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été , il la retrouve , et ^ avec lui , la nature reprend sa jeunesse. Il meurt ensuite pour renaître de nouveau. Ici donc le divin , personnifié comme événcmnent humain, a son sens dans la vie de la nature ; et celleci , d'un autre côté , est un symbole qui représente ridée de la mort, dans le règne de Tesprit comme dans celui de la nature.
Mais c'est en Egypte que nous devons chercher le plus parfait exemple du développement de la forme symbolique. L'Egypte est la terre 4u symbole qui se propose d'expliquer la nature de l'esprit , sahs y parvenir réellement. Les problêmes restent non résolus , et toute la solution que nous pouvons leur donner , consiste à savoir que les énigmes de l'art égyptien étaient des énigmes pour les Egyptiens euxmêmes.
Néanmoins, parmi les peuples dont nous avons parlé jusqu'ici , les Egyptiens sont le peuple vérita- ' blement artiste , parce que , chez eux , l'esprit encore retenu , il est vrai, dans la réalité extérieure , fait ef** fort , et montre une activité infatigable pour satisfaire ce besoin qui le tourmente , de manifester sa pensée au-dehors par des formes empruntées à la nature ; de même que celles-ci essaient de se produire sous la forme de l'esprit. Mais leurs monuments restent encore mystérieux et muets , sans voix et sans mouvement , parce qu'ici même , l'esprit n'a pas encore trouvé la vie qui lui est propre, et ne sait pas encore parler le langage clair et intelligible de l'esprit.
I>E LA SYMBOLlOdE IRIiÉFLÉCHIE. 69
L'Egypte se caractérise par ce besoin et ce penchant impérieux de T-esprit qui , sans pouvoir se satisfaire , eherehe à se manifester , au moyen de l'art , d'une façon encore muette. Le peuple de cette étonnante contrée n'était pds seulement un peuple laboureur^ mais architecte. Il a fouillé le sol en tous sens, creusé des canaux et des lacs , et , dans son instinct de l'aii;, il ne s'est pas contenté d'élever , à k clapté du jour , les plus gigantesques constructions ; il a exécuté, sous terre , dans lés plus grandes dimensions ; et avec une puissance extraordinaire , des ouvrages également immenses. Faire de pareils monument» était, eomme le dit Hérodote , ia principale occupation du peuple , et révénement principal du règne des princes. Le» ouvrages d'architecture de l'Inde sont aussi d'un* genre colossal, mais ils ne se trouvent nulle part en aussi grande quantité et sous des formés aussi nonri)reuses , aussi variées que dans l'Egypte.
Si nous considérons l'art égypti^a sous ses aspects particuliers, nou9 trouvons ici, pour la première fois , les caractères suivants :
D^abord, l'esprit se maintient dans sa nature propre et indépendante en face de la réalité sensible. En effet , la négation de la vie, la mort, n'est pas représentée comme un principe négatif , s^trait et s^aré ; le mal , par exemple ; ou le principe de la destrue* tion , comme Âhriman en opposition avec Ormuzd f l'esprit se développe sous sa forme concrète.
L'Indien s'élève seulement jusqu'à l'abstraction la
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pJuft vide , à la négation de toute réalité concrète. On ne trouve plus, chezJes Egyptiens, rien ^e semblable à cette absorption dans Brahman. L'invisible a , chez eux, un sens plus parfait; ce qui est mort possède encore, le caractère essentiel qui constitue Tètre vivant Celui-ci , quoique arraché à Texistence immédiate par la mort qui le sépare de la vie , con* serve son rapport avec la vie, et , dans sa fwme physique , consi^ve même sa personnalité. On sait quQ les Egyptiens embaumaient les chiens , le^ chats , les vautours , les ichiieumons , les ours , les loups ^ , mais, avant tout, les hommes morts , et leur rendaient un culte. Les honneurs rendus aux morts, chez eux, ce n'était pas le tombeau , mais la conservation étemelle ou indéfinie du cadavre.
