‹ Cours d'esthétiqueChapitre 8 sur 47 · I. VnUé Imméatote de ridée et de la · texte numérisé non relu

I. VnUé Imméatote de ridée et de la

Hmne «enslble*

Au premier moment de Thistoire de Tan, le principe divin j- Dieu , apparaît idantifié avec la nature et rhomme ; mais, alors la nature n'esC pas considérée comme telle. L'absolu ^ de son côté^ n*est pas dégagé des liens de la nature , et n'a pas d'exîstence indépendante. Une distinction entre le fond des choses et leur partie extérieure , entre l'idée et la f#rme , n'est pas encore , à proprement parler , conçue par l'esprit. Si nous parlons ici du sens que renferme le symbole , cela tient à nos habitudes modernes de réflexion , au besoin que nous avons de considérer la forme en général comme quelque chose d'extérieur; c'est que nous voulons pénéti^r la partie intime, l'ame et le sens, pour les saisir et, les comprendre. Aussi, dans l'examen des représentations religieuses dont il s'agit en ce momiuit , cette distinction est nécessaire.

Dans la première forme que nous offre le symbole , la différence entre l'ame et le corps , l'idée et la réalité , n'existe pas. La nature et l'homme ne sont pas seulement une expression de l'idée qui doit être distincte, mais la manifestation même est conçue

comme Tabsolu réellem^t présent et visible. Dans le culte de Lama, par exemple , un homme réel est adoré oonmie Dieu. De même, dans d'autres religions de la nature , le soleil, les montagnes, les fleuves , la lune , eertains animaux tels que le taureau , le singe , etc. , sont des existences immédia*^ temoit divines , et , à oe titre , Tobjet d'un culte religieux.

Mais nous trouvons le spectacle de cette unité im«> médiate de Dieu et de la nature présenté de la ma* niére la plus frappante dans la vie et la religion de Tancien peuple Zendy dont les idées et les institutions nous ont été conservées dans le ZendMesta.

Dans la religion de Zoroa$irey Ik lumière tdie qu'elle existe dans la nature , ie soleil , les étoiles , le fea avec son éclat et sa flamme , sont regardés comme l'absolu luknème; Dieu n'est pas séparé de la lu* mière envisagée comme ^mple expression , emblème , image sensible de la divinité; L'idéç divine ne se distingue fm de sa réalisation , la lumière. Si la lumière est prise aussi dans le sens de l'être bon et juste , du principe conservateur de Tunivers qui répand partout la vie et ses bienfaits , ce n'est pas seulement une image du bon principe : ie souverain bien luimême est la lumière. Il en est de même de l'oppositk>n de la lumière et des ténèbres , celles-ci étant considérées comme l'élément impur en toute chose, le hideux , le mal ^ le principe de mort et de destruction .

42 DE l'art SiYIWOUQlIE.

Cette couc^ioo s'applique et te àéct^i^pe de la manière suivante :

D'abord , le priocipe divin , considéré comme la lumière pure en soi , et son opposé le principe ténétMreux , impur , sontpersonnifiés et prennent les noms d^Ormuzd etd'AArtman. Mais cette personnification est encore touUà-fait superficielle ; Ormuzd n'est nullement, en lui-même, un sujet libre, affranchi de la nature sensible , tel que le Dieu des Juifs ou le Iheu clirétien, une véritable pra^oone ayant couscience d'elle-même. Qucùqu'il soit aj^lé roi , grand esprit , souverain juge , il reste néanmoÎDS confondu avec la nature comme lumière et flambeau du monde. Il ne faut voir en lui que le principe universel de toutes les existences , dans lesquelles la lumière , la substance divise , , l'être pur se réalise , sans revenir sur Jui-raême et se poser comme esprit dans son activité Fléchie. Il s'identifie avec tous ces êtres de même que le genre passe dans les espèces et les individus. Comme principe universel il conserve la prééminence SOT t<>ut être particulier et individuel ; il est le premier , le souverain , le Roi des rois , eavircmné d'éclat et de majesté. Il est le plus pur , le meilleur, «te.; niriis il n'a d'existence et de réalité que dans la liUQÏère visible , dans tout être pur , comme Ahriman dans tout ce qui est ténèbres , mal , principe-de destruction et de maladie.

,te conception se développe dans la re^H'éscnta- )lus vaste d'un empire de la lumière cl des

ténèbres, entre lesquels existe un combat perpétuel. Dans Tempire d'Ormuzd, les Arnschaspands sont les sept flambeaux du ciel; ils jouissent d'un culte divin y parce qu'ils sont regardés comme les divisions essentielles de la lumière. Habitants du ciel, ils y forment un grand peuple et sont la lumi^e divine réalisée. Chaque Amschaspand, auquel Ormuzd luimême obéit, au jour marqué où il préside à son tour au gouvernement dé Tunivers , répand partout ses bénédictions et ses bienfaits. Les Izeds et les Ferverds sont des formes de la lumière qui va se particularisant de plus en plus. Ce sont bien des personnifications d'Ormuzd ; mais ces êtres supérieurs ne se rapprochent pas beaucoup de la forme humaine. Ce ne sont pas non plus de véritables esprits ; leur essence est toujours la lumière, son éclata ses rayons. Il en est de même des objets de la nature qui ne sont pas pour les yeux , et considérés extérieurement en eux-mêmes, la lumière des corps lumineux. Ainsi les animaux et les plantes , tout ce qui appartient ensuite à Thomme et au monde social , TÉtat, le Roi entouré des sages, la hiérarchie des différentes classes de la société, Torganibation des villes et des districts, avec les chefs qui les gouvernent et qui doivent être considérés comme les plus purs modèles de justice et de vertu , sont également regardés comme une existence d'Ormuzd. Car tout ce qui renferme en soi et répand la {M^ospérité et la vie, ce qui conserve Tordre , est une réalisation de la lumière, et par là, représente Ormuzd lui-même..

44 DE l'art symbolique.

Tout ce qui, dans les êtres particuliers est bonté , amour^ justice, bienfaisance, douceur, protection, félicité , esprit et vie , est un rayon de la lumière divine. L'empire d'Ormuzd est ce monde pur et lumineux tel qu'il s'offre à nos regards. Il n'existe aucune différence entre les phénomènes de la nature et ceux de l'esprit; comme dans Ormuzd même, la lumière et le bien , les attributs intellectuels et physiques sont réunis et confondus. Aussi, l'éclat dont brille une créature est pour Zoroastre l'essence même de l'esprit, la force intérieure et le principe de vie qui l'anime et la conserve en repoussant toute les influences nuisibles et malfaisantes. Car ce qui , dans les hommes, les animaux et les plantes, est le vrai et le bien, est aussi la lumière. C'est d'après la quantité et la nature de cette lumière que se mesure la dignité de tous les êtres.

Le même ordre et la même gradation se retrouvent dans l'empire d'Âhriman , le monde du mal moral et physique, où règne le mauvais principe, le principe de toute négation et de toute destruction ; mais la puissance d'Ahriman ne doit pas s'étendre, et le but de l'univers consiste précisément à détruire et anéantir le régne d'Ahriman, afin que partout Ormuzd soit vivant , présent et souverain absolu.

Toute la vie humaine doit être consacrée à ce seul but; la destination de chaque existence consiste uniquement à se purifier sous le rapport de l'esprit et du corps, à étendre cette sanctification et ce

DE La symbolique irréfléchie. 45

(combat perpétuel à toutes les situations et les actions humaines. Le devoir le plus élevé et le plus saint est donc éé glorifier Ormuzd dans sa création , d'aimer tout ce qui procède de cette lumière , ce qui est pur en soi, de le révérer et de se rendre agréable à lui. Ormuzd est le commencement et la &n de toute adoration. Avant tout, le Parse doit invoquer Ormuzd dans ses pensées et ses paroles, et lui adresser ses prières. Depuis le matin jusqu'à midi , il deraapde principalement à Ormuzd qu'il veuille bien ileyer sa lumière. L'après-midi , il prie afin quC' le soleil , par la grâce d 'Ormuzd et la protection de tous les Izeds, achève d'accomplir heureusement sa carrière. Ensuite , le Parse , dans ses hymnes , d'ailleurs assez monotones , chante l'excellence du principe le plus élevé et le plus pur qui réside dans les hommes , les Pervers, ces esprits purs des hommes, quelle que soient les parties de la terre sur lesquelles ils vivent ou aient vécu. C'est principalement à l'esprit pur de Zoroastre qu'il adresse ses prières ; ensuite aux êtres supérieurs qui président au gouvernement des États, des villes et des districts. Les esprits de. tous les hommes sont regardés comme les membres de la société vivante de la lumière qui un jour doit se réunir dans le sein de Gorotman. Le Parse, dans toute sa conduite; doit vivre et agir comme la lumière, comme Ormuzd , les Amchaspands , les Izeds , comme Zoroastre et tous les hommes vertueux ; car ceux-ci vivent dans I9 lumière ; toutes leurs actions sont lu*-

