BU ROMANTKHÎÊ EN GÉNÉRAL
formefi' et «ea couleurs si riches , ses personnages et lewrs actions y se trouve réduit à n'être plus qu'un point lumineux dans le développenient de Fabsolu et dai»» rhistofre de la rédemption. Ainsi ^ tout se coti-» dense et se concenlre au foyer de Ta me humaine, qui aspire à s'unir arec Dieu , à l'introduire et à le confièrver en die. Tout abs(Hi)ée par c^ unique soin , elle songe moins à déveloj^r son activité dans le monde et à poursuivre des biens périssables , qu'à son unique affaire, le combat intérieur de la vertu et la réconciliation avec Dieu , ou au maintien de sa per^ soniiaKté et aux moyens d'atteindre à ce but Dès^lors rhérmsme qui peut se développer dans cette sphère , ne peut être celui d'un autre âge, celui qui dicte des lois, qui forme de son chef des entreprises qui se crée dé lui-même des situations et les change à son gré. C'est un héroïsme de soumission^ qui reconnaît qu'audessi^ de lui une puissance supérieure a tout ordonné et préparé» Par conséquent , il ne lui reste d'autre mission que celle de régler les aiTaire» du monde d'après les décrets éternels de la volonté divine ; en us mot , d'appliquer ces lois aux choses temporelles et aux cîrccmstances présentée. Mais, d'un autre côté, comme tout ici se condense au foyer de l'amè hu<maine , par là le cercle des idées se trouve infiniment agrandi ; car , bien que cette histoire extérieiure de la rel^on ne soit autre chose que celle de l'ame , l'ima^ ginaiion la parcourt en tout sens. Elle cholsil des points particuliers pour les représenter, elle la re-
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produit sous raille formes toujours nouvelles em-^ pruntées à la vie humaine. Elle peut, d^ailleurs , s'emparer du domaine entier de la nature qui sert de décoration et de théâtre au développement de l'esprit. Par là y l'histoire du coeur humain devient iiifl* niment riche et peut se prêter aux développements les plus variés et aux situations les plus diverses. En effet , si l'homme sort dès-lors du cercle absolu de la religion et se met en relation avec le monde et la société, tout le domaine des inlàrèts /des passions et des seiitimeots est d'autant plus vaste que l'esjHit ^ <x)nform^ent au principe général , est descendu plus avant en lui*méme. Par conséquent , il doit se développer au milieu d'une multitude toujours croissante de collisions intérieures et extérieures , de scissions et dépassions de toute espèce , et chercher à se satisfaire en parcourant tous les degrés et toutes les phases de la vie. L'absolu, en tant qu'il prend conscience de lui-même dans l'honmie , constitue le fond de l'art romantique; par conséquent, l'humanité tout entière «t son développement sont la matière inépuisable de 6es représentations.
Mais, maintenant, ces idées , Tart romantique ne les manifeste pas , à proprement parler , comme ari ^ ainsi que cela avait lieu m grande partie dans la ferme symbolique , et surtout dans l'art classique avec ses divinités idéales. Nous l'avons vu précédemment , Tart romantique , en s'adressant aux sens et sous la forme propre de l'art , est incapable d'^seigner et de révéla
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le fond du dogme^ D'ailleurs, en dehors du domaine de Tart , Fidéë a déjà été rétélée à rimagination et au sentiment. La reitgton , comme renfermant la vérité absolue , eonstitue ici à un tout autre degré la base ^essentielle sur laquelle rart'$'app«ùe. Aussi conservet^elle, même dans les formes extérieures de ia repré-^ sentation, la priorité que la foi réclame; en même temps'elle y introduit un élément prosaïque* En effets le fond de la révélation étant la nature éternelle et absolue de l'esprit dégagé des formes du nionde vi*' sible , la réalité extérieure est , dès-lors , considérée comme une diose indifférente avec laquelle T^sprit ne peut avoir de communication ^ où il ne peut se fixer. Moins il regarde les formes du monde extérieur comme dignes de lui , moins il peut chercher à se sa* tîsfaire en elles et à se mettre d'accord avec lui-même en s'unissant à elles.
Conformém^ à ce principe, parla manière dont il représente les formes du monde sensible , l'art romantique ne s'élève pas essentiellement au-dessus de la réalité commune. Il ne craint nullement d'admettre dans son sein le réel aVec ses imperfections et ses défauts. Ici donc s'évanouit cette beauté idéale qui élève les. formes du monde visible au-dessus des conditions terrestres, qui efface les traces de l'existence mort€91e et la remplace par une jeunesse floî'i^isante. Cette libre vitalité dans son câline inllni , ce souffle divin qui anime la matière, Tart romantique n'a pas pour but essentiel de les représenter. Au contraire,
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il tourne le dos à ce point culminant de la beauté; il associe ses, idées au caractère accidentel de la réalité extérieure ; il accorde même au laid et à ses traits grossiers un rôle illimité dans ses créations.
