LA COMPOSENT
Une même phrase peut être dite à différents points de vue, suivant qu'on fait valoir certains mots plutôt que d'autres. Prenons, par exemple, cette phrase :
C'est lui mettre moi-même un poignard dans le sein. Cette phrase peut se dire à quatre points de vue différents suivant qu'on appuie sur l'un des mots mettre, moimême, 2)oignard, .sein.
Si, sans tenir compte des sens divers que peut prendre une même phrase, nous la prenons dans son sens naturel, il y a une hiérarchie dans les mots qui la composent, hiérarchie qui oblige d'appuyer
plus ou moins sur chacun d'eux suivant l'importance respective qu'ils possèdent dans la phrase. Cela vient de ce que les idées sont hiérarchiquement organisées par Dieu.
Nous observons cela d'instinct dans la conversation, et surtout dans la discussion, sous l'empire du sentiment, et à notre insu.
Mais en analysant la phrase, on peut arriver à trouver les valeurs respectives des différentes parties du discours.
Prenons la phrase : Fleur est agréable.
Le mot ffenr seul est trop vague et ne fait pas connaître ce qu'on veut en dire. Mais si je dis : Fleur est, est a plus de valeur que lieur, parce qu'il donne à entendre quelque chose. Si je mets 1 sur ^fieur, je devrai donc mettre 2 sur est. L'attribut agréahle a évidemment plus de valeur encore, car il termine la pensée. Il devra donc au moins avoir le chiffre 3.
Au lieu de fieur en général, je àiB fleur des hols, le complément des Lois spécialise déjà la Heur, et a plus de valeur que le verbe est, mais toujours moins que l'attri-
but agréable. Il faudra mettre 3 sur des bois, et 4 sur agréable.
Au lieu d'une fleur des bois quelconque, je spécialise davantage en en montrant une, et je dis :
Cette fleur des bois est agréable.
Cette a plus de valeur que des bois tout en en ayant moins que agréable. Cette aura donc 4 et agréable montera à 5.
Si je qualifie cette fleur des bois en disant :
Cette petite fleur des bois est agréable, ■petite aura encore plus de valeur que cette, tout en étant inférieure à agréable. Petite aura donc 5 et agréable 6.
Mais un objet peut être plus ou moins agréable. J'enchéris en disant très agréable. Très a plus de valeur qu'agréable, et je devrai lui mettre 7.
Maintenant je puis tout détruire par une conjonction et je dis :
Cette petite fleur des bois est très
agréable ; mais elle est fanée. Ce mais a donc plus de valeur que tout le reste, et
doit avoir 8. Quand à eUe est fanée, c'est une seconde phrase dont les degrés se reproduiront
elle est fanée.
Il y a une espèce de mot qui, à elle seule, est toute une phrase ; c'est l'interjection. L'interjection devra donc avoir 9 degrés.
Cette petite fleur des bois est très
agréable ; mais, etc ....
oh !
D'après ce qui précède, nous pouvons dresser le tableau suivant :
Sujet 1
Verbe et préposition 2
Complément 3
Adjectif purement restrictif, comme
ce, mon, ton, etc 4
Adjectif qualificatif 5
Attribut 6
Adverl)e 7
Conjonction elliptique 8
Interjection 9
La valeur donnée ici à la conjonction suppose que celle-ci est elliptique, c'est-àdire, rappelle ce qui précède et prépare ce qui va suivre. Car si elle est simplement copulative, comme « l'homme et la femme,» elle n'a alors que la valeur de la préposition.
Ces valeurs s'observent sur la consonne initiale de chaque mot et par des silences aidés du geste.
Cette observation des valeurs est souvent oubliée dans le discours appris, ou lorsqu'on est gêné. Alors ce sont les conjonctions qui ont le plus à souffrir. On les supprime presque, et cela aux dépens de l'expression.
Parmi les conjonctions, et est le plus souvent perdu. Car et n'est pas toujours simplement copulatif ; il est souvent elliptique et prépare ce qui doit suivre. Des exemples feront mieux comprendre cette assertion.
