‹ Cours d'études historiques [microforme] (volume 2)Chapitre 31 sur 59 · RME RER TR ER ILE · texte numérisé non relu

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sième. Ces batailles se livraient vers le milieu. du mois d'août. Le consul Fulvius enlevait aux Carthaginois plusieurs places de la Lucanie et du Bruttium , et facilitait ainsi l’expédition de son collègue Fabius sur Tarente : vous avez entendu tout ce qu’on raconte des artifices ou des manœuvres qui ont remis les Romains en possession de cette ville importante.

Pour compléter l’histoire de cette année consulaire, nous avons surtout à recueillir ce qu’on sait des succès de Scipion en Espagne. Maître de Carthage la Neuve, il y entretenait, par des exercices assidus, l'activité de ses troupes de terre et de mer : tantôt ses légions sous les armes parcouraient à pas redoublés un espace de quatre milles, comme pour prévenir l’ennemi et lui surprendre un poste avantageux ; tantôt elles s’entre-choquaient avec des lances dont les pointes étaient recouvertes de cuir. Le jour suivant, elles se lançaient mutuellement et paraient de leurs boucliers des dards armés d'un simple bouton, et ne se reposaient qu’en chaque quatrième journée. Scipion veillait aussi sur le travail des armuriers, visitait leurs ateliers plusieurs fois par jour, leur faisait distribuer des vivres en abondance , et ne négligeait aucun soin pour accélérer leurs ouvrages. Les anciens habitants de Carthagène s’accoutumaient à leur condition nouvelle, et se plaisaient à fabriquer des armes pour leurs vainqueurs. La ville ressemblait à un vaste arsenal, et retentissait du bruit des forgerons, qui battaient le fer et polissaient l’acier. En même temps on relevait les murs du côté du pori, et l’on fortifiait la partie par laquelle étaient entrés les Romains. Le moment arriva où Scipion crut pouvoir s'éloigner de cette place : il y laissa une garnison consi-

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En renvoyant en chaque lieu les otages jadis exigés par les Carthaginois , il gagnait l'affection des peupla-

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des et des roitelets de l'Espagne. Un de ces petits princes, nommé Édescon, dont l’épouse et les enfants étaient tombés au pouvoir des Romains, se rendit à Tarragone, où Scipion passait les derniers jours de l’hiver. Ce général vit avec plaisir arriver auprès de lui un roi espagnol , accompagné d’une troupe assez consi. dérable de serviteurs et d'amis. « Je suis, dit Édescon, « le premier à vous rendre hommage; c’est une faveur « insigne que les dieux m’accordent. Mes pareils hési- « tent encore entre Rome et Carthage: ils font en secret « des promesses à l’une et à l’autre. Je hais cette dupli- « cité ; je veux que mon exemple et mon entremise fixent « toutes les incertitudes. Si vous me rendez mes enfants «et ma femme, si vous m'accordez votre protection, « si vous m’honorez de votre alliance, j'ose vous assu- « rer que vous n’aurez bientôt plus d’ennemis en Espa- « gne. » Scipion accueillit avec empressement toutes ces demandes, conclut un traité avec Édescon, le retint durant plusieurs jours, le combla ainsi que ses amis et ses proches de bienfaits et d’honneurs , et, par ce moyen, concilia en effet aux Romains la plupart des peuples espagnols qui s'étaient voués à Carthage. Dès lors il n'eut plus besoin de sa flotte : il incorpora dans ses légions, les rameurs, les matelots, toutes les troupes de mer; et, à la tête d’une armée si formidable, il sortit de Tarragone accompagné de Lélius, dont il avait attendu le retour. Les forces carthaginoises dans la Péninsule étaient divisées entre trois généraux, peu d'accord entre eux et occupant diverses provinces. Le premier, Asdrubai, frère d’Annibal, avait le titre de généralissime, et se trouvait le plus à la portée de Scipion, qui résolut de l’attaquer avant l'approche des deux

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autres, Magon et Asdrubal, fils de Giscon. L'armée du frère d’Annibal était plus considérable encore que celle de Scipion , mais composée en très-grande partie d’Espagnols auxquels s'étaient jointes les troupes amenées par Masinissa. Ces Espagnols ne tardèrent point à se détacher d’une cause qui n’était point la leur, et qu'ils ne servaient que par nécessité. Deux monarques, Indibilis et Mandonius, se disposèrent les premiers à la défection. Asdrubal avait exigé d'eux d'énormes tributs et pris en otage leurs enfants et leurs femmes. Les deux

