‹ Cours d'études historiques [microforme] (volume 2)Chapitre 13 sur 59 · DRE AA IPS · texte numérisé non relu

DRE AA IPS

De son côté, le proconsul Fulvius, qui luttait contre RR*on parti qu tuutes les forces d’Annibal, avait rangé ses troupes à Mmains à s’en pied des retranchements de son camp. Annibal mit d', Métaient déjà : bord en mouvement un corps d'Espagnols, qui, précede Mrette ruse as de trois éléphants, enfonça la sixième légion, et pénénMèrent aussit jusqu'aux remparts du camp romain. Ces Ibériens crai Rec des brai gnaient de s'être trop avancés, et pourtant brûlaieRouverte d'Es d'envie de saisir la proie à laquelle ils semblaient tou.Mfe dois vous c cher. Il faut, se dit Fulvius, les immoler sous les reMBiffère beaucc tranchements qu’ils sont sur le point d'assaillir, Ils n'eMéduit à de sin taient ni nombreux ni à portée d’être secourus, Naviy al pour délix reçut l’ordre de s'adjoindre l'élite des centurions, aftnte seuleme: d'attaquer le corps d’'Espagnols. Pour exécuter ce com ientôt il recor mandement, il saisit l'enseigne portée par un officier dyfPrcer les pro second manipule de la première ligne, et d’une voihn6e alors à t haute :’« Soldats, s'écrie-t-il, si vous tardez à me suivre cette résoll « je lancerai votre étendard au milieu de vos ennemis: ellera une par Il dit; ceux qui ne peuvent l'entendre l’aperçoivent x tale. moins, parce qu'il est d’une’ taille élevée; tous sh Chez l'histo norent de le suivre, et, le premier, il s’'avance à traven uble désava une grêle de traits dirigés sur lui seul. Que ne peut uiPouane, fit sa tel exemple? Un lieutenant nommé Atilius fit pareille Les légion ment marcher le premier manipule contre ce corps d'Pursuite, siF bériens, qu’attaquèrent en même temps les deux conW*tz Pour lui mandants du camp romain, Licinus et Popillius. LelE" ils devaient trois éléphants périrent dans le fossé; leurs cadavrd leur protect le comblèrent, et y firent un pont par lequel les EsplP"mes, outre gnols cherchaient un passage. Des historiens racontei]P"s n€ convie que les éléphants, entrés par la brèche avec un bal" Sn L nombre d’Ibériens et de Numides , renversèrent les te" P'éparait tes à coups de trompe, et firent un affreux dégit ji plus de s qu'Annibal sut introduire dans le camp des soldats & upe par des |

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son parti qui parlaient latin, et qui excitèrent les Romains à s'enfuir, eu assurant que les retranchements taient déjà au pouvoir du général carthaginois ; que ette ruse ayant été découverte, les imposteurs en porèrent aussitôt la peine; qu'on chassa les éléphants avec des brandons allumés, et que la terre demeura ouverte d'Espagnols et de Numides taillés en pièces. e dois vous dire, Messieurs , que ce récit de Tite-Live Jiffère beaucoup de celui de Polybe. L’historien grec éduit à de simples escarmouches les tentatives d’Annial pour délivrer Capoue. Là, le général carthaginoiïs nte seulement d’attirer les Romains dans la plaine; ientôt il reconnaît que sa cavalerie ne suffira point pour prcer les proconsuls dans leurs retranchements. Il pnge alors à tourner ses forces contre Rome, persuadé ue cette résolution alarmera les deux généraux, et apellera une partie de leurs légions à la défense de la caitale.

| Chez l'historien latin, Annibal, déconcerté par le puble désavantage de ses cavaliers et de la garnison pouane, fit sonner la retraite, qui s’opéra en bon ore. Les légionnaires l’auraient troublée par une vive

ursuite, si Fulvius n'avait retenu leur ardeur. C'était

ez pour lui d’avoir appris aux Capouans combien u ils devaient compter sur la force et le dévouement leur protecteur. On venait de lui tuer huit mille mmes, outre trois mille de la garnison de Capoue. bus ne conviennent pas de ces nombres; mais il est rain que cette journée laissait la place sans espoir, en préparait la prochaine reddition. Annibal n’esra plus de succès pour sa cavalerie dans un pays upé par des lignes, et contre des ennemis couverts