Dans les exemples suivants, après les conjonctions, il faut prononcer le son.
1" Ces deux vers de Racine, dans la mort d'Hyppolyte :
« L'onde approche, se brise, et vomit à nos yeux Parmi des flots d'écume, un monstre furieux. »
2° Dans Cinna, Auguste dit à Cinna :
« Prends un siège, Cinna, prends, et, sur toute chose Observe exactement la loi que je t'impose. »
3° Dans la fable du Meunier, son Fils et l'Ane, le vieux dit à la fille :
« 11 n'est plus de veau à mon âge.
Passez votre chemin, la fille, et m'en croyez. »
4° Dans la fable du Loup et du Chien :
« L'attaquer, le mettre en quartier, Sire loup l'eût fait volontiers.
Mais il fallait livrer bataille.
Et le mâtin était de taille A se défendre hardiment. »
5° Dans le Loup et l'Agneau, le loup dit:
« C'est donc quelqu'un des tiens I Car vous ne m'épargnez guères, Vous, vos bergers et vos chiens. >
Dans tous ces exemples, l'expression physionomique y fait beaucoup. Même,
dans le premier, une gesticulation très expressive est nécessaire.
On peut remarquer, par ces exemples, que chaque fois qu'il a fallu donner une valeur considérable à un mot, par exemple, à une conjonction, il a aussi fallu recourir aux inflexions de la voix ou au geste, ou même aux deux. En effet, toute expression exagérée exige l'emploi de toutes les ressources oratoires, sous peine de faire tomber dans le ridicule.
Lorsque les chiffres de valeur sont à leur place normale dans la phrase, celle-ci ne nécessite pas de geste. Mais si la valeur des chiffres se trouve augmentée sur certains mots, soit par des inversions dans la phrase, soit par des sens additionnels que l'on ajoute aux mots, le geste alors devient absolument nécessaire.
Soit la phrase :
Il faut bien travailler pour vivre ; si je fais une inversion en mettant la dernière partie avant la première, cette dernière partie deviendra plus forte, et exigera un geste : pour vivre, il faut travailler.
De même si l'on ajoute à un mot un sens additionnel que le texte n'exprime pas, ce mot acquiert une valeur additionnelle, et nécessite un geste pour faire comprendre le sens ajouté. Prenons par exemple, cette phrase :
Ce mélange de gloire et de gain m'importune.
Le mot mélange dans son sens naturel comporte un seul degré ; mais si je veux exprimer que le mélange est ahjecf, je devrai mettre sur mélange le chiffre 5 qui appartient à l'adjectif qualificatif. Mais alors il faut le faire comprendre par l'expression physionomique (^).
ARTICLE SECOND
DE l'articulation
Mais le geste ne saurait suppléer à l'articulation. C'est l'articulation ([ui est la base de l'intelligibilité. Quelque expres-
(1) Tous ces exemples sont de Delsarte.
sifs que puissent être le geste et les inflexions de la voix, c'est la parole qui précise le sens et donne une idée nette et complète de ce que veut dire celui qui parle. Il fiiut donc que la parole soit bien comprise, et c'est sur l'articulation que repose toute l'intelligibilité du langage articulé.
Toujours très utile, même dans la conversation intime du tête à tête, une articulation nette est absolument indispensable quand on veut se faire comprendre par une grande multitude.
Malheureusement pour nos compatriotes canadiens-français, il y a, à cet égard, un vice presque général, qui est la mollesse d'articulation. Ce défaut rend très difficile à comprendre le discours et à plus forte raison, la lecture qui est privée du secours du geste et de l'inflexion de la voix, surtout lorsqu'on joint à cela la vitesse.
Les langues, quelles qu'elles soient, emploient, pour s'exprimer, des voyelles modifiées par des articulations qu'on appelle consonnes. J'entends ici par voyelles
et consonnes, non seulement celles qui sont représentées par ces caractères spéciaux qu'on appelle les lettres de l'alphabet ; mais tous les sons et toutes les articulations usités dans une langue.
Le nombre des voyelles et des consonnes ainsi considérées varie d'une langue à l'autre. Certains sons, qui existent dans une langue, n'existent pas dans d'autres; il en est de même des consonnes. Pour bien prononcer une langue, il est donc nécessaire de bien connaître les sons ou voyelles de cette langue, et les consonnes qu'elle emploie.
Nous allons naturellement nous borner au français, et nous ne ferons allusion à d'autres langues qui nous sont plus ou moins familières, que pour nous faire éviter des défauts de notre propre langue.
Il y a en français 16 voyelles bien caractérisées et 18 consonnes.
L'alphabet n'a que 5 lettres pour représenter les voyelles : a, e, i, o, u. Les autres sont connues ou par l'usage ou par des combinaisons de lettres, de sorte que, en
réalité, il y a bien 16 voyelles usitées et nettement caractérisées.
Dans la première partie de ce cours, j'ai eu occasion de j)résenter le tableau raisonné des 16 voyelles. Je le reproduis ici avec des mots parfaitement connus pour en préciser les sons.
ame
a soldat
patate
botte
e je, seul
e mer
ô cote
eu je^lne
bebe
ou
Q,OUQ,OU
m?*nuit
on honte
un chacw?i
in vmgt
Les délicats pourraient peut-être essayer de placer quelques sons intermédiaires à ceux-là, surtout dans le e. Mais bornonsnous à bien prononcer ces 16 sons et nous n'en aurons pas besoin d'autres. Ce tableau a été fait par un Français qui avait fait une étude spéciale des sons de la langue française. Contentons-nous d'être français comme lui et nous parlerons bien la langue française.
Ce tableau ne renferme pas les diphtongues, c'est-à-dire, deux sons produits d'une seule émission de voix comme oi, ui ; parce que chacun des sons qui les composent se trouve dans le tableau, et qu'ils sont en réalité, non pas le résultat d'une seule émission de voix, mais bien de deux émissions se suivant très rapidement et qui restent distinctes.
Contrairement aux voyelles, l'alphabet contient plus de lettres appelées consonnes qu'il n'y a d'articulations différentes en français. Cela vient de ce que plusieurs, en tant qu'articulation, font double emploi, comme les lettres k et q, ainsi que la
lettre c devant les voyelles a, o, u. En revanche les deux articulations che et gne ne sont représentées par aucune lettre de l'alphabet. Je ne compte pas l'articulation X qui est double, et dont les deux articulations respectives qui la composent rentrent dans les autres. Ainsi X se prononce gue, ze, comme dans exercice, et Ice, ce, comme dans excès.
En réunissant ainsi seulement les articulations réellement distinctes de la langue française, le nombre en est de 18, qu'on peut diviser en trois classes : les consonnes vocales, les explosives et les sifflantes (^).
Les consonnes vocales s'appellent ainsi parce qu'on peut les faire entendre sans le secours des voj^elles et avant que l'articulation soit complétée. Elles sont au nombre de 10, et en voici la nomenclature. Au lieu de les désigner par leur nom dans l'alphabet (ce qui serait insuffisant), je les
(1) Il y a d'autres divisions plus compliquées: mais ou elles rentrent dans celle de Delsarte, ou font des divisions trop minutieuses.
désigne par l'articulation suivie du son e : be, de, gue, le, me, ne, gne, ye, re, ve.
Les explosives, au nombre de 4, se nomment ainsi parce qu'on n'est pas capable de les entendre sans voyelle, et que leur articulation ne se fait qu'avec effort comme par une espèce d'explosion. Ce sont:
pe, te, ke, fe.
Ces articulations correspondent aux quatre vocales
be, de, gue, ve.
Enfin, les sifflantes, qui sont aussi au nombre de 4, et dont la dénomination se comprend d'elle-même, sont se, ze, je, clie.
