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PREMIÈRE PARTIE

Avant de donner la progression du taravsîlde cette leçon, il devient nécessaire de donner une explication succincte des principes du mouvement, de la valeur des aides, de leur effet pourrég-ler, allonger ou ralentir les allures et change les directions.

DËnNlTIOH GËNËRALE.

La machine animale se compose de rouages, de ressorts, de leviers ; en un mot, de tous Ira instruments du mouvement que met en jeu la volonté de l'animal.

L'équitation raisonnée a pour objet d'agir sur cette macliine, de manière à harmoniser ses forces, & les maîtriser, tout en évitant d'exercer sur le cheval une sug-gestion trop grande qui annulerait en lui ses brillantes facultés.

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pplmel|»ca *m

Dans le mouvement du cheval, il y a deusforeea à considérer ; la force musculaire et la force inerte. Elles se trouvent combinées dans chaque individu dans des proportions différentes.

La force musculaire est essentiellement productrice du mouvement; c'est elle qui provoque le déplacement. Une fois le déplacement obtenu, la force inerte lui vient en aide en raison de la direction suivant laquelle la machine est engagée. Ainsi , dans la montée ou dans la descente, ces deuz forces louent alternativement le rôle principal.

Elles jouent aussi un rôle plus ou moins efficace, Buivant la nature des chevaux, leur emploi et les conditions particulières dans lesquelles ils se tiouvent. Ainsi, un cheval léger, abandonné à toute l'énergie de ses moyens naturels, se meut principalement par la force musculaire ; mais lorsqu'elle est épuisée par la fatigue, la force inerte devient l'agent le plus actif du mouvement.

Dans im cheval lourd, un cheval de ti^it, par exemple, c'est la force inerte qui prédomine.

Dans la combinaison des allures, dansles changementB de direction et les divers degrés de vitesse, réquitation enseigne le moyen de gouverner ces forces, de manière & mettre le cheval dans la nécefe&ité d'exécuter ce que lui demande le cavalier.

Le mouvement est déterminé par les dijpférefils rapports du centre de gravité avec la base de sustentation. Dans l'état de repos, le centre de gravité est étayé par cette base.

Du moment où ce rapport est rompu, il arrivera de ieus choses l'une : ou le centre de gravité, privé de sa base, produira la chute, ou les jambes arriveront assez à t«mps au secours de la masse pour prévenir la chute, et le mouvement sera accompli.

Ainsi, les ijuatre mouvements, en avant, en ar rière, à droite, à gauche, ont toujours lieu, parce que le centre de gravité dépasse la base dans le sens de l'une de ces quatre directions.

DU RÔLE QDE lOUENT LA TtlE ET L'ENCOLUttE DANS LES DËPLACBUEHTS HE LA MASSE.

Lorsque le cheval peut disposer de tous ses moyens naturels propres à faciliter l'exécution de

ses mouvements, Q se sert de sa tête et de son encolure comme d'un balancier, à l'aideduquel il équilil)re ses forces ou en modifie l'emploi. Veut-il aller en avant, il éloigne la tête, allonge son encolure, afin d'amener son centre de gravité dans le sens du mouvement progressif; veut-il, au contraire, effectuer le mouvement rétrograde, il ramène sa tête, raccourcit son encolure, et imprime ainsi à la masse le nioiivcmentfin arrière.

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Dans les mouvements de côté, obliques ou circulaires, c'est encore le déplacement de la tête et «le 'encolure à droite ou k gauche qui favorise, régie fit maintient le tourner; mais, dans ce cas, le cheral dispose quelquefois de son encolure pour fairj affecter à la tête une position telle que la main d;i cavalier resterait impuissante à bien gouverner le cheval si on ne cherchait pas k combattre cette disposition naturelle.

Ainsi, par exemple, lorsque le cheval, livré h luimême, veut, dans un mouvement précipité, tourner à droite, et qu'il a engagé la masse de ce côté, îi arrive que pour contrebalancer la rapidité de ce déplacement qui pourrait entraîner sa chute, il porte sa tête et par suite le haut de son encolure dans la direction opposée, et parvient ainsi à atténuer ie mouvement trop marqué des épaules et de la base de l'encolure dans le sens du mouvement imprimé.

Le cavalier qui veut maîtriser son cheval, doit lui placer la tête daus des conditions telles que le mors puisse régler ses déplacements ainsi que ceux de l'encolure, de façon que celle-ci se plie, se raccourcisse ou s'allonge, selon les impressions que la bouche recevra de la main du cavalier.

Comme nous venons de le dire, si le cheval ei. liberté, qui tourne rapidement h, droite, peut porter le tête à gauche, c'est pour contrebalancer la pesanteur de la base de l'encolure qui entraîne la masse à droite. Si, dans ce cas, le cavalier, à l'aide du mors, wiut porter la tête du cheval du côté où il

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veut tourner, il a aussi la foculté de la maintenir de façon à faire refluer sur l'épaule gauche la baae de l'encolure, et par là même, régulariser le tournant. C'est donc toujours la même loi d'équilibre qui régit le déplacement des masses; le cavalier en change seulement la disposition pour mieux gouverner le <dieval.

PMlUtn d« Is tête.

Pour recevoir régulièrement l'impression de la main du cavalier et ne pas gêner la respiration, la tête du cheval doit être placée un peu en avant de la verticale. Cette position est celle que l'on doit lui faire prendre dans les allures ordinaires, les mouvements simples et réguliers.

Plus on veut raccourcir l'allure, plus la tête doit rentrer dïms la ligne verticale; plus, au contraire, on veut augmenter la vitesse, plus la Séte doit sot^ tir de cette Ugne.

Dans ces deux derniers cas, la position qu'affecte la tête peut être considérée comme normale, puisque de l'attitude qu'on lui fait prendre, dépend le ralentissement ou le développement des allures.

La tête peut affecter une position irrégalière, c'est-à-dire trop se rapprocher ou trop s'éloigner de la ligue verticale, soit en raison de la conformation défectueuse de l'avant-main, soit par suite d'une embouchure mal ajustée, soit par excès de sensibilité de la barbe et des bfures, soit enfin, et c'est le cas le plus fréquent pour les chevaux qui portent

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au vent, par un vice de conformation dans une des parties de l'arrière-mam.

Non-seulement c'est par l'emploi judicieux des aides que le cavalier parvient à combattre les débuts de position, mais c'est encore en employant un mors plus ou motus dur, en le plaçant plus ou moins bas dans la bouche du cheval, et enân, en serrant plus ou moins la gourmette.

Ainsi, par exemple, avec le cheval qui porta au vent, on doit, poiu: leramener, augmenter la valeur des bras de levier, et, par conséquent, user d'un mors à branches longues et le placer le plus bas possible. Pour le cheval, au contraire, qui porte la tête basse ou se ramène trop , le mors doit être placé le plus haut possible, avoir des branches courtes, aân que les effets s'impriment de bas en haut.

Si, dans l'état de nature, la position qu'affecte la tête est déterminée par l'attitude que prend l'^colure ; chez le cheval soumis au frein, c'est le mors qui, par son action sur la uouche, fait prendre à la tête une position & laquelle l'encolure est forcée de céder ; ce sera donc en raison de la manière dont les maans agiront, que l'encolure pourra se relever, s'allonger et se plier à droite ou à gauche. De la connaissance des effets du mors et de leur j udicieuse application dépend donc la flexibilité de l'encolure et par la même la bonne position imprimée à la tête du cheval.

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Bn fiiisant agir le mors de devant en airiérG, l'effet égal des dens canons sur les barres, en forçant la tête à se porter en ariière, produira né- ; cessairement la flexion de l'encolure d'avant en arrière.

L'ouverture et la traction d'une rêne, de la droite, par exemple, produisant une action plus marquée du canon droit sur la barre droite, font tourner la tête à droite, la portent en arrière, de droite à gauche, et fléchissent l'encolure à droite.

En thèse générale, toutes les actions imprimées sur la bouche doivent se demander graduellement jusqu'à ce que le cheval cède. Lorsqu'il a obéi, la main doit diminuer son action, et ne la reprendre que si l'encolure s'allonge pour reporter la tête en avant. Les effets de résistance et d'abandon de la main auront bientôt donné k l'encolure la âezîbiUté que l'on veut obtenir.

On habitue le cheval à ces effets du mors, soit de pied ferme, soit en mouvement.

Les assouplissements de pied ferme se demandent particulièrement avec les jeunes chevaux, le cavalier étant à pied; celui-ci, se place alors en face du cheval et fait agir les canons sur les barres, comme nous l'avons dit plus haut.

Danscette circonstance, cependant, il est bon de remarquer que ces assouplissements ont moins pour Lut d'amollir et de mobiliser l'encolure que d'haîâ-

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tufir la bouche du cheval k compreudre et à accepter les diverses sensation du mors.

Lorsqu'on demande les flexions ou assouplissements étant à chev^, les jambes doivent soutenir les actions de la main afin d'empêcher le cheval de reculer.

L'assouplissement s'obtient aussi en badinant la rêne, c'est-à-dire en l'ouvrant et la secouant de manière à marquer sur les barres de petites saccades successives et très-légères auxquelles le cheval finit par céder en tournant la tête et pliant l'encolure (1),

Les assouplissements essentiels qui complètent l'éducation du cheval sont ceux que l'on demande lorsque le cheval est en mouvement ; l'on peut alors mesurer jusqu'où doivent aller les exigences, parce qu'alors seulement le cheval peut livrer à notre appréciation la nature de ses résistances et celle de ses moyens individuels.

Les jambes doivent de même toujours précéder l'actioa de la maiu, car la tête ne se ramène, l'encolure ne se fléchit que par l'effet du déplacement du cheval ; poussé en avant par les jambes, il ren-

(1) Il Gsi 1 remaniuer que certains clievaux présentent une raideur d'encolure de telle nature, qu'il Suai plus de temps et de soin pour les faire céder, tant de pied ferme qu'en badinant le» rênes; ceci tiontà la disposition musculaire de l'encolure, ainsi qu'on le remarqua chez les clievaus enliers, qui ont cette région beaucoup plus dÉvcloppik'.

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contre la main qui, placée fixe et basse, ofl^ à la bouche une résistance qui, en restreignant le développement de l'aTant-main, force l'encolure à se fléchir.

L'encolure étant le levier indispensable pour faciliter le mouvement progressif, son attitude doit être telle que, tout en étant assouplie et acceptant sans réeistaDce les déplacements rétrogrades et latéraux, elle doit toujours conserver son soutien et même un certain degré de rigidité. Sa direction doit être celle que naturellement elle prend lorsque le cheval, sans être monté, est en place etposé d'aplomb.

Si, contrairement à ce principe, on cherchait à trop lever la tête et l'encolure, le jeu des épaules pourrait être plus libre ; mais en même temps, les reins et toutes les parties de l'arrière-main étant écrasées, les hanches et les jarrets gênés dans leur action, il en résulterait que les déplacements de l'arrière-main seraient restreints, inégaux et saccadés, et que l'allure perdrait & la fois de la vitesse et de la régularité.

Si l'encolure était trop basse, l'arrière-main, quoique rendue plus libre, n'eu fonctionnerait pas mieux pour cela ; car ne se rapprocliant du centre que par une puissance toute particulière et momentanée des jambes du cavalier, elle ne tarderait pas à s'éloigner, déchargée du poids qui devait lui être

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assigné dans une juste répartition des forces ; poids,

nous le répétons, qui tend à fixer l'arrièpe-main et ' qui se trouve naturellement renvoyé des épaules sur les hanches lorsque l'encolure conserve un degré d'élévation convenable. Or, une arrière-main trop libre, trop dégagée du poids qu'elle doit porter, ne peut favoriser les allures.

La positiori de l'encolure ne doit donc être ni trop haute ni trop basse ; elle doit pouvoir se raccourcir et B'allong;er, selon que la tête se rapproche ou s'éloigne de la verticale. La Wte, en se ramenant, doit rouer l'encolure sans la briser ; en s'éloignant, elle doit la tendre sans l'enlever.