Ainsi , Tart romantique nood offre deux mondes séparés et distincts , d'un e6té, un monde ^rituel , parfait en lui-même. C'est Famé se mettant éa hai^ monîe avec son essence et » au lieu de ce mouvement en ligne droite de la naissance , de la mort dt de la renaissance , qui s'accomplit dans la nature , parcou-rant un cercle dans son libre retour i elle-^mâme : véritable vie du j^énix de l'esprit. De l'autre côté est le monde extérieur qui , dégagé de son union intime avec l'esprit y devient pour celui-ci une réalité pure-ment sensible dont k forme est peu importante^ Dès-lors» l'esprit reste indifférent en pnésence des diverses manières de représenter le monde réel^ parce que ce monde est indigne de la sainte^ de l'ame. Ce qui apparaît aux sens ne peut plus exprimer ce que l'ame sent intérieurement; ou si la réalité visible est employée dans ce but^ elle a pour destination de montrer que , dans sa propre insulBsûnce , elle doit se rapporter à l'ame , au sentiment comme à son élément essentiel. Mais , par là même, l'art romanliqiKS accorde à la réalité extérieure une existence indé-! pendante. Il permet indistinctement à tous les 'Ci>jelSip^ aux fleurSi, aux arbres et jusqu'aux cbc^es qui servent à la vie commune , d'entrer dans la représen*tation malgré leur ^caractère accidekitel. Néanmoins ,
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ces objets , «onsidérés «n ^iiXriiiâmes » sont indifférents cm vulgâine» ; ils n'ont >d^ valeur qoe qpiand les senjbî* méats, de Tame - se rdflàtent en ^x , qnand ils doiv^ t exprimer non des sentiments^ générai^ n)di$(Ws|>mt qui aïoonseifmte, de Ini^méme^ et qui ^ au lieu.de 9'absorber ds^ la «oatiére , n'apurait en harmonie avec son eBseaœ que qmnà. '4 est repijé ^r luinnèine. Parvenu au, ptiM jbatit point de sgn déveèoi^peinent , FespnJL se manifeste à Ini^méme dépouillé de toutes les formeà . èxtérîeures de la matérialité. Invisible , i 1 se saisit immédîâftement p^ la pensée pure. C'est un son sans mn qui vibre 4 l'oveille , m» vol au-^sus dés airs, des iM^cOrds qui s^ font entendra dans uipe «pfaère Supérieure et dont les objets d'içi-bas ne peuv^t recevoir qu '4m faîMe écho^
Si donc nous Voulons lormuler d'un i^ul mot le rapport du fond et de la ^mp dans l'art romantique, peu^toot où il coniierve son cai^actère original , nous pouvons dire que le trait fondamental de fart romantique ^ âMQfoftnément i son {H^i^cipe » est l'éléiiient muskal^^ si on passe dans la sphère deTimagination, rélément lyrique. Le genre lyrique est ^ pour l'art romantique, te type fondamental. L'aqoent lyrique résoline partout^ mémo dans l'épopée et le dRanie. Dans les œu^rBs des arts figuratifs , il se fait sentir comme «m souffle de l'ame. ei un atinospbére de sentiment , parœ qu'ici res|>rit et l'aide veulen). parler à l'ame ^t à l'esprit par tout^ les formes die la représentation.
Pour fie qui esjk maintenant de la dimim que nous
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devons appliquer au développement de eétte troisième forme générale de Fart , on distingue y dans le développement de ridée fondamentale de Fart i^mantâque, les trois moments suivants :
L'élément religieux , eomme tel , toriae le ptemùr eéttUy dont la vie du Christ , sa mort et sa résurrecUon - sont le centre. L'idée dominante est celte, évolution par laquelle Tesprit se met en hostilité avec la narture et rèxisténce finie , en triomphe , et , par cette délivrance , entre en possession de son infinité et de son indépendance absolue , dans son propre < domaine.
En second lieu y cette indép^idanee passe ensuite de la sphère religieuse dans le monde de l'activité humaine. Ici , c'est la personnalité de l'individu qui est en scène , et qui trouve en elle-même, comme^ intérêt essentiel' de la vie, les vertus qui découlent de ce principe: l'honneur , l'amour, la fidélité, la bravoure, les sentiments et les devoirs de la chevalerie romantique.
Nous désignerons sous le nom 4Hndéfe$danice e^Mérteure du earactèrt ce qui fait le sujet du UrmièmB diapiire. En effet, lorsque la personnalité est arrivée à ce point extrême de son développement , où la liberté est devenue pour elle l'intérêt esisetrtiel, l'objet particulier qu^elle poursuit et avec lequel elle s'identifie, doit présenter le même caractère dMndépendance. Cependant, cette liberté n'élani pas^ comme dans le cercle de la vérité religieuse , conforme à la nature intime et profonde de l'âme, ne peut être
qu'apparente. D'un autre côté, les circonstances exté* rieures, les situations , les événements , présentent le spectacle de la liberté. Elles offrent l'aspect d'une foule d'aventures dont l'arbitraire et le caprice sont le principe. Nous ayons ainsi , eouime t^me final de l'époque romantique , le caractère accidentel des deux éléments intérieur et extérieur de l'art et leur séparation , ce qui entraîne l'art à sa ruine. Dès-lors se révèle la nécessité , pour l'intelligence humaine , de se créer , si elle veut comprendre la vérité , tle plus hautes formes que celles que l'art est capable de lui offrir.
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