rois s'évadèrent ensemble , et, en suivant une chaîne de

montagnes qui séparait les deux camps, ils arrivèrent à celui du général romain. « Nous savons, dit Indibilis, «à quei point le nom de transfuge est odieux; mais «notre désertion est justifiée, seigneur, par l'infidélité « des Carthaginois et par votre loyauté généreuse. C’est «auprès de vous que règnent la justice et l’urbanité. « Du reste, mettez-nous à l'épreuve, et ne jugez de «nous que par les services que nous rendrons à votre «république. — Non, répondit Scipion , nul engage- «ment sacré ne vous liait à des traîtres; vous n'avez «rompu que des liens imposés par la violence. » Les deux rois virent aussitôt reparaître leurs enfants et leurs épouses ; ils allèrent chercher leurs troupes , les mêlèrent aux auxiliaires de Rome, et servirent de guides au général. A l'aspect de l’armée romaine, Asdrubal hésita sil livrerait une bataille : il s’y résolut dans l'espoir de passer, s’il la perdait, à travers les Pyrénées et les Alpes pour descendre en Italie. Son camp se trouvait alors dans le pays des Castellans, près de la ville appelée par Tite-Live Bécula, Bétula , ou Bésula , qui pourrait correspondre à Besalu en Catalogue. Mais Polybe désigne

ici un lieu voisin de Castulon , ville de l’ancienne Beétique, comprise aujourd'hui dans le royaume de Castille, L'un et l’autre historien indiquent la rivière du Tech, peut-être au lieu du ‘l'age. Il est ainsi devenu très-difficile de reconnaître l'endroit où Asdrubal succomba. C'était, selon les narrations, sur une hauteur qui avait la forme d’une presqu'île , et d’où l’on voyait la plaine arrosée par le fleuve. Scipion, qui avait disposé son armée dans cette plaine, ne savait trop s’il devait aller attaquer l'ennemi bien plus avantageusement posté. A près deux jours d'incertitude , il craignit de laisser à Magon et au fils de Giscon le temps de venir l’envelopper, et ranima l’ardeur de ses guerriers. « Ce rocher, «eur dit-il, qu’Asdrubal a pris pour refuge, n’est pas « plus élevé que les remparts de Carthage la Neuve; « vous ex précipiterez vos ennemis, auxquels je vais fer. «mer toutes les issues. » 11 détache en effet quelques manipules pour garder la langue de terre, les replis du fleuve, et un chemin creux qui conduit de la colline à la plaine; et, dès qu’il a pris ces mesures, il mène à l'assaut son infanterie légère et jusqu’aux valets de pied. Le rocher avait plusieurs étages, dont le premier n’était occupé que par un assez petit nombre de frondeurs et d'hommes de traits. Asdrubal n'avait point encore mis en ordre ses troupes réglées; il les croyait inabordables dans les étages supérieurs. Cependant les Romains, à travers les broussailles et les ronces, s’avancent jusqu'au pied du roc; et, lorsqu'ils se sentent atteints de javelots et de pierres lancés de haut en bas, à leur tour ils s’arment de pierres, en font pleuvoir une grêle sur la faible troupe établie au premier poste, y grimpent eux-mêmes, s’en rendent maîtres, massacrent enfin

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CENT DOUZIÈME LEÇON. 231 tous les ennemis qu’ils ÿ trouvent, à l'exception de ceux qui parviennent à remonter plus haut. Ce premier succès obtenu, Scipion retourne à son armée, la divise en deux corps, en confie un à Lélius pour assaillir la droite du rocher, et, à la tête de l’autre, marche luimême vers la gauche. Attaqués à la fois de ces deux côtés, les Carthaginois le sont encore par le détachement qui s’est emparé de l'étage inférieur. Asdrubal fait sortir enfin son armée des retranchements, et commence à la ranger en bataille. Mais Lélius est déjà parvenu, par la pente la plus douce, au sommet du tertre; il est de niveau avec l’armée ennemie encore en désordre; il fond sur elle, et la force à reculer. Bientôt les cris de la division commandée par Scipion se font entendre ; et le choc qui éclate de ce côté consomme la déroute de l'armée carthaginoise : fantassins, cavaliers, éléphants, tout fuit et rentre dans le camp pêle-mêle. On porte à huit mille le nombre des soldats d’Asdrubal qui périrent en cette journée, y compris ceux qu’exterminèrent les manipules que Scipion avait placés aux issues de la colline. Asdrubal se hâta de rassembler les débris de ses forces, et se réfugia dans les Pyrénées, suivi de Masinissa. Scipion ne les poursuivit point : il s'empara du camp qu’ils abandonnaient, et ramassa douze mille prisonniers , dix d'infanterie et deux de cavalerie, Dans ce nombre se trouvaient des Espagnols, qu’il renvoya sans rançon; mais il remit les Africains à son questeur, qui les vendit au profit de la république.

Cette victoire acheva de soumettre à Scipion tous les roitelets de la péninsule. Il en vint un troupeau se prosterner à ses pieds, en lui déférant, par l'organe d'Indibilis, le titre de roi, Édescon l'avait déjà salué de

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232 MISTOIRE ROMAINEF.