Mais les Egyptiens ne restent pas dans ce point de vue de la durée visible et encore toute physique, que conservent les morts. Leiur imagination s'élève aussi jusqu'à l'idée d'une autre permanence et d'une autre durée* Hérodote dit des Egyptiens : qu'ils ont été les premiers qui aient enseigné«que l'ame de rhomme est immortelle. Ainsi , chez eux , pour la première fois , ^paraît aussi , sous cette forme élevée , la distinction de l'élément physique et du principe spirituel , puisque ce n'est pas le premier seul qui conserve son existence après la mort. L'immortalité de Taine est étroitement liée à la liberté de l'esprit , parce que le
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DE LA SYMIMM^IQCE IRRÉFLÉCHIE. 94
moi se conçoit comme indépendant de ia forme physique, de l'existence réelle , et ne relevant plii8 que de lui-méâfte ; or , avoir conscience de soi , est le prineipede la liberté.
Ce n'est pas à dire , pourtant , que les Egyptiens ai^it pénétré jusqu'à la véritable idée de Tesprit libre; et pour comprendre , à notre manière , Timmoitelité de rame, tl ne faudrait pas se placer au point de vue de la croyance égyptienne. Ils s'imaginaient qu'il importait de maint^r la durée du ecNfps , aussi bien que celle de l'ame, et, par là, ils ont effectué la transition qui conduit à l'affranchissement de l'esprit; mais ils se sont arrêtés sur le seuil de la liberté.
Cette conception se développe , chez eux , dans un empire particulier des morts , opposé au monde réel et visible; dans ce royaume de l'invisible, il y a un tribunal des moKs^ présidé par Osiris , qui prend le nom d'Amenthès. La même chose est offerte aussi dans le monde des vivants , puisque , parmi les hom^ mes , un jugement est prononcé sur les morts , et „ qu'après la mort d'un roi , par exemple , chacun pouvait porter ses plaintes contre lui.
Si nous demandons à l'art une fortM symbolique pour exprimer cette conception , nous devons la cberw cher dans les principales représentations de l'architecture égyptienne. Nous avons ici sous les yeux une double architecture, l'une qui s'élève à la surface de la terre , l'autre souterraine : les labyrinthes creusés sous le sol , ces excavations d'une étendue prodi-
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gîeuse y ces chemins d'une demi-lieue , ces apparte^ mente dont les murs sont couverte d'hiéroglyphes , ouvrages travaillés avec un soin si minutieux; puis, au-dessus , ces constructions qui nous étonnent par leur grandeur colossale , et parmi lesquelles il faut principalement distinguer les pyramides.
On a fait, pendant des siècles, une multitude d'hypothèses sur la destination et la signification des pyramides. Maintenant encore, il parait douteux qu'elles soient simplement un abri pour les tombeaux des r<MS ou des animaux sacrés, de TApis, par exemple , ou des chate , des ibis , etc. De cette manière, les pyramides nous mettent sous les yeux l'image la plus simple de l'art symbolique lui-même. Ce sont d'énormes cristaux , renfermant dans leur intérieur quelque chose de caché qu'ils entourent d'une forme extérieure produite par l'art ; de sorte qu'ils apparaissent comme simplement destinés à servir •d'enveloppe à cet objet mystérieux , et n'ont de sens que par leur rapport avec lui.
Mais cet emfHre de la mort et de l'invisible , re^ présen té par ces monumente , ne présente encore qu 'un caractère extérieur, par où il appartient véritablement à l'art , celui de se dérober à la réalité sensible. Il n'est encore que l'Hadeê { l'invisible). L'écrit, quoique enlevé par la mort au monde visible, reste enfermé en lui-même , et, par conséquent , la forme visible qui lui est destinée ne le révèle pas ; elle est simplement extérieure , ce n'est qu'une enveloppe matérielle.
Cette enveloppe extérieure , au sein de laquelle est <»ché un principe spirituel dérobé au regard des sens y c'est la pyramide.