LR noter

110 HISTOIRE ROMAINF.

de retranchements. Il voyait la Campanie ruinée , sans Fulvius que grains, sans fourrages, sans moyens d'alimenter une SE camp cartl armée considérable, 11 savait que les Romains allaient D aient prene employer contre lui toutes leurs forces, et que s'il lnis. DS rier pour en sait à leurs légions le temps de se poster avantage. ES quise trouva sement elles ne tarderaient point à l’envelopper, et à ÆS l'armée afri le réduire à la détresse la plus dure. Devait-il, pour BRsur l'autre r un léger échec, s'éloigner d'une ville qu’il avait entre: Eteurs assemb pris de secourir? Lui convenait-il de rester, pour êtr Evenait de pri témoin de la eapitulation? Où fuir? où cacher ser tour à honte? Il résolut de marcher droit à Rome : on liBalie : c'était avait assez reproché d’avoir négligé, après la bataill Mer sauver les de Cannes, l’occasion de surprendre cette orgueille D À épondit qu'i cité. Le moment arrivait de réparer une telle faute M trembler at Une attaque imprévue le rendrait maître au sa fs deMlans tous les

quelques quartiers de la ville. L’un des proconsuls ais mitoyen qu courrait probablement pour la défendre; il s'agirait dBroconsuls, les livrer bataille à celui qui se serait ainsi détaché ; et, danBont elle dispo: tous les cas, les Capouans profiteraient de cette diveB'Anuibal ; sav siou pour introduire des convois dans leurs murs. ArBontinuer d’ass nibal appréhendait seulement que les Capouans, déBhaîtres d'y re qu'ils le verraient parti, ne traitassent avec la républes, et d'en di que romaine. Il leur écrivit, et confia sa lettre à un sous la conduit dat numide, qui feignit de déserter, passa dans le camps convinrent des proconsuls, et de là chez les assiégés. Le génénlBBille fantassine carthaginois les exhortait à supporter quelques journWs guéri de sa de disette, et leur donnait l'assurance d’en être prochaste de l’armé nement délivrés, C'était le dernier rayon d’espéranc@r la voie Apj qui luisait aux regards d’une pan: io" affamée, at l'Anuibal, q

venait de perdre une si grande 1°: de ses défenseurs MBrthaginois à Annibal n'avait plus qu’à décamper en secret, et quilfre servi, le p bien cacher sa marche. Mais des transfuges informèrex Romains,

CENT HUITIÈME LEÇON. it

e , sans MR Fulvius que tout se préparait pour un départ, dans le er une MR camp carthaginois : le procousul conjectura qu'ils alallaient ÎR laient prendre le chemiu de Rome, et dépéclia un cous’il Unis. MR rier pour en instruire le sénat. En effet, tous les bateaux ntageu M quise trouvaient sur le Vulturne servirent à faire passer er, et à BA l'armée africaine : dès l'aurore du lendemain , elle était À, pour Msur l'autre rive avec son chef, Dans Rome, les sénat entre teurs assemblés délibérèrent sur les mesures qu'il conour être venait de prendre, Cornélius Asina proposa de rappecher sler 011 de Rome toutes les légions dispersées en . on lialie : c'était tomber dans le piége tendu par Annibal,

bataille Miles sauver les Capouans désespérés. Fabius Maximus ueilleue à épondit qu'il y aurait de l’infamie à lever le siége, Ile faute. trembler au moindre geste d’Annibal, à se traîner moine deMflans tous les détours de ses marches. On adopta l’aions ac Mis mitoyen qu'ouvrit Valérius Flaccus: écrireaux deux agirait de broconsuls, les instruire de l’état de Rome, des forces

Jont elle disposait pour se défendre; s'informer de celles tte diver WW Anuibal ; savoir combien il fallait de légionnaires pour urs. Arontinuer d’assiéger Capoue; laisser les deux généraux uans, duiipaitres d'y rester ensemble ou de diviser leurs troues, et d'en diriger une partie quelconque vers Rome, us la conduite de l’un d’eux: Ayant reçu ce message, s convinrent que Fulvius conduirait à Rome quinze ile fantassins et mille cavaliers. Appiys, qui n'était as guéri de sa blessure, demeurait au camp avec le ste de l’armée. Fulvius passa le Vulturne, et marcha ir la voie Appienne, en côtoyant la mer de plus près l'Anuibal, qui avait pris la voie Latine. Le général léfenseursrthaginois ayant brûlé tous les bateaux après s'en et, et quilire servi, le passage du Vulturne offrit des difficultés formèrailix Romains. Il leur fallut chercher du bois, fabri-

; et, dans

a républe > à un 60 18 le camp e géné ues jou e prochaï espérant amée, quil

quer des traîneaux; mais rien n’arrêta plus la suite Bi

de leur marche. Leur chef Fulvius avait eu la précau. tion d’enjoindre aux villes qu'il devait traverser, Sc. tia (aujourd’hui Sezza }, Cora, Lanuvium, de tenir prêts les vivres dont il aurait besoin, de rassembler les grains des campagnes voisines, et de rappeler dan leurs murs les soldats des garnisons romaines qui se trouveraient dispersés. Ces ordres furent ponctuelle. ment exécutés.