ce nom, sans qu'il y prît garde : cette fois il s’en indigna, convoqua son armée, et, en présence des princes espagnols , déclara qu’honoré du titre de général d'une armée romaine , il n’en accepterait jamais aucun autre; que celui de roi ne serait à ses yeux qu’une offense ; qu'il protégerait les souverains et ne consentirait pas à se confondre avec eux. Ce langage n’était pas dicté par la seule prudence : il exprimait les véritables sentiments de Scipion, qui depuis,en Afrique, en Asie, en Syrie, comme en Espagne, refusa toutes les couronnes qu'on s’avisa de lui offrir, et ne vainquit que pour Rome. Du reste , il fit des présents à tous ces princes ibériens ; il donna trois cents chevaux à Indibilis, en lui en laissant le choix. Le questeur avait distingué parmi les prisonniers uu jeune prince, d’une belle et noble figure, parent de Masinissa, et l'avait envoyé au général. Celui-ci interrogea le jeune captif, qui répondit : « J'ai «nom Massiva, et je suis Numide. Orphelin dès l'enfance, «élevé à la cour de Gala, mon aïeul maternel, j'a « suivi mon oncle Masinissa en Espagne. Jamais encore « je n'avais vu de bataille; on me gardait au camp, pen- « dant que vous étiez aux prises avec Asdrubal; je me « suis échappé à l’insu de mon oncle. J'ai voulu mon- « ter à cheval, j'ai eu le malheur d’en tomber, et me « voilà captif. » Le général ordonna qu’on prît un grand soin de Massiva ; et, l'ayant fait revenir, il lui demanda s'il ne lui serait paint agréable d'aller rejoindre son oncle. T'enfant pleura de joie, et s’écria que c'était le plus ardent de ses vœux. Scipion le fit revêtir d’une saie espagnole ornée d’une agrafe d’or, y ajouta un anneau d’or, un manteau brodé à la romaine, un cheval richement équipé; et Massiva partit avee une es-

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CENT DOUZIÈME LEÇON. 233 corte de cavaliers. J'ignore, Messieurs , si ces détails, rapportés par le seul Tite-Live, méritent une pleine confiance.

En effet nous voyons que la marche d’Asdrubal vers ks Pyrénées et l'usage qu'il pouvait faire du trésor militaire qu’il avait su conserver inspiraient des inquiétudes à Scipion. Fallait-il le poursuivre, lui livrer un nouveau combat, empêcher son départ et son passage en lulie? Un conseil de guerre délibéra sur ces questions. lusieurs soutenaient qu’on ne devait accorder aucun pit à un ennemi vaincu : le général prévoyant l’arriwe prochaine des armées de Magon et du fils de Giswn, jugea qu'on ne pouvait envoyer aux Pyrénées qu'un détachement , qui en occuperait quelques passags, et conduisit le principal corps de ses troupes au œur de l'Espagne. A la fin de la campagne, il retourmit à Tarragone, et avait franchi les défilés du pays ds Castellans, quand il apprit que les trois armées urthaginoises venaient de se rejoindre. Le fils de Gison et Magwu étaient venus un peu tard au secours d'Asdrubal Barca; mais ils s'étaient enfin concertés avec hi, et avaient reconnu qu’il ne leur restait qu’à prenire l’une ou l’autre de ces résolutions : ou qu’Asdrubal taversât la Gaule pour descendre en Italie, ce qui était à la-fois prescrit par le sénat de Carthage et presque exigé par les conjonctures; ou qu'on se réfugiât en Lusitanie , près du détroit de Cadix, lieux non encore wcupés par les Romains. On convint que le fils de Giscon remettrait ses troupes à Magou, et irait avec de fortes sommes d'argent faire des levées dans les îles laléares, que Magon s’établirait en Lusitanie; qu’Astrubal conduirait en Italie le plus d'Espagnols qu'il

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serait possible; que Masinissa resterait au cœur de la Péninsule, à la tête de trois mille cavaliers d'élite, Scipion demeurait maître de la plus grande partie de la contrée; il y avait obtenu les hommages des vaincus et l'affection de ses soldats, auxquels , après l'affaire de Bécula, il avait abandonné tout le butin, ne réservant

HISTOIRE ROMAINF.

à l’État que le produit de la vente des prisonniers. Il

était le général le plus loué et le moins censuré dans la ville de Rome. On disait que Fabius n’avait repris Tarente que par artifice; que Fulvius s’était tenu en repos durant une grande partie de la campagne; que Marcellus, retiré à Venouse, Plutarque dit à Sinuessa, avait permis aux Carthaginois de guérir leurs blessés et de ravager des cantons fertiles. | L'un des tribuns du peuple, Caius Publicius Bibulus, ennemi déclaré de Marcellus , avait fait grand bruit du revers essuyé par ce proconsul dans la première journée de ses combats contre Annibal; et, pour flétrir la gloire de la troisième, il se plaignait du séjour à Venouse, où les soldats avaient été logés dans les maisons, au lieu d’être distribués sous des tentes selon l'antique usage. Plutarque, qui suppose que Sinuessa servit de retraite ou de quartier à Marcellus, lui fait reprocher par Bibulus d'y avoir pris des bains chauds. Strabon assure, en effet, qu'il y avait des eaux thermales près de Sinuessa. Le tribun représentait le proconsul comme un second Anuibal, énervé par les délices d’une autre Capoue: il finit par intenter une accusation expresse, que Marcellus méprisa d’abord, mais qui parut à ses amis assez sérieuse pour qu'il vint à Rome se défendre. La cause devait se plaider au cirque de Flaminius; tous les citoyens y accoururent. L’accusateur parla le