46 DE l'art SYMBOLIQdC.

itiière; c'est pourquoi chacun doit se les proposer pour modèle et suivre leur exemple. Plus Thomme exprime dans sa vie et ses actions la pureté de la lumière et le bien , plus les esprits célestes sont près de lui. De même que les Izeds bénissait et animent tout , font tout croître et fructifier , répandent partout le bonheur et la prospérité; de même, il cherche aussi à purifier la nature , à Tanoblir , à répandre partout la lumière de la vie et une heureuse fécon* dite. C'est dans cet esprit qu'il donne à manger à ceux qui ont faim , à boire à ceux qui ont soif , qu'il soigne les malades , qu'il oifre un abri aux voyageurs , qu'il confie à la terre des semences pures , ouvre des canaux ^ plante les déserts , excite partout la végétation j a soin de la nourriture et de la multiplication des êtres vivants, entretient une flamme pure; qu'il écarte les morts et les animaux immondes , favorise les mariages. Le Sapandomad très-saint , l'Ized de la terré , se réjouit à la vue de ces biens , et s'oppose au mai que voudraient causer les Devs et les Darvands. Après avoir esquissé rapidement les traits essentiels de cette religion des anciens Parses , si nous revenons a notre question , celle de son caractère symbolique , nous devons reconnaître que le symbole proprement dît ne s'y rencontre pas encore. Sans doute la lumière est ce qui a une existence réelle dans la nature , et d'un autre côté elle exprime le bien , le principe conservateur , de sorte qu'on peut dire que la lumière , comme objet réel et visible, n'est qu'une image du

principe universel répandu partout dans le monde physique et moral. Mais, dans Timagination du Parse lui-même , cette séparation de l'existence visible et de ce qu'elle représente , n'existe pas ; car pour lui la lumière est bien réellement la lumière. Le bien absolu est compris de telle sorte qu'il 'existe et agit comme lumière ^ans tout bien particulier , dans tout ce qui est vivant et positif. Le principe universel et divin se dissémine dans toutes les formes diverses que présente la réalité visible dans le monde. Mais sous cette individualisation persiste toujours l'unité indissoluble du fond et de la forme. La diversité n'at* teint pas l'idée et sa manifestation comme distinctes , mais seulement la différence des objets en eux-mêmes; par exemple, les étoiles, les. plantes, les sentiments et les actions humaines , où le divin apparaît comme lumière ou ténèbres.

Dans les endroits qui renferment une conception plus avancée , on trouve , il est vrai , un commencement de symbolisme , mais pas encore le type parti* culier qui s'étend à cette forme de l'art tout entière. Ce ne sont que des développements .partiels. Pour donner un exemple , Ormuanl dit une fois à son favori bien-aimé Dschemsehid: « Le saint Ferver de Dsobomscbid, leiils de Vivengham , était grand devant moL Sa main prit de la mienne un poignard dont le tran*cbant était d'or et la poignée d'or ; puis Dschemsehid parcourut trois cents parties du monde. Il partagea la terre, avec sa lame d'or , avec son poignard , et dit :

46 i>E L^ART SYMBOLIQUE.

« Que Sàpandomad se réjouisse, t II prononça le mbt sacré en adressant une prière aux animaux domésti^ ques, aux bétes sauvages et à Thomme. Son passade fut un bonheur et Une bénédiction pour ces contrées. On vit paraître en même temps Une multitude innombrable d'hommes , d'animaux domestiques ou qui vivent dans la plaine, v Ici , le poignard et la division de la terre peuvent être regardés comme une image de Tagriculture. L'agriculture n'est pas en soi un art qui ne relève que de l'esprit ; ce n'est pas non plus une oeuvre purement mécanique, c'est un travail qui exige de l'homme une certaine réflexion, du raisonnement et de l'expérience , et qui pénètre dans toutes les relations de la vie. Que cette séparation de la terre avec le poignard doive désigner l'agriculture , c'est ce qui n'est expressément dit nulle part dans le voyage de Dschemschid. Il n'est parlé ni de fertilisation , ni de fruits de la terre , et , d'un autre côté , il semble qu'il y ait quelque chose de plus qu'un simple défrichement de la terre. Il faut y chercher un sens symbolique plus étendu. Il en est de même des représentatimis suivantes , telles qu'elles se rencontrent surtout dans le développement plus tardif du culte de Mithra , celle , par exemple , où Mithra est représenté dans une grotte obscure, sous la figure d'un jeune homme qui tient élevée la tête du taureau et lui enfonce un poignard dans le cou , pendant qu'un serpent lèche le sang qui coule de la blessure , et qu'un scorpion ronge les parties de la génération. On a ex-

t>fi LÀ SYMBOLIQUE IRRÉrLÉCHIE. 49

pliqiié cette représentation symbcrfique , tantôt som te point de vue astrxMHNnique , tantôt d'une autre façon. C^i^ndant on peut , d'une manière plus générale et plus profiMide , considérer le taureau comme le principe de la nature , sur laquelle Thomme , Fesprit, remporte la yictoire , quoiqu'il puisse y avoûr aussi quelque allusion astronomique. Que l'idée d'une semblable résolution , ceiie du triomphe de l'esprit sur la nature , soit renfermée dans ce mytlie , c'est ce qu'indique encore le nom <te Milhra , du nêéddaêeurj principalement à une époque plus récente , lorsque s'élever au-dessus de la nature devient déjà un besoin des peuples.

Mais de pamls symboles ne. se renccmtrent qu'accessoirement dans la mythologie des anciens I^rses; ils ne constituent pas le fond tout entier de leur religion.

Le cidiey que décrit te Zendâvesta, est encore

moins âymMiifiie. Nous ne trouvons pas ici ces danses symboliques par lesquelles on célcère ou qui înnteift le cours des astres ; encore mmns ces actes religieux qui n'ont de valeur que comme images et signes de conceptions j^us générales ; aii contraire , toutes lés pratiques , dont il est fait un devoir religteux pour fe Pârse, sont dès occupations sérieuses qui ont pour but d'étendre rédlement à tout la pureté dans le sens I^ysique et moral. Elles apparaissent comme l'acccmplissmient régulier de la ftn universelle , q^i insiste à établir la domination d'Ormui^ 'sur tou^^iés

50 DE l'art 8VilMLiQtE«

hoflMnes et sur toutes les créatures. Ce but n'esldonc pas seulement exprimé par des aeles , mais atleiat , idéalisé.

Gomme le caractm^ symbdique manque à tout ce aystème reU^^x » ou y chercherait aussi taioemeat celui qui appartient à l'wri proprement diti On peut y trouva" une certaine poé$i$ / car les abjets de la nature et les actes de la vie humaine ne sent pas entisages dans leur réalité insignifiante et prosmque^ mais considérés comme lumière, d'après leur essence, dans la lumière de Fabsolu ; et rédproquement , ce qui fait le fond de toutes dioses , de la nature et de l'homme , n'est pas saisi dans sa généralité abstraite, privée d'existence et de foime* Les deux termes sont conçus et sont ex|M*imés comme immédiatement iden-

tiques. Une pareille manière d'envisager l'usivers peut présenter quelque chose de beau , d'élevé et de grand; et sans doute, comparée aux grossières images, aux insignifiantes idoles des autres peuples, la lumière « comme substance pure et universelle, est plus conforme à la nature du bien suprême et de la vérité. Mais la poésie reste alors dans le vague el le général, et cette conception est peu fav(Mrable à l'an et à ses CBuvres. Car , d'un c6té , la nature du prin^pe divia n'est pas déterminéeen soi ; et, de l'autre , sm image, sa forme sensible n'est pas une création de l'esprit. Il est immédiatement contemplé dans le monde réel dans le soleil , les étmles , les plantas, les mîmaux > les hommes , dans le feu » etc. L'iuMiginatioB

t»E LÀ SYIOKILIQUE IRRÉFLÉCHIE. 51

fie représente bien d'autiHîs êtres supérieurs, dont iWistenee eM iadi^[>eiidaate de la sienne : les iMds , les Pervers , ks Génies des hommes. Mais/ dans eette séparation qui commence à s'opéi^a* , entre Funitt^v set et ces existenees inditiduelles , rôivention poéliqueesifo&ieeneore. Cette distinction reste confuse et superfiûîdle ; de sorte cpae le Génie y le Ferver , l'iied ne peut aToirmicoreune manière d'être pérsoa* nette» Il ne sedistmgue pas de rhommeauqud il est attaêbé ; il se confond avec son âme , et partage h forme encore vide de sa personnalité. L'imaginatioil n'invente donc ici , ni une autre idée plus profonde , ni une forme nouvelle qui offre Timage d'une j^s riche individualité. Et, $i nous voyons d'ailleurs les enbèences particulières rassemblées et réunieis dans des notions générales, dansdes types quiisoht comme leurs fgmtae» et leurs principes^ c'est le résultat d'une eon»« bîmôson artiflei^le , et nullement une oeuvre de poé« sie^d'art.-Aûlsi » pareatemple, le feu SQoré Behram efht le feu esseftti^. Parmi les eaux , il y â ansn l'eau par excisHenoe* JHam est le premier^ léplus pur , le plus puissant de tous les arbres , l'arbre primitif danè lequel la sève de vie coule pleine d'immortalité. Parmi les montagnes , l' Albordseh , la montagne sainte , est représentée comme le noyau de la terre. Elle est environnée de la lumière du jour. C'est d'elle que sortent les bienfaiteurs de l'homme qui ont la connaissance de la lumière. Le soleil , la lune et les étoiles se reposent sur son sommet ; mais , en général , l'être

universel est contemplé y dans son unité immédiate , confondu avec la réalité visible et les objets particuliers : oe n'est que rarement , çà et là , que les conceptions générales sont rendues sensibles par des images.