Polybe dit qu’Annibal se dirigea par le pays des Samnites ;qu'il fit prendre les devants à un détachement qui devait reconnaitre et occuper les passages; qu Rome on le croyait encore près de Capoue, lorsqu'il passait déjà l’Anio ou le Teverone, et campait à cinq milles du Capitole. Tite-Live lui fait faire quelqués dé tours avai! d'arriver à ce terme. Il le conduit de (x lès (ou Calvi) à Sidicinum, puis à Suessula, de là vers Aliffes (présentement Alife). Annibal reprend ensuite voie Latine, s'arrête deux jours à Casinum (depui Mont-Cassin ), pour ravager les champs voisins; past à Aquinum, à Intéramna ( dont les ruines se voient près de Ponte-Corvo ) et à Frégelles, sur les bords di Liris ou Garigliano. Les Frégellans rompirent leur pont et l’un d'eux marcha jour et nuit pour venir donne avis au sénat romain de l’approche des Carthaginoï Cette nouvelle répaudit l'alarme dans tous les quartien de la ville; la peur exagérait le nombre et la force de ennemis. On ne voyait point arriver Fulvius; on « concluait que les armées proconsulaires avaient ét vaincues. Non, disait-on, Annibal, s’il n’était victorieur, n'aurait pas la témérité d'approcher si près de nos murs: il ne l’a pas osé au temps de ses plus hautes prospér:

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tés. Les dames romaines faisaient retentir de leurs cris toutes les rues ; de leurs gémissements et de leurs priè. res, tous les temples. Échevelées, prosternées au pied des autels, et tendant aux dieux des mains suppliantes, elles n’omettaient aucun des signes d’un mortel effroi,

Les deux consuls del’année, qui, selon touteapparence, étaient restés au sein de la ville, y avaient levé une lé. gion, et en formaient une seconde : les citoyens épars à la campagne allaient se rendre à une revue générale, Rome ne manquait pas de défenseurs ; il s’en présentait de toutes parts. Cependant Annibal, après avoir dévasté le territoire de Frégelles, s'était avancé par ceux de Frusino, de Férentinum, d’Anagnia, jusqu'à Lavicum, près de l’emplacement actuel de Zagaruolo; et il avait gagné les environs de Tusculum ou Frascati, Cette ville ne lui ouvrit point ses portes; il ne la jugea pas digne d’un siège; il descendit à Gabies, non loin du lieu aujourd’hui appelé Osteria del Finocchio. Par la voie Prénestine, il arriva jusqu’à huit mille pas de Rome sur les terres de la tribu Pupinia, et y établit son camp. Son avant-garde, c’est-à-dire sa cavalerie numide, massacrait ce qui résistait, faisait des prisonniers, chassait devant elle des milliers de Latins, et recueillait un énorme butin dans un pays cultivé, depuis longtemps préservé d’incursions militaires, et qui ne s'attendait pas à cette irruption soudaine. La consternation régnait dans les campagnes comme à la ville, quand le pro. consul parut à la tête d’une armée aguerrie et victorieuse; avant son arrivée, le sénat, par un décret spécial, lui avait conféré une uissance égale à celle des consuls. C'était une modification toute nouvelle de la

constitution de l’État ; mais, en général, les Romains se XIX. 8

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laissaient volontiers entraîner par les conjonctures à suspendre le régime ordinaire de leur république; et, quoi qu’en aient dit certains auteurs , je crois que cette extrême facilité avec laquelle se dérangeaient la distribution et l'exercice des pouvoirs a été l’une des principales causes de l'établissement final du despotisme. Fulvius, investi de cette autorité inusitée, entra dans Rome par la porte Capène, à laquelle correspond actuellement celle de Saint-Sébastien; il traversa le quartier des Carènes, entre le mont Cœlius et le Palatin, passa les Esquilies, et vint camper «entre les portes Esquiline et Colline, où les édiles plébéiens lui firent porter des vivres et des munitions. Les consuls de l’année et les sénateurs s’y transportèrent : il se tint un conseil de guerre. On convint que les consuls resteraient campés entre ces deux portes; que le préteur urbain Calpurnius aurait le commandement de la citadelle et du Capitole, et que lesénat resterait assemblé au Forum, afin de prendre toutes les délibérations nécessaires. Les remparts furent bordés de soldats; et l’on disposa des corps de troupes en dehors des murs, à des distances convenables. Des détachements envoyés sur la montagne d’Albe et à Ésule observaient les mouvements des Carthaginois. Horace parle d'Ésule comme d’un lieu voisin de Tibur ou Tivoli, et de Tusculum fondé par Télégonus :

… Eripe te moræ :

Ne semper udum Tibur, et Æsulæ Declive contempleris arvum , et Telegoni juga parricidæ.

Annibal, informé de ces dispositions par des transfu-

ges, commençait à se défier du succès de son entreprise.

il se pc camp à attaque jour la c line: il situé ho consacré cienne E mille cav lut de lis cavalerie renforcer en mouv serteurs « liables, D il leur fal la ville en ne savait cains, et les murs.