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premier, et commença par inculper les nobles, les généraux patriciens, qui, par leurs lenteurs trop bien concertées, prolongeaient depuis dix ans le séjour d’Annibal en Italie. {1 adressa ensuite à Marcellus les reproches que je viens d'indiquer. Le proconsul y répondit par un simple exposé de ses expéditions , et il n’en fallut pas davantage pour dissiper les préventions que Bibulus avait essayé d'élever contre lui. On se souvint des hommages rendus à sa bravoure et à son habileté par Annibal lui-même, et les acclamations du peuple le vengèrent avec éclat des invectives du tribun. Il fut élu consul pour la cinquième fois par les comices que Fulvius vint présider, et il eut pour collègue Titus Quintius Crispinus. Les centuries nommèrent quatre préteurs : Licinius Varus, qui resta dans la ville pour y rendre la justice aux citoyens, et qu’on chargea d’ailleurs de réparer trente anciennes galères dans le port d'Ostie, et d’en équiper vingt nouvelles, les unes et les autres destinées à croiser le long des côtes du territoire romain; Licinius Crassus, qui devait juger les procès des étrangers, et se mettre en campagne, selon que le sénat le lui ordonnerait; Julius César, auquel échut la Sicile, et Quintus Claudius Flaminius, où Wlamen, c'est-à-dire grand prêtre, que le sort envoya résider à Tarente, pour veiller sur le pays des Salentins. On régla que Fulvius, à l’expiration de ses fonctions consulaires, conserverait, en qualité de proconsul, une légion sous ses ordres en Campanie; que Lévinus continuerait de commander en Sicile une flotte, qui était de cent galères, depuis qu’on y avait joint celles qui venaient de servir au siège de Tarente; que Sulpicius Galba garderait le

commandement de l’armée et de la flotte qui protégeaient

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la Grèce contre les entreprises du roi de Macédoine; que Scipion poursuivrait en Espagne le cours de son administration et de ses triomphes. De ses quatre-vingts galères, il en avait détaché cinquante pour la Sardaigne, qu’elles devaient garantir d’une invasion des Cartha. ginois. On attacha aussi des fonctions militaires au titre de propréteur, que reçurent Hostilius Tubulus, succes. seur de Caius Calpurnius en Italie; Térentius Varron à Arrétium; Véturius Philo dans la Gaule cisalpine; Lucius Cincius, à qui l’on confiait la flotte qui gardait les côtes de l’Italie et de la Sicile; Arunculéius Cotta en Sardaigne; et M. Junius Silanus en Espagne, sous les ordres de Scipion. La république mettait ainsi sur pied vingt et une légions, toutes composées de citoy: :" "1. mains, et laissait aux deux consuls la faculté de f: ::: : ; levées nouvelles s'ils le jugeaient à propos.

Des lettres de Caius Calpurnius avaient informé le sénat que l’Étrurie se soulevait. La rébellion s'était fo. mentée dans Arrétium, où, depuis longtemps, les magistrats et le peuple montraient peu d'affection à la république romaine. Marcellus, avant de prendre les faisceaux, partit pour l’Étrurie, et annonca aux habitants qu'il allait appeler dans leur territoire les troupes qu'il avait commandées en Apulie : leffroi rétablit le calme, au moins en apparence. Térentius Varron, qu’on employait encore, malgré l’amer souvenir de Cannes, se transporta aussi chez les Étrusques, établit son tribunal sur la place publique d’Arrétium, cita devant lui les sénateurs, et leur demanda des otages. Ils le prièrent de leur accorder un délai de trois jours pour « délibérer. Il y consentit, mais avec peine, et en posant des corps de garde à toutes les portes, afin qu'il

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CENT DOUZIÈME LEÇON. 237 ne sortît personne. Ses ordres furent mal exécutés : sept membres du sénat s’évadèrent avec leurs familles, et lon ne s'en apercut que lorsque tous les autres sénateurs comparurent de nouveau en présence de Varron. Il confisqua les biens des fugitifs, et se fit livrer des otages, qu’il conduisit à Rome au nombre de cent vingt. Son rapport exagéra le mal: à l'entendre, l'Éturie entière était en feu. Il y retourna à la tête d’une légion , et y devint chef d’une armée assez considérahle pour qu’il la partageñt avec Hostilius. Varron resta dans les murs d’Arrétium; Hostilius parcourut la province.

Vers la fin de cette année consulaire, les édiles curules, Caudinus et Servius Sulp'ius Galba, présidèrent à la célébration des jeux romains; et les édiles plébéiens , Caius Servilius et Quintus Cécilius Métellus, donnèrent au peuple des représentations du même genre. Mais il s’éleva, relativement à Caius Servilius, une contestation. Son père, envoyé jadis dans la Gaule Cialpine, en qualité de commissaire, pour la distribution des terres entre des colons, avait passé pour mort : on le disait tué par les Boïens près de Modène. C'était une erreur ; ils l’avaient seulement réduit à l'esclavage, et il vivait encore. Dès qu’on le sut, on agita la question de.savoir si le fils d’un esclave pouvait, au sein

de Rome, remplir des fonctions publiques. Toutefois

l'est probable que ce démêlé n’eut pas de suite. Le sénat ne décida rien non plus sur la demande que lui présentèrent des députés tarentins pour le rétablissment de leurs lois et de leurs libertés; il voulut attendre le retour de Fabius.

