‹ Cours d'études historiques [microforme] (volume 2)Chapitre 27 sur 59 · DRE · texte numérisé non relu

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légendes. Nous devons de plus observer ici combien il est étrange qu’au sein d'un peuple à qui la liberté semblait si chère, un citoyen pût être contraint à remplir une fonction publique si peu analogue à ses habitudes. Quoi qu’il en soit, Valérius Flaccus, une fois pontife, réforme ses mœurs, regagne l’estime de ses compatrio: tes et de ses parents, et revendique, comme attachée à son sacerdoce, une prérogative que ses prédécesseurs avaient perdue : il s'agissait du droit d'entrer et d'opiner au sénat. Il alla, de son propre mouvement, ÿ prendre place; et, le préteur urbain l'en ayant fait sortir, il appela de cette offense au collége tribunitien, qui prit sa défense. Le préteur avouait que jadis le premier prêtre de Jupiter avait siégé parmi les pères conscrits, porté la robe bordée de pourpre, et joui de honneur de la chaise curule; mais il soutenait que la négligence, les désordres, l’indignité des devanciers de Valérius, avaient pour toujours éteint ces priviléges. Les tribuns insistèrent, le préteur se désista , et Valérius, introduit dans le sénat, y reçut un très-honorable accueil. Les consuls avaient à terminer de plus importantes affaires avant d'entrer en campagne. Fulvius remit à son frère Caius les légions destinées d’abord à la sûreté de la capitale; elles allaient être maintenant conduites en Étrurie, d’où Caius ramènerait celles qu'il y trouverait ” postées. Fabius chargea son fils Quintus de mener en Sicile un corps de trois mille trois cent trente-six hommes, débris d’une armée vaincue en Apulie, de les réuair aux restes de la bataille de Cannes, et de faire passer en Italie, sur trente quinquérèmes, les deux légions

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ployées au siége de la ville de Tarente. Le surplus de la flotte de Sicile restait à la disposition de Lévinus, de Cincius et de Messala , dont l’un aurait bientôt à tenter une descente en Afrique. On maintenait d’ailleurs dans l’île les cavaliers numides de Mutinès; on y enlait de nouveaux soldats, et l’on prenait la résolution d'y envoyer des troupes levées dans le Latium et chez les alliés. Les enrôlés siciliens, entre lesquels on distinguait comme les plus aguerris ceux qui avaien: servi sous Épicyde à la solde des Carthaginois, se joignirent aux légions romaines, et composèrent avec elles deux armées. Lévinus en confia une à Cincius pour l défense particulière de l’ancien royaume d’Hiéron : il se réserva l’autre; avec elle, et à la tête des Numides, il parcourut les autres contrées de l’île, recommandant ax propriétaires la culture de leurs domaines, animant l’activité des plus diligents, réveillant par des menaces l’indolence des laboureurs paresseux, ct parvenant ainsi à faire ensemencer toutes les terres. Aussi recueillit-on des moissons abondantes, qui, après woir fourni la nourriture des insulaires , remplirent ks greniers de Rome et de Catane, et assurèrent la subsistance de l’armée qui devait passer l'été devant larente. En même temps soixante-dix galères garanlissaient la sûreté des côtes siciliennes.

Les enrôlements chez les Latins et les autres alliés exütèrent des murmures au sein de leurs diètes. Rome w cesserait-elle jamais d’absorber les forces de tous ks peuples qui avaient le malheur de lui être associés ? Depuis l'ouverture de la guerre contre Annibal, les

maladies, les fatigues et les armes n’avaient-elles pas moissonné bien assez de jeunes générations ? Qu'arrive-

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