Le culte est plus prosaïque encore. Il a pour but unique d'étandre la domination d'Ormuzd sur toutes choses ; il exige seulement cette conformité aa but et cette pureté dans les créatures , sans que le Parse fasse de sa personne une représentation vivante et une œuvre d'art , a^nme , par exemple , en Grèce , les athlètes et les lutteurs , qui savaient donner à Irar corps les plus belles ft)rmes et les plus belles proportions.

Sous tous ces rapports^ la première unité de la généralité spirituelle et de la réalité sensible constitue seulement la base première du symbole dans Tart , sans être encore , à proprement parler, la symbolique même , et produire des œuvres d'art. Pour atteindre à ce but auquel nous touchons, il est donc nécessaire de passer, de cette première unité que' nous venons d'examiner , à la différence , et au combat de l'idée et de la forme.

II« De la SymlH^llqae de rimaslnatlon.

Puisque nous sortons de ce premier moment où, dans la conscience des- peuples, l'absolu apparat! comme identique avec le monde Tirâble , le caractère essentiel <lu moment qui ijbit suivre est la s^araUon des deuK termes , jusqu'ici confondus ^ d'où naît en même temps la nécessité de chercher à combler l'iii^ tervalle et à les réunir de nouveau, à L'aide de l'i* maginatîon.

Avec cette tentative se manifeste, à prc^rement parler , le besoin de l'art. Car, du moment où l'Intel- Kgence humaine n'est plus satisfaite du spectacle de la réalité telle qu'elle s'offre à ses regards , elle doit se [proposer pour but de développer ses oonoeptions d'une manière qui lui appartienne en propre ; d'imaginer des formes, pour les représenter , et par là de créer des œuvre» d'art«

Dans le cercle où nous sommes renfermés à cette prettMèpe époque , comme le problème ne peut être résolu que symboliqueflaent , on pourrait se figurer que nous sommes d^ dans le véritable domaine du symbole. Ce serait cependant se tromper.

Ce que nous rencontrons d'abord, ce sont les productions d'une imagination qui fermente el s'agite en;

tout sens , et , par là , nous indique seulement la route qui conduit au véritable centre de Fart symbolique. En effet , dans cette première tentative que fait Te»prit humain pour séparer les deux éléments et les réunir , sa pensée est encore confuse et embrouillée. La différence et le rapport ne sont pas nettement saisis , et cette confusion est inévitable y car cha<»n 4e» diMix termes n'est pas assez développé pour s'harmoniser avec Fautre. Le principe de toutes ehese» n*esl pas conçu dans sa nature spirituelle. Les idée» sur Dieu sont de vides abstractions. En même temps, les formes qui le représentent sont également d^pour^ vues de spiritualité ; elles portent un caractère exclusivement sensible et matériel. Ainsi, à ce moment, Tespril humain est , en quelque sorte , dans un état d'ivresse et de vertige. Plongé encore dans la contemptatioD du monde sensible, n'ayant, pour apprécier laréalilé,. ni mesure ni règle fixe , il s'épuise en vains ^orts pour pénétrer le sens général de l'univers , et ne sait employer, pour exprimer les pensées les plus profondes, que des images et des rqprésestatioDS grossières où éclate l'opposition entre l'idée et sa forme. C'est au sein de cette contradiction que se rencoiitrent les deux élanents qax se repoussMt et se combattent. L'imagination va ainsi d'un exIvéBie i l'autre, s'élevaut très-haut pour retomber phis bas encore, errant sans aj^ui, sans guide et sans bot, daus un monde de représentations à la fois grandioses y bixarres et grofesquea. Après s'être fatiguée

DE LA SVMMLIQDE IilRÂFLÉGHl|>. 55

à rapprocher el à coitibiiier, dans ses créatioiis fantastiqties, les images tes plus hétérogènes, elle croît amoip résolu le prcMéme; mais, au lieu d'un véritable aceord, c'est la eàKêtadietùm qui se manifeste dans ces eomfai* Misons y et ^i même temps rimperfection de ces pfo* ducibn^e la pensée humaine, au poinide vueés l'art^

Nous ne de? ons donc pas cherdicr lé coraetère de la véritable beauté dans ces informes et confuses oonosptbiHL Car , au milieu de oes sauts brusques et inoansîdérés , de ce passage continuel d'un extrême à Tantre , si nous trouvons de la grandeur et un ca^ raclère imposant dans les ccmceptions générales nous voyons ensuite Tètre univers^ , Tabsolu , précipité Àn& les formes les plus ignobles du monde sensible. Si œ désaoeord vient à être senti , l'imagination ne sait y échapper que par des contrastes bizarres où se fait fenuurqoer la scission entre les deux éléments , et .k«r disproportion. Elle étend indéfiniment les dimen* sions de la forme , s'égare dans des créations giga»tesipies caraelérisées par l'absence de toute mesure ; elle se perd dans le vague et l'iadétenniné. Parli^en s'^orçant d'atteindre à une ocmcilîation , elle ne par^* vient qu'à mieux mettre ^a évidence le désaccord et l 'opposition des deux . termes.

Nous rencontrons les premiers et aœsi les plus grossiers essais de l'imagination et de l'art prindpalement chez les anciens Indom dont les représenta*tiens pèehent , en effet , par le défaut capital que nous venons de signsder , et qui earaetérise ce degré

50 |>E l\rT SVIIBOI»ig(J£«

du développement de la pensée. On voit dins oes créations que r^rit n'est en état4e sâmir ni Tidée elle' môme , ni la réalité dans sa forme véritable et le sans qui lui est propre. Aussi ^ les Indiens se sont montrés incapables de comprendre les pmwMmes et le» événements au point de vue de Thisloire; en effisi, le sens historique suppose que Tesprit est parfaitement éveillé^ calme et de sang*froîd , capable de comprendre ce qui est arrivé ^ les faits dans leur caractère réel et positif, d'en trouver Tcxplieation naturelle , de rechercher les principes , les fins et les causes. A celte sagesse prosaïque est opposée la tendance à tout raoMuer à Tabsolu et au principe divin y à voir, dans les choses les plus vulgaires et les plus matérielles , une personnification ou une création fantastique des dieux. Dans cette confumm et cet amalgame de Tabsolo et du fim , se fait remarquer Tabsence complète de bons sens , d'esprit positif et de raison. Malgré la fécondité et la liardiesse grandiose de ses conoepticms, la pensée se laisse aller aux chimères tes plus exU^* vagantes et les plus monstrueuses que puisse créer rimagination. Des idées les plus élevées , elle se précipite dans la réalité la plus commune , absorbant et détruisant ainsi un extrême par un autre.

Si nous jetons un coup d'œil sur les traits plus déterminés par lesquels se trahit et se caractérise cet état d'ivresse et de délire, dans lequel nous parait jplongé l'esprit humain chez ce peuple , nous n'a- Tons qu'à parcourir ses représ^itaticHis religieuses.

DE LA SYMSOtlQUË IRBÉFLÉGHIE. 57

non comme telles , mais seulement dans les points fondamentaux qui intéressât Fart, des points principaux sont les suivans :

1 "* D'abord , un des dévetoppements extrêmes de la pensée indienne est la conception de Tabsolu , comme T^nre simplement universel, qui ne renferme en lui-même aucune distinction , aucune différence , et , par là , est entièrement indéterminé. Cette abstrax^tion , la plus extérieure et la plus superficielle , puisque Têtre ainsi conçu est une existence vide , sans fond ni forme réelle , sans personnalité , ne laisse aucune prise à Timagination. C'est un sujet qui ne peut être ni conçu ni représenté sous des formes façonnées par Tart. Car Brahman, considéré comme l'être suprême , se dérobe aux sens et à toute perception sensible. Il n'est même pas , à proprement parter, un objet pour la pensée; car à la pensée appartient essentiellement la conscience de soi-même, qui se pose un objet pour se retrouver en lui ; toute compréhension est déjà une identification du moi et de son objet , une harmonie entre ces deux termes qui, sans cela , seraient séparés. La pensée ne comprend , au fond, qu'elle-même ; ce que je ne comprends pas , ce que je connais pas , reste pour moi quelque chose d'étranger. Or , la manière dont s'accomplit , dans la religion indienne, la réunion du moi humain avec Brahman , n'est autre chose qu'un effort surnaturel pour s'absorber dans cette abstraction de l'être ; et , avant d'atteindre à ce but , l'homme doit faire en quel-

58 DE l'art blNBOUQt£«

que sorte le vide en lui-même ; toute eon$cieiice deît être aDéaotîe. Aussi , l'Iudien ne s'imagine pw qM Tunion avec Brahman soit possible, ep ce sens que l'esprit de Tbomme ait conscience de celte unité. S'unir à la divinité , c'est perdre le sentim^t de soi-r môme , de l'univers et de sa profH^ pepsonnalilé. Faire le vide en soi-même , s'anéantir » se réduire à rkid)écillilé la plus ahsohid est donaé comme l'éUit le plus élevé j qui rend l'homme égal au dieu suprême , et l'identifie avec Brahman .

Ce dernier effort de l'abstraction , c'est-^ntire i d'abord , la conceptic» de Brahmap comme l'être m soi sans forme et sans attributs ; ensuil^ ce culte intérieur , purement contemplatif, qui se résout dans l'abrutissement et l'anéantissement , ne peuvent être Vobjet de l'imagination et de Tart. Ceux-ci ne trou* vent ici d'autre occasion de se développer et d'autre sujet pour leurs représentations, que la description ^% moyeqs à employer pour att^dre à oe but suprême, ^ de la route qui doit y conduire,

2° liais, à l'inverse de ce qui précède, l'imagiw* tion indienne se précipite immédiatement de cet idéfi^ lisme poussé à l'extrême , dans le naturali«ne le plus effréné. Nous étions trani^rtés mk de4à du visible et du fim dans l'absolu; nous nous trouvons tout^àHDoup jetés de nouveau dans le monde des sens et dans ce qu'il y a de plus fini ; nous vivons au milieu de représentations extraordinaires, enfantées par l'imagination dans ce passage alternatif d'un

DE LA SYMBOLKHi^E IftiiBFLÉCHlE. 59

extvême à }'autre« II semble que nous aâ&tstioHs à mie scène d'évoealiotts magiques et de soreelleric y oà les image» les plus bizarres et les fdus mcmsirueuses se SMoèdent sans aticune fixité , passent d'une foraie à use autre , et affectent les apparences les plus coa-> tiaires; s'enflent» s'étendent et prennent des propcr,; tions ^gantesqnes et démesurées.

Les earacières généraux que nous présente Tari indien y sont les saimnts :

D^afaordy noi» renconiroiis la pins moastrneuae ooneq>tioh de l'absolu représenté iminéifiatemetit fMÛr im ètne réel , sous sa forme naturelle et vivante^ Dans te Hamayana ^ par exeadple , Rama a pour ami Hanuman , le prince des singes , un des principaux personnages du poënte , et qui signale sa valeur par de brillants exploits. En général , cbez les Indiens, le singe reçoit des honneurs divins , et il existe tente une ville de singes. Ainsi, dans le singe comme être réel et individuel, est coniemplé ^absolu. Cet animal est divinisé. De même la vache Sabalâ , qui dans le Bamayana ( épisode des Expi^itionl^ des Vismami** tras ) parait investie d'une immense puissance. Il y a plus , il existe des familles indiennes 4ans Ies«* cpieUes l'absolu lui-même végète sous la forme d'un hmnine réel , idiot eA, imbécile , qui est adoré comme un Dieu vivant et présent. Nous trouvons la même chose dans le Lamaîisme , ou un homme réel est ég^t^ lement l'objet du cuite le plus élevé , comme le Dieu vivant* Mais, dans l'Inde , cette vénération religieuse

60 DE l'art svmbolioiie.

ne s'adresse pas exclusÎTeraeni à on seul individu : dMuiue Brahmane , par cela seul qu'il est né dans sa caste y représente déjà Brahmà lui-même en personne. Va naissance naturelle lui confère iminédiatenie&t oe cpie rhooime ne peut obtenir que par une seconde naisBanoe ^ la régénération . qui consiste à s'idmtifiar avec Dieux P^ Tesprit; de sorte que le phis haut d^é de perfection et d*unîon avec rÉtre-^préme retombe dans les conditions d'un fak tout naturd* En effet, qwHque ce soit pour les Brahmanes le plus saint des devoirs de lire les Védas, et que^ par là, ils puissent contempler la nature divine et en pénétrer les prof<mdeurs, ce devoir peut aussi bien être rempli avec la plus complète absence d'esprit , et sans que cela été au Brahmane sa divinité. C'est dans le même sens que les Indiens représentent une des lois <te la nature : la génération des êtres , de même que les Grecs faisaient de l'amour ( Era$ ) , le plus ancieli des dieux . La force gàiératrice , considérée comme activité divine , est reproduite dans une foule de représentations , d'une manière toute physique , et les organes de la génération de l'homme et d^ la femme sont regardés comme ce qu'il y a de plus saint et de plus sacré. Dieu lui-mémo, lorsqu'il apparaît dans le monde sous les traits de la divinité , laisse sa majesté descendre et se ravaler au niveau des détails de la vie la plus vul^ire et la plus triviale. Ainsi , au commencement du Ramayana , il est rm^onté comment Brahmà vint visiter Yalmiki , le chantre mythique du

B£ LA SflWÊI&ftAQf5¥. IRRÊFLiCHIE. 64

Ramayana. Yalmiki le reçoit à la façon tout-»à4ait indienne , le conipHniente , loi {Mrésente un siège, lui appwte de Teau et des fraits. Brahma s'assied ^ force son hôte en faire antâoit. Il restent assis de cette fa« çon pédant assez long-temps, jusqu'à ce qu'eMfin Brahma ordonne à Yàlmilci de composer le Raœayana;

Ce n'est pas encore là, à propreifteBt paprlm", une coneeption symbolique* En effet , bien quMci , conmid rèxige le srymbole , les formes extérieures sdmt etoh pruntées au «londe réel , la représentation pèche par l'autre edté. Il ne faut pas que des etistènces réelles soient prises pour l'absolu tui-mème , mais seulement comme son emblème. Or, pour l'imagination indien^ne, le singe , la vache, le Brahmane ne sont pas un 9fm* bole de la divinité ; ils sont conridérés comme la <fi« vimté même , comme une existence qui lui est adéquate.

Ici s*offihe une contradîetion qui préG%)ite l'art in-» dieu ilans un second défaut facile à- remarquer dans sescORO^tioiis* En effet ^ d^un cdtè, yin^rîsible^'rflb>> solu est saisi par la pensée coihme seul véritablement dieu; d'un autre côté, les îndividuaKtég du mondé réel sont considérées , dans leur étisten^immédinte^ « comme des manifestations divilies. Mais , d'abord l eltes ne peuvent représenter Tabsoki que par un ^èôté particulier; ensuite, Pexistence individuelle, qui ek forcée d'exprimer Tuliiven^l, présente bv^ lui nùe disproportion et une coittradiètion d'autant plus manifesfesd plus lûhciquan tes, que l'imagination, tout en

64 • DE l'art SYMMUQUE.

dans le ciel d*Indra , où lout est cliasgé ^ et sort d« cercle des idées {Particulières qui avaient fait jui^ là le sujet du poëme , |ii>ur prendre une siguificatioa plus générale , celle de la vie de la nature dans son rapport avec les Brabmanos et de la puinsanfe qa^ rhonime peut obt^iir sur les cUeux inférieurs psr d'a||8tères pénitences.

Ce genre de représentation ne peut pas non phis être appelé précisément symboUque. Le symbole proprement dit laisse la forme particulière qu'il emploie, telle qu'elle est , avec son caractère déterminé , parce qu'il ne prétend pas faire contempler l'idée dans sa généralité , mais seulement l'indiquer dans les propriétés de l'objet qui ont quelque rapport avec elle. L'art indien , au contraire , tout ep séparant l'idée générale de l'existence individuelle, ^xige l'unité immédiate des deux éléments produits par l'imagination. Pour atteindre à ce but , il est obligé d'enlever le réel à ses limites |Nrécises, d'agrandir sespropwtions sensibles , jusqu'à ce qu'il se perde dans le vague et l'indéterminé; en général, il çst forcé de le changer et de le déformer. Dans cet anéantissement de toute forme précise , et dans la confusion qui résulte de ce que toujours l'idée la plus élevée est déposée dans des phénomènes incafMd>leSy par leur nature finie , de l'exprimer , on peut chercher ici plutôt un refiet du sublime , que le symbole véritable. Car , dans le sublime , comme nous le ferons voir plus loin , l'apparence finie exprime l'absolu ^

IkE LA 5TimOLl<t€E IRRÉFLÉCHIS. 65

tum en le manifestant de telle sorte , que celui-«i s'élèm au^essus d'eHe et qu'elle ne peut atteindr Jusqu'à lui. TeHe est , par eicemple , Tidée de Téternité. Elle est sublime ^ si on veut Texprimer par le temps fini) parce que le nombre le plus grand est toujours iBSttffidant, et peut être sans cesse augmenté sans qu'on arrive jamais au terme. C'est ainsi que l'on dit de Dieu : « Mille ans sont devant lui un jour, t L'art indien renferme plusieurs conceptions analogues où commence i se faire sentir cette espèce de sublime. Cependant , la diffi^nce essentielle qui sépare celle-ci du véritable sublime, est que fimagination indienne , dans ces sortes de représentations grossières , ne met pas complètement en saillie Finsuffisance et le néant des- formes sensibles, comme manifestations de la divinité : elle croit précisément, par cette absence de mesure et de limites , avoir détruit et fait disparaître la diifêrMce et la contradic- Lion entre l'absolu et sa manifestation extérieure.

Si l'art ne nous offre ici rien qui présente le caractère du symbole proprement dit et du sublime , nous trouvons encore moins dans ses créations, la véritable beauté. Il nous offre bien , il est vrai , principalement des scènes de la vie humaine pleines d'attrait et de douceur , beaucoup d'images gracieuses et de sentiments tendres , les ^descriptions de la nature les plus brillantes , des traits charmants d'une simplicité enfantine et d'une innetuncc naïve en amour ; et en même temps beaucoup de grandiose et de i»o-

66 M l'a^t svmbouwE'

blesse. Mais ^ pour ce qui (MNieerne Im ooneeptioM fondamentales dans leur ensemUe » le spirituel ae peut se dégager du sensible ; on rencontre la plus plate trivialité à eôlé des situations les plus élevées ^ une absence complète de précision et, de proporlîan. Le sublime n'est que le démesuré , et quant à ce qui touche au fond du mythe y l'imagination saisie 4» vertige est incapable de maîtriser Tessw de la peo* sée y s'égare dan» le fantastique , ou n'enfante qat des énigmes qui n'ont aucun sens pour la raison.

Le mode de représentaticm le plus pur et le plus élevé que l'art nous présente i ce degré , est la p^rêenmificaUan^ et en général l'emploi de. la fo§mèê ku^ mainê. Cependant) c<Mnme l'art ne s'est pas encore élevé à la conscience de la Ukre. iiêbjfectmti , et que k fond de ses créations n'est qu'une idée abstraite cob* çae dans sa généralité , ou un élément ^ uiie loi de la nature, par exes^^, la vie dans led fleuves, Ia9 montagnes , les étoiles, le soieil , il est a«*dessaiis de la dignité de la forme humakaie d'être employée pour exprimer un pareil fond d'idées ; cai% eonltir* mémeni à sa véritable destination ^ le cwps kumaui n'exprime que l'esprit vivant qui Tanime ^ ses senlt<* ments et ses pensées. Pour l'ame dont il est la d^ meure ^ le corps n'est pas simplement un symbole ou un signe , il est sa réalisation et sa forme natureUei

Ainsi ^ en raison du caractère abstrait de l'idée > la personnifioation , quoique l'objet persennifté puisse être d'une nature spirituelle aussi \àm que physique ^

DE LA SYMMIQUE IRliéFLÉCHlE. 6Y

reste encore tou^à-fah superficielle. En outre , elle a besdûi y pour parler davantage an sens , d'emprunter un grand nomlire de fwjnes étrangères qui se mêlent à elle , et qui , par là même ^ la défigurent. D'un autre cdlé, ce n'est pas le personnage en hiî-mème, sous. les traits qui lui sont pq[>res , qui constitue ici l'é- Wnent essentid de la représentation ; ce sont des formes extérieures et des actions ; car c*est dans la d'agir d'un personnage que Fidée générale repcésente se montre clairement. Mais alors se trahit 1» iMftiQt que nous signalons. Ce n'est plus le siifet en luÎ4iièDie> mais seulement ce qu'il manifeste au4ehors, qui eel l'élément important.

Une autre confusion tient de ce que les événements et les actions^ au lieu d'être considérés comme la réalité noéine ou la manifestation réelle^du sujet, trouvent en dehors de lui leur raison et leur sens. Une succession àe sembkyi^les actioM peut bien présenter quelque cÏMise de suivi^et de conséquent dans ledéveloppemsent dëes idées qu'elles expriment ; maïs cette liaison est souvent brisée p^ir Tarbitraire qui se glteee avec la ▼obnié humaine ^ds ta persenmfieation. Dès*Iors les fantaisies les plus insignifiantes et les conc^tions les pkis élevées s^entre-mélent au hasard ; et la confusion est d'attlant plus grande que l'imagination est mouns capdole d'établir entre lés idées et les formes eitëriettres un lien étroit et un enchaînement réguler. D'un autre c^lé, si c'est un phénomène de la nalore qui fait le fond tout entier de la psrsonm-'

68 HE l'aBT SYMJiOUWE.

fication > d'abord , U n'est fsé digne de porter la (Igure humaine ; et , ensuite, eelle-ci ^nt sauJen^nt propre à exprimer Tesprit , est ineiq^able de représenter ce qui est purement physique.

Sous tous ces rapports , cette personnification ne peut être vraie ; car la vérité dans Tart exige , comme la vérité en général y Taccord parfait de TinKérimr et de Fextérieur , de Tidée et delà réalité. La mythologie grecque , par exemple , personnifie bien aussi la mer , le Scamandre ^ etc. ; elle a . ses divinités des fleuves, des nymphes, des dryades; elle fiait en j^nâral de la nature le fond de ses dieux à forme humaine. Mais chez elle la personnification ne reste pas simplement une représentation extérieure el superficielfe; elle crée en même temps des individus dans lesquels le sens physique s'effiice, tiadis que l'élément humain , au contraire , destiné i représenter une force de la nature , devient le côté saillam et principal. L'art indien reste dans: le mélMige grotesque de l'élémei^t physique et de l'élément humain ; de sorte qu'aucun des deux n'obtient son droil et sa place , et qu'ils ne servent qu'à se défigura mutuellement.

En général , ces personnifications ne sont pas encore , à propdrement parier , symboliques > parce qu'à cause de Jeur caract^ tout extérieur et soperfieiel , elles ne sept nuUement dans un rapport essentiel et dans une liaison étroite avec l'idée particulièpe qu'el«les devaient exprimar symboliquement^ Néanmotes ,

]>£ LA SVHBOLfQUE IRRÉFLÉCHIE. 69

quand on les eompare aux autres formes^ , images et atiribiits particuliers ayec lesquels ^ks sont mêlées, et qui doivent ex[»rimer les qualités propres aux dieux j elles eommenoent à marquer ta pr^nière tenh dance vers les représ^italions vraiment symboliques^, pour lesquelles la personnification devient la fonme génârale qui comprend toutes les autres.

Pour ce qui est des principales conceptions quf appartiennent à ce point éd vue , nous devons d'abord mentionner la Trimowii ou la Trinité indienne.. Elle se compose d'abord de Brahmà , Ti^tivité predoetrioe et {génératrice, le créateur de Tunivers, le souverain des dieux. D'un côté, il existe^ comme Brakmmn (FËtre neutre) , distinct des êtres les plus élevés. Il est son premier né^ mais ,. d'un autre côté , il est réuni à cette divinité abstraite. En génàral y ehez les. Indiens, les/différenoes ne pouvait se inaintenirHlaiis leurs limites ; elles s'effacent ou se confondent les unes dans les autres*. La ptenotière i^résentatien de cette divinité «ffre beaucoup d-atlrH)uts symboliques. Elle est représentée avec quatre têtes et quatre bras , avec un sc^tre et un anneau ; sa couleur est rouge , ce qui indique le soleil, parce que ces dienlc portent toi^fs , en e«tx-mêmes , quelques emblèmes physiques. Le deuxiànedieu de la Trîmourti est Vùthnéu, le dieu conservateur ; Le U'oisième , Ska , le dieu destructeur. Les symboles , pour- ces <fivinit^ , sont innombrables ; car , dans l'ens^nble de leurs significations, ils embrassent une infinité d'aciioas parti-

70 tm L^4ftT SYHMLlQtC*

culîém : taiitèl dès pfaénomàneade la «ature , Im élémeoto (VisckfiM^ fmr exemple, représente qydiqfoetms le feu); tantôt un principe spiritneL MMl.toM ees attributs se mêlent et se confondent de mille tnaniéres diverses , et se produisent sous les formes les plus opposées.

Quand on examine cette Trinité , on Toit aussi , de la manière la phis éndenle , que la forme ^pinloelle ne peut pas encore apparaître ici avec son véritable caractère. L'idée de Tesprit ne: constitue pas encore son sens propre et constitutif. En effet , cette Trinité de dîem serait esprit , si'li^ troisième <fieu était une unité vivante et con<»rèle , et un retour de Fétre à luimême , après la s^Muration et le dédoublement ; car, dians là vàritable manière de concevoir la divinité , fifoi est eqMrit, et Tesprit conriste essentieHement dbns ce dédoiri^lement et ce retour à soi-même. Or , dans la Trimourti , le troisième di^i n'est pas un tout concret , c'est seulem^it une face , un simple cdié , une abstraction , par rapport aux deux autres dieux ; ce n*est pas un retour de la pensée sur elle-niônie, mais seulement un passage d'un mode d'existence à nn: autre , nn changement , une transformation , la fénéreifion et fa destruction dans leur mode alternatif. On diRt d(Mic bien se garder de vouloir trouver , dans une telle conception , la plus haute vérité , et parce q«e , sous le rapp^Ml du nombre , elle présente une analogie avec fa Trinité qui constitue la base du christismîsme , d'y reconnaître le dogme chrétien.

De BrahiiMin «C de la IVimourti , rîmagination indienne passe ensutee à »n nombre infini de dieux , qm ffrés&Eèt/mt une foale de formes difl^renles ; car les îdéet générales qui sont considérées oomme eonstituant l'essenee divine , se retrouvait sous mille apparenees diverses qui , personnifiées et symbolisées , devienoent oltes^Hitines avtant de dieux. C- est là ee qiiî rend très-obscwe toute cette mythologie , et il fout s'en prendre à l'indét^minati<m ^ à l'inconslaiice d'une nnagination qui ne ^il se fixer ni s'arrêter ; qui , dans ses conceptions , ne traite rien d'après sa nature propre , el interwrtit partout i'<mlre des cho- * ses. Ces Jàimx subahernes , à k tête desquels *se pdaee Indras , représentent principalement l'air et le ciel , les élèiles , les fleuves , les inoiitagnes^ les forces générales 4e k nature , dans les divers moments de leur aieûon, leurs cbangem^its , leur influence bienCai- SMite ou maMMsafitte , comme principes de conservatkm ou de destruction.

Mais un des objets sur lesquels Timagination et l'art indiens se sont le pk^ exercés est la naissance des 4îeQX et de tovies choses , la tbéogonîeet la cosmogoiiîe. Car ce qui oaract^ise, en général , eeitç ima- • gioation , c'ost sai double tendance à introduire les idées les plus métaphysiques dans les choses sensibles ; et , d^un autre cèté , à faire rentrer tes objets physiques dans des abstractions dépourvues do-toute réalité. C'est, ainsi q«e sont représ^tées la naissance des dieux de Tordre le plus élevé ^ TacUon et la pré-

72 DE l'art symbolique.

sencc de Brabma , de Ybehnoa j de Siva , dans les existences particulières , dans les montagnes , dans les eaux , dans les actions humaines. D'un airtre calé, si chaque divinité particuhère est capable de rejNrésenter un de ces objets , elle peut aussi prendre un sens plus élevé , et se confondre avec les dieux su*prômes. Les théogonies et les cosmogonies de œ genre sont très-nombreuses, et varient à Tinfini. Austu , qUiand on dit que les Indiens se sont représenté la création du monde , la naissance des êtres de telle ou telle manière, cela ne peut être vrai que peur une secte ou un ouvrage particulier ; mais, ailleurs, la même chose est racontée tout autrement. L'ima^^don de ce peuple est inépuisable dans ses fictions.

Une idée qui se rq>roduit continuellement i travers toutes ces histoires d'mgines et qui revieoA sans cesse, e^ celle de la génération nahtrelle , mise à la place d'une création spirilwUe. Quand on connaît cette manière de concevoir les choses , on a la def d'une foule de représentations qui révoltent, chez nous, le sentiment de la pudeur. L'obscénité, ^i ^et , est pous* sée à son dernier degré. On en trouve un exemple fnqi^nt dans un épisode du Ramayana , la descente de Gangà ; le traducteur anglais n'a pas osé le reproduire. Ce sont des images grossières et absurdes qui choquent à-la-fois notre imaginati<Hi et toute raison ; de sorte qu'au lieu de représenter réellement l'idée, elles laissent à peine entrevoir un sens. Sehkgel aussi s'est contenté de traduire la dernière partie de l'épi-

sode » œUe ou est racimté le retour 4e Gange sur la terre*. . -

Les autres théogonies , celie)^, par temple ^ des religiops scanitinaveset de ia mythologie greeque, ressemblent^ MUS un rapport, à celles de llnde. Oans toutes ridée dominaate est Ungoars celle de la force géuératrioe et de la génération ;: mais aucune ne se laisse aller avec une telle licence et une pareille ab« sence de mesure à des r^rés^atalioas aussi grossîmes. La tbé€f[onie d'Hésiode, en partîcaJier, est bien plus claire et plus explicite ; de sorte qu'en la parcourant, oa saii toujours où l'on est. Le sens ^i est saisi nettement , parce que partmit il est nani* fesie que la forpie e^tàrièiire n'est donnée «(uecomoie telle. Tout est d^k , se stiit , est fortement lié ^ et nous nerestcM» pas enfermés dans le cercle desiiiyinités de la nature,

3° Si , malmenant , nous cberchons une transition qui nous conduise au symbole proprement dit , nous pouvons le trouver pareillement d^s l'imagUnâtion indienne , à l'origine méioe de son déveb^pdment. En effet, quoique tiout occupée A tourmenta la forme sensible , pour créer ime multitude de dieux telle que nul autre peuple n'en a produit liae aussi prodigieuse variété , d'un aulare côté,^ dans une: foule de représentations et de récits divers , elle reste toujours

> Nou» supprimons nous^inéine le passage cité p^r Uegel: €. B.

74 DE l'art symbolique,

absorbée par cette eontompkilioii abstraîle =du dieu suprême , vis-à-vis duquel toute existence particottère et vi^Me apparaît cemme dépourvue de tout caractère ^vin , incapable d'attendre jusqu'à iiii , et , par là , dintêtrevegardéecoamieun véritable néant. Cette >desfnictkm d'un élément par son opposé constitue précisé' mcait, comme il aétédit pfaisbiuit, le type particulier de la pensée indienne , et enqièehetiue, dans mn aem , l'hannooie ne s'établisse entre eux. Aussi, Twt indien ne s^est pas lassé de représenter de miHe manières , le renoncement au monde sensible et la puissance de Tesprit dégagé des liens de la nature. A cette idée appartiennent la description et le tableau des longue» etpkl&ons et des profondes ccmtemplatîoM dont , non-seulement les plus àficiens po^nes ^éfoques, le Ramayana et le Mahabaraift , msis eîicore plusieurs productions poétiques, nous fournissent des exemples remarquables. De pareilles expiations sont, ii est vrai , entreprises souvent ^^uas des vues parti- «tttières qui ne doivent pas cotfduif»e à la suprême puriflc^lion , à Tunion avec firahman , et à Tanéàntisséraenl de Mut élément ieiresire et #ni. Elles peuvent avair pour motif Tambitiofi , le désir d'obtenir la puissance d'un Brahmane, etc. ; mais , en même temps , on troirve (^Mjours au fond cette Mae : xpke l'expiation et la méditation profonde qui nous séparent de tout ce q|ui est particulier et fini, sont supérieures à la naissance dans une certaine caste , aussi bien qu'aux simples puissances , et aux divinités de la na-

DE LA SYMBMKîIIE; mRÉFliÉCHIG. 75

ture. Aussi , Indrds^ le prince des dieux, s'oppose-t-il en particulier aux expiations austères; il ckercheà neutrali«j^ ieur, ^ffiot, et y %\ aawn atëtei ae lui réussit t il appelle à son secours les dieux supérieurs, parce qu'autrement le ciel serait bouleversé.

Quand il &'agit de r^fuNlsenter de pareille» eiqpîatiens y leurs degrés ^ teurs formes diverses y Tart indien montre une fécondité d'inventioB égale à celle qu'il déploie en nuiltiptiant les dieux , et il pour$«tit cette tà<^ ^vec le plus ^and sérieux*

Ceci constitue le point d'où nous de¥«Mis nous élever pour porter plus Xma nos regards.

76 M l'art symbolique.

in% Wé la Sj^mlNilHitte propreineiit dlte<

^Pour que Tari symboKqœ, et , à plus forte raison , la beauté classique, puissent se constituer, il ne suffit pas que Tidée sorte , comme dans l'art indien , de son premier état , de son identité immédiate avec la nature. Il faut qu'elle soit libre en elle-même de toute forme extérieure, det affV*anchissement ne peut s^accomplir qu'autant que l'élément sensible et naturel est saisi et représenté en lui-même comme négatif y comme principe de destruction qui doit périr et s'anéantir lui-même.