Tite-Live rejette aux deux années suivantes 546,

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et 47 de Rome, 208 et 207 avant notre ère, les deux campa,ues de Sulpicins Galba contre Philippe, roi de Macédoine. Mais, d’après les récits de cet historien luimême comme d’après ceux üe Polybe, la seconde de ces campagnes tombe en une année où se célébraient les jeux Olympiques, c’est-à-dire à lan 1° de lo. lympiade 143, ce qui place la première à l’an 4-de l'olympiade 142. Or cet an 4 correspond à 209 avant J. C., au consulat de Fabius et de Fulvius, non à celui de Marcellus et de Crispinus. Je vais donc, Messieurs, vous exposer dès ce moment l’histoire de ces deux campagnes, en les attachant, l’une au premier, et l’autre au second de ces consulats.

Nous avons vu que les Romains, pour empêcher Phi. lippe de joindre ses forces à celles des Carthaginois en Italie, lui avaient suscité des ennemis autour de son propre royaume. Depuis quelques années, ils entreteuaient une flotte, qui soutenait la ligue formée contre ce monarque, et gardait les côtes de la Grèce. Les Étoliens, Lacédémonc, Attale, roi de Pergame, Pleuratus en Illyrie, Scerdilédus en Thrace, s'étaient alliés aux Romains. Des lettres de Sulpicius apprirent au sénat que la Grèce se partageait entre Philippe et Rome; que l’Achaïe se déclarait pour le prince macédonien; que Sparte s’armait contre l’Achaïe; que la flotte romaine et celle d’Attale frappaient de terreur les alliés de la Ma. doine, Béotiens, Eubéens, Acarnaniens ; que les mouvements des troupes de Scerdilédus et de Pleuratus épouvantaient l'Épire. Polybe ajoute que certaines peuplades de la Thrace n’attendaient qu'un moment opportun pour fondre sur les États de Philippe; et qu’afin de lui fermer l'entrée de la Grèce, les Étoliens

UISTOIRE ROMAINE.

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sétaient déjà rendus maîtres du passage des Thermopyles. Au milieu de tant d’embarras, Philippe ne manquait ni de bravoure ni de prudence. 1l encourageait par des promesses les députés des provinces attachées à son parti, s’occupait sérieusement des moyens de les courir, et se mettait en mesure de résister au roi de Pergame. Celui-ci venait de descendre dans l’île de Péparèthe, dont Étienne de Byzance fait mal à propos l’une des Cyclades : c'était une île de la mer Égée ou de l’Archipel, celle que les géographes modernes ont appelée Opula, Liméni, Saraquino, et qui est plus connue sous le nom de Pipéri. Ovide la dit féconde en oliviers : … Nitidæque ferax Peparethos olivæ.

Pline vante ses excellents vins, qui jadis lui avaient valu lenom d’'Eÿouvos. Elie avait pour chef-lieu une villeappelée Péparèthe : Philippe y envoya des troupes pour en forifier la garnison. En même temps Polyphante, lun des généraux macédoniens, mettait à couvert la Béotie et la Phocide; Ménippus entrait dans l’Eubée, à la tête de quinze cents hommes ; et le roi lui-même se transportait à Scotussa, rendez-vous de son armée. Il y avait deux Scotussa, l’une en Macédoine sur les bords du Strymon ; l'autre en Thessalie, près du Pères et du Pénée; c’est de

Dette seconde qu'il s’agit. Philippe n’y fit pas un long

jour: informé qu’Attale était à Nicée, et allait se rendre à Héraclée dans la Phthiotide, où devait se tenir ine assemblée des confédérés, il résolut de troubler et de dissoudre cette diète, mais il arriva trop tard; et, près avoir dévasté le territoire d’Éniades, non loin des Thermopyles, il revint à Scotussa, où il laissa son armée, Quelques troupes légères et les cavaliers de sa garde l’'accompagnèrent jusqu’à Démétriade, où il at-

nn rt SR RER ÉN

teudait les renseignements qui devaient régler ses mou. vements ultérieurs; ceux des ennemis lui étaient annon. cés par des feux allumés de distance en distance, espèce de télégraphes à laquelle les anciens donnaient le nom de pyrsie, rupoeix, et dont ils faisaient beaucoup d'usage,

Les ravages que les Étoliens exerçaient dans l’Achaie forcèrent Philippe à quitter Démétriade et à s’appro-