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il se posta néanmoins au delà de l’Anio, et assit son” camp à trois mille pas de Rome. Là, sans tenter aucune attaque, il se bornait à de simples dégâts, lorsqu'un RE et RCE NS jour la curiosité l'entraïna jusqu'auprès de la porte Colline : il parut vers celui des temples d’Hercule qui était situé hors de cette porte. On en comptait huit autres consacrés à ce dieu dans les différents quartiers de l’ancienne Rome. Le général africain était suivi de deux mille cavaliers. Fulvius, indigné de cette audace, résolut de livrer un combat. Il détacha un escadron de sa cavalerie, qui ne tarda pas d’en venir aux mains. Pour renforcer cette troupe, le proconsul s’avisa de mettre en mouvement un corps de douze cents Numides, déserteurs de l’armée d’Annibal et ses ennemis irréconciliables. Du mont Aventin, qu'occupaient ces Numides, il leur fallut, pour gagner la porte Esquiline, traverser la ville entière. Leur marche effraya la multitude, qui ne savait pas que Fulvius eût :mené avec lui des Africains, et qui se figura que l’ennemi avait déjà franchi les murs. Elle en serait sortie elle-même, si elle n’avait craint de rencontrer de plus inévitables périls. Chacun se retira dans ses foyers, pour s’y défendre ou y attendre la mort. Plusieurs prirent les armes, et leur terreur panique coûta la vie à quelques Numides. Telle devint, au milieu des rues, la confusion des hommes et des bestiaux amenés par les campagnards, que la troupe africaine eut peine à se faire jour. Elle se débarrassa pourtant de cette populace, parvint à la porte Esquiline, en sortit, et par des chemins creux, à travers des tombeaux, rejoignit les escadrons romains, avec lesquels elle combattit. Après un choc violent, les Carthaginois, repoussés, rentrèrent dans leur camp,

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ramenés par leur général. L’effroi continuait de régner au sein de la ville, et la livrait à une anarchie difficile à réprimer, car tous les chefs militaires ou civils étaient occupés sur les remparts et au dehors. Pour remédier à ce désordre intérieur, le sénat décréta que tous les anciens magistrats, ex-censeurs, ex-consuls, ex-dictateurs, exerceraient dans les divers quartiers, et jusqu’à la pleine délivrance de la cité, des pouvoirs' pareils à ceux dont ils avaient été jadis revêtus. Cependant Annibal repasse l’Anio, range ses troupes, présente la bataille : Fulvius et les deux consuls l’acceptent. Tout est prêt de part et d'autre; les premiers coups vont se frapper; mais un orage survient, et sépare les deux armées. C’est un miracle , au dire de quelques écrivains : Jupiter Capitolin a suscité cette tempête, ou bien Rome elle-même a soulevé la nature contre ses ennemis. Le lendemain, on reprend les armes ; nouvel ouragan , qui force à rentrer sous les tentes, et le ciel ne redevient serein que lorsque les deux armées ont évacué la plaine. Il faut dire que ces merveilles manquent à la narration de Polybe; il ne parle point des deux tentatives de combat; il tient Annibal en repos, en état d’obser. vation, et prêt à saisir les occasions favorables, s’il s’en présente.

Le gouvernement romaiu, qui reprenait de la confiance, crut à propos d'en faire parade : il saisit ce moment pour envoyer des renforts aux troupes qu'il entretenait en Espagne. Annibal se sentit outragé par le départ de plusieurs légions qui s’éloignaient des murs par lui menacés. En même temps il apprit d’un transfuge qu’un domaine qu’il occupait venait d’être vendu aussi cher que s’il n’en eût pas été maître. Par repré-

sailles, camper tile et d’ de dérisi lieu un t Festus a grammai, spectres } dre la ré celte ncce deundo, soit là l’é vient de , retourner, et du ridic accréditée, extra port diculus pr urbem, 4 perterritus nus, tuteu Noctu An Romæ n ennemis dé un trait da la gloire q qu'il est fo Que le gé treprise, c’ leur usage ces merveil Depuis «

ner cile ient dier s les jetajusreils dant te la Tout nt se deux rain$ :

Rome is. Le n,qui evient plaine.

narra-

CENT MUITIÈME LEÇON. 117

sailles, il mit en vente les boutiques du Forum, et vint camper près de la porte Capène. Mais le séjour inutile et d’ailleurs très-court qu'il y fit devint un sujet de dérision pour les Romains. Ils consacrèrent en ce lieu un temple au dieu appelé Rédiculus, nom auquel Festus attribue expressément cette origine. Mais ce grammairien rapporte qu’Annibal aperçut en l'air des spectres hideux qui l’'épouvantèrent, et lui firent prendre la résolution de retourner sur ses pas; et qu’à cette occasion s’introduisit le terme rediculus a redeundo, Vous ne penserez pas, Messieurs, que ce soit là l’étymologie la plus naturelle de ce mot : il vient de rédere, rire, bien plutôt que de redire, s’en retourner, D'autres peuples ont eu des dieux du rire et du ridicule, Toutefois l'opinion de Festus a été fort accréditée, Coruificius la professait : Rediculi fanurn, extra portum Capenam, Cornificius ail fuisse, qui Rediculus propterea appellatus est, quia, accedens ad urbem, Annibal ex eo loco redierit, quibusdam visis perterritus, Varron donne à ce dieu le titre de Tutanus, tuteur ou protecteur de Rome; il lui fait dire : Noctu Annibalis quum fugavi exercitum.… Tutanus Romæ nuncupor. Selon Pline l'Ancien, de tous les ennemis de Rome, Annibal était le seul qui eût lancé un trait dans l'enceinte de cette ville; et ce fut là toute la gloire qu'il remporta de cette expédition. Je crois qu'il est fort permis de se défier de tous ces détails. Que le général carthaginois ait échoué dans cette entreprise, c’est un point avéré; mais les Romains, selon leur usage, ont attaché à ce fait le plus de circonstances merveilleuses qu'ils ont pu.

Depuis que Fulvius avait quitté le siége de Capoue,

LS

Appius le continuait, sans que la place songeât encore à capituler. Annibal, qui prévoyait que ce délai ne pourrait plus être long, décampa des bords de l’Anio, et gagna la petite rivière de Tutia, simple ruisseau qui prenait sa source en Toscane et aHait se perdre dans le Tibre :

Tutia deducit tenuem sine nomine rivum,

Et tacite Tuscis inglorius adfluit undis,

dit Silius Italicus. Cluvier croyait reconnaître la Tutia

dans la Fossa moderne près de la Prima Porta. D'au-.

tres supposent que ce ruisseau venait du territoire des Sabins, du voisinage de Castel Giubileo, où se voient les ruines de Fidènes. Mais, de Fossa, Tite-Live conduit les Carthaginois chez les Capénates, peuple étrusque. Là, au milieu d’un bois sacré, s'élevait un temple dédié à la déesse Féronia, et enrichi des tributs de la superstition vulgaire. Attirés par ce trésor, les Africains, sans l’épuiser, en tirèrent beaucoup d’or et d'argent. Après qu’ils eurent démoli, renversé le temple, d’autres soldats fouillèrent dans les ruines, et y trouvèrent encore des richesses. La destruction de ce saint lieu n’est pas douteuse; mais on ne sait trop si Aunibal l’a pillé en revenant de Rome, ou lorsqu'il était venu tenter le siége de cette grande cité. Cœlius, cité par Tite-Live, le fait partir de la Campanie pour le Samaium , passer dans les cantons des Péligniens et des Marrucins, suivre la route de Sulmone, rabattre sur Albe et sur le pays des Marses ; de là remonter vers Amiterne, puis par Forules, Cutilies, Réate, aboutir à Érétum, près des Sept Collines. Tite-Live a tracé un autre itinéraire, et ces variantes peuvent inspirer des doutes légitimes. Toujours supposerons-nous que, dans sa retraite, l'armée

carthag suivaier Sulpicit

Il l’attei pius diff rompu | -d'Annib ce mauv tes part:

repasser consul fu nemis en charger :

cent soix Capoue.l au secoui qu’Appiu mait pas, son armé daineme un grand se réfugie forts. Du d’avoir b Cette pré défense d Bruttium Rhégium il enleva pagne , e terminait

glorieuse

core 1 ne nio , 1 qui dans

Tutia D'au- .

‘e des nt les uit les >. Là, édié à perslis, sans Après es solencore est pas illé en le siége , le fait er dans uivre la le pays uis par les Sept ,et ces s. Toul'armée

carthaginoise se dirigeait vers lorient. Les Romains la

suivaient en queue; l’un de leurs généraux, apparemment Sulpicius, consul en charge, la harcelait fort vivement. 1l l’atteignit à Frégelles; et, pour lui rendre de plus en pius difficilele passagedu Liris,dont les Frégellansavaient rompu le pont, il se posta sur des hauteurs. L’habileté -d’Annibal et la valeur de ses Numides le sauvèrent de ce mauvais pas. Les cavaliers africains firent face de toutes parts, et donnèrent à leur infanterie le temps de repasser le fleuve. Le principal avantage qu'obtint le consul fut de recouvrer une partie du butin que les ennemis emportaient, et dont ils furent obligés de se décharger au passage du Garigliano; il fit d’ailleurs trois cent soixante prisonniers, qu'il conduisit au camp sous Capoue.De son côté, Annibal marchait assez rapidement au secours de cette place; mais, ayant appris en. route qu’Appius en avait continué le blocus, ce qu’il ne présumait pas, il ralentit ses pas, afin de n’arriver qu’avectoute son armée. Dès qu’il l’eut rassemblée, il tomba soudainement et de nuit sur le camp d’Appius, extermina un grand nombre de Romains, et força le proconsul de se réfugier sur des hauteurs pour y attendre des renforts. Du reste, le général africain se voyait menacé d'avoir bientôt sur les bras toutes les forces de Rome. Cette prévoyauce lui fit prendre le parti d'abandonner la défense des Capouans : il gagna la Lucanie, puis le Bruttium, et se rabattit avec une telle impétuosité sur Rhégium, qu’il pensa surprendre cette ville : du moins il enleva beaucoup d’habitants dispersés dans la campagne , et les réduisit en captivité. Voilà comment se terminait son expédition sur Rome ; elle n’est, pas trèselorieuse, quoiqu'elle ait été quelquefois célébrée. Ne

