‹ Cours d'équitationChapitre 17 sur 26 · DU TROT ENLEVÉ, DIT TROT A L'ANGUISB · texte numérisé non relu

DU TROT ENLEVÉ, DIT TROT A L'ANGUISB

L'ancienne équitation ne considérait pas le grand trot comme une allure à demander an cheval de selle ; elle n'admettait que le pas, le galop et le paseage, trot de manège tride, cadencé et raccourci. Aucun principe ne ftit donc indiqué pour éviter les réactions d'une allure qui n'était pas en usage. On poussait l'exclusion du grand trot à ce point que, dans les attelages, le cheval du postillon était constamment maintenu au g^lop , pendant que les autres marchaientau grand trot.

Aujourd'hui, en raison des changements apportés dans nos races, en raison aussi de nos usages, de nos nouveaux hesoins, on a admis le grand trot comme devant être demandé au cheval de selle. Mais plus le trot est brillant et développé, plus il est dur et fatjg:ant pour le cavalier ; il devient donc nécessaire de rechercher les moyens d'atténuer les réactions d'une allure que, dans beaucoup de cas, le cheval peut soutenir plus facilement et plus longtemps que le galop, et dans laquelle il atteint le même degré de célérité.

Pour éviter de semblables secousses, l'homme qui monte à cheval instinctivement porte le corps en avant et s'enlève sur les étriers, afin de quitter la selle au moment où la réaction a Heu. Ce moyen, quand il est outré, fait perdre au cavalier sa régularité (le position ; il peut même lui faire affecter

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~ 193 une attitude ridicule ; mais, ud fait certain, c'est qu'il évite ainsi une succession de secousses trèsfatigantes, et cette majiière de trotter, que, dans le langage vulgaire, on appelle trotter à l'anglaise, permet au cavalier le moins expérimenté de marchep plus vite et plus longtemps que celui qui, cherchant à conserver une position plus assise et plus régulière, attend et reçoit un choc qui éhranlasa position et le rend tout aussi disgracieux. Le désavantage reste donc à ce dernier. Mais, puisque le grand trot est une allure admise et en usage, pourquoi ne pas s'appliquer à éviter ses secousses d'une façon rationnelle, et de manière h- ne pas perdre, sur le cheval, ni les moyens de conduite, ni les pointe d'adhérence qui doivent nous lier à lui?

Ces résultate peuvent facilement s'obtenir. En effet, quel est le but à atteindre? c'est d'éviter un choc. Est-il absolument nécessaire de s'éloigner outre mesure de l'objet qui le produit ? non, certainement. Le choc n'a lieu que par la rencontre de deux corps qui vont en sens inverse ; mais quand leur déplacement est toujours dans le même sens et que l'un cède toujours & l'autre, ils peuvent rester en contact sans se heurter. C'est ce qu'il faut feire, quand on veut éviter les secousses du trot. L'assiette doit céder à la réaction, lorsqu'elle se marque, au lieu de chercher à la combattre ou de s'enlever démesurément sur les étriers, ce qui, dans l'un et l'autre cas, apporte le désordre dans la position, et

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— 19i feit perdre les points d'adhérence qu'un cavaliep doittoujours conserver avec son cheval.

11 suffira donc, lorsqu'un clieval aura pris franchement le trot et sera soutenu sur la main, de fixer les cuisses et les genoux et de porter le corps légèrement en avant, afin de placer l'assiette dans les conditions les meilleures pour céder à la réaction, et sans que pour cela le cavalier perde ses moyens de tenue. C'est particulièrement par une contraction légère des muscles des cuisses et par l'adhérence des genoux, que l'on doit porter plutôt un peu en arrière qu'en avant, que le dé])lacement de l'assiette doit s'obtenir, et non pas par l'appui de la jambe sur l'étrier. S'il faut porter les étriers un peu courts, ce doitêtre pourobtenirlafixité desjambes, qui assure l'adhérence des genoux, et non pas pour faciliter l'enlevé de l'assiette par cet appui : la réaction doit même pouvoir se combattre sans le secours des étriers.

Ce qui aide à saisir la manière de parer les réactions, c'est, lorsque le trot est bien .marqué , de faire caresser les chevaux avec la main droite sur l'encolure, en conservant toujours la main de la bride fixe pour régler et maintenir l'allure. Le haut du corps, ainsi incliné en avant, enlève forcément l'assiette, obliga les cuisses à s'allonger, les genoux à se fixer, et chacun par ce moyen pourra, au bout de quelque temps, apprécier l'action à employer.