cher de la Grèce. Il rencontra près de Lamia l’armée |

étolienne commandée par Pyrrhias, l’un des préteurs, ayant en cette année-là pour collègue le roi Attale. Cette armée, quoique des soldats de ce prince et mille Romains y fussent réunis aux Étoliens, essuya deux défaites, et Pyrrhias ne trouva d'asile sûr que dans les murs de Lamia. Philippe cependant revint sur ses pas, et campa aux environs de Phalara, ville de Thessalie, à l'embouchure du Sperchius, près du golfe Maliaque qui sépare l’Eubée du continent. Là il reçut des ambassadeurs du roi d'Égypte, Ptolémée Philopator, et plu: sieurs envoyés de Chios, de Rhodes et d'Athènes. Tous l’engageaient à finir cette guerre. Les Étoliens avaient pris pour médiateur Amynandre, roi de l’Athamauie, l’un des cantons de l'Épire. Au fond, ces négociateurs ne désiraient si vivement la paix que parce qu'ils redoutaient l'influence du roi de Macédoine sur les affaires de la Grèce. On convint d’une suspension d’armes jusqu’à une assemblée en Achaïe, dont on fixa le lieu et le jour. Dans cet intervalle, pour prévenir les obstacles qu’Attale et-les Romains mettraient à l’accommodement, Philippe traversa la Thessalie et la Béotie, accourut en Eubée, où le roi de Pergame songeait à descendre, et en fortifia les ports. Les Argiens lui ayant déféré l'honneur de présider aux jeux Héréens,

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CENT DOUZIÈME LECON. 241 il s'y rendit à la tête d’un petit corps de cavalerie et d’infanterie légère. Ces jeux tiraient leur nom de celui de Junon, Épæ, divinité tutélaire de l’Argolide. Ils se célébraient à quinze stades de Mycènes. La statue de la déesse, ouvrage de Polyciète, y paraissait sur un char atteié de deux bœufs, et la jeunesse argienne y marchait sous les armes. Après une hécatombe, la fête se terminait par des joutes ou combats gymnastiques , dont le prix consistait en une couronne de myrte. D'autres jeux Héréens ont été institués dans les îles de Samos et de Cos et à Corinthe. De ceux d’Argos, le roi de Macédoine passa plus tard aux jeux Néméens, dont on lui avait aussi décerné la présidence. C’est une solennité antique dont on ne connaît pas bien l’origine. Elle se renouvelait tous les cinq ans, ou tous les trois ans, ou tous les deux ans, car les traditions varient aussi sur ce point ; et Le lieu même de la ville de Némée n’est pas sans difficulté. Pline la place dans l’Arcadie; Étienne de Byzance dans l’Élide; Strabon, Ptolémée, Pausanias dans l’Argolide, ce qui est beaucoup plus probable. Le nom de Némée paraît y avoir été commun à un canton, à une forêt, à un fleuve, et à une ville. Des courses à pied, à cheval, en char, le disque, la lutte, tous les exercices du pugilat remplissaient ces jours de fête. On couronnait les vainqueurs; des orateurs et des poëtes célébraient leurs triomphes. Ces jeux appartenaient à la fois aux habitants d’Argos, de Corinthe#t de Cléones ; ils en élisaient tour à tour les présidents. Philippe, en jouissant de cet honneur, se plongea, dit-on, dans la débauche et s’enivra de voluptés. Ce fut, à ce qu'il semble, entre les jeux Héréens et les jeux Néméens, qu'il partit pour Rhium, lieu où devait se tenir l’as- AIX. 16

st rare ientnrntet ire

ne remet

semblée politique. Rhium était le nom d’un promontoire, situé vis-à-vis d’un autre appelé Antirrhium, à l'entrée du golfe de Corinthe, Apparemment il existait aussi un bourg ou une ville de Rhium. Les Étoliens avaient des députés dans ce congrès, où l’on penchait le plus généralement à la pacification. « Étoliens, s'écria

un orateur, voyez avec quel empressement les rois et les peuples vous conjurent de consentir à la pair. Que n’avons-nous pas tenté pour vous réconcilier avec Philippe? Il s’agit de prévenir sa ruine et la vôtre, et d'assurer le salut de la Grèce. Vous avez allumé un incendie, qu'il sera difficile d’éteindre si les vents continuënt d’agiter la flamme; l’incendiaire y périra peut-être le premier; mais le feu gagnera le voisinage et consumera la contrée entière. Si la guerre ne devait nuire qu'à vous seuls, seriez-vous sages d’en courir les risques? Et quand une entreprise si hasardeuse devrait vous réussir, faudrait-il acheter à nos dépens une si faible gloire? Non, une ligue avec des étrangers n'imprimera au nom étolien qu’une infamie ineffacable. Vous prétendez préserver les Grecs de la tyrannie macédonienne : c’est par vous qu’ils sont opprimés, trahis, accablés. Car à quelles conditions traitez-vous avec les Romains? À celles de rester vousmêmes maîtres des villes qu’ils vous aideront à envahir, et de leur céder le butin dont ils dépouilleronit nos campagnes. Qu’espérez-vous y gagner ? Ils vous écraseront après nous sous leur joug de fer. Ils ont resserré Annibal dans un coin de l'Italie, où il a peine à se défendre. Qu'ils fassent quelques progrès encore, et le torrent se déborde sur la Grèce. Que devenez-vous alors? Des esclaves qui ont eux-mêmes forgé leurs chaînes.

