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HISTORIQUE DE LA PILE

naire du mol), à laquelle on donna le nom de pile électrique, 11 ne larda pas à constater qu'on pouvait y remplacer l'argent par le cuivre, ce qui était plus économique, el ne changeait pas les effets {fig- 5i). 11 est facile de voir que ce dispositif réalise une série d'éléments de pile disposés en tension : l'eau commune, ou Teau acidulée que Volta ne tarda pas à y substituer, qui imbibe la rondelle de carton ou de drap, constitue l'électrolyte, le zinc l'une des électrodes, et chaque disque de cuivre joue le quadruple rôle de seconde électrode, de pôle positif de l'élément, de pôle négatif de l'élément suivant et de pièce métallique réunissant ces deux pôles.

Outre les charges électriques des condensateurs obtenues ainsi, la pile électrique produisait d'autres effets. Elle donnait des secousses quand on touchait avec chaque main ses extrémités; les secousses étaient d'autant plus fortes que les éléments étaient plus nombreux; elles étaient dues, à ce qu'on croyait alors, à la combinaison à travers le corps des électricités contraires accumulées aux extrémités de la pile (').

On trouva qu'il se produisait dans un fil métallique réunissant les extrémités de la pile des phénomènes curieux, ceux que produit le courant électrique qui prend alors naissance, et qu'on attribua au conflit des deux électricités. Cette expression de conflit des deux électricités fut employée dans le sens de courant électrique pendant près de 25 ans.

La pile à colonne que nous venons de décrire présentait un défaut évident : le poids des disques faisait eiprimer le liquide qui imbibait les rondelles de carton ou de drap ; elles se desséchaient, et, la résistance de la pile augmentant, les courants devenaient moins intenses ; Volta substitua à la pile à colonne Va. pi le à tasse {fig* 32 ).

Cruiksang, en i8oi, imagina la pile dite à auge {Jig. 53), dans laquelle les doubles plaques de cuivre et de zinc, de forme carrée, séparaient une auge en bois en compartiments étroits, dans lesquels on plaçait l'eau acidulée. Ce fut cette pile à auge qui fournit les courants électriques avec lesquels furent faites les principales découvertes sur les propriétés des courants.

Nous ne ferons que signaler un autre perfectionnement de la pile

( * ) Ces secousses se produisent, en réalité, au momenl où le courant électrique coRimeoee, et au moment où il finit à travers le corps.

IJK" CIIAPIWE VI.

de Volu, la pîlc de Wollaslon (iSiGt, tliin< laquelle lu surface ëlectroiles est pUifi considéralile que (taa<i la pile à ua^c ei i|ui (leui donner des ci^tiranls plus inlen^îcs, par siiile de sa plu* fiiildr ré;.!»-

unce {Jîg- 54 ^l 55). Comme nous l'avons déjà vu(Cha[). III, a"' 10 et H), les piles dites à courants conslanls sont venues rempiarer la pile de Voila et ^es ni odifîca lions, qui avaient 1r défaut de se p(ilui-i<>er.

VoUd expliquait le phénomène de lu pile par une sL'paruiion des deuï lilectricités se produisant principalement nu contact des deui métaux de la pile, le cuivre et le zinc. Us se trouvaient alors avilir une tension électrique dilVérente, expression que \ olia ne précisait pas autrement, mais qu'il » toujours employée dans le sens que nùui attribuons aujourd'hui au mot potentiel. f*our lui. le liquide qtii réunissait le cuivre et le zinc n'avait pour elFei que d'i^galiser 1» tensions des deux métaux dillérents placés de part et d'autre, cei^ui peruieltail aux deux cuivres terminant un même élément dr pn*sentËr la dilférence de tension qui se produisait au rontact du cuivre

ei du ïinc soudés entre eus. Ceiie théorie est peut-être un peu trop absolue, mais elle n'est pas très inexacte pourtant, comme l'ont montre les expériences faites depuis surlesdifTérencesde potentiel au contact.

Fig. 54.

Vers l'époque OÙ Galvani et Volta faisaient leurs mt>morai)les expériences, un troisième physicien italien, Fabroni, donnait une autre

explication de la production de l'électrtciic. Ayant remarqué que les liquides de la grenouille attaquaient les métaux, il pensa que c'était cette action chimique qui produisait l'électricité. La découverte de la

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