De plus, il est nécessaire que la négation qui se manifeste par la destruction de l'élément physique , soit conçue comme la signification absolue des choses en général , comme un moment dans la nature divine. Avec cette conception , nous avons déjà laissé derrière nous l'art indien. — Cette idée ne manque pas , il est vrai, à l'imagination indienne. Siva est le principe destructeur aussi bien que générateur. Indras meurt; il y a plus : le Temps qui détruit tout , personnifié dans Kalâ, le terrible géant, anéantit l'univers et tous les dieux, la Trimourti elle-même, qui rentre dans Brahman, comme l'individu , en s'identifiant avec le Dieu suprême , laisse anéantir sa volonté, sa conscience et tout son être. Mais , dans ces conceptions ,

le point de vue négatif n'est qu'un changeBient et un^ transformatioD. D'un autre côté, c'est seulement une abstraction qui fait dij^raitre tout élément dé*, terminé , et le reBq>laoe {>ar une. généralité indéterminée y existence vide , sans f^nd ni permanence. La substance divine ne subit qu'un changeaient .de formes ; elle passe et. se développe danS: une muUi<i> plicité de dieux qui , à. leur tour., s'absorbent dans un Dieu suprême. Ce n'est pas là ce dieu unique qui , à ce titre , possède le principe négatif cMame élément nécessaire , inhérent à son essence.

Pareillement , dans le système religieux des PSarses , le principe de la destruction et du mal est placé en dehors d'Ormuzd , dans Âhriniafi . Par-^là s'étabfit une opposition, une lutte, ufi.c(Mnbat entre deux pria* cipes indépendants , et non' au sein, d'un Dieu* unique , comme constituant un moment essentiel dd$a nature même.

Le premier pas que nous ayons maintenant à franchir, consiste donc en ce point : d'abood , le pi^ino^ négatif, est posé par lui-même comme absolu , par la coni^ience ;. ensuite ^ il doit apparaître, non plus comme placé m dehors du vériti^ide . abaotn ^ dans un autre dieu ^ mais eomnie faisant partie dei'abs(olu même ; de telle sorte que le véritable Dieu se manifi^te comme le développement négatif de lui-même , et par là possède la négation cQinnie attribut immanent de sa nature.

Par cette conception plus large , l'absolu sort , pour

78 DE l'art symbolique.

la première fois , de i^'exî^tence abeifaite pour devafitr un dtett virant et réel qui se détermine et se déveloj^ librement. Dè&-kMr«y il est aussi une véritable unité dont les moments apparaissent comme les détenuMttiofift portkiAiàmB d^un seul et mé^e dieu. TeHft est lai «MeqMiw qai miH^fc as Immêiêl toaàabmental de eetie époque. L'idée qui Mt le foaè àBÊ conceptions religieuses antérieures , à eause dé son caractère abstrait , reste dans Findétermination et , par eenséqaenty sans forme précise. Lorsqu'ellee ssaie de se déterminer , elle se confond avec la nature , ou bien elle se trouve entraînée dans Toppositiott dé deux principes , sans pouvoir trouver ni repos ni média- ÛOB. Ce double défaut , sous le rapport du développement inléiîMr de la pensée y comme sous celui des formes qu'elle revêt dans les conceptions religieuses des peuples , s'efllhee èéj^ m partie de la manière suivante :

D'abord » un [H^mier rapport plus intime s'établit enbe l'idée et la forme, par eela seul que chaque détermination àè l'absolu est en soi un commencement de dételoppem^it à l'extérieur; car chacune des délenmnalions de {'idée constituant un moment distinct , la forme extérieure se trouve elle-même fixée tfune mani^^e^ précise , et elle offre dès-lors un côté par où eU9 correq[HHid mieux à l'idée que dans les d^rés pftree«tfus jusqu'ici. Mais la première détermination de l'absolu et sa première négation ne peuvent être la libiedétenwfiiatioA de Fesprit par lui-même, comme

DE LA SVMBOUQUE UIRÉFLÉCRIE. 19

esprit ; e'e&t s^itenient la négation au point de ?ue 86Mible y^et par conséquent la^destructkm de Téié* ment physifi^. Dans soir sens k plu» général 9. ieette négation y c'est la mari.

L'absolu devra donc être can^ cMime deviaiit passer par ce moment négmif qui appartint! à son essence ^ ei entrer dans la voie de la destruction et éà la mort. Aussi , nous voyons la gl<mfication d^. ki mort et de la souffrance comme anéantisfiemeni de b nature, sensible y a{^>araitre dans la conscienee dos peuples. La mort de l'existence naiurelle est saMie comme un moment nécessaire dans la vie de Tabsobi^» Cendant, pour réaliser c^ moment de la mort^ Tabsolu doit naître et prendre la forme de Texisteoee visible. D'un autre côté , il ne reste pas dans l'anéau'tlssement de la mort. De la mort il s'élàve à une unité plus haute , à une existence siipéri^ire» Mamnin n'est donc pas considéré ici comme embrassant l'ab* soltt tout entier y mais seulement un de ses élémaats. C'est la destruiotion de son existence visible ^ le &A de di(^)ûrattre et de périr ^ mais aussi un retour i Ivin même ^ une résurreotioii ^ une inimortalité divise^ Car 1^ mort a un double sens 3 elle est d'abwd la destrootioA immédiate de l'existence physique ; en^ suite , elle n'est la mort que. pour cet élément ;. ettâ est au contraire la naissance d'nn principe plus élwé, de resfrit) pour qui la natune mata^ieUeseale^péiit.^ ci qui renfermait ee moment de la moart comme inhérent à son essence.

80 DE L^ItT SYMBOLIQUE»

€'«st pourquoi , en second lieu, la forme physique, dans son exMtence immédiate et vîsiUe , n'est phis coDsidérée eomme adéquate à l'idée qu'dle repré* fietite , parce que son véritable sens est de mourir et de disparaître dans son existence réelle^

En troisième lieu , le simple cembat de l'idée et de la forme , et cette fermentation de l'imagination qui a [HtHluit le fantastique dans l'Inde, ne peut plus trouver ici sa place. L'idée , en effet, n'est pas encore , dans son unité pure , affranchie de la réaKté visible , con^e en soi comme idée avec une claité parfaite; de telle sorte qu'elle puisse s'opposer à sa forme extérie«H^èt sensible. De son côté, l'image ne doit pas af^rattre comme un sujet individuel, qui se présente' tantôt avec un caractère grandiose, tantôt sous une apparence vulgaire, forme animale, personnification sous la figure humaine, événement de la vie, etc. , et manifeste ainsi l'absolu dans uiie^existënce réelle ccmforme à lui-même. Cette mauvaise identité dbk être ici dépassée et laissée d'autant plus loin en arrière , que cet affiranchisseinent parfait n'est pas encore atteint. Les deux eoncepti<ms précédentes sont remplacées par ce mode de représentation , que noms avoiis dqji désigné plus haut sous ie nom de forme symbôUque proprement dite.

D'abord, cette forme peut dqà apparattM, parce que l'élémmt intérieur, 17idée, n'est plus^ comme dans l'inde , ce principe qui , tantôt ineonslMit et mobile, se précipite et s'égare dans le monde sensible , tantôt

vit retiré dans SQn existence solitaire et abstraite. Ce principe commence à s'affermir en face de la réalité physique.

D'un autre côté , le symbole doit arriver à prendre déjà une forme précise ; en effet , quoique Tidée qui appartient en propre à ce degré du développement de la pensée , renferme en elle-même , comme son caractère distinctif , le moment de la négation et de la destruction de Tei^istence naturelle , le principe véritablement spirituel commence cependant à se dégager de la nature physique. Pour cette raison même , il estent core enfermé dans sa manifestation extérieure ; de telle sorte qu'il ne peut, sans revêtir cette forme, être révélé . à la conscience dans toute sa clarté et sa généralité.