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CENT DOUZIÈME LEÇON. 243 « Il en est temps encore : renoncez à vos résolutions « funestes , et ne vous précipitez pas avec nous dans un « abîme de calamités. » On introduisit ensuite les envoyés de Philippe : comme ce prince n’était pa: du corps hellénique, il ne traitait avec la diète que par des ambassadeurs. Les siens déclarèrent qu’il consentirait à la paix si les Étoliens y souscrivaient; que s'ils s'y refusaient, il saurait les en punir eux seuls. Les Étoliens demeuraient incertains et à demi ébranlés, quand ils apprirent qu’Attale arrivait à la tête de sa flotte, à Égine, et Sulpicius avec la sienne, à Naupacte, aujourd’hui Lépante. « Point de paix, dirent-ils alors, «si l’on ne restitue aux Messfniens leur ville de Pylos, «aux Romains l’Atintanie, à Pleuratus et à Scerdi- «lédus le pays des Ardiéens, partie orientale de l'Il- «lyrie. » L’assembiée se sépara.

Philippe, s’il eût joint à ses propres forces la flotte que lui avait envoyée Prusias, roi de Bithynie, et celle que les Carthaginois pouvaient lui fournir, aurait eu les moyens de se mesurer avantageusement avec les Romains. Il laissa échapper la plus belle occasion qu’il pût espérer; il ne laissa pour défendre l’Achaïe que cinq galères et quatre mille hommes. Pendant qu’il as-

. sistait aux jeux Néméens, vers le 12 hécatombæon,

22 juillet julien 209, Sulpicius Galba ravageait les campagnes entre Sicyone et Corinthe. Cette nouvelle interrompit le cours des plaisirs auxquels il se livrait, et lui rendit pour quelques journées sa bravoure. A la tête de ses cavaliers et de son infanterie, il courut venger ses alliés. Les Romains ne l’attendaient pas; dispersés par pelotons, ils ne s’occupaient que de pillage. Son arrivée soudaine les forcça de se rallier, de regagner

leurs vaisseaux , de se rembarquer pour Naupacte, Leur fuite rehaussa la gloire du monarque macédonien : lorsqu'il reparut aux jeux de Némée, le cirque et les théàtres retentirent de sa renommée. Il se montrait sans diadème, sans manteau de pourpre, sans ornements royaux : ces allures populaires lui gagnaient l'affection d’une nation républicaine, et semblaient des gages de l'indépendance dont il annonçait le maintien. Mais l'excès et l’infamie de ses déréglements révoltaient les cœurs honnêtes. On le voyait employer sans pudeur, pour satisfaire ses passions effrénées, la séduction, la corruption, la violence; et l’on craignait que la liberté qu'il promettait à tous ses concitoyens ne se réduisit aux licences qu'il s’accordait à lui-même. On l’accusait d’avoir enlevé l'épouse de l’un des chefs du pays, et de l’avoir envoyée en Macédoine en la flattant du vain espoir d’y devenir reine. Par tant de désordres et de scandales , il avait trop mérité les revers qu’il essuya durant les derniers mois de la campagne. La ville de Dymes, à la frontière de l’Élide, venait de recevoir une garnison étolienne, qu'il entreprit-de chasser. A cet effet, il renforça ses troupes de celles du général achéen Cycliadas, traversa le fleuve Larisse, entra dans l’Élide, dévasta les campagnes, et se porta enfin sur la capitale pour la surprendre ou l’assiéger. Il ignorait qu’elle ne manquait d'aucun moyen de défense ; que Sulpicius, passant en secret de Naupacte à Cyllène, avait débarque et fait entrer de nuit dans les murs d’Élis quatre mille légionuaires. Parvenu à la portée de l'ennemi, et remarquant des étendards romains mêlés à ceux des Étoliens et des Éléens, Philippe voulut reculer; il n’était plus temps. Un de ces dards en forme de hallebarde que les

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CENT DOUZIÈME LEÇON. 245 Romains savaient seuls lancer, atteignit sou cheval, qui, après de violentes secousses, tomba et jeta le monarque par terre. Il fallut combattre à pied, et s'enfuir sur une autre monture, en laissant beaucoup de morts sur le champ de bataille. Philippe vint camper à cinq milles d'Élis, et ne se consola de sa défaite que par la prise d’une tour ou d’un château, où des paysans s'étaient réfugiés avec leurs troupeaux : il y prit, à ce qu’assure Tite-Live, vingt mille pièces de bétail et quatre mille hommes. Il y a probablement de l'exagération dans ces deux nombres et surtout dans le second,

Survint un courrier macédonien annonçant qu’un certain Éropus avait corrompu le gouverneur de la ville de Lychnide, aujourd’hui Ocrida; que la rébelion s’étendait sur tout le pays des Dassarètes; et que les Dardaniens ne tarderaient point à se mettre aussi en mouvement. À l'instant, Philippe renonce à ses projets sur l’Achaïe, y laisse pourtant deux mille cinq cents soldats sous la conduite de Ménippe et de Polyphas, traverse l’Achaïe, la Béotie, l’Eubée, et regagne la Thessalie. À Démétriade, il reçoit des nouvelles encore plus tristes. Les Dardaniens venaient d'entamer la Macédoine, et d’envahir la petite province nommée Orestide, puis le territoire d’Æstrée, aujourd’hui compris dans l’Albanie septentrionale. C’est sans doute par méprise que le texte de Tite-Live porte campurn Argestœæum, au lieu d'Æstræum. Quelques-uns des révoltés, pour encourager les autres, avaient répandu le bruit de la mort de Philippe, qui, dans le combat entre Corinthe et Sicyone, s'était heurté la tête contre un arbre avec tant de violence, que l’une des cornes de son casque s’en était brisée, cornu alterum