Mais ensuite , comme le principe qui anime tous les êtres doit cependant se révéler aux sens et se ma^* nifester dans la nature , les Egyptiens sont tombés dans un extrême opposé, dans le défaut d'adorer l'existence divine dans les êtres vivants y comme le taureau , les chats et plusieurs autres animaux. L'être vivant est d'une nature plus élevée que l'être inorganique; car l'-organtsme vivant renferme une force interne 9 que manifeste sa forme extérieure ; mais ce principe reste intérieur , et par là il est quelque chose d'obscur et de mystérieux. Ainsi, le culte des animaux doit s'entendre ici comme la contemplation d'un principe intérieur qui anime les êtres , la vie oomme puissance supérieure à l'existence matérielle. Ce n'en est pas moins quelque chose de repoussant pour nous que de voir des animaux , des chiens et des chats regardés comme sacrés , usurper la place de ce qui est véritablement spirituel. Ce culte en hii-même n'a rien de symbolique, parce qu'ici c'est l'être réellement vivant, l'animal, l'Apis, par exemple, qui est luimême adoré comme l'existehce divine. Mais les Egyptiens ont aussi employé oymboliquement la fwme des animaux. Alorç celle-ei h'a plus de valeur par elle-même ; elle descend de sa dignité pour être destinée à représenter quelque chose de plus général. « L'exemple le plus naïf nous est fourni par les masques
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d'ammanx qui se rencootrenl particiilièreBieBl dans les etnbaamenieiits. Les pcrsosnes qui coupent le cadavre, enlèvent les entrailles , elc« , smt représentées avec des masques d'animaux. Ici on vok qa^iuie pareille tête d'animal exprime autre chose qu'elle même , qu'elle a un sens plus gàfiéral et différent. Il y a plus y la forme animale est mêlée à la forme humaine^ Nous trouvons ; par exemple , des figures humaines avec des têtes de loup y que l'cm fM^od pour des représentatk>ns de Minerve^ On voit aussi des hommes avec des têtes d'épervi<»*, et les tètes d'Am* mon ont conservé des cornes. On *ne peut méconnaître ici le caractère symbolique.
Dans un pareil sens , l'écriture hiéroglyphique des Egyptiens est aussi , en grande partie y symbolique ; elle cherche à faire connaître des idées par la représentation d'objets réels 9 qui ont de l'affinité avec elles et ne doivent pas être pris en eux-mêmes. Dans les signes appelés phonétiques , cette écriture exprime ks lettres et les syllabes par le dessin d'un objet dont le nom y dans le langage parlé y commmice par le même son.
En général , en Egypte , presque toutes les repré* sentations y symboles ou him^glyphes renferment un sens diffërent du sens immédiat. Elles expriment des niées qui ont un rsqppott et une analogie avec les d»jets r^résentés. Le symbole est d'autant plus par- • fait , que ce rapport est plus naturel et plus profond. Nous indiquerons brièvement , à ce .sujet, les repré-
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sentations suivantes , qui reviennent le plus souvent dans l'art égyptien.
Si, d'un c6té, la superstition égyptienne laisse voir, dans les formes des animaux, une force înté* rieure et mystérieuse, d'un autre eôDé, nous trouvons la forme humaine représentée de telle sorte ^ que le principe interne, qui constitue la subjectivité, est placé en dehors d'elle , ce qui Tempéche de se dé'^ velopper avec les caractères de la libre beauté.
Sous ce rapport, ces Memnon, d'une grandeur colossale, sont très-remarquables : immobiles, les bras et le corps enveloppés , les pieds comme scellés Tun contre l'autre , raides , fixes et sans vie, ils sont tournés vers le soleil , attendant le rayon qui doit les frapper , les animer et leur donner la voix. Hérodote raconte que les Memnon, au lever du soleil, ren** daient un son. La haute critique, il est vrai , a révaqué le fait en doute; cependant, le phénomène du son rendu a été, dans ces derniers temps , vérifié de nouveau par les Français et les Anglais. Si le son n'était pas produit par des moyens artificiels , on peut en rendre compte d'une manière naturelle. Il existe des minéraux qui craquent dans l'eau. Le son pouvait venir de la rosée et de la chaleur; lorsque léê premiers rayons du soleil venaient frapper les statues de pierre, il se serait formé de petites fentes qui se seraient ensuite refermées. Quoiqu'il en soit j comme symboles , ces colosses doivent être expliqués en ce sens, qu'ils n'ont pas en eux-mêmes la vie de l'es-
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prit libre ; par conséquent , au lieu de remprunter au principe intérieur , qui possède en lui-même la mesune et la beauté , ils ont besoin d'une action eiLtérieure, c^lle de la lumière qui, pour la première fois, fait jaillir un son de Tame* La voix humaine, au contraire , résonne de Tintérieur -, ell^ part du sentiment propre de Tame et de Tesprit , sans choc extérieur. De même, un degré supérieur dans Tart , en général, consiste à laisser le principe interne, l'esprit, se développer spontanément et librement. Mais , en Egypte , ce principe , enveloppé sous la forme humaine , est encore muet , et il ne s'anime que sous l'influence de la nature.
