‹ Cours d'esthétiqueChapitre 30 sur 47 · DU ROMANTIQUE EN «ÉNÉHAL · texte numérisé non relu

DU ROMANTIQUE EN «ÉNÉHAL

iodividiieUe la destiotée de Fesprit , la nature de Tèteroel et de Tinfini dsois sa vàrilë. Tdle est Tidée fondaBieatale que représente Tart romantique dans rhistoire du Christ ^^ de sa mère ^ de ses disciples, aifisi 4)ue daos tous les personni^es chez lesqu^ l'esprit saint réside ^ où la cËTinité se manifeste. Car, puisque c'est Dieu , l'Être universel qui apparaît 8o«^ la foffiBO hwaaine ,. il ne se manifetle pas Kulemènt dsns la perscmne du Chfist, mais dans rbutnaaité lout ratière , od l'esprit de Dieu est présent et agit, sans que son unité en soit altérée. Ce développement de l'absolu qui se contemple ainsi dans le monde moral sans sortir deson essence, est la paix , l'har^ monie de l'esprit avec lui^màne , dans son objectivité. C'e^ le royaume de Dieu , c'es^à^iure un monde où le principe divin , qui .en vertu de son essence aspire à rentrer en paix avec la création. , se dévek^pe dans sMi hwmonie avec elle et par là acquiert la con«^ science vérâtabla de lui-même.

^ Maa^ quoique cette liarmonie soit fondée smr Tessence de^l'absolu et constitue la liberté sj^rituelle et l'ii^nilé , elle ne s'offre nultemmt d'une manière immédiate dana le monde réel , soit physique , soit métrai ^ elle ne s'accomplit que par le développement de 'l'esprit qui Vélève au«dessus de son existenqe immédiate et finie pour atteindre à sa i/éritable forme. Il en résulte que , pour arriver à la plénitude de son être et à la liberté , l'esprit se .sépare «de luî*raême\ s'oppose œmmc fini, <lans la nature et dans l'homme,.

3TS M l'art ROMANflQdfi.

à luUmôoia comme infiBÛ Màisildoil nécôssMremettt sortir dacei éUt de scission dans kquel ie oMé fini, sensible de rmisteBce y le ecout snroe ses afiiMitiom nalurellâs apparaissent comme le mal physique et aKMral^ il doit enlMr, pm* lairietrâpeTemportéesur les aflfeetîoiis sensibles , dans le régne de la véritô^^ du faooheiir.

- Dès^-loffs , en même temps, cette réconeiliallon ds Tesprit avec lui^m^e ne peut être r^M^nlée que comme un dévelof^meat incessant, dans le cours d»quel une lutte et un combat se perpétuent , oà la douleur et la naort , la tristesse profende qu'inspirât le néant de la vie, les soufirances physiques et mo* raies, apparaissent comme ua moment essentiel. Car^ en piHsaant pour modèle Dieu lui-même , Thomme qui, comme être fini, est séparé de £Méu, dpiij ipour s'élever jusqu'à lui , se proposer d'abord de se dépouiller de sa nature finie , de renoncm^ à ee qui n'est en lui que néant, et, par cette mort i la vie réelle, de devenir ce qne Dieu, dans sa vie mortelle, a donné à oimtempler comme la vérité même. Or, la douleur infime de ce sacrifice que l'homme fait de la partie Ja plus chère de sou étne, cette idée de k souffrance et de la mort qui était plus ou moins exclue des représentations de l'art classique , ou n'y apparaissait guère que comnie souffrance physique , trouve pour la première fois dans l'art romantique sa place nécessaire et naturelle. On ne peut pas dire que , diez Iqs Grecs , la mort ait été

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comprise dans sa signifieatien ^sseolidle *f le oorps et l'ame , dans leur union actuelle ^ n'étaient pas regardés comoie une existence négative. Aussi ^ la mort n'était qu'un simple passage à un autre mode d'existiMce, sans €^roi, sans terreurs; c'était une terininaàson naturelle, sans autres suites incommeiisurables pour rindividu mourant. Mais du momenl Qk la personne , dans sa substanee spirituelle , eU d'une valeur infinie, la destrucAien qu'entraîne la mort peut être eelie de cet être qui est revêtu d'une si haute dignité et qui a tant d'importance, La nuMrt alors devient terrible; car c'est une mort de l'ame qui, par là, pejit se trouver exclue pour toujours du bonheur ^ malheureuse d'un malheur absolu et vouée à la damnation éternelle. L'individu, » Grèee, au contraire , considéré dans sa nature spirituelle , ne s'attribue pas cette valeur ; c'est pourquoi il ose se représwter la mort avec des images moins sombres ; car l'homm/B ne tremble véritablement que pour ce qui est d'un grand prix à ses yeux. Or , la vie n'a cette valeur infinie pour la conscience que quand le sujet, comme être ^irituel, comme personne, est pour luimême la seule exi^tence véritable, et alors, saisi d'une juste terreur devant la mort , peut se r^résenter l'anéantissement de son être.

D'un autre côté^ la mort n'a pas, dans l'art clas- ^que , le sens plus vrai qu'elle acquiert dans l'art romantique. Pour les Grecs , il n'y avait rien de sérieux dans Fimmortalité. C'est chez Socrate, avec

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le dévelof^imnent tardif de la réflexion el de la oonmenée morale , que , pour la première fois , Timmortàlilé prend une sîgnifieation plus profonde et satisfait à un besoin plus vaste de l'ame humaine. Lorsqpie Ulysse ) par etemple^, rencontre Aehille dans les enfers et le félicite comme pins heureux que tous ceux qui l'ont précédé et qui viendront après lui , puiisqu'avant sa mort il était honoré comme l'égal des dieux , et que maintenant il est au premier rang parmi les morts , Achille , comnioon sait , fait un très-faible cas de ee< bonheur, et il répond à Ulysse que ce serait en vain qu'il essayerait de le consoler de la mort par des paroles. < Il vaudrait mieux poiir moi , dit-il^ être valet de laboureur , pauvre aux gages d'un homme pauvre , que de r^ner ici parmi toutes ces ombres qui voltigent dans l'air. » — Dans l'art romantique, au contraire , la mort est seulement la mort de l'ame physique et de la forme finie de la personnalité ; elle ne détruit que ce qui n'a pas d'existence véritable ; elle anéantit ce qui n'est qu'un pur néant , et, par là, aflBranchrt l'esprit de son élément fini , de la lutte intérieure des deux principes ; on un mot , elle aœomplft l'union spirituelle de l'ame avec Dieu. Pour les Crées , il n'y avait dé réel que la vie inséparable de l'existence physique, terrestre; la mort, par conséquent , était la destruction complète de l'existence réelle; Dans la croyance chrétienne, comme elle ne

• Odys. XI, V, i82-49i.

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fait disparaUre qu'une. existence négalWë, elle a le sens d'une double négation ; die est une affirmation. C'est la résurrection de fesprit qui se dégage des lî^s de sa nature corporelle , et de l'existence finie qui ne convient pas à son essence. La souffrance et là mort se changent en un retour de l'esprit à lui-même, ^1 une paix i&tikîeure^ une félicité supr^e. Or, cette existence la seule vraie, c^te harmonie de l'ame avec elle-méine , l'homme ne peui y arriver que par la mort de son. exigence actuelle qui le tient séparé de la véritable vie. Et ce principe ne s'applique pas seulement au phénomène particulier de la <m(H*t à la* quelle l'homme est condamné par la imture; il Gons*titue la loi même du développement d^ l'esprit dans le mouvement général de l'univers , oii l'esprit absolu apparaît dans sa vie éternelle comme indépendant de la destruction apparente des êtres.

3** Le troisième élément dont se compose œ monde de l'esprit est l'homme, la vie humaine telle qu'elle s'offre en dehors du cercle religieux. Ici, tout porte un caradère fini , les intérêts , les passions^ les c<rfli« ^ons, les souffrances et les joies, les espérances et leur satisfaction. Il en est de même de ce qui concerne la nature extérieure, les objets qu'elle renferme, ses phénomènes particuliers. Cependant, selon là manière différente d'envisager les choses , on peut encore dis»* tingiier ici deux points de; vue» D'une part , en effet, si Fesprit est parvenu à cette harmonie intérieure dont nous avons parlé , il peut paraître , dans un

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monde où tiHit e^t bien, satisfait et heureux. Si , atl coniraire , ce monde retombe à ses yeux au niveau d'une existence accidentelle , qui ne peut prét^idre à aucune valeur par elle*môme^ il n*y trouva plus rien qui réalise Tidée du bonheur et de la perfection*

m. Telles sont les idées qui forment le fond de Tart nMnantique. Quant au mode de r^ésenlaiion qui leur convient , voici ^ d'après ce qui précède ^ comment nous pouvons le caractériser :

4* Le fond de Tart romantique, du moins en ce qui concerne la représentation du principe religieux; parait très^bcMiié. Car , d'aiord , ainsi que nous Ta* vons indiqué plus haut , la nature œsse d'être divt^ nisée* La mer , les montagnes , les vallées , les fleuves ^ les fontaines y le temps et la nuit , la vie qui se dé* veloppe dans les t^^nes ée la nature , ont perdu leur prix en prèsenee de l'idée de l'absolu et de sa repré* sentation. Les objets empruntés à la nature ne sont plus employés dans un sens symbolique. Cette vertu ^ qtfe possédaient leurs formes et les forces qui les anl> ment, d'être capables de fournir des traits pour refM^ SMiter une divinité , leur est enlevée. Ensuite , toutes eos grandes questions sur la naissance du mOpde^ sur l'origine et la fin de la oréatioti et de Thomnie eh particulier , tous les essais symboliques et plas^^ tiques pour résoudre ces problèmes , ont été efEaieéi par la manifestation de Dieu en esprit II y a pkis^ le monde classique lui-même y avec ses innombraUes

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