Pour bien prononcer ces consonnes et éviter la mollesse d'articulation, il faut s'exercer à les prononcer avec un certain effort, et ne pas craindre, dans les commencements, l'exagération, jusqu'à ce qu'on ait acquis l'habitude de les articuler nettement. Il faut arriver à faire parvenir 1 articulation des consonnes nettement aussi loin que l'on fait entendre les voyelles. Devant un -rand auditoire, par exem-
pie, dans une vaste église remplie de monde, il n'est pas nécessaire d'une voix forte pour faire entendre partout les sons voyelles. Ce qui empêche de comprendre, c'est le défaut de l'articulation des consonnes. Or, la netteté d'articulation n'exige pas d'effort de poitrine: ce sont uniquement les muscles de la bouche qui sont en jeu, de sorte qu'une voix faible peut articuler aussi nettement qu'une voix forte.
La mollesse d'articulation n'est due qu'à une paresse des muscles de la bouche. Il n'y a donc qu'à vaincre cette paresse par l'exercice pour qu'une voix même faible puisse se faire entendre partout sans grands efforts de la poitrine. Mais, pour articuler ainsi, il est de toute nécessité de parler lentement. — En résumé, articuler nettement et parler lentement, voilà le secret de se faire entendre au loin sans effort.
Nous connaissons maintenant tous les sons usités dans la langue française et les articulations qu'elle emploie ; mais cela ne suffit pas pour bien prononcer cette langue. Il faut savoir faire de tout cela l'ap-
plication convenable ; ce qui suppose trois choses : 1° la prononciation appropriée des voyelles, 2^ la juste articulation des consonnes, suivant les mots, o^ l'accentuation convenable.
§ unique. Défaut de prononciation
Nous n'entrerons pas dans le détail de la prononciation de tous les mots, ce qui ferait double emploi avec plusieurs bons ouvrages sur cette matière. Nous nous bornerons à insister sur quelques défauts plus particuliers au Canada. Plusieurs de ces défauts, au reste, n'en ont pas toujours été. Nos ancêtres ont importé de France, la prononciation d'alors qui s'est conservée au Canada, tandis que la prononciation, en France, a fait des progrès, ou, du moins, a subi des changements. Or évidemment, puisque nous voulons parler français, c'est la France qui fait loi, là où la France fait réellement la loi.
Je fais cette restriction, car le français ne se prononce pas également bien dans toute la France -, et l'on aurait tort de
prendre pour modèle la prononciation d'un Français quelconque par cela seul qu'il vient de France. En effet, outre les langues différentes et les patois qui se parlent dans différents endroits de la France, la prononciation du français n'est pas homogène parmi ceux mêmes qui jDarlent français. Mais tous admettent qu'il y a un langage qui fait loi, c'est celui de Paris dans la société. On dit aussi que Blois et Alençon ont le privilège d'avoir cette excellente prononciation. Cette manière de prononcer est maintenue par le Théâtre français, où des maîtres spéciaux s'occupent constamment à la maintenir intacte. A ce point de vue, à part nos quelques défauts, le français du Canada est bien plus homogène que le français de France. Mais ce n'est pas une raison pour négliger de corriger nos défauts.
Au point de vue des voyelles, les deux sons surtout qu'on emploie mal ici sont la diphtongue ai, et le son ais, ainsi que les voyelles nasales cm et in.
Oi autrefois en France se prononçait o?6e,
et il se prononce encore ainsi en France par le peuple dans certaines parties de la Normandie. Nos ancêtres ont emporté ici cette prononciation, et elle s'est perpétuée parmi nous, tandis que la société instruite française l'a remplacée parle son oâ. (Voir le tableau, page 268).
Il se présente ici un singulier phénomène, qui fait voir la différence entre l'habitude inconsciente et la mémoire des yeux. Non seulement les personnes instruites, mais tous les enfants qui ont appris à lire dans les écoles prononcent, quand ils lisent, invariablement bien la diphtongue oi si elle n'est suivie d'aucune consonne articulée comme toi, moi, loi, voix, etc. Il leur faudrait un effort réel pour la prononcer oé en lisant. Tandis que, s'ils parlent d'eux-mêmes ou s'adressent à un autre, la plupart diront utoé, toé. La raison de ceci, c'est que la vue des deux lettres oi ne réveille pas dans leur mémoire d'autre son que oâ. Dans la lecture, ce son est donc bien prononcé, lorsqu'il est seul.