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perfregit, dit Tite-Live, Depuis longtemps les rois de Macédoine portaient deux cornes à leur casque : les médailles en font foi. Ils s’en glorifiaient comme d’un trait de ressemblance avec Jupiter Bicornis. Un Étolien ayant ramassé les morceaux de la corne de Philippe et les ayant portés à Scerdilédus, ce chef reconnut parfaitement la garniture du casque royal de la Macédoine, et s'en servit de son mieux pour faire accroire aux Dardaniens, aux Mésiens, que le monarque n'existait plus. Philippe sentit donc le besoin de se montrer à ses sujets ; et sa rentrée dans son royaume délivra les Romains de la crainte de le voir descendre en Italie pour joindre ses forces à celles d'Annibal, Dès qu’il eut quitté la Grèce, Sulpicius profita de son absence pour regagner l'ile d'Égine avec la flotte dont il disposait : il y passa l'hiver auprès d’Attale; leurs troupes y restèrent réunies. Les Achéens, moins contenus, atlaquèrent, presque à la vue de Messène, un corps d'Etoliens et d'Éléens, et remportèrent un avantage. Les événements que je viens d'exposer, Messieurs, sont arrivés en Grèce dans le cours de l’année 209 et de l’hiver qui la suivie. Je vais en continuer immnédiatement le récit par celui de la campagne de Sulpicius Galba en 208. Ce proconsul partit d'Égineau printemps, à la tête de vingt-cinq galères romaines, auxquelles le roi de Pergame en joignait trente-cinq des siennes. Protégés ainsi par une flotte de soixante quinquérèmes, les Étoliens ne redoutaient plus l’Achaïe ni la Macedoine : au contraire, leur armée de terre et celle des Spartiates, leurs alliés, épouvantèrent la Béotie, l'Acarnauie, tout le Péloponnèse , en même temps qu’Attale et Sulpicius répandaient la terreur dans les îles et sur

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les côtes. Quand Philippe apprit que la flotte romaine abordait Lemnos, il vint camper à Démétriade,afin d’être à portée de secourir ses associés. Les députés de plusieurs peuples accouraient autour de lui : ils lui dirent que les Étoliens gardaient le passage des Thermopyles et interceptaient les communications de la Macédoine avec la Grèce; que Scerdilédus, Pleuratus, et les Mèdes ou Médiens, peuplade de la Thrace méridionale, se mettaient en mouvement et prenaient une attitude menacante. Il fit aux envoyés plus de promesses qu'il n’espérait d’en tenir, et se contenta ‘le pourvoir aux besoins pressants. Sulpicius avait conduit ses vaisseaux de Lemnos à Péparèthe, et ravageait les campagnes de cette île : Philippe y envoya des troupes pour fortif er au moins la garnison du chef-lieu. Il confia un sutre détachement à Polyphante qu'il charge: de secourir la Béotie ; à Ménippe , mille soldats, arms de petits boucliers échancrés, et qu'il destinait à defendre Chalcis, capitale de l'Eubée. Polybe adjoint à ces mille hommes cinq cents Agriens, appelés par erreur Éniens dans les manuscrits de Tite-Live. Selon Étienne de Byzance et Strabon, les Agriens habitaient une province de l’ancienne Thrace, entre le mont Rhodope et l’Hémus : ils tiraient leur nom de l’Agriane, rivière dont parle Hérodote, et qui, prenant sa source dans le deuxième de ces monts, se ‘le hargeait dans l’Hèbre. Le roi de Macédoine se rendit ensuite à Larisse, non à la ville de ce nom, qui fut la capitale de la Thessalie, et qui, célèbre par le séjour d'Achille, passe aussi pour

la patrie du cheval Bucéphale, mais à Larisse, voisine du mont OEta, à douze lieues de Démétriade. De là Philippe se porta sur Héraclée, afin de troubler l'as-

semblée que les Étoliens devaient y tenir pour concerter avec Attale les opérations de la campagne. Arrivé trop tard et quand les délibérations étaient déjà prises, le Macédonien revint à Démétriade, et envoya partout des ingénieurs, qui, postés sur des hauteurs, posaient des sentinelles de distance en distance, et allumaient des feux télégraphiques, pour l’informer de l’état de chaque contrée. Il se plaça lui-même sur le Tisée, mont thessalien,très-élevé, dit-on, mais dont la situation précise n’est pas connue. Si ces précaut'ons faisaient honneur à sa vigilance, les Romains avaient encore mieux pris leurs mesures. Sulpicius et Attale entreprenaient le siége d'Orée, ville maritime de l'Eubée, dévouée à la cause macédonienne. Le proconsul lallait attaquer par mer, et le roi de Pergame par terre. Ils restèrent quatre jours devant la place, sans rien entreprendre encore, mais ils mirent à profit ce délai. Ils négocièrent avec le commandant Plator, homme infidèle et vénal, qