‹ Cours d'éloquence parlée d'après DelsarteChapitre 38 sur 51 · OPPOSITION DES AGENTS · texte numérisé non relu

OPPOSITION DES AGENTS

La seconde grande loi du geste n'est qu'une application à l'orateur des lois de Y équUihre. Delsarte la formulait par l'expression : Opposition des Agents.

L'orateur doit toujours se montrer dans toute sa force, puisqu'il doit dominer son auditoire. Il faut donc, non seulement qu'il soit solidement établi sur sa base d'appui, mais que rien, dans sa gesticulation, même la plus extrême, ne vienne ou semble compromettre sa stabilité. De là 1° éviter de se balancer sur ses jambes ; 2° si une partie du corps se projette dans une direction, il faut qu'une autre partie ramène ou plutôt conserve l'équilible en se portant ■du côté opposé.

Cette loi, qui est très sensible dans les grands mouvements, s'applique jusque dans les petits détails; et il en résulte, non seulement plus de stabilité, mais aussi des mouvements et des formes plus agréables. La beauté esthétique exige impérieusement l'observation des lois de l'équilibre.

Au reste, la nature y porte instinctivement.

Exemples d'opposition :

1° Si le corps se penche en avant, comme dans la véhémence, les bras s'en vont en arrière. Au contraire, si les bras se portent en avant, il y a rétroaction du corps.

2** Lorsque la tête et les bras sont en action, ils doivent se mouvoir à l'inverse l'un de l'autre. (Ex. Bonjour. Nenni). Le parallélisme des bras et de la tête est très laid. ■

3° Les deux bras eux-mêmes doivent en général se mouvoir à l'inverse l'un de l'autre, lorsqu'ils participent au même mouvement ; et, dans la grande gesticulation, il faut toujours éviter le parallélisme des bras. Dans l'intimité, dans les mouvements affectueux d'enfant, de paysan, dans la tendresse, dans les entretiens familiers et de bonhomie, on peut se permettre le parallélisme des bras ; parce qu'il offre quelque chose de tendre, mais c'est à condition de le restreindre.

En général on ne doit gesticuler que

d'un bras. L'autre cependant ne doit pas rester inerte : ou il exprime d'autre chose, ou il s'allie de loin aux mouvements de son frère.

Le bras agissant seul est lui-même soumis à cette loi d'opposition des agents. S'il est appuyé, la main peut gesticuler seule et faire tous les mouvements que ferait le bras. Mais si le bras est libre, les mouvements circulaires de la main exigent un contre -balancement du coude, d'où résulte ce que Delsarte appelait les mouvements spiroïdaux du bras, mouvements qui sont très gracieux.

ARTICLE TROISIÈME

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