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gence disparaît, tellement qu’il semble ne
pas exister. Eux aussi voient d’intuition
des conséquences que les hommes ordinai-
res ne réussissent à saisir qu'avec de grands
efforts de travail intellectuel. L'homme
ainsi illuminé voit la vérité sans la cher-
cher : sa jouissance n’en est que plus grande, mais enfin cette intuition n’est pas l’œuvre du travail intellectuel ; c’est plu-
tôt la partie intellectuelle de is jouissance, et comme un avant-goût de la jouissance
ineffable des saints dans le Ciel. Elle
appartient donc à l’âme et doit se mettre
au No 2.
Enfin l’âme, ayant le sentiment de son bien-être, se rendant parfaitement compte de la légitimité de celui-ci et de la nature de sa cause, se sent portée irrésistiblement et cependant avec une volonté parfaite vers lui, et trouve dans cet amour un bonheur d’autant plus grand qu’il se rappro-
che davantage de cette contemplation éter-
nelle de Dieu, le bien infini, qui sera la récompense inénarrable des élus dans le Ciel. La contemp'ation amoureuse sera
donc le dernier terme, No 3, de cette série, qui complète la circumincession des facultés de l’âme humaine.
En résumé donc la vie, tuut en ayant son domaine propre, se trouve comime représentée dans les deux autres facultés de l’âme par le jugement dans l’état irtellectif, et par le sentiment dans l’état animique.-— L'esprit, dont le propre domaine est le raisonnement, se trouve représenté par l'instinct dans la vie et par l'intuition dans l’âme. — Enfin l’âme, dont la fin dernière est la contemplation et l’amour du bien suprême, se reflète dans les phénomènes vitaux par la sympathie, et dans les phénomènes intellectifs par la conscience.
Autre remarque.-—Nous avons le 1 du 1, le 2 du 1, et le 3 du 1; de même, le 1 du 2, le 2 du 2, le 3 du 2; enfin le 1 du 3, le 2 du 3, et le 3 du 3. Nous pouvons observer que ce qui fait le propre de chaque faculté se trouve :rarqué par la duplication de son chiffre caractéristique. Les autres ne sont que l’effet de la circumin-
cession des facultés et prennent le chiffre de celles qu’elles reflètent.
Cette exposition est très belle et vraiment intéressante. Ce n’était pas perdre le temps que de la faire, quand même elle n'eût été qu'une pure digression ne se reliant qu’accidentellement à notre sujet.
Mais tel n’est pas le cas. Outre qu’elle fait partie de la théorie de Delsarte, nous allons voir qu’elle est la base même de l’élocution. Car cette circumincession des facultés de l’âme se retrouve dans toutes les parties de l’organisme, dont les manifestations extérieures constituent le triple langage de l’homme.
$9. L'accord de neuvième.
Rappelons-nous que, suivant la faculté sous l'influence prédominante de laquelle l’âme cherche à se manifester au dehors, elle se trouve constituée dans un état spécial qui sera ou l’état sensitif, ou l’état intellectif, ou l’état animique, selon la : faculté prédominante,—Or l'âme est la for-
me du corps. Tout l’organisme de celui-ci, impressionné par l’âme, prendra donc une forme spéciale, que nous allons examiner.
Dans l’état sensitif, 1, l’homme manifeste surtout sa vie : il est actif, cherche à agir au dehors, et tout son être prend une expression qui indique ou l’action ou l’intention d’agir à l’extérieur. Cette forme de l’organisme pourrait s'appeler externe ; Delsarte l’a appelée excentrique ou tendant à s'éloigner du centre. Nous garderons cette expression, par respect pour le maître, et aussi parce qu’elle se prête mieux à tous les cas. Ce sera donc la forme No 1.
Dans l’état intellectif, dans la réflexion, l’homme se recueille, se replie sur luimême ; il cherche, il souffre, il est passif ; en un mot, il se concentre. Delsarte a donné le nom de concentrique à la forme qu’affecte alors l’organisme. C’est la forme No 2.
Enfin, dans l’état animique, l’homme, en possession calme de la jouissance, ex-
prime, par la forme mitoyenne ou normale de ses organes, qu’il n’est ni sous L11fluence de la vie active, ni sous les préoccupations de la vie passive. Delsarte appelle normale cette forme calme de l’organisme, No 8.
Nous pouvons résumer ce que nous venons de voir, sous la forme d’une première grande loi générale, dont voici l’énoncé : « L'état sensitif, ou intellectif, ou «animique de l’âme, se traduit extérieure- «ment par les formes respectives ou excen- «trique 1, ou concentrique 2, ou normale «3 de l'organisme.» Outre cette première grande loi de l'élocution, Delsarte en a constaté une seconde, qui découle de la première, et qui la reflète ; C’est celle qui résulte de la circumincession des trois formes primordiales. En voici l’énoncé :
« Chacune des trois formes, excentrique, “concentrique, normale, de l'organisme «peut devenir triple, c'est-à-dire, peut re- «vêtir trois aspects différents en emprun- «tant quelque chose à là forme de l’une ou «de l’autre des deux autres.»
Si nous appelons genres les formes primordiales, et espèces dans le genre, les modifications que chaque genre emprunte à l’un ou à l’autre de ses congénères, nous classerons les formes que peut prendre l'organisme pour représenter les différents états de l’âme, en trois genres et en neuf espèces parfaitement caractérisées.
En voici le tableau, en chiffres (Tableau 1), et avec leurs noms (Tableau 2).
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C’est à dessein que, dans ces tableaux, on a placé le genre normal III et l'espèce normale 3.au milieu, vu qu'ils servent de trait d’union ou de Passage de l’excentrique au concentrique, Nous verrons qu'il en est constamment ainsi dans la nature.
Ces trois genres divisés en neuf espèces constituent ce que Delsarte appelait l’accord de neuvième. C'était pour lui le critérium des arts et des sciences, non seulement naturelles, mais aussi intellectuelles.
Il y avait une confiance absolue, parce qu'il le regardait comme basé sur l'Etre essentiel, sur la nature divine, qui doit être reflétée par tout ce qui participe à l'être d’une manière complète. C'était pour lui comme le canevas de la synthèse universelle des choses. Tout phénomène, soit spirituel, soit matériel, doit pouvoir être considéré sous trois genres et neuf espèces d’aspects bien caractérisés, sous peine de n'être pas complètement connu.
$S6. Classement des Anges.
Delsarte avait été heureux de trouver comme une confirmation de son critérium dans le classement que les saints Pères ont fait des Anges en trois hiérurchies et neuf chœurs distincts. On verra sans doute avec intérêt le tableau par lequel Delsarte a résumé ce qu’il a trouvé dans les saints Pères sur les neuf chœurs des Anges.
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