Le cheval ainsi posé, les rênes conserveront toute leur puissance ; les membres de l'avant comme de l'arrière-main coordonneront leur action dans les mouvements, soit allongés, soit raccourcis, que le cavalier pourra exiger.

Après avoir démontré le rôle Que joue l'encolure, et défini la position que doit conserver la tête, nous allons parler des effets raisonnes du mors et des aides de la main et des jambes. C'est avecleur coucoiirs et leur accord que l'on amène la tête du cheval à cette position normale, d'où dépend la certitude dans la conduite et la régularité dans les ïdlures.

Nous passerons ensuite à l'étude de tous les mouvements qu'on peut exiger du cheval, en ayant soin de procéder du simple au composé, c'est-àdire que la première partie du travail se fera en

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maintenant le cheval droit, et la seconde, en exigeant qu'il soit plié.

~ ApplIcaUaiia yrnilqne* acHon du mnn.

La main en tendant les rênes ag^t sur le mors et fait éprouver immédiatement une sensation sur les barres, C'esten raison de l'impression que les barres reçoivent, que le cheval recule, s'arrête ou se dirig:e. Ces impressions qu'imprime la main, se modifient, s'atténuent et semblent se contredire, en raison des diverses conditions d'équilibre dans lesquelles se trouve le cheval lorsque la main agit.

Ainsi, par exemple, si nous prenons le cheval au repos, et que l'on tende les rênes, il reculera, parce que le mors imprime sur les barres un effet de devant en arrière auquel il cède.

Si, au contraire, nous le prenons en mouvement, nous verrons que quelquefois, la main, pour le maintenir et le diriger, est obligée d'employer une . résistance plus forte que celle dont elle a usé pour le faire reculer. A quoi cela tient-il?

A ce que, dans le premier cas, le cheval, étant en équihbre, a cédé à la première impression qu'il a reçue et la rupture a dû se faire en arrière ; tandis que, dacs le second cas, la rupture de l'équilibre 'étant faite en avant, la main n'a plus apparu que comme soutien, pour régler le déplacement de la

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On voit donc que, dans l'on et l'autre cas, la sensation sur les barres a toujours eu lieu, et cependant les résultats ont été bien différents. Dans la marche, les changements de direction sont toujours subordonnés k la position qu'a^ecte l'encolure, qui, en même temps qu'elle est le bras du levier qui entraîne la masse en avant, est aussi le gouvernail qui règle les déplacements du cheval. Nous pourrions encore comparer l'encolure à un pendule qui, dans son balancement, force l'avant-main à dévier du côté où son "poids est attiré ou repoussé.

C'est eu raison, alors, des sensations que les barres reçoivent, que la tête du cheval affecte une position qui agît sur l'encolure de façon à attirer ou à repousser son poids sur l'une ou l'autre épaule, ou à le répartir également sur les deux.

On comprend alors que, lorsque les sensations des canons sur les barres auront une égale valeur, le cheval marchera droit, puisque la tête, maintenue sur un plan parallèle, conservera k l'encolure sa rigidité.

En conséquence, ce qui pourra &ire dévier le cheval, ce sera nécessairement l'inégalité dans la

Ainsi, par exemple, si la rêne gauche se tend et que la lifoite se relâche, il n'est pas douteux que la barre gauche sera plus comprimée que la droite ; maintenant, lorsque cette sensation se produira, le chevai devra-t-il tourner à gauche ou à droite î

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Nous répondrons, qu'il pourra tourner de l'un ou de l'autre côté ; cela dépendra de la manière dont la masse sera préalablement engagée, ou de la manière dont on la disposera avant de produire cette action.

Mais, dans teos les cas, ce sera la sensation que le canon gauche imprimera & la barre qui déterminera le déplacement à gauche ou à droite.

C'est ce que nous allons démontrer.

Nous devons préalablement établir que le cheval doit accepter le mors avec assez de confiance pour que l'appui des canons sur les barres ne l'effraie plus et ne le jette pas dans un mouvement heurté et désordonné; qu'enfin il soit fait à son contact.

C'est, du reste, la première chose qu'il faille apprendre au jeune cheval quaadon lui met la bride; on ne doit se servir du mors pour les changements de direction que lorsqu'fl n'est plus effrayé de son appui.

Oette condition expresse arrêtée, les changements de direction et les tournants dépendront de la position qu'affecteront la tête et l'encolure, en raôson de la sensation que la main imprimera sur l'une ou l'autre barre.

Ainsi, par exemple, si l'on tend la rêne gauche, en portant la main un peu Ji gauche , la barre gauche éprouvera une sensation de droite à gauche à laquelle elle cédera en portant la tête à gauche et en attirant l'encoluro de ce côté ; la tête et l'enco-

lure sortant de l'axe du cheval en se portant à gauche, ce déplacement de poids fait dévier forcément le cheval à gauche. Si cette traction devient plus marquée, ce qui arrive en ouvrant davantage la rêne et en tirant un peu plus fort, le cheval tournera d'autant plus vite à gauche, que le déplaieement de rencolure de ce côté sera plus grand. ■ Au contraire, si la rêne, en se tendant, se porte en ftcrière, et de gauche à droite, la barre gauche reçoit une impression qui, tout en amenant le nez à gauche, se traduit tout différemment ; car cet effet de traction de devant en arrière et de gauche à droite recule la tête sans la sortir de l'axe du cheval, et ce déplacement provoque nécessairement le pli de l'encolure, dont le poids, refoulé sur l'épaule droite, déterminera le tournant à droite, seul côté où le cheval puisse s'échapper, puisque la traction sur la barre gauche et la direction donnée à la rênn gauche ont été telles, que le cheval n'a pu se porter ni en avant ni à gauche, tandis que le poids de l'encolure a forcé l'équilibre de se rompre à droite, ce qui a produit le tournant de ce côté. Une traction imprimée sur la rêne gauche, dans les mêmes conditions, mais moins marquée que la précédente,' ne chargeant pas autant l'épaule droite du poids de l'encolure, fait dévier le cheval à droite au lieu ie le faire tourner.