Tant que l'aUure reste raccourcie ou incertaine,

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le cavalier doit rester assis ; il ne faut jamais incli- Ber le corps en avant pour fuir une réaction quand elle n'est ni assez marquée, ni assez étendue pour enlever l'assiette du cavalier ; il feut attendre que le chevEd marche avec franchise, que les battuea soient égales, ce qui produit des réactions régulières et en mesure, que le cavalier évite en y cédant aussi en mesure ; mais il est nécessaire de comprendre comment et quand cette mesure doit être prise.

On sait que le trot se marque par battues régulières et diagonales, et que chacune d'elles produit une réaction : si le cavalier les attend, il reçoit autant de chocs que le cheval marque de battues ; si, au contraire, l'assiette cède à la réaction de la première battue, elle doit ee trouver encore dans son mouvement ascensionnel lorsque la deuxième a lieu, et ne doit retomber sur la selle que pour être renvoyé de nouveau par la détente du bipède diagonal qui a marqué la première. Ainsi.par exemple, si on a cédé à la détente produite par le diagonal droit, l'assiette ne doit retomber qu'après que la battue du diagonal gauche sera produite. De là, la nécessité de marquer ces temps successifs et eu mesure , car, si l'on retombe trop tôt, on reçoit la réÈiction du diagonal gauche ; si l'on retombe trop tard, on rencontre la détente de l'autre, et dans l'un et l'autre cas on reçoit un choc.

Non-seulement il y a un grand avantage pour le cavalier à décomposer ainsi la création du grand trot, mais il peut encore, en évitant des déplacées.! iKcCoo^k

ments très-fatigants, donner à sa main une âxité. et une légèreté qu'il perd autrement, légèreté qui fecilite la ppogression du cheval et lui rend le travail moins pénible.

En efTet. en n'évitant pas la réaction, on diminue fnévitaUement la vitesse, car le moment où le cavalier après avoir été violemment renvoyé de la selle retombe dessus, est celui-là même où s'opère la détente des jarrets, et le choc qui en résulte amortit la force de détente de ces Mticulations et diminue proportionnellement la vitesse. Ce qui vient encore contribuer à ce l^cheuz résultat, c'est qu'à chaque secousse que reçoit le corps du cavalier, la main vient imprimer sur la bouche du cheval mie saccade qui arrête encore l'impulsion en avant. Si, au contraire, le cavalier cède à l'impulsion qu'il reçoit de la détente des jarrets, alors elle s'opère avec toute la puissance dont elle est susceptible, au profit de la chasse, et, par conséquent, de toutela vitesse. Enfin,danscecas,lamainacqui«1;, comme nous l'avons déjà dit, une fixité qui seconde, au lieu de les contrarier, les effets du mouvement en avant, en même temps que le corps, un peu incliné en avant, opère vers les parties antérieures ces déplacements du poids qui contribuent à l'accélération du mouvement.

Lorsque, par exception, on veut pousser le cheval dans une vitesse telle qu'il prenne le traquenard, le corps doit alors se porter en arrière et l'on ne doit plus chercher à combattre les réactions.

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parce que, premièrement, la masse étant fortement engagée sur l'avant-main, il faut éviter de la surcharger du poids du cavalier ; secondement, parce que, dans le traquenard, l'allure étant brisée, la réaction n'est plus aussi sensible et qu'elle ne se produit plus en mesure ; enfin, parce qu'en plaçant le corps en arrière, les bras et les mains sont dans des conditions plus favorables pour soutenir le développement extrême de l'allure et maintenir le cheval en cas de chute. Si l'on est bien pénétré des principes que nous avons établis, on comprendra ^sèment que l'on né doit chercher à enseigner aus élèves le trot enlevé que lorsque leur position sera régulière et qu'ils auront trotté longtemps avec ou sans étriers, afin de se faire l'assiette.

Nous ne cesserons de le répéter : sans une assiette bien établie, il n'est point de bon cavalier ; aussi n'est-ce qu'à la fin d'une instruction équestre bien dirigée, que l'on devra essayer d'éviter la réaction du trot.

Ce travail ne doit être considéré que comme une étude qui ne peut et ne doit trouver dans la cavalerie son application que très-exceptionnellement. Ainsi, chercher à parer les secousses du trot, dans les exercices militaires, serait ime absurdité, parce que jamais, dans les manœuvras, on ne marche h une allure assez allongée, ni assez directe.

