposons d'abord que la grande bobine ait une longueur inlinie. Le champ qu'elle produirait à son intérieur serait alors rigoureusement uniforme, et dirigé suivant sou aie;il aurait pour valeur X. ^ 4~"i < ^n désignant par /)| le nombre de spires de la bobine par cenlimèlre de longueur. Les surfice? magnétiques nord et sud qui peuvent remplacer, au point de vue électromagnétique, le solénoïde constitué par la bobine b oui pour densité magnétique t == - en appelant e la dislaoce des aies de deux spires consécutives de cette bobine, qui ne porte qu'âne couche de fil; si s est la surface de chacune des spires, q = ~ est la quantité de magnétisme des surfaces terminales. AppeloDï l ^ Ni- la dislance de ces deux surfaces, N étant le nombre total des spires de la bobine b-, le moment magnétique de ce solénoïde

MESURES ÉLECTROMAGNÉTIQUES. 435

est fn=z lqz=z Ne — = Na/. Par conséquent, le moment du couph; magnétique auquel il serait soumis serait

En réalité, la longue bobine B n'est pas infinie. Dans ce cas, comme nous Pavons vu, il faut ajouter à TeOet produit par la bobine de longueur infinie, refTet contraire de deux surfaces magnétiques placées à ses extrémités de densité magnétique /i|/; Faction de ces couches magnétiques sur les couches magnétiques de la bobine b s'obtient par des développements en série convergentes et peut se calculer avec telle approximation que Ton désire. Ce calcul a été fait et vérifié par M. Pellat (*). Le moment du couple magnétique agissant sur la bobine b peut alors s'exprimer exactement par

(i) M = 4r/iiN5«*(i— A),

où A est le terme correctif positif calculé comme nous venons de l'indiquer.

C'est ce couple qui est équilibré par celui qu'on produit en mettant ( ou enlevant) des poids marqués du plateau de la balance. Soity? le nombre de grammes représenté par ces poids marqués, g l'intensité de la pesanteur à l'endroit où a lieu l'opération, enfin Lia dislance entre l'arête du couteau du fléau et Taréle du couteau du plateau de la balance, le couple produit par les poids a pour moment pgh] on a donc

(2) /î^L = 4i^/iiN*i*(i — A),

(') Oatre les yérifications algébriques, il a été fait une vérification expérimentale de Texactitude matérielle des calculs. Si Ton déplace la grande bobine de sa longueur, une des faces terminales prend la place qu'occupait auparavant Taotre face terminale; Taction très faible qu'exerce alors la longue bobine sur la bobine mobile a pour terme principal précisément la moitié du terme correctif de l'expérience précédente; pour plus de rigueur, on tient compte, bien entendu. de l'effet de Textrémité la plus éloignée de la longue bobine qui n'est pas tout h fait négligeable. Mais en somme on peut déduire des calculs qui servent à obleoir le terme correctif, le rapport entre l'action de la bobine dans la position Dormale et Tactiôn dans la position écartée. L'expérience permet aussi de Irourer aisément ce rapport; or, le rapport trouvé expérimentalement a été e&actement le même que celui trouvé par le calcul.

4^6 CHAPITtE VI.

d^OÙ

'^V^T.n,\^sii^\,^'^'

Joules les quantités qui figurent sous le premier radical soal obtenues facilement par des mesures de longueur, et ce prenicr radical est une constante pour Finslrumenl. Dans le seaml radical se trouve Tinlensité de la pesanteur, connue avec od* grande exactitude en tous les points où Ton opère, et lenombrede grammes p qui sert à obtenir Téquilibre dans chaque eipérieiicf.

Le principe élant établi, complétons la description de l'appreil et indiquons ensuite les précautions à prendre pour faire Teipérience.

La longue bobine B possède lo couches de fll de cuivre de o™t|3 de diamètre, aussi régulièrement enroulé que possible, le Dombre de spires par centimètre /2| a été déduit de mesures faites peodiol rcnrouicment de chaque couche (4 mesures sur des génératrices oquidistantcs par tour sur la partie moyenne). La bobine 6apoor corps un cylindre d'aluminium travaillé avec le plus grand soin et dont le diamètre a été mesuré au Bureau international des Poids et Mesures; elle possède une seule couche très régulière d'un fil de cuivre de o*^",o5 de diamètre; on a ainsi s avec une grande précision. Aucune pièce de métal ferromagnétique n'cxislc, bien enlendu, dans Tappareil ; les couteaux et leurs chapes sont en quartz. La dislance des arêtes des deux couteaux L a l'ié mesurée aussi au Bureau international des Poids et Mesures. \a\ posilion d'équilibre du fléau est observée avec un microscope pourvu d'un réticule et visant une graduation portée parle fléau. l/ap|>;uvil préstMile eu outre les organes de déclenchemenl de loule balance de précision.