Une forme de représentation symbolique supérieure est celle d'his et d'O^tri^, Osiris est engendré , il nait, puis il meurt tué par Typhon. Mais Isis cherche ses ossements épars , les rassemble et les ensevelit. Le fond de cette histoire de Dieu est un sens d'abord simplement cosmologique et pliysique. En effet , d'abord , Osiris est le soleil , et son histoire est un symbole de la révolution annuelle de cet astre ; ensuite, il signifie la crue et la décroissance des eaux du Nil qui doit répandre la fertilité sur toute l'Egypte; car, en Egypte, on manque souvent de pluies pendant toute l'amiée, et le Nil arrose la contrée par ses inondations périodiques. Pendant l'hiver, il coule renfermé dans son lit ; mais ensuite ^ , avec le vent du
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printemps , il commence à grossir pendant cent jours, franchit ses rives , et se répand au loin sur toute la contrée. Enfin i, quand Tëau $'est évaporée par la chaleur et le sotilHe des vents brûlants du désert , il rentre dans ses limites. Alors , on laboure les champs sans beaucoup de peine; la terre se couvre de la plus belle végétation, tout germe, pousse et mûrit. Le soleil et le Nil , dans les diverses phases de leur affaiblisse* ment et de leur accroissement , sont les puissances naturelles de la terre d'Egypte , et l'Egyptien se les représente dans rhistoire symbolique dlsis et d'Osiris. Â ce point de vue appartient enc(»*e la représentation symbolique du Zodiaque , dont les signes correspondent aux divisions de Tannée, comme le nombre des douze dieux à celui des mois. D'un autre côté , Osiris représente aussi l'homme et son histoire, Il est; révéré comme l'inventeur de l'agriculture , de la division des champs , d£ la propriété , des lois , et «on culte se rattache ainsi aux événements de la vie hu-. maine , qui sont liés d'ui^ manière étroite à la mors^i lité et au droit. De même , il est le juge des mort^ ^. et , par là , il acquiert un sens qui se dégage complet tement de la nature à laquelle le symbole appartient toujours à son origine. Ipi, l'esprit est considéré comme constituant l'essenoe de la forme humainequi, par conséquent , ne doit représenter que lui ; mais, dans son développement progressif, i| devient, à son tour , l'image de la vie cosmique , et la repré-» sente, d'une manière tout extéri^^re, dans laçonsï»
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traction des temptes , dans le nombre des escaliers et de leurs degrés , dans celui des colonnes^ dans les labyrinthes , dans leurs chemins , leurs détours et leurs chambres. Ainsi , Osiris , dans les diverses pha* ses de son existence , est aussi bien la vie dans la m* ture que dans le monde de Tesprit ; et les formes symboliques représentent en partie les éléments de la nature , tandis que , de leur côté , les phénomènes du monde physique sont employés comme symboles des actions morales. Il résulte de là que la forme humaine n'est plus , comme dans Fart indien , une simple personnification, parce qu'ici, le phénomène physique , tout en conservant , sous un rapport , son sens propre, est employé d'un autre côté comme symbole de l'esprit , et , en général , dans cette forme de l'art où l'esprit s'élève au-dessus de la nature, présente un caractère subordonné. Aussi la forme humaine commence-t-elle à se perfectionner et à prendre un tout autre aspect. Elle révèle précisément cette tendance à s'élever, à se spiritualiser ^ quoique cet eBbrt n'atteigne pas encore à son but : Id liberté. A cause de celte absence de liberté , la figure humaine reste encore sans véritable expression, sans sérénité, colossale, sérieuse, pétrifiée. Les jambes, les bras et la tête ne se dégagent pas dii reste du corf>s : ils sont fixés, serrés, sans grâce , sans mouve* ment et sans vie. Cest à Dédale qu'est attribué l'art d'avoir , le premier , dégagé les bras et les pieds , et d^àvoi^ donné le mouvement au corps.