Comme c'est suivant la direction donnée à la rêne que l'on imprime à la barre une sensation qui fait atïecter à la tête et à l'encolure une position

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qui détennîne les changements de directions, nous dirons, lorsque le cheval se tourne du côté où la rêne se tend, que l'action de la rêne est directe (que l'on fait tourner le cheval par l'effet de la rêne directe).

Quand, au contraire, le tournant se produit du côté opposé h la rêne qui agît, on dira que l'on agit par l'effet de la rêne contraire.

Le cheval tourne par l'effet de la rêne contraire lorsque la rêne gauche se tend et que le chevai tourne à droite.

On peut dire encore, dans les deux cas qui précèdent, que l'on a agi par l'ouverture ou l'appui de la rêne, soit qu'on l'écarté de l'encolure, soit qu'on l'appuie dessus, afin de lui donner la direction nécessaire pour faire produire au mors telle ou teDe sensation (1).

On appelle effet de rêne d'opposition, l'effet inter-

(1] Quand lo cheval est fait aui appuis du mors, demandi^.s pur In main de la bride s'obtiennent toujours par l'eflet de la rêne contraire. Ce n'est que comme accessoire et par eiceplion que l'on emploie la main qui reste libre, pour aider te loitrnant an agissant sur la rSne directe. Si dans les leçons on a recommandij au cavalier de ne jamais eiécuter un tournant sans, an préalable, avoir rassembla son clieval, c'est juatemeat parce que cette action ramène la tâte et la dispose tùnsi que l'encoluro ft mieui c£der h l'action du mors qui doit proiJuire le lournanL Malheureusement, beaucoup d'instructeurs tous débitent niacbinalemcnt ce principe sans savoir quoi résultat il doit produire.

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médiaire entre les deux précédents ; il sert à opposer les épaules aux hanches et à dévier le cheval sans provoquer le tournant.

Exempte d'effet de rêne d'opposition. — Si, inar^ chant en ligfne directe, le cheval se trouve effrayé d'un objet placé à sa droite, et cherche à le fuir en se jetant à gauche, l'action de devant en arrière de la rêne gauche, suivie de son léger maintien à. droite, pousse le cheval à droite et l'empêche de dévier l'avant-naain à gauche.

Autre exemple. — Si , voulant suivre une ligne droite, rarrière-main dévie à gauche, ce déplacement de l'arrière-main peut se rectifier par l'effet delarêne d'opposition, qui agira dans ce cas d'une manière différente.

Alors la rêne gauche s'ouvrira légèrement à gauche pour ameuer la tête et l'encolure de ce côté ; ainsi posée , la rêne agira de devant en arrière pour retarder le développement de l'épaule, et faire refluer son poids sur la hanche droite , qui aJors déviera à droite et redressera ainsi le déplacement de l'arrière-main. Si cette action de devant en arrière se continue , les hanches continueront aussi de s'échapper k droite, ce qui fera entamer le mouvementobliquedegauche à droite par l'arrière-

L'explication de ces effets aura tout h l'hftiu^ un développement plus grand.

Nou3 savons que, pour que la bouche du cheval cède avec précisioD à ces divers effets du mors, ilîeMt que la tête se rapproche de la Terticale, le bout du nez restant toutefois un peu plus en avantqu'en arrière de cette lig^ne , puisqu'on facilite ainsi la respiration du cheval, que l'on conserve à l'encolure sa valeur comme bras de levier, tout en lui assurant le soutien nécessaire pour que ces déplacements latéraux soient gradués et non heurtés, ce qui arrive quand elle est ou qu'on l'a rendue trop flexible.

D'après cela, il sera facile de comprendre que, lorsque la tête s'éloignera par trop de la verticale en se portant en avant, le cheval répondra mieux aux rffets directs qu'aux effets contraires ; car la tète, ens'éloignant, tendra l'encolure, qui sera ainsi placée dans les conditions les plus favorables pour se porter du côté où la tète sera attirée ; tandis que, au contraire, plus la tête se rapprochera de la verticale, plus le tournant, par ï'efïet de la rêne contraire, sera facile h obtenir ; l'encolure étant alors distendue, assouplie, sera dans les conditions voulues pour refluer facilement du côté opposé & celui où la tête sera appelée. Dans ce dernier cas, les effets sur la rêne directe seront plus difficiles à obtenir, parce qu'il peut arriver qu'au moment où l'on opère la traction, il n'y ait que la tête qui tourne et que l'encolure, trop flexible, au lieu de suivre ce déplacement de la tête, ne fasse que se ployer davantage et imprimer alors sur les barres une

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sensation autre que celle que l'on a voulu produire, et porte l'avant-niain du côté opposé à. celui oùl'on a voulu l'attirer (1).

Il suffit d'un peu d'observation et de pratique pour se rendre compte de ces différents effets. Un cavalier qui montera un cheval qui tend sou encolure et porte le nez au vent, sentira qu'il est impuissant h fiiire tourner son cheval par l'effet isolé de la rêne contraire ; de môme celui qui montera un cheval à encolure trop flexible aura toutes les peines du monde à tourner par l'effet de la rêne directe. Nous répéterons qu'avant de chercher à faire connaître au cheval les effets de côté du mors, il feut préalablement qu'il en reçoive l'appui avec confiance, que sa tête soit maintenue dans une position normale, c'est-à-dire le bout du nez un peu

(1) Cerlains écuyen, et moi tout le premier, prennent l'habitude, en donnuiE la leçon, de se servir d'eipressioDS que l'en croit plus saisissantes k l'eaprit des élèves, et qui, prises an pied de la lettre, ne sont pa^ toujours eiact«a.