Dans l'usage de Tinstrument, il faut s'affranchir de Taction du champ niai;nétique terrestre sur la bobine mobile. Pour cela on dispose le plan de mobilité du fléau perpendiculairement au plan méridien niaguélique, ou du moins à peu près, de façon à rendre nulle ou très faible Taction du champ terrestre. Pour éliminer compléleiuent celle action et doubler en même temps la précision i de la mesure» on opère ainsi : sans se préoccuper de mettre €0 J équilibre la balance en Tabsence du courant, on fait passer cdoi-c "^

MESURES ÉLECTROMAGNÉTIQUES. 437

et avec des poids marqués on établît Téquilibre; puis, au moyen d'un commutateur, on renverse le sens du courant dans la longue bobine B seulement, sans le changer de la bobine 6, ce qui change le sens du couple électrodynamique sans modifier le couple dû au champ terrestre, et Ton établit de nouveau l'équilibre avec des poids marqués; la différence entre le nombre de grammes placés dans le plateau dans ces deux opérations représente exactement le double de la masse/? qui figure dans la relation (3).

On n'a besoin de mesurer l'intensité d'un courant que si celuici produit un effet, décomposition électrol}^tique, action sur un autre instrument de mesure qu'on veut tarer, etc. On doit alors maintenir parfaitement constante l'intensité pendant toute la durée de la mesure malgré les variations accidentelles des piles qui fournissent le courant. Nous n'insistons pas ici sur les procédés mis en œuvre pour constater la parfaite constance du courant ou pour l'obtenir; nous l'indiquerons plus loin (n*^ 30 note).

En mettant au pis les erreurs de mesure dans la détermination de la constante de cet électrodynanomètre absolu, la précision en valeur absolue est de —^ô (*)• ^^ précision relative est plus grande et atteint ^q-ôô P^^*^ ^^s courants compris entre o""P, i eto*"P,5.

16. Ampère-étalons. — L'appareil précédent est, comme on le conçoit, fort coûteux, les mesures et les calculs nécessaires à la détermination de sa constante sont fort longs; aussi n'en existe-il qu'un exemplaire.

M. Pellat a fait construire des réductions de son électrodynamomètre auxquelles il a donné le nom d^ ampère-étalons {^fig> i83). Elles n'en diffèrent que parce que la bobine B est beaucoup plus courte et que la bobine b porte plusieurs couches de fils pour augmenter la sensibilité. On se sert de cet instrument absolument

(') Une vérification indirecle a été faite de Texactitude de cette constante. MM. Potier et Pellat ont déterminé au moyen de cet instrument l'équivalent électrolj tique de l'argent. Le nombre qu'ils ont trouvé (i^irga), qui difTcre très peo de celui trouvé par Lord Rayleigh (1,1179) et de celui de Kohlrausch (i,ii83), lU moyen d'autres appareils de mesure du courant, est exactement d'accord avec le nombre (1,1192) trouvé en Amérique par MM. Guthe et Patterson dans des expériences extrêmement soignées où l'intensité du courant a été mesurée en ralear absolue par un instrument tout diiïérent.

I^mèlre sl^otii on les .iinpèr<>s-(:tulon5 !t dcf

bsité quelconque, in^m

s fdiblc ciw très forle.

, Ampère mètres- — On désigne sou-^ le tinm A\impèremclir

ilicaleiir d'inlciisiti^ àe cotiranl qui, )mr une simple lecture,

e directement le nombre d'ampères i]uî mesure l'inlensilé.

fOnl des instruments de jieu de précision, maU cxlrémemeni

inodes pour l'industrie i^lcctrii|ue et le service des latioraioire^.

p rt'sislance intérieure doit fitre très faible, de façon que leur

^n dans un circuit ne modifie pas l'intt^nsité (lu courant

it doivent mesurer. On en construit de plusieurs systèmes, les

in( fondras sur les allions (^leclroniagni^lic|ues, d'autres

-«■) sur la dilatollon qriVprouve un Hl traversé par un coii-

ar suite de son ilévuiion de ieni[iérature, due à la création

■leur dont, il est le siège.