er maepree ae ee.

craignons pas de redire qu’elle n’est pas assez bien connue. Polybe la réduit à fort peu de faits : il dit que, le cinquième jour après son arrivée de Tarente à Capoue, Annibal partit brusquement pour se rendre aux bords du Tibre; qu’il avait eu la précaution de laisser des feux allumés dans son camp, afin qu’on ne soupconnât pas son départ; qu’il traversa le Samnium avec une célérité inouïe, et passa l’Anic avant que Îles Romains eussent avis de son entreprise; que cependant l’activité des consuls déconcerta ses desseins; que ces deux magistrats se portèrent à sa rencontre à la tête d’une légion et de troupes nouvellement levées; que, par leur extrême diligence, ils le contraignirent de rebrousser chemin; qu'il ne réussit qu'à ravager les champs, et qu’encore fut-il obligé d’ab.ndonner une grande partie de son butin pour échapper aux guerriers qui le poursuivaient. Ces résultats, Messieurs, sont les seuls sur lesquels nous puissions pleinement compter.

Les deux proconsuls Fulvius et Appius, réunis de- -vant Capoue, vont-en finir avec cette ville. Les habitants ont perdu tout espoir de délivrance. Les deux généraux romains promettent la vie sauve à tout Capouan qui sortira de la place et se rendra dans leur camp. Pas un seul n’osa s’y présenter : tous avaient sur la conscience leur défection odieuse, et se persuadaient qu’elle serait déclarée impardonnable. Le. désordre et l'anarchie régnaient dans leur cité : plus de délibération, plus de conseil salutaire, plus d’assemblée de la noblesse, plus de séances du sénat. Toute la puissance publique résidait aux mains de ce vil Lésius, dont il a été déjà fait mention, ou plus réellement des chefs carthaginois Hannon et Bostar, occupés de pourvoir à

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la sûreté de leurs troupes plutôt qu’à celle des citoyens. On écrivit au généralissime Annibal des lettres où les reproches ne lui étaient pas épargnés : « Vous avez donc « trahi les intérêts de Capoue! Vos soldats demeurent «ici sans défense, à la merci des Romains. Peu vous im- « porte que nous succombions, pourvu que vous n'en « soyez pas témoin; voilà pourquoi vous avez affaire « chez les Bruttiens. En assiégeant Rome, vous auriez « sauvé Capoue. Mais ce sont les Romains qui montrent «dela constance : ils agissent en ennemis acharnés; vous, «en ami lâche et volage. Nous vous adressons ces plain- « Les amères, parce qu’il serait temps encore de réparer « vos torts, et de forcer lesretranchements des proconsuls « en même temps que nous nous précipiterions sur eux. « N'avez-vous passé les Alpes que pour surprendre Rhé- «gium et une moitié de Tarente ? Votre place n’est-elle « pas en face des plus fortes armées de Rome ? »On confia ces lettres à des Numides, qui souvent s'étaient chargés

Ret bien acquittés de pareilles commissions. Cette fois, ils

firent semblant de se livrer aux Romains; ils se donnè-

Brent pour déserteurs, et attendirent le moment où ils

pourraient s’évader et se rendre auprès d’Annibal, L’un eux s'était fait suivre d’une Capouane, avec laquelle il avait des relations intimes; il eut l’imprudence de ui confier son secret ; elle en instruisit les proconsuls, en s'offrant à soutenir sa dénonciation devant le transuge qu’elle accusait , et auquel en effet on la confronta. lassura d’abord qu'il ne la connaissait point, mais aspect des tortures lui arracha l’aveu de sa mission : lindiqua même plusieurs autres Numides, faux déser-