La mesure du trot enlevé ne peut être prise avec succès que lorsqu'on suit rapidement une ligne droite et que l'on peut être assuré de marcher le

même train pendant un temps donné. Nêanmoîns, peut-être trouvera-t-oii plus tard un avantage, pour les hommes et les chevaux, à ce que les or donnances, dans leurs course? rapides et souvent longues, fassent l'application du ti'ot à l'ang-laîse. Ces innovations arriveront par la force deschoses, si l'on persiste à estimer les chevaux qui ont le trot développé, et si on les produit en raison des goûts et des besoins du moment.

Les courses sont des exercices auxquels les peuples cavaliers se sont livrés à toutes les époques ; elles eurent loiiglemps pour but de mettre en évidence l'adresse et l'intrépidité du cavalier,

De nos jours, ces institutions ont pris un caractère plus sérieux, plus utile, puisqu'elles sont considérées, avec raison, comme un moyen puissant d'améliorer nos races, et qu'elles ont pour but de mettre à l'épreuve les chevaux daatinéa à la reproduction.

Quelle garantie, en effet, ne doivent pas offrir, comme étalons ou poulinières , les animaux qui, après les exercices violents et réitérés auxquels ils ont été soumis , sortent de la lutte victorieux et exempts de tares.

N'est-ce pas dans ces exercices que l'on met le plus eu jeu les qualités inhérentes à la force et les

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facultés qui concourent au développement de la

Une grande profondeur de poitrine n'est-elle pas indispensable pour faciliter le jeu des org-anea respiratoires? N'est-il pas nécessaire aussi que les muscles aient de l'ampleur, lestendons de la force? que les bras de levier soient long^, et que les points d'appui de ces mêmes leviers soient fermes et résistants? En un mot, c'est de la richesse et de la force des organes, autant que de la puissance musculaire et de l'heureuse disposition des leviers, que résultent la vitesse et la durée chez le cheval destiné aux violentes épreuves de l'hippodrome.

Aussi est-il de l'intérêt de l'État d'accorder des prix nombreux et d'une valeur élevée ; car, tout en encourageant l'éducation du cheval de pur sang, il peut ainsi faire passer sa prodiictlon au creuset, et ne choisir que les sujets d'élite qui se sont en tout montrés dignes d'être considérés comme des types régénérateurs. Nulle épreuve n'est comparable à celle des courses pour se rendre compte des quahtés du cheval. Ceux qui sont brisés ou tarés dansles exercices, et qui, peut-être, s'ils eussent été ménagés , auraient pu faire de jolis chevaux de service, n'auraient toujours fait que des reproducteurs médiocres.

Aussi est -il d'un intérêt très-seCondaire de se préoccuper de l'époque où l'on met en exercice les chevaux que l'on destine aux courses. Si un propriétaire veut manger son bien en herbe, il en est

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le maître ; mais, en général, les exercicea trop prématurés s'adressent moins, de leur part, aux animaux d'espérance qu'à ceux qui en présentent peu. Dans une éducation aussi dispendieuse, il est prudent de ne pas faire de frais pour celui qui ne pourra les couvrir. Il vaut donc mieux, par un essai qui ne peut pas nuire à un poulain, s'il est bon, savoir, d'après les résultats, si on doit le garder ou s'«n défeire.

Du reste, la longueur de la course étant toujours mesurée sur l'âge du cheval, il n'y a guère, dans les épreuves , que les mauvais qui échouent ; les bons, au contraire, acquièrent de la force, de l'énergie, de la santé, par le lait même de l'exercice régulier auquel on les soumet pour les préparer à la course : aussi a-t^on observé que les chevaux célèbres dans les courses avaient plus de longévité que les autres.

Quoique les qualités dont nous avons parlé tout h l'heure soient indispensables pour présenter un cheval à de semblables luttes, et l'en faire sortir avec succès, il faut encore que l'art vienne en aide h la nature.

Kn conséquence, aussi bien sous le rapport des exercices que sous celui de l'hygiène, le cheval doit être soumis k un régime spécial.

n est essentiel, en effet, de le débarrasser d'un excès d'embonpoint qui l'alourdit, gêne la respiration et entrave le jeu des muscles.

Tl est nécessaire de donner de la force à ses mos-

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uies par un exercice fréquent, et, enfin, par le irersage, de disposer la masse dans les conditions les plus favorables à la vitesse.

Ce régime, ces exercices s'appellent entraîTiement.

Nous iadiquous ici Tentralnement à donner à un cheval que l'on veut momentanément feire courir, et qui plus tard rendra d'autres services. L'entraînement se commence en exerçant tous les jours le cheval au pas et en le mettant en liberté dans une écurie isolée ; on le sort avec des couvertures pour provoquer la transpiration et diminuer son ttat Ivmphatique sans le fatiguer.