Ainsi, certaines personnes disent que la rëno agit par traction lorsqu'elle Tait tourner le cheval du cOté où on la tend, e( par pulsion lorsqu'elle provoque te tournant du cM cnntraire. Ces expressions ne sont pas exactes, parce que la traction a lieu dana l'un on l'autre cas; en disant ensuite que le cheval tourne par l'effet de la rené de pulsion, c'est laisser supposer que le tournant est produit par l'effet seul de la rioe sur l'encolure, ce qui n'est pis exact, puisque larâne ne peut se tendre sans que la barre soit affectÉe, et que le tournant résulte essentiellement de l'attitude que la tBte prend, en raison de la sensation que reçoit

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— 12S en avant de la verticale, et qu'enfin il ne faut chercher à assouplir l'encolure que juste ce qui est nécessaire pour l'amener à céder aux actions précises de cet instrument. Le cavalier se met en rapport avec le mors au moyen des rênes qui transmettent sa volonté.

Les rênes ne jouent, quoi qu'on en ait dit, qu'un rôle très-secondaire. L'appui qu'elles sont forcées démarquer sur l'encolure, lorsque l'on veut obtenir le tournant par la rêne contraire, peut offrir une résistance qui produit sur l'encolure un effet de pulsion ; mais cet effet serait d'une valeur presque négative si le mors n'ag:issait pas en même temps, et c'est la manière dont il agit qui force la tête et l'encolure à prendre une attitude qui détermine le tournant.

L'appui des rênes a sa plus grande valeur pour maintenir l'encolure et favoriser les changements de directions, lorsque le cheval est en bridon ; avec le mors du bridon, il ne répond guère qu'aux actions directes des rênes , l'effet que ce frein produit sur la bouche n'est plus le même que celui produit par le mors de bride.

Quand on fait agir la rêne directe du bridon pour demander un tournant, il s'opère alors un frottement sur toute la bouche du cheval , de dehors en dedans, c'est-à-dire de gauche à droite si l'on tire la rêne droite. Ce frottement est tellement positif, que si l'on rdâche la rêne gauche dans le moment où l'on tire la droite, le mora peut sortir de la bou-

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cbe du côté où s'opôre la traction. Aussi est-ce pour Svîter cet inconvénient que l'on met des ailes aux BDueaux du mors de bridon.

On comprend alors que si, au lieu de relâcher la rêne gauche, on la maintient ou l'appuie sur l'encolure, on assure d'abord le mors dans la bouche du cheval, et l'on marque par cet appui, sur la face g-auche de l'encolure, une résistance, une sorte de pulsion qui, l'empêchant de se porter à gauche, vient favoriser le tournant & droite. Mais cet effet de la rêne gauche et du canon gauche du mors de bridon n'a de valeur que si la rêne droite est tirée de son côté ; car si elle se lâchait, le mors, cédant à la traction qui lui viendrait uniquement de gauche, coulerait dans la bouche de droite à. gauche, et amènerait la tête et l'encolure de ce dernier côté.

C'est en raison de la façon d'être du cheval, de la conformation de sa bouche, que l'on choisit un mors plus ou moins dur, plus ou moins long de branches, afin qu'avec l'aide de cet instrument et des autres moyens équestres quepossèdele cavalier, on arrive à lui placer la tête et la maintenir dans la position normale dont nous avons parlé, puisque c'est cellelà qui assure les moyens de conduite les plus certains et qui place le cheval dans les conditions les meilleurs à l'exécution de ses mouvements (1).

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— 12(t — Lorsque l'on a donné k l'eDcoltire âne Qexibîlité

bien des controrenea et fait surgir bien d«a tbéoriea errondee.

Les uns, s'appuf ant iar l'effet qui se produit but U. bouche du eheral de voiture, gni ne doit et ne peut répondre qu'à l'effbt de 1» rAne direcw, prâteudkient que la senution qui Berraic !i tirer le cheral à gauche, ne poavait, en aucnn cas, avoir la propriâtd contraire de le diriger & droite. Aussi, avaient-ils une manière asseï curieuse d'eïpllqoer le tonmant K droite par l'effet de la TËne gauche.

Hsdisaient qu'en portant la main en avant et k droite, la rfine gauche, en se tendant, provoquait, de la part du mors, un effet de bascole de gauche adroite, qui, en soulevant le canon ganclia et diminuant son contact avec la barre gauche, faisait appuyer le canon droit sur la barre droite, et que c'était le résultat de cette sensation qui déterminait le tournant i droite.

Un pareil système est tK>p Taclle k combattre pour prendre la peine de la discuter. Je me bornerai a dire que, s'il était possible que le mors bascul&t de gauche à droite, comme on l'a prétendu, l'impression qaerecevrtdt la barre droite, loin d'attirer la tête i droite, la ferait porter iganche) car. Indépendamment de ce qu'il n'y aurait pat moyen d'établir avec la rêne un effet de tracdoD, ta sensailon sertùl imprimée sur la barre de droite k gatiche, c'est-ï-dire de dehors en dedans, ce qui forcément fer^t porter la tête et l'encolure fc gauche.

D'autres ont bien voulu reconnaître que la barre qui recevait la sensation était celle du cûté delà rfine tendue; mais ils n'ont pas voulu admettre que cette sensation fdt la cause déterminante du tourner.

C'est alois à l'appui de la rfine nir l'encolure qu'ils ont accordé la faculté de faire tourner le cheval.

Leur théorie éi^t de dire que le cheval tournât ) droite par l'appui de la rêne gaudie sur l'encolure, quoique la barre gaocbe fût plus impressionnée que la droite.

Pour admettre un pareil système, il faudrait donc supposer que la bouche eat dépourvue de toale sensibilité, et qu'un mors

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de devant en arrière qui lui laisse la facilité de se relever ou a'allong^p, en raisoa des actions de la main, et quand, au contraire, on a modérément fléchi ses parties latérales, l'encolure acquiert un soutien, une rectitude qui permettent d'obtenir tous les déplacements de l'avant-main, sans que les mains du cavalier paraissent agir.

qui agi[ sur )es btrres ik moins de valeur qu'une râne qui eSleure l'encolure.

Les essais que l'on afails sur des poulains no prouvent rien et ne peuvent rien prouver, car le cheval qui n'a jamais eu de mors dans la bouche ne rendra pas aes effets d'une manière régulière, soit que l'on ouvre, que l'on appaie ou que l'on tire la r£ne.