jeurs comme lui, et porteurs des mêmes dépèches; car,

pour plus de sûreté, les Capouans en avaient multi-

plié les copies. On saisit plus de soixante-dix de ces émissaires : après les avoir battus de verges et leur avoir coupé les poings, on les renvoya dans la ville, où ils ne pouvaient plus qu'être à charge. La vue de ces Numides mutilés inspira une consternation univer. selle. Le peuple s’attroupa sur la place où se tenaient les comices, et força Lésius à y convoquer les sénateurs, Au milieu d’une assemblée très-nombreuse, la proposition d’un message aux proconsuls et d’une capitulation entrainait la pluralité des suffrages, quand un s. nateur, irréconciliableennemi des Romaine, dont il avait à redouter les ressentiments, ce Vibius Virrius, parti. sau déclaré de Carthage et premier auteur de la défec. tion, s’exprima en ces termes : « Une députaiion à dés « Romains! Avez-vous oublié quels sont nos rapport « avec eux ? Le temps n’est plus où nous allions imph. « rer leurs secours contre le Samnium, solliciter leur « alliance, nous vouer à leur répusliqc :. Nous les avons « abandonnés, trahis, dès qu’ils ont été malheureux « Avons-nous épargné leur garnison? ne l’avons-now « pas suffoquée dans nos étuves? n'avons-nous pas ac « cueilli leur ennemi mortel? ne venons-nous pas de « l'armer contre leur ville? et ils pourraient pardor « ner de tels outrages! Ah! voyez comme ils négligent, « à Tarente et ailleurs, tous leurs autres intérêts pour « vous poursuivre; comme ils dirigent contre vous to « tes leurs forces; avec quelle rigueur vous êtes inves « tis, resserrés depuis un an par deux de leurs légion « Le besoin de défendre leurs propres murs, de vol « au secours de leurs enfants, ne les a pas distraits de « vengeances qu’ils vous réservent. Qu’attendez-voi « d'un peuple qui a soif de votre sang, qui s’apprit

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« à vous accabler d’opprobres? Me verrai-je donc en- « chaîué au char d’un Appius, d’un Fulvius, traîné par « les rues de Rome pour orner leur triomphe, attaché «enfin à un poteau, sous les verges et la hache d’un «licteur? Verrez-vous vos maisons embrasées, vos « murs démolis, vos femmes outragées? Souvenez-vous « d'Albe,que Rome a ruinée, quoiqu’elle en fût issue : « quelle grâce attendre pour Capoue, qu’elle hait plus « qu’elle ne déteste Carthage? Mourons pour la patrie « et avec elle : c’est notre sort et notre gloire. Un der- « nier festin est préparé chez moi, à la fin duquel une « coupe empoisonnée terminera nos malheurs. Que ceux «qui méprisent la vie me suivent : des buchers sont « prêts pour consommer nos corps. Les Romains ap- «prendront à nous estimer, et le perfide Annibal re- «grettera de nous avoir trahis. » Les affections personnelles qui dictaient cette harangue étaient trop faciles à discerner pour qu’elle pût entrainer une population entière à mourir. N’avait-on pas mille exemples de lindulgence de Rome pour les nations soumises? Vingtsept Capouans accompagaèrent Virrius, et prirent part au repas funeste auquel il lesavait conviés. Ils affectèrent e s'y montrer joyeux ; mais le poison n’agissant qu'avec enteur à cause des viandes et du vin dont il avait été précédé, ils eurent plus de temps qu'il ne convenait our envisager leur dernière heure. Tous périrent, plus ôt ou plus tard : les uns près des bûchers préparés our eux, les autres dans leurs maisons, où ils avaient bris le parti de retourner.

Les historiens ne nous ont point transmis le texte e la capitulation; nous ne la connaissons que par es effets. D'abord les proconsuls se firent ouvrir une

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porte, celle qu’on appelait de Jupiter, afin de prendre possession de la ville, Le lieutenant Caius Fulvius y fi entrer une légion et de la cavalerie, s’empara de toutes les portes, y mit des corps de garde, et se fit apporter toutes les armes. Lorsqu'il ne resta plus aux assiégés aucune issue ni aucun moyen de défense, on mit aux fers les soldats qui composaient la garnison carthagi. noise, et l’on envoya les sénateurs capouans au camp romain, où ils devaient être jugés : ils étaient chargés de chaînes, et on les avait contraints de livrer tout qu’ils possédaient d’argent et d’or. La quantité d’or fut de soixante-dix livres, celle d'argent de trois mille deux cents livres : c’est bien peu dans une cité opulente, On lit en quelques manuscrits trente et un mille deux cents livres d'argent et deux mille soixante-dix d’or, ce quise. rait plus convenahle. Ceux de ces sénateurs qui s'étaient le plus ouvertement déclarés contre Rome furent mis en garde dans deux villes romaines, vingt-cinq à Calès «t vingt-huit à Téanum. Une contestation s’éleva entre les proconsuls Appius et Fulvius, dont le premier incli. nait à la clémence, et le second voulait user d’une rigueur qui servit d'exemple. Appius demandait qu’au moins le sort des vaincus fût soumis au jugement du sénat, ainsi que ie parti à prendre à l'égard de certaines vil les municipales, accusées de connivence avec Capour Fulvius prétendait user des droits qui, selon lui, ap partenaient aux généraux après la reddition des places ennemies; et, tandis que son collègue écrivait aux pè res conscrits, il sortit brusquement de la tente où « tenait le conseil de guerre, et ordonna aux tribuns de légions et aux chefs des alliés de lui tenir deux milk cavaliers prêts à partir au premier signal. Au milieu