On change graduellement aussi son système alimentaire. Si la ration a été de 4 kilos 1/2 d'avoine par jour, de 3 kilos de foin et de 6 de paille, on augmente la ration d'avoine et on diminue le fourrage. On arrive ainsi, au bput de huit à quinze jours, à ne plus donner de paille, mais à donner 6 à 7 kilos d'avoine et 1 kilo 1/2 de foin. On diminue aussi la ration d'eau, de façon à ne plus laisser boire qu'un litre le matin et un le soir.

Cette nourriture substantielle, réparatrice et apparaissant sous un petit volume, allégera le cheval et augmentera son énergie et son impressionna - ■ bilité.

I Si l'embonpoint persiste, on le purgera; après quoi, lorsqu'on le sortira, on le couvrira davantage et on lui donnera , de deux jours l'un , un galop d'environ 2 kilomètres , afin de provoquer une

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— 302 ^ transpiratioii abondante. Ce galop doit être modéré h. un train de 16 kilomètres h l'heure.

Ces exercices terminés , on fait gratter la sueur et panser le cheval. Les pansages doivent avoir lieu deux fois par jour.

Lorsque le cheval sera arrivé dans une condition satisfaisante, c'est-à-dire qu'il sera en chair, que ses musclesseront bien accusés, que la graisse aura disparu, les galops ne devront être donnés que dr temps à autre ; mais on reprendra les longs exercices au pas plutôt deux fois qu'une par jour.

Ces galops seront donnés en compagnie, concurremment avec un autre cheval , afin , par là , de l'habituer h la lutte, de lui apprendre à rester en arrière , à marcher sur la même ligne et à devancer.

Ces exercices se continuent ainsi jusqu'au moment de l'épreuve, en observant toutefois que plus on en approclie, plus il faut que le cheval reçoive des galops que lion allonge progressivement.

On doit avoir grand soin des tendons et des boulets des chevaux quel'on soumet à l'entraînement ; il faut les frictionner souvent et les entourer de flanelle.

Dans ces exercices, le cavalier doit s'attacher à pousser plus que jamais le cheval sur la main : plus le cheval prend confiance dans cet appui, mieux il se place pour assurer sa vitesse^ la masse étant ainsi engagée dans les conditions les plus ef- ' fîcaces du mouvement en avant. Ou aide à ce ré-

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sultat en embouchant le chfval avec un mora doux, un gros filet, par exemple.

Lorsque, par le fait de l'entraînement, le cheval, tout en ayant pris sur la main un appui qui aide à la rapidité de l'allure, sera soumis à la volonté du cav^er de telle sorte que celui-ci soit toujours maître de son train, il pourra entrer en lutte.

Alors,le calme et le discernement sont nécessaires, car on mènera la course et raison des qualités, des moyens que l'on suppose à son cheval : l'entratnement a dû éclairer à cet égard.

Si l'on compte sur sa vitesse, on l'embarque dans une allure allongée que l'on a soin de toujours régulariser , de façon à le conserver dans le train qui lui est propre; on a ainsi la chance d'essouffler les. chevaux momentanémentmoins vites, quoiqu'ayant plus de fond; c'est ce qui arrive si les adversaires se laissent émouvoir par ce départ précipité et cherchent à se maintenir, dès le début , à la hauteur d'un cheval plus vite que les leurs.

Si, au contraire, on croit pouvoir compter sur le fond de son cheval, le départ doit être calme , et pendant presque toute la course , il iàut le maintenir dïins un train soutenu, régulier, mais jamais forcé ; on conserve par là son haleine, et, lorsqu'arrive le moment décisif, on force le train , qui deviendra d'autant plus rapide que le ch'eval aura été plus ménagé. Un cheval ainsi conduit dépassera facilement tous ceux qui sont partis trop vite et qui, à bout d'Iiftleiuc' aux trois quarts de la course,

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- 2ttS — ne pourront tenir conti-e celui qui aura , au contraire, conservé ses forces pour là fin.

L'homme qui court doit être assis, avoir les cuisses adhérentes et les jambes tombantes ; c'est la position la plus rationnelle pour conserver de la BoUdité, et aussi la meilleure pour permettre aux mains leur action comme aide de soutien et de ralentissement. La rapidité de l'allure oblige seulement le haut du corps à se porter en avant et la tête k se baisser ; mais cette attitude, nécessaire pour mieux résister à l'action de l'air, n'empêche pas la base de conserver la position normale de l'assiette, des cuisses, des genoux et des jambes.