Il (aut d'abord habituer le cheval au contact du mors, et ne pas faire d'essai, tant qu'il ne le conaidëre que comme instrament de supplice auquel il cède en reculante outrance, ou contre lequel il sa raidit on s'en allant h la désespérode.

L'essai de la rËne contraire devra également échouer sur des chevBui de voiture ai, préalablemont, ou n'a pas ralenti lecbeval anr lequel on expérimente, et si l'on n'a pu rendre l'encolure asseï flexible pour la faire refluer du côté où l'on veut tourner 4 car un semblable cheval est toujours placé et rené de hfon k avoir l'encolure le plus rade possible, aBn de ne répondre qu'aux effets de la rSne directe.

Par opposition i ce dernier essai, qu'on atltle un cheval de selle dont l'encolure aura été rendue trëa-flexible, on verra ce qui arrivera, Bi on n'a pas cbercbé, par l'enrenement, à rendre de la raideur à cette encolure,

LarSne directe, alors, pourra produire le résultat coutr^reà celui qu'on désire atteindre, car en tirant sur cette rêne, on peut ramener la tSte, plier l'encolure et charger ainsi t'épaule du côté opposé à celui où l'on veut tourner, c'est-à-dire faire dévier le cheval à gaucho, lorsque l'on croit agir pour le tourner t droite.

Devra-t-on conclure de ce résultat que l'actioa de lu rtne directe est une action fausset

cGoo^k

La téta et l'encolure étant maintenues droites et dans l'axe du chevaJ, le moindre effet d'appui etde traction suffit pour attireroupousserle gouvernail, qui , parle déplacement le plus imperceptible de son poids, change immédiatement la direction d'une manière d'autant plus certaine que la rêne opposée vient aider, soutenir, ou rectifier les effets de la rône qui agit ; l'action des deux rênes doit nécessairement amener une exécution plus sûre et plus précise, lorsque leurs effets sont combinés de telle sortequ'elles tendent à amener le même déplacement.

Ainsi, par exemple, le tourner à droite étant demandé par l'effet de la rêne gauche en même temps que par la traction de la rône droite, il doit être nécessairement exécuté avec plus de certitude, attendu que l'association de deux moyens qui doivent amener un résultat identique vaut mieux qu'un seul. Si l'action d'une rêne produit un déplacement plus marqué que celui qu'on aurait voulu obtenir, la rêne opposée peut, par une action contraire, contrebalancer ce déplacement et le maintenir dans la position où l'on a voulu l'engager.

Supposons que la rêne gauche, par son appui, ait porté la tête et l'encolure trop fortement à droite, la rêne droite, en se maintenant ou se portant à gauche, servira de correctif pour atténuer le premier effet.

De ces simples explications nous devons conclure que, toutes les fois que l'on agit plus sur une rine que sur l'autre, pour déterminer un mouvement, il

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faut que cette dernière soit relâchée le moins possible, afin qu'on puisse la faire agir immédiatement et sans produire d'à-coup, pour rectifier ou aider le mouvement de la première.

On comprend maintenant que, si l'encolure est trop assouplie sur ses parties latérales, non-seulement on retire au cheval la franchise des allures, puisque l'encolure perd sa puissance comme bras de levier, mais encore on rend les moyens de conduite incertains et l'accord des rênes beaucoup plus diiîicile.

En effet, si nous supposons un cheval marchant & main droite , et dont l'encolure très-flexible sera pliée à droite, le seul moyen de le diriger ou de le toiuTier à droite, sera dese servir delà rêne contraire (la rêne gauche), la rêne directe {c'est-à-dire la rêne dreite) ayant perau, par ce pU outré de l'encolure, toute sa valeur pour attirer le cheval à droite. Voici donc une aide de moins.

Mais il y a plus ; car pour que la rêne gauche puisse produire un effet efficace, il faut nécessairement que la tête du cheval, qui était portée à droite, soit redressée pour changer la disposition de l'encolure. Quel arc de cercle n'a-t-on pas alors à faire parcourir à la tête, pour la placer dans les conditîona voulues pour obtenir ce tournant ! On perd nécessairement beaucoup de temps et l'on peut souvent échouer; car la masse, une fois fortement engagée dans une voie, ne se déplace pas aussi facilement qu'on le perse.

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On a déjà démontré l'action de la main pour oblouvement rétrograde ; mais la. main peut sur l'arrière-main d'autres effet9, ianB le reculer, tel que noua l'avons expii- \ rfeoe droite, par exemple, avait plus agi uche, elle auraitdirigé le poids de la masse lie droite sur la hanciie gauche et forcé main à se diriger à g'auche.

lonc de l'action inégale de la main que main du cheval recevra cette direction

Si le cheval est mis en mouvement et que lure reste droite et inflexible, l'action plus

de la rêne droite, en ralentissant le déveit de l'épaulp droite , fera encore refluer ie de la masse de cette épaule sur la hanche it engagera ainsi le cheval dans un moutblique de l'arrière-maîn.

l'action de la rêne droite prédominant , peut produire un résultat mixte. Si l'enku lieu de rester inflexible, se ploie assez k )ur charger du poids de la masse l'épaule alors le poids de l'épaule droite, au lieu de Q entier sur la hanche gauche, se répartira j-ci et sur l'épaule gauche, et engagera rant et l'arrière-main dans un mouvement >u latéral.

le que nous avons expliqué tout k l'heure ts de la rêne d'opposition,

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Les jambes sont les a^rents principaux de la conduite 9e rarrière-main ; leur action s'étend depuis les jarrets jusqu'aux talons; elles ont d'autant plus d'effet qu'elles embrassent le corps du cheval par une plus grande portion de leur étendue.

Les effets des jambes sont relatife au degré de sensibilité du cheval qui en reçoit les impressions.

Toutes les fois que les jambes agissent, l'effet que l'animal en ressent provoque la détente de ses jarrets qui détermine la pulsion de la masse d'arrière en avant. Cette masse , tendant à sortir alors de la base de sust«ntation, force les jambes de devant à se porter en avant pour l'étayer, et ainsi la marche en avant est produite , si toutefois la main permet le mouvement dans cette direction.