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point du jour aux portes de Téanum, se fit représenter par les magistrats les vingt-huit sénateurs capouans qu'on y retenait captils , et ordonna leur supplice : tous périrent à l'instant sous la hache des licteurs, aprèsavoir été battus de verges. De là, sans perdre un instant, il courut à Calès , et enjoigait d’attacher aux poteaux les vingt-cinq autres prisonniers. Pendant les apprêts de cette exécution, il reçut d’un courricr des lettres du préteur de Rome et uu décret du sénat : se doutant bien qu'il y trouverait l'ordre de surseoir, il n'ouvrit pas le

paquet, le mit dans son sein, et, malgré les murmures de l'assemblée, qui devinait que l'affaire était évoquée,

il exigea l’accomplissement de son exécrable sentence ;

il ne lut les lettres que lorsqu'il n’était plus temps de

se conformer à ce qu’elles prescrivaient. Il faut dire, à la

honte des sénateurs romains, qu’ils n’ont jamais désap-

prouvé cette atrocité : ils semblaient se féliciter d’être

vengés sans lavoir voulu. C'était joindre la mauvaise

foi à la barbarie.

Jubellius Tauréa, qui, en 215, avait osé, comme nous l'avons vu, défier le plus vaillant des cavaliers de Rome, vint se présenter devant le tribunal du proconsul Ful-

ius, et lui demander la mort. « Arrête, lui dit-il, et mets le comble à tes fureurs. N’ai-je donc pas acquis «le droit de figurer parmi tes victimes ? » Fulvius comnençait à se lasser de répandre le sang : il venait de lire et de publier le décret du sénat. « 11 est trop tard, » épondit-il à Jubellius, qui répliqua, dit-on, en ces termes : « Quoi ! j'aurai vu ma patrie réduite en servitude, ' j'aurai poignardé ma femme et mes enfants, pour les arracher à l’infamie , et le plus farouche des vainqueurs

EP RE nu 2 2 3

« me refusera le trépas ! » À ces mots, il montre un fe caché sous sa robe, se perce le cœur, et tombe aux pieds du proconsul. Tite-Live avoue que certains au. teurs racontent différemment la mort de Jubellius Tan. réa : ils disent qu’il avait été conduit à Calès avec les sénateurs, et condamné comme eux au dernier supplice qu’au moment de le subir, il proféra des paroles éner. giques ; que le bruit de l’assemblée étouffait sa voix: que Fulvius commanda le silence; qu'aux premiers mots répétés par Jubellius, les licteurs l’accablèrent de coups, et commencèrent par lui l'exécution. Ces écrivains ajoutent que le proconsul avait reçu auparavant les lettres apportées de Rome, mais qu’elles lui laissaient la faculté de juger lui-même les Capouans ou de ls renvoyer aux sénateurs , et qu'il aima mieux se charger seul de venger la république. Il restait à prononce sur les destinées des simples habitants de Capoue et di voisinage : ce soin ne regardait plus que Fulvius, ca son collègue Appius venait de mourir. Fulvius se pri. senta devant quelques petites places de la Campanie: Atella et Calatia se rendirent à lui ; il ne mit à mot que les chefs de la défection. Environ quatre-vingts ser gneurs campaniens périrent ; on relégua les autres no bles en diverses prisons, où la plupart moururent d misère; on vendit à l’encan les hommes du peuple Que faire maintenant de la ville même de Capoue, cette cité superbe qui se disait l’'émule de Rome? Plusieu pères conscrits proposaient de la raser : le plus gran nombre aima mieux la conserver, pour y établir des boureurs, qui cultiveraient le plus beau et le plus fertil territoire de l'Italie. La république acquérait de riche domaines, des habitations magnifiques : elle y envon

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des affranchis , desouvriers, des négociants, sans donner néanmoins à ces nouveaux habitants plus de priviléges qu'aux plus médiocres villages : point de sénat, point de comices , point de magistratures municipales, On y installerait chaque année un préfet, qui maintiendrait l’ordre et jugerait les procès. Tous les anciens Capouans étaient dispersés, saus espoir de retour, On trouva que les Romains avaient usé de clémence en ne démolissant pas les murs d’une cité rebelle; commesi en ce point ilsavaient consulté autre chose que leur propre intérêt! Une opinion moins déraisonnable se forma contre Annibal, qui n’avait pas voulu ou n'avait pas pu secourir une ville importante qui s'était donnée à lui, J'aurai à vous exposer , la prochaine fois, les autres événements du consulat de Fulvius Centumalus et de Sulpicius Galba.

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