Il n'en est pas de même lorsque oi, est
suivi d'une consonne articulée ; comme /*, ou /, ou n. Alors oi, qu'on prononce oâ lorsqu'il est seul, devient oè lorsqu'il est suivi d'une consonne articulée ; au lieu de dire voâ, voàre, on dit roâ, voère ; si bien que, pour l'oreille, on pourrait faire rimer voi?' avec mer.
Pour bien prononcer, il faut donc se contenter d'ajouter l'articulation au son od : voi-re, toise, histoi-re, etc.
L'autre défaut est celui de la syllabe ais. Contrairement à oî, qu'on prononce trop fermé, dis se prononce trop ouvert. On donne à cette syllabe le son de l'a aigu de patate. Ainsi, on dit/fa?«/s- en donnant à ces deux syllabes le même son : fa-vais. Le vrai son de ais, n'est pas d aigu, mais e ouvert, comme dans yner, lettre.
Les voyelles nasales an, in, sont habituellement mal prononcées au Canada. On n'ouvre pas assez la bouche et l'on ferme trop les fosses nasales, ce qui les fait trop prononcer du nez. Ce n'est que par un exercice répété qu'on peut finir par bien prononcer ces sons.
La voyelle nasale un est souvent remplacée par in. Ainsi on dit : in homme, au lieu de un homme ; chaque??, au lieu de ch.?iCii7i. Affaire de mauvaise habitude non réfléchie.
Quant aux consonnes, à part la mollesse d'articulation, qui les affecte presque toutes, il y en a deux qui sont généralement mal articulées; ce sont les articulations <7 et t. Le défaut vient de l'habitude qu'ont les Canadiens-français de tenir habituellement la langue plane dans toute sa longueur, de manière que le bout de la langue touche les dents ; ce qui donne au d et au t quelque chose du tJi anglais. Pour bien articuler ces consonnes, il faut retirer un peu la langue et lui faire frapper le palais à quelque distance des dents.
L'articulation gue est souvent aussi, et à tort, remplacée par //e : ainsi on dit //erre, au lieu de (juerre ; fat///(///^ au lieu de ïntif/anf.
Une articulation nette, claire et distincte suppose nécessairement une prononciation lente. Ils sont excessivement
rares ceux qui articulent nettement et rapidement en même temps. Au reste, pour être bien compris, surtout dans un discours de raisonnement, il est essentiel de parler lentement. Outre que c'est nécessaire pour se faire comprendre au loin, ce l'est aussi pour donner le temps à l'auditeur de graver dans sa mémoire et dans son intelligence la suite du raisonnement. On distingue l'articulation du coin du feu et l'articulation oratoire. Dans la première, on peut se permettre sans grand inconvénient plusieurs négligences, bien que ce soit toujours plus agréable d'entendre prononcer nettement, même dans la conversation intime en petit comité.
Mais il ne faut rien négliger dans l'articulation oratoire. Quelquefois même il est bon d'exagérer la préparation de certaines consonnes. Le h et le p, par exemple, précédés d'une voyelle nasale, s'appuient davantage en faisant entendre Vm qui les précède, comme iv^^bécile, iv^patient. De même i-engeance pourra devenir veu-ougeance.
Dans une même phrase, entre deux respirations, il faut tâcher d'éviter les solutions de continuité.
Cela cependant souffre exception lorsque l'on parle dans un local très sonore. Il faut dans ce cas, couper nettement chaque syllabe aussitôt que prononcée et laisser à la sonorité de l'édifice, le soin de prolonger les sons. Il faut avoir soin d'étudier un semblable édifice, et de s'y exercer. Autrement on court risque de ne pas faire comprendre une seule phrase.
La même précaution doit se prendre lorsqu'on parle dehors à une très grande multitude. C'est ce à quoi ne pensent pas un grand nombre d'orateurs publics, qui, dans ces cas, ne sont compris que dans leur voisinage.
ARTICLE TROISIEME