n derniers fonctionnent aussi avec les courants alternatifs et, . B cas, donnent en nnipères l'intensîté efficace. L'énergie EfiqucQ, créée pendant l'unilë de temps, est, en effet, donnée

if I i-ntt, eu .ippelant i l'intensité du coitrant au

• f, T la durée de la période et /' lu résistance ; comme celle-ci

lensildcmenl une constante, on peut écrire Q = = / i' dt ou

npp,

>lanl ^ l'intensité efficace

i^dt). Les

idîealions de l'instrument seront donc les mêmes que si un rou- 'rutl continu d'intensité i= -1 le parcourait.

On gradue les ampèremètres en noient leur indication pour

tcrs courants connus en valeur absolue (n" 32), Une inlerpola- ^ttumit ensuite toutes les divisions du'cadran de l'instrument. ^tpèremètre à mercure de M. hippmann. — Le seul ampèlèlre que nous décrions, à cause de son originalité et de son exactitude, est celui qui a été imaginé par M. Lîppuiann. tl repose |iur la force électromagnétique produite par un cbamp magnétique HIT nne Inmc de iiiprenre traversée par le courant.

L'instrument se cumpose d'une cuve avant la forme d'un paral- ^de rectangle, trè« aplatie suivant une direction horinon-

taie ad . Celte cuve est placée entre les piëes polaires (A et B, fig. 184, oa PP*, fig. i85}, communes à deui aimants en fer k cheval, dont les pôles de même nom aboutissent à une même pièce polaire. Les pièces polaires sont très rapprochées, ne laissant

entre elles qu'une faible distance, à peine supérieure à la petite épaisseur de la cuve ; celle-ci se trouve ainsi placée dans un champ magnétique uniforme très intense, ayant ses lignes de force suivant la direction horizontale an'. La cuve est pleine de mercure, qai communique, par des trous pratiqués dans les parois verticales parallèles à aa' , avec le mercure de deux tubes maDOmétriquei verticaux {.fig- 186). La paroi supérieure et la paroi inférieure delacuvesontconslituéespardes lames de platine qui permettent de faire passer le courant à travers la lame de mercure que contient la cuve, dans une directiou perpendiculaire an champ magnétique.

Lorsque le courant passe, la lame de mercure est soumise à une force électromagnétique, qui, étant perpendiculaire à la fois au courant et au champ, est dirigée suivant la direction 66', faorîionlale et perpendiculaire à aa' , par conséquent, dans le sens des ouvertures de la cuve. Le mercure monte alors dans une de> branches manométriques et descend dans l'autre, jusqu'à ce que les forces de pression qui résultent de celle dénivellation fassent équilibre à la force électromagnétique.

Il est facile de faire le calcul de la dénivellatioD qui se produit

ainsi. Désignons par i l'intensité du coiiraDt, par 30. i'intensiliî du çhamp magnétique et par / la longueur des arêtes verticales de la

ijl CHAPITKE VI.

deux branches maDOmétriques, quand il ^ a équilibre, O la densité du mercure, g l'iatensité de la pesanteur et e l'épaisseur de la ctive, la difTérence des forces de pression sur les faces de la lame

Fig. ■8'î.

[lerpendiciilaire à la direction hb' de la force électromagnétique est clhUg. On a donc

clh^g = IXi, <l'où

On voit ainsi que la dénivellation h est rigoureusement proportionnelle à l'intensité i du courant. Les deux brandies du manomètre M et M' {/ig. i85) sont de sections différentes; la plu* étroite M est en verre et graduée en parties d'égale liauleiir ; l'ascension positive ou négative du mercure dans cette branche esi proportionnelle à l'intensité du courant. Il suffît donc de mesurer une fois pour toutes l'ascension qui correspond au passage d'ufi courant d'intensité connue, pour graduer l'appareil en ampères-

Remarquons que, d'après la relation (i), la sensibilité del''"' strument est d'autant plus grande que l'épaisseur de la cuve e^^' plus faible et que l'intensité 3C du champ est plus considérable' Il ne faudrait pourtant pas exagérer la sensibilité ea dimiou>i>I lieaucoup l'épaisseur e de la cuve, car le mercure prendrait trop lentement sa position d'équilibre, à cause des frottements.

MKStRES ÉLECTROMAGNÉTIQUES.

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