A ridée de ce qui constitue , en général , le principe de Tart symbolique , répond le mode de représentation suivant : d'abord , les formes déterminées de la nature , les actions humaines , etc. , ne représentent et n'expriment pas seulement elles-mêmes et le caractère particulier qui leur est propre. D'un autre côté , elles ne manifestent pas le principe divin comme présent et visible ; elles doivent le révéler par celles de leurs qualités qui ont quelque affinité avec cette idée. Aussi , cette dialectique générale de la vie, la naissance, l'accroissement, la mort et la renaissance des êtres , constitue précisément, sous ce point de vue , le fond qui convient à la forme sym-r bolique proprement dite , parce que , dans tous les règnes de la nature et les diverses phases de la vie

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humaine , se retrouvent des phénomènes qui ont un pareil développement pour principe de leur existence. Ces phénomènes peuvent donc être employés pour manifester cette idée aux sens et la faire comprendre ; car y entre les deux éléments , le fond et la forme , il y a une véritable affinité. Ainsi, les plantes sortent de leur semence , elles germent , fleurissent , portent des fruits : le fruit se corrompt et produit de nouvelles plantes. De même, le soleil est abaissé sur r-horizon en hiver , il remonte au printemps , jusqu'à ce que en été il ait atteint le sommet de sa course. II répand alors ses bienfaits sur la terre , ou bien ses rayons brûlants exercent une influence funeste et destructive ; mais, ensuite , il entre dans son déclin. Pareillement , les différents âges de la vie , Tenfance, la jeunesse , Fâge mûr et la vieillesse représentent les mêmes phases successives. Cette idée trouve ici , en particulier, un théâtre qui lui est pai*faitement approprié , dans une contrée spéciale : en Egypte, elle est représentée par les phénomènes de l'accroissement et de la décroissance du Nil. Mainttoant, à cause des traits essentiels de ressemblance et de la correspondance plus intime qui se manifestent entre Pidée et son expression , le simple fantastique est mis de côté ; on voit paraître ici le choix intelligent des formes symboliques , sous le rapport de leur conformité ou de leur non conformité. A l'ivresse aveugle d^une imagination qui ne savait se maîtriser et se diriger , succède le calme du bon sens et de la raison.'

DE LA SYimûLIQUE IRRÉFLÉCHIE. 83

Nous voyons donc reparaître ici Tunité de Tidée et de la forme de nouveau réunies et conciliées y coi^me nous l'avons vu au premier degré du développement de Tart , mais avec cette différence que ce n'est plus une simple identité immédiatement fournie par la nature : c'est une réunion des deux éléments anté-* rieurement séparés. Cette distinction et cette combtnûson sont l'œuvre de l'esprit. L'élément interne , en gâiétal » commence à s'affranchir , à prendre conscience de lui-même. Il cherche son image dans la nature qui , de son côté , trouve son emblème dans la vie et la destinée de l'esprit* De cette double tendance des deux éléments i se reconnaître l'un dans l'autre, de l'effort que fait le principe spirituel pour se manifester aux sens et à l'imagination dans la forme extérieure , tandis que celle«4^i essaie de s'expliquer par les phénomènes et les lois de l'esprit ; en un moty de cette correspondance intime , nait un penchant extraordinaire pour l'art, penchant qui se satisfait d'une manière toute symbolique.

D'abord, là où la pensée est libre, là où elle est en outre sollicitée à se manifester à elle-mSme sous une forme sendble , à se donner elle-même en spee^ tacle dans une œuvre extérieure , commence la tendance propre vers l'art , et principalement vers les arts figuratifs. En effet , la nécessité se fait sentir alors de donner à l'idée , non pas un^ forme toute trouvée dans la nature, mais inventée et façonnée par l'esprit. Ainsi ^ dans le symbole e^i criée une seconde forme,

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qui cependant n'est pas son but à elle-même , qui sert d'expression à l'idée, et par là lui est subordonnée.

On pourrait concevoir ce rapport de telle sorte que ridée se laissât clairement apercetoir à travers les formes extérieures qui ont une analogie avec elle ; mais ce serait sortir de la voie où est retenu Tari symbolique proprement dit; car son caractère essentiel consiste à ne pas aller jusqu'à la conception de l'idée en elle^-mème, indépendante de toute forme extëa'iettre. Aussi prend-il son point de départ dans le réel , dans les formes concrètes de la nature et du monde moral. Puis , il étend leur sens eïi leur faisant exprimer des idées générales par des analogies dont la portée naturelle est en elle-même très-restreinte. Il crée donc une œuvre d'esprit qui , offerte aux sens , révèle à la conscience Tidée générale dans un phénomène particulier. Comme symboliques , ces rejprésentations ne sont donc pas encore la forme véritablement adéquate qui convient à l'esprit , parce qu'ici la pensée n'est pas claire ni l'esprit libre. Néanmoins , ce sont dés formes qui ont l'avantage de montrer qu'elles n'ont pas été choisies pour se manifester ellesmêmes; qu'elles ont pour but de laisser entrevoir des idées profondes. Nous avons sous les yeux une simple apparence physique et sensible ; inais l'œuvre d'art symbolique, soit qu'il offire à nos regards les phénomènes de la nature , soit qu'il reproduise la forme et les actions humaines , représente autre chose ,

savoir : des idées qui ont une affinité intérieure avec ces images visibles , et un rapport essentiel avec elles. Maintenant, la liaison entre la forme concrète et ridée qu'elle doit révéler, peut s'effectuer de différentes manières. Tantôt d'une manière exitérieure et par là moins claire ; tantôt d'une façon plus profonde, lorsque, par exemple, l'idée à symboliser constitue , en effet , le caractère essentiel de la forme qui la manifeste , ce qui rend plus facile l'intelligence du symbole. L'expression la plus abstraite , sous ce rapport, est le nombre ^ qui cependant n'est employé dans un sens clair que dans le cas où l'idée elle-même renferme en soi un caractère numérique. Les nombres sept et douze, par exemple , reviennent souvent dan& Farchitecture égyptienne , parce que sept est le nombre des planètes , douze , celui de la lune , ou le nombre de pieds jusqu'où doit monter le Nil pour répandre la fertilité sur l'Egypte. Ce nombre fut ensuite regardé comme sacré , parce qu'il marque une détermination numérique dans les grandes lois du monde , qui sont révérées comme les puissances de la vie universelle de la nature. Douze degrés , sept colonnes sont des symboles , sous ce point de vqc.

Une pareille symbolique des nombres s'étend n%ème à des mythologies plus avancées ; par exemple , les douze travaux d'Hercule paraissent se rapporter aussi aux douze mois de l'année. Hercule, il est vrai, apparaît sous un autre rapport : comme un héros per^ sonnifié sous la forme humaine, mais il présente aus^i^

Ô6 DE L^Rt SYMtlOLlQfJE.

un sens physique symbolisé. C'est une persoiiaifica-* lion du cours du soleil.

Les figures symboliques tracées dans l'espace sont déjà moins abstraites ; les détours d'un labyrinthe , par exemple , comme symbole de la maFche circulaire des planètes. De même aussi, les danses sacrées, dans leurs évolutions, ont un sens mystérieux ; elles représentent symboliquement les mouvenients des grands corps célestes.

A un degré plus élevé , les formes des animaux sont employées aussi comme symboles , mais le plus parfait est celui que fournit la forme humaine. Elle paraît déjà ici façonnée avec une plus haute perfection et d'une manière plus convenable , comme nous le verrons plus loin , parce que l'esprit , à ce degré , commence déjà à se dégager de la nature , pour passer à une existence plus indépendante.

Ceci constitue l'idée générale du symbole propre- YQéntdit, et la nécessité, pour l'art, de le représenter.

Maintenant , pour voir exprimées les formes plus vivantes et plus parfaites qui appartiennent à ce degré de la pensée huitaine , nous devons , dans cette marche mystérieuse de l'esprit , pendant cette première époque , sortir de l'Orient , et nous approcher davantage de l'Occident.

Comme symbole général qui désigne ce moment , nous devons placer au point le plus élevé l'image du Phénix qui se consume lui-même et renaît de ses cendres , rajeuni par la flamme du bûcher qui a été

son tombeau. Hérodote raconte ^ qu^il a vu très-rarement cet oiseau en Egypte dans les représentations religieuses ; et , en effet y les , Egyptiens eux-mêmes abandonnèrent ce qui constitue le centre de la forme symbolique de Tart.

Mais avant que nous passions à Texamen {dus détaillé de Tart égyptien , nous pouvons encore indiquer quelques autres mythes qui servent de transition à ce modèle parfait du symbole antique. Tels sont les mythes d^ Adonis , de sa mort pleurée par Vénus , les fêtes funèbres dont elle est Tobjet , représenta-* tions qui avaient lieu sur les côtes de Syrie. Le culte de Cyhèle , chez les Phrygiens , a là même signification. L'écho de cette idée se trouve également dans les mythes de Castor et Pollux , et dans la fable de Proserpine.

Le sens principal de ces fables est le moment indiqué plus haut , celui de la négation , de la mort ^ comme faisapt partie de Tessence même de l'absolu . ' Ce moBient^st ici dégagé et manifesté sous une formesensible. De là ^ ces fêtes funèbres sur la mort de Dieu , ces lamentations sur Adonis perdu , auxquelles succèdent la joie de le voir retrouvé , et des chants d'allégresse où Ton célèbre sa résurrection et son rajeunissement.

Cette conception générale a aussi un sens physique particulier; le soleil ^ en hiver, perd sa force j en

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