U est certains cas où l'inclinaison du corps en avant peut être néces.=aire pour charger l'avantmain du cheval et aider à la rapidité de l'allure. Pour obtenir ce résultat, il faut que l'assiette quitte légèrement la selle, ce qui soulage les reins et permet k l'arriére-main d'agir avec plus de puissance ; mais, dans ce cas exceptionnel, l'assiette, tout m s'enlevant, doit rester dans des conditions telles, qu'aussitôt que l'on veut la rétablir sur la selle, elle y reprenne sa position normale, ce qui a lieu quand les cuisses, les genoux et les gras de jamb» conservent leur adhérence.

Les principes que nous donnons ici s'appliquent ù l'équitation de course telle que nous l'entendons pour des officiers qui ne se proposent point de' monter exclusivement sur l'hippodrome. Nous sa-, vous que les jockeys de profession enlèveat l'assiette

et évitent de s'asseoir en course plate et même en course de haie, prétendant déchargrer ainsi l'arrière-main du cheval et fevoriser la vitesse. Sans vouloir discuter ce principe, contesté même par quelques jockeys célèbres, nous n'admettrons pas d'une manière absolue un tel système, et nous préférons conserver à nos élèves l'habitude d'une bonne assiettâ, fixe, identifiée au cheval & toutes les allures et dans tous ses mouvetnents.

Quant & la position des mains admise par les jockeys, nous la trouvons rationnelle. Les poignets doivent être bas, le plus souvent appujés sur la basedel'encolure, afin d'être plus fixes et de donner un point d'appui plus stable et plus constant.

Il ftiut avoir beaucoup d'acquis et de solidité pour employer, comme aide, ces déplacements de corps en avant et ces enlevés d'assiette.

Les gens qui singent, sans avoir le sentiment de ce qu'ils font, ne produisent que des effets feux et se rendent ridicules (1).

(I) Ces dâplacementB d'assiette ae daiveat, en tout état de cause. Jamais avoir lieu que d'arriËre en avant et d'avant ea arritre, le corps du cavalier restant dans l'axe du cheval. Ces déplacements peuvent aider,comnic qous l'avons dit, la rapidité de l'allure ou favoriser son ralentissement; mois ce serait une gra,Te erreur que d'offrir comme trolsiëme aide, les déplacements à droite ou i gauche de l'assiette, pour agir sur rirriëre-miLin du cheval ou pour provoquer l'eiécution des mouvementé de cûté, tels que les touraanis , les mouveineats obliques , les changemeiit? de

11 n'esipu douteux qu'en mobilisant son uaietie, ces déplace-

L'entraToement, qui sert à donner au chevaX de la force et de la santé, qui sert, en outre, & l'assagir et le rendre froid et calme, lui retire souvent une élégance, une gentillesse qui ne sont dues généra lement qu'à son embonpoint et à la manière différente de le monter.

Aussi, les gens qui ne trouvent un cheval bon et beau que lorsqu'il est gras et qu'il caracole, prétendent qu'un animal ainsi levrette, décharné, n'est bon à rien, qu'à fournir une course à courte distance, et que, s'il a gagné, cela tient à sa construction particulière. De tels critiques ne se rendent pas compte de la métamorphose qu'a subie le cheval par le fait d'un entraînement sans lequel il ne ^pourrait supporter les épreuves violentes auxqudles il est soumis.

Cette métamorphose est telle, qu'un cheval d'une construction vicieuse, soumis à l'entraînement, deviendrait d'un aspect à ne pouvoir supporter l'examen ; car , dans ce cas , le voile tombé , le» choses se présenteraient sous leur véritable jour. La charpente osseuse et l'appareil lEusculaire res-

meots de poids n'aglHOTitMr lecberkl; maison perd bk aolldiU, 011 retire aui ftides des mi^s et des jambes leur nccord, leur préctslon, leur justesse et l'on n'obtient du cbeval que des dépiscéments heurtas, saccada, renversés, Le corps du cavalier affiMle aStiTn les positions les plus di^racleuses et les moins acadâulquea) U faut, selon moi, laisser cette âquitation au casse-coop

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sortiraient dans toute leur vérité. La graisse peut embellir un clieval bien construit, mais elle n'empêciie pas que ce qui existe soit ; tandis qu'avec un cheval d'une construction vicieuse, l'embonpoint cache des défeuts à l'œil de l'homme inexpérimenté.

Ces mêmes personnes se récrient sur ce que les courses ne sont pas assez longues, que les courses de fond vaudraient mieux, et ne proposent rien moins que des distances de 40 à 60 Idlomètres à parcourir.