Une pression ég-ale des deux jambes, ag-issant par une mime somme de force, empêche l'arrière-main de dévier à droite ou à. g-auche et produit le mouvement rectiligne de l'arrière-main.

L'action d'une seule jambe, tout en provoquant le mouvement, ïorce le poids de l'arrière-main à se porter du côté opposé, .iinsi, par exemple, si le cavalier feit agir ïa jambe gauche, il produit sur la masse deux effets, le mouvement général de la masse en avant et le mouvement par côté de l'arrière-main h droite, c'estrà-dire du côté opposé à ceiui où s'exerce la pression.

Ainsi, la force aura été décomposée en deux forces,

C(,.lfoci:,Co0^k

Tune agissant d'arrière eo avant, et l'autre de gauche adroite, ce qui* explique le mouvement oblique de la masse d'arrière en avant.

Enfin, si l'action de la main est telle qu'elle contrebalance celle de la jambe, et empêche ainsi la production du mouvement en avant , la force de la jambe, n'étant plus décomposée, produira un déplacement plus prompt etplus étendu de l'arrière-main dans le sens opposé à l'action de cette jambe.

Nous venons de voir que l'action des jambes détermine le mouvement progressif rectiligne ou latéral. Mais leur rôle ne se réduit pas à agir sur l'arrière-main pour en changer la direction latérale; dies donnent aussi aux extrémités postérieures, relativement au centre de gravité, une position telle , qu'elles concourent à produire et à diriger le mouvement rétrograde,

nonvcmcnt rélrograrie de l'nrrl^m «Mw

Dans le cas où la main aurait arrêté l'impulsion de la masse en avant et l'aurait fait refluer de l'avant sur l'arrière-main , si les extrémités postérieures étaient restées en arrière, de manière à arc-bouter la masse, son mouvement rétrograde deviendrait impossible. Pour l'obtenir, il feudra que le cavalier fusse agir les jambes pour engager les extrémités postérieures sous la masse. Alors l'action de la' main venant h solliciter le déplacement d'avant en arrière, mettra le cheval dans la nécessité de porter

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ses membres postérieurs en arrière pour ^'tayer la masse, ce qui produira le mouvement rétrograde.

Si la main avait agi de manière à faire trop refluer la masse d'avant en arrière et à lui imprimer un mouvement trop rapide , les jambes devraient agir pour ralentir ce mouvement en lui imprimant ' une direction opposée.

Ainsi, dans ce cas, les jambes auront agi dans un sens opposé à celui du cas précédent, puisqu'elles auront fiilt refluer la masse d'arrière en avant.

Il pourrait donc arriver que la main, dans une action inégale, eût trop porté la masse sur la hanche drdîte ou sur la gauche, ce qui engagerait l'arri&^main dans une direction oljlique.

Pour remédier à cet inconvénient, le cavalier, eu fermant la jambe du côté où la masse se sera portée, la chassera sur la hanche opposée , et rétabhra la direction régulière que la main avait voulu imprimer.

Accord 4e« ■Idea dcBjainiKa.

Toutes les fois qu'une jambe agit plus quel'autre, pour imprimer un mouvement latéral à l'arrièremaip, celle-ci doit recevoir la masse pour maintenir ou rectifier le mouvement de la première. D'où il ■ faut conclure que les deux jambes doivent toujours !être assez près du corps du cheval pour agir sau? à-coup et se prôier un mutuel secours.

^■""gk

Od entend par l'accord des mains et des jambRs la combinaison raJEonnée de leur action, de teU« manière que l'effet de la main soit toujours coor- . donné avec celui des jambes et vice versa.

Nous avons démontré que toutes les fois qu'une rêne avait une action prédominante sur l'autre, de manière à imprimer un mouvement quelconque, l'autre rêne était employée à modifier, soutenir ou rég:ulariser ce mouvement, et que quand unejambe agissait, l'autre servait k soutenir, régulariser ou modifier cette action. De même aussi, pour l'exécution du mouvement rectiligne, soit en avant, soit en arrière, quand les jambes provoquent le déplacement de la mEiË&e, les mains le reçoivent pour le modifier, le soutenir, le régulariser, et les jambes doivent agir de la même manière par rapport h la main, lorsque c'est ellequi a mis la masse en action.

On voit que dans le mouvement rectiligne progressif ou rétrograde, en imprimant à la masse un mouvement dans l'une ou l'autre de ces deux directions, on produit le flux et le reflux de cette masse. Si donc on voulait ou rég-ulariser l'allure, ou diminuer la vitesse, ou centraliser les forces, c« aerail toujours par l'application de ces mêmes moyens, qui, en raison du résultat que l'on voudrait obtenir, seraient employés avec plus ou moins d'effet.

Ainsi, le cheval chez lequel on a rendu les mouvements trides et cadencés, est celui dont on a cen-

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traîisé les forces paï cette action bien combinée du fiax et reflux de la masse. Si l'on avait fait abus de ces moyens de centralisation de force, de telle manière que la main , par son action d'avant en arrière, provoquât dans ce sens un déplacement de masse aussi grand que celui que les jambes provoqueraient en même temps dans le sens contraire, ces deux actions, tout en mettant en jeu la force musculaire, ne produiraient ni le mouvement en avant, ni le mouvement en arrière, et amèneraient infailliblement la défense du cbeval.

Nous venons de voir qu'en opérant le flux et le reflux de la masse dans le mouvement rectiligne, progressif ou rétrograde, les deux rênes ont agi par une somme de forces ég^es, et qu'il en a été de même de chaque jambs ; il nous reste à parler maintenant de l'accord qui doit exister dans l'action séparée d'une rêne ou d'une jambe, pour s'aider ou se suppléer.