DE h\ SYMBOLIQUE lERÉF^ÉCHIE. 99
Celle cwiptieatioD 4'éléments que {uré^entent les symboles égyptien^ , foit que chiqua symbole renferme un ensemble de symboles. Ainsi , Tidée représcfitée par une image , devient à son tour symbole, d'une autre idée qui a quelqu'affînité avec elle. Un pareil entrelacaenent d'idées et de formes qui se pénètrent et se restent mutuellement, par lesquelles Fart ^ptime en effet les choses sous une multitude de faces et se joue de cas images , annonce déjà la liberté de Tesprit , qui s^il peut se développer dans plusieurs directions à-la-fois. C'est là aussi ce qui fait la supériorité de ces neprésentatiops, quoiqiie leur eipKcation $oit rendue, sans doute, trés^liffîciie par cette ambiguïté et cette diversité de sens.
Le sens de ^es symboles, dans Tinterprétation desquefeon Ta peut-être an^iounl'hui trop loin , parcequ^ presque teoles ces repréa^taftions s'offrent , en effet , immédiatement oemme symboles , peut avoir été olaîr et intelligible pour les Egyptiens » de lamép^e manièm que nous charchona à n<m9 le^.eipliqueriioiKHQiièiiie^ ; «aie las ^mboles ^yptiens , eamme nous Tavon» vu en commençant, renferment impHeit^mm beaucoup , 4afUeii$m$ni trai*peu. Ce sont des travaui^ entrepris dans la batd'élreelair pour soi-u»^i^» C^iendant^ oet eibrt est infructueux ; sous ee n^pf^i^ nous i^o^^^t que les monuments égyptiens renferment une énigme dmt cauj^ qui se livrent spécialement à cette étude n'dHiennent pas plus, que nous, la véritable interprétation*
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Les ouvrages de l'art égyptien , dans son symbo^ lisme plein de mystères , ferment , par conséquent , une vaste énigme , l'énigme par excellence. Nous pouvons donner , comme symbole de ce caractère propre de Fesprit égyptien , le Sphinx. Le sphinx est , en . même temps , le symbole du symbolisme même. On trouve en Egypte des statues de sphinx en nombre in*fini, placées par centaines à la suite tes unes des autres; elles sont d'une pierre très^ure et polie, couvertes d'hiéroglyphes. Au Caire , il y en a d'une si colossale grandeur, que leurs ongles de lion seuls dépassent la taille d'un homme. Ce sont des corps d^animaux accroupis , dont la partie supérieure se dresse , surmontée quelquefois d'une tète de bœuf , et ordinairement d'une tète de femme. L^esprit de l'homme fait effort pour sortir de là forme brute et stupide de l'animal , sans arriver à une représentation parfaite de la liberté, à une fonne pteine de vie et de moate* ment , parce qu'il doit rester encore mêlé et associé à <les éléments étrangers. Cette tendance à la spiri* tualité qui a conscience déjà d'elle-même , mais ne se saisit pas encoro dans un objet réel sa parfaite image^ et ne se contemple que dans des formes qui ont quelque affinité avec elle , tout en lui restant étrangères , t^nstitue le symbole en général, qui, arrivé à sor dernier degré , devient Vénigme.
C'est en ce sens que le Sphinx , dans le mythe grée , que nous pouvons expliquer lui-même symboliquement , apparaît comme le monstre qui propose des
énigmes. Le Sphinx posait cette question énigmatique : « Qui est-ce qui le matin marche sur quatre pieds y à midi sur deux , et le soir sur trois? » Œdipe trouva cette explication fort simple : c'est Vhomtne; et il précipita lemonstro du haut des rochers. L'explication du symbole se trouve dans Vidée qui a conscience d'elle-même : dans l'esprit. C'est ainsi que la fameuse inscription grecque dit à l'homme : Connaù-toi Unmême. La lumière de la conscience est le flambeau qui laisse apercevoir clairement l'idée à travers sa forme sensible , et l'esprit se reconnaît lui-même dans sa manifestation extérieure.
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