De semblables courses fussent-elles établies, que les résultats seraient toujours les mêmes; les chevaux entraînés gagneraient ceux qui ne le sont pas ; ceux qui gagnent les courses de vitesse gagneraient les courses de fond, car il n'y a pas de vitesse un peu soutenue sans fond, et les épreuves de 4 kilomètres en partie liée sont plus que suilisantes pour prouver ce que j'avance. Des courses plus longues occasionneraient la ruine des bons et des mauvais chevaux sans amener d'autres résultats.

Une chose indispensable à un cheval destiné à la course ou aux exercices violents, c'est le sang.

Pas de sang: pas d'énergie, pas de vitesse, pas de fond.

Le cheval qui n'a pas de sang, quelle que soit du reste sa construction, ne peut lutter contre im cheval de pur sang.

Plus le cheval se rapproche du pur sang, plus il rapproche de la perfectioii, plu.s alors il peut avoir

de viteœe, car, coume nous l'avons vu, la vitesse entraîne après elle presque toutes les autres qualités.

A égalité de sang, ce qui peut faire prévaloir un cheval sur un autre, c'estla disposition des organes respiratoires, c'est la conformation des reins, des jarrets, c'est la longueur et la direction des leviers, la force musciilaîre, la netteté des articulations, la force des appuis. Â mérite égal quant au sang et à la construction , ce qui peut feire prévaloir un cheval BUT un autre, c'est l'éducation première, c'est un meilleur entraînement , ou bien enfin , la manière dont il est monté.

A égalité d'éducation, d'entwdnement et de conduite, ce qui donne l'avantage à l'un sur l'autre, c'est la différence du poids : moins de poids, plus de vitesse.

On voit donc, qu'en raison directe du degré de sang, de la puissance de ses leviers, de son enteiînemeiit, de la manière dont il est monté et du poids qu'il a à porter, un cheval peut gagner ou perdre une course.

La manière d'être (et qui doit être) du cheval entraîné, a fait accréditer des erreurs qu'il faut détruire.

On prétend, et beaucoup de gens en sont convaincus, que le cheval de course a une construction exceptionnelle, que son train de derrière est très-élevé et son avant- main très-basse; l'on ne voit pas que c'est le résulhit de l' entraînement qui

lui donne cette apparence particulière, qu'il fani bien chercher k lui conserver; car, essayer de changer cette disposition, serait prendre sur la rapidité de l'allure.

Mais qu'un cheval sorte de l'entrainement, qu'on le mette dans les mêmes conditions de celui qui n'aura pas couru, et qu'au lieu de lui laisser tendre l'encolure on la lui relève et ramène, et que l'on engage son arrière-main sousla masse, on verra alors ce cheval, qui avait paru si disgracieux, prendre les formes les plus élégantes et avoir les allures les plus légères, les plus trides, les plus raccourcies ; en effet, tout ce qui a produit les éléments de force pour déterminer la vitesse, se trouve aussi ce qui donne tous les airs relevés, puisque les angles articulaires qui, en s'ouvrant, étaient dans les conditions les meilleures pour assurer la rapidité, sont également dans les conditions les meilleures pour produire le ralentissement, l'élévation et le brillant des mouvements. A la course, le cheval paraîtra avoir la croupe haute et l'avant-main basse; au manège, au contraire, il paraîtra avoir l'avani^main élevée et la croupe basse. Tandis que le chevai qui a paru beau parce qu'il a de l'embonpoint, que l'on a trouvé avoir l'encolure plus élevée et la croupe plus basse, parce qu'il n'a jamais été exercé, qui a des allures raccourcies, les seules qu'il puisse donner, si les bras de leviers sont courts, restera dans son honnête médiocrité, et sera écrasé par la comparaison.

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Le cheval qui n'a que les angles restreints, reste toujours sur le même plan ; s'il n'a pas le moyen de pousser bien loin la rapidité de l'allure, il n'a pas davantage la fticulté de la raccourcir dans ses dernières limites.

Tappuierai ce que je viens de dire de quelques observations pratiques :

Depuis 1818 jusqu'en 1840, j'ai monté, h première vue, et sans préparation aucmie, plus de quarante étalons pur sang, la plupart vainqueurs auz courses, qui n'étaient jamais entrés dans un manège, qui n'avaient jamais eu le mors dans la bouche, et qui n'avaient jamais travaillé que sur le turf. Ces chevaux devinrent presque instantanément aussi souples et ralentis que des chevaux espagnols. Parmi ces chevaux je citerai Snail, Eastkam, Napoléon, Pickpocket, et particulièrement Tigris, le cheval le plus remarquable, comme élégance et comme qualité, que j'aie monté de ma vie. Il arrivait d'Angleterre couvert de lauriers des courses. On le conduisit dans le manège du haras du Pin ; je le montai. Après sept ou huit bonds de gaîté, que je ne cherchai pas à combattre, il se calma, devint attentif et finit par sembler devinpr mes moindres désirs. Au bout d'une demi-heure, ii marchait à un galop tellement ralenti, qu'il aurait forcé de passer au pas le cheval le mieux dressé qui aurait tenté de le suivre.