Ainsi, supposons quela jambe g-auche du cavalier agisse pour feire dévier l'arrière-main du cheval à droite ; cette action de la jambe peut être secondée par la résistance plus marquée d'avant en arrière de la rêne gauche qui, agissant sur l'épaule gauche du cheval, fait refluer le poids de la masse sur la hanche droite, ce qui fera échapper cette dernière à droite. Si l'action de la jambe gauclie ét^ût telle que les hanches s'engageassent plus h droite que le cavalier ne pourrait le désirer, la résistance plus marquée d'avant en arrière de la rêne droite, faisant

refluer le poids de l'épaule droite sur la hancLo yauche, viendrait atténuer l'action de la jambe guuche. Dans ce cas, la rêne droite viendrait régniiariser le mouTement trop marqué que la jambe gauche avait provoqué.

Si, le châvaï étant mis dans im mouvement très en avant, on voulait lui fkire dévier les bancbes à droite en se servant de la jambe gauche, l'action de cette jambe pourrait provoquer alors une augrmentation de vitesse, sans faire dévier l'arrière-main. Dans ce cas faudrait plutôt employer la résistance d'avant en arrière de la rêne gauche, pour agir sur l'arrièpe-main ; car, outre que l'action d'avant en arrière de cette rêne rapportera le poids de l'épaule gauche sur la hanche droite et la fera dévier, cette action, en ralentissant le mouvementen avant, pîac^a encore le cheval dans la condition voulue pour opérer le mouvement latéral de rarriôre-main.

Si une rêne peut seconder et suppléer, conmie nous venons de le voir, l'action d'une jambe, de même une seule jambe peut seconder l'action de la main. Ainsi, par exemple, si la main agit de manière à ralentir le mouvement de l'épaule droite, afin de faciliter le développement de l'épaule gauche, la jambe droite ducavalier peut aider ce mouvement en agissant sur la hanche droite, qui portera sur l'épaule gauche le poids de la naasse.

Si la main veut déterminer le tourner à droite, la jambe droite , en augmentant son effet , aidera encore ce mouvement en poussant l'arrière-main à

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gauche et en portant ainsi le pofds de la hanche droite sur la gauche, ce qui engage l'arrière-main dans un mouvement latéral à gauche et l'avantmain à droite.

De mfime si , dans un mouvement circulaire h droite , obtenu par la direction que la main auTii donnée à l'avant-main et par l'actioi! de la.iîirabfi droite qui aura jeté les hanches à gauche , le clie val , cédant à la force centrifuge , laisse trop tora-' ber ses hanches à gauche, la jambe gauche, en agissant et en combattant le trop d'effet de la droite , viendra seconder l'effet de la main , en renvoyant, par son action, le poids de la hanche gauche sur l'épaule droite, ce qui contribuera à reporter l'avant-main ainsi que l'amère-main but la ligne circulaire dont la force centrifuge l'avait fait sortir.

Les jambes agissant pour porter le cheval eu avant, le déplacement de l'avant-main fait que l'encolure tend à s'allonger et le bout du nez à venir en avant, ce qui augmente l'appui du mors sur les barres , si la main du cavalier est restée fixe. C'est cet appui qui établit la correspondance continuelle qui doit exister entre la bouche du cheval et la main du cavalier, pour indiquer la direction et régulariser la vitesse. Si, coutrairemeot à la volonté du cavalier , on trop grand dé-

placement de masse avait été provoqué par les jambes, la main, ayant senti cet effet, devrait faire refluer, par une résistance plus marquée d'avant en arrière , l'excédant du poids qui s'engage en avant.

Comme c'est toujours en raison du déplacement de la masse en avant que le cheval prend sur la main un appui proportionnellement plus grand , si, dans ce cas , la main , au lieu de rejeter en arrière le poids qui lui arrive, se contentait de le recevoir ou de le supporter, cet appui que le cheval prendrait alors sur la main concourrait & augmenter la vitesse , toujours en raison du soutien que la main donnerait à la masse.

Ainsi , c'est par le soutien que l'on offre à la bouche du cheval que l'on augmente la rapidité du cheval de course. C'est encore cet appui qu'un cavalier inexpérimenté provoque ou laisse prendre, qui fait que le cheval s'emporte.

Le ralentissement de la vitesse peut donc s'obtenir ou par la résistance de la main ou par son défaut d'appui. On a recours à ces moyens, qui semblent se contredire, en raison du déplacement de la masse et des moyens qui restent à la disposition dui cavalier pour la gouverner. Ainsi , par exemple , le mouvement de la masse étant trop grand , le cava- !ierpeut,parla résistance de la main, faire refluer ie poids de l'avant-main sur l'an-ière-main, de manière k prendre sur la vitesse , à. la modérer et conserver ainsi les moyens de gouverner le cheval.

Si la main n'avait ag:i que comme point d'appui, et que le déplacement de la masse filt tel que le cheval en eût abusé , il faudrait alors , pour reporter sur l'arrière-niam le poids de la majsse trop engagée en avant, refuser au cheval ce point d'appui. L'animal, ne pouvant plus s'y confier, serait obligé de se.soutenir lui-même, et, par son instinct de conservation , ferait refluer une partie de son poids de devant en arrière , ce qui diminuerait nécessairement la vitesse. Alors, les arrêts que le cavalier formera deviendront d'autant plus efficaces pour reporter la masse en arrière que le cheval se sera déjà mis lui-même dans les conditions voulues pour mieux y répondre.

L'appui du mors ayant été suspendu , la reprise de son action devi^dra nécessairement plus intense, et aura par conséquent plus de valeur pour rejeter la masse en arrière.

Si, dans un cas exceptionnel, on avait voulu augmenter la vitesse dans une proportion telle que l'on dût offrir uu fort point d'appui h la bouche du cheval, pour conserver alors sur lui les moyens de domination, on lui offrirait le point d'appui sur le filet, afin que le mors, dont l'action est plus puissante, donne au cavalier un moyen de maîtriser sou cheval et de régulariser plus tard ses mouvements.

En réstuné, les résistances et les abandons de la main ont pour but d'amener le cheval à prendre sur la main le soutien constant qui doit servir k le

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et à maintenir ses allures régTilières. Ces ces et ces abandons alternatifs s'emploient, nous l'aTons dit, dans des cas exceptionnels, ;tat normal , le rapport entre les mains du • et la bouche du cheval doit être continu , lus ou moins marqué toutefois en raison du ment de la masse.

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