Eylau, ne au haras du Pin, fils de Napoléon, qui

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- an — gagna lea courses de Paris , le 17 ou 18 septembre 1839 , renvoyé au haras du Ru , après les courses , y arrivait, le 28 de ce même mois.

Le l*' octobre , je le montais dans le manège du haras ; le 5 , il travaillait avec le ralenti , la précision, la justesse d'un cheval dressé h ces exercice? depuis vingt ans.

fy/aw est encore dans les haras, et passe pour un des meiileurschevaux au travail de manège.

Je pourrais encore citer : Maitre-de-Danse, Pikok, Orbutus, Liberté, Jean-Bart, Miss Annelte, et plusieurs autres à lord Seymour,et ce serait pour signaler les mêmes résultats .

Je cite ces exemples , seulement pour prouver que les mêmes moyens qui avaient fait de ces chevaux des vainqueurs de courses en firent aussi d'excellents chevaux de manège.

Pi, maintenant, par opposition aux coureurs célùbresque je viens de citer, je parlais de tous ces chevaux à aUures étriquées et que l'on cite comme devant être excellents pour le manège , parce qu'ils sont sans allure, je dirais que ce sont ceux-là qui demandent le plus de peine pour les astreindre à ce travail- Quelles quesoientl'espèce.Ia légèreté d'un cheval, s'il manque de proportions régulières , il faudra quelquefois un an , pour exécuter au manège un

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travail que Ion obtiendrait au bout de quinze jours avec un cheval de course (1),

Malheureusement , beaucoup de gêna jugrent un cheval propre au manège , comme d'autres jug:ent, bon pour la co'jrse , celui qui manque d'accord dans sa conformation, et dont tout le poids se porte sur l'avant-main : un cheval semblable, qui, nécessairement , aura la bouche dure , pourra quelquefois emporter un cavalier ignorant ; il sera considéré alors par celui-ci comme propre à la course , puisqu'il est toujours disposé à aller plus vite qu'on ne

1, rortemcnt constitué, lourd en apparence, ements beaucoup plus alloogés et enlevés qu'un aulrequi aura plus de sang, maïs qui péchera par la longueur et ladircction de ee& leviers. Cedernier aura toujours plus d'énergie, mais il n'aura paa les moyens de la dépenser convenablement, et, dans ce cas, la lame usera le fourreau ; néanmoins, toutimparToit qu'il sera, ce cheval pourra rendre des services ; c'est au sang seul qu'il devra cet avantage.

Pour qu'un clievâl commun rende de bons serrices (services qui seront toujours relatifs, car il n'aura jamais ni la mSme énergie, ni la mâme impressionnabilité que le cheval de pare race), il faut que sa construction supplée à ce manque de sang. Il est donc nâces^rdre que ses oi^anes respiratoires et digestifs fonctioanent librement, alln de réparer coostammeat les pertes et entretenir une énergie factice qui remplace. Jusqu'à un certain point, l'énen. giG constante que donne le sang. En conséquence, le chcvat ds troupe, qui demande à être peu impressionnable, et qui, pu cette raison, ne réclame pas beaucoup de sang, a besoin que sa renferme toutes les autres garanties de acrvice dont is de parler.

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Toutes ces lausses idées doivent disparaître avec l'étude raisonnée de l'aiiatomie et de la mécanique animale , appliquées à l'estérieur du cheval.

Si nous avons- fdit voir l'utilité des courses, comme moyeu puissant d'aider à la création et à l'essai du chev^ destiné à la reproduction, ces institutions ont aussi l'avantage de propager le goût et la connaissance du cheval.

Combien , en effet , de préjugés , de feusees idées peuvent disparaître en présence des faits !

Cette étude est donc essentielle à un oiKcïer de cavalerie : par elle , il acquiert l'apogée de la décision et de l'énergie à cheval ; il apprend qu'en revanche , s'il est nécessaire d'être énergique, il faut être prudent. Pour lutter avec avantage , il saura que des soins hygiéniques sont nécessaires , que des exercices préparatoires sont obligés; il sera donc forcé d'entrer dans tous ces détaUs indispensables pour donner à son cheval tout le fond , toute l'énergie et toute la vitesse dont il peut être susceptible. Cette étude n'est donc pas perdue pour l'avenir , car c'est un peu la condition du cheval de guerre.

Enfin le jour de la lutte , il aura besoin de mettre en évidence , aussi bien sa vigueur et son intrépidité , que son calme et sa prudence. Nul exercice ne peut donner autant de tact et ne peut mieux compléter l'éducation d'un cavalier militaire.

Du moment où les luttes ont particulîèremeni pour but de mettre en évidence l'énergie , l'adresse

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et le tact des cavaliers , il faut les eemer d'obe-

'tacles.

■ S'il eBt nécessaire d'avoir an bon cheval pour les franchir , il est encore pias essentiel d'être un ca valier intrépide et adroit pour les aborder.

Les courses de haies et les steepte-chases sont donc les exercices que , dans ce cas , il faut préconiser à l'Ecole de cavalerie.

Rou. — Aprts BTOlr donnd qndqqea tbéorim généralea sop I»

courses et démontré leur utilité »n point 4^ vue du progrès équestre. Je ne veuï p&s négliger de faire connaître quelques rigles auiranetlement admiBea en course et qu'il n'est pas permia d'ignorer lonqu'on veut ae présenter sur un hippodrome. Les Anglais étSDt nos maîtres dans ce genre, on « dû leur empranter une foule de nonuet de déflnidoai, comme aussi les priacipaui règlements qui régissent le tuT/. Nom allons donc citer jd et expliquer gaccinctement ce que nom croyon» le pins indispen*

Les cheraui de courte prennent leur 4ge en mai ; ^nsl un cheval né an juin, par eiemple, gagna près d'un an, en force et en énergie, sur ses concurrentâ qui, dans les conditions ordlaaira», n'ont que l'igcToulu poor disputer un mÈme prix.

Un mille anglais est de 1,609 mètres 16 centimètres. — Dm ifistance est de SIS mètres. — Cn stone pèse e kilog. S/li-

Les rideri {cavaliers) doivent se présentera ctieval aui balancée, en revenant de la course; s'ils ne le font pas, ou s'Illenr manque du poids, ils sont distancés, c'est-lHlire qu'ils perdent la course, fût-elle réellement gagnée sur l'hippodrome.

SI, pendant la course, un cavalier combe, tout Individu peat prendre son cheval et gagner, pourvu qnll ait le poids du Jockef et parte à l'endroit même de la chute.

Chaque épreuve s'appelle lieat. On nomme dead heal une épreuve nulle, longue les chevaux arrivent tète h tète, à tel point que le Juge ne puisse signaler le gagnant.

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Od dit qu'un cheTal est distancé lorsque le vainqueur est au poteau d'arrivée et que u cheval est à plus d'une distance de S19 mètres en arrière.

On appelle un Itandicap plate un prix o9ért par au individu, eu qui est le produit d'uns souscription. Pour ce prix, les clievaui s'inscrivent i l'heure indiquée la veille de la course. Ou décide les poids à porter par chacun d'eux, et le matin de la course seulemenc paraît larépartition de ces poids. C'est une grande science, disent les Anglais, que de bien handicaper, c'eat-i-dire de répartîrjustementlespoidsselon la valeur r^tiveetlesper/orTnancM . de chaque cheval.

Nous avons en Franca une sorte ie /landkap, où un Jugeest chaîné seul de la répartition des poids et eu assume Uute la responsabilité; mais ces sortes de courses sont souvent causes de récrimi nations et de mécontentements parmi les concunents.

Dd match est un simple pari entre deux particuliers.

Un sweepttake est une poule où cbacan met un enjeu et où le vainqueur ramasse antajit d'enjcui qu'il y a de souscripteurs.

Las principaux prix d'Angleterre sont : le Derby k Eptom, pMr chevaniet juments de Sans, —Les Oaàs slakes. — LtSatnttiger i, Doneasttr.

Mous avons deux derbjrs en France, du nord at du midL Ce sont des espèces de poules où les propriétaires engagent leurs chevaux dans le ventre de la mère.

On comprend sans peine le grand nombre dessouscripteuiS) mais en revanche, le petit nombre des concurranta, tl l'on réfléchit aux éventualités et aux chances ftcheusas que courent la majeure partie des produits engagés dans de telles conditions. Aussi, gÂidralemeat, ces prix sont-ils les plus cenaidérahtes et les mieux disputés de toute la stdson.

On appelle/or/eiî ceque pale un concurrent qui, aprte avoir engagé «on cheval pour un prit, le retire pour un motl/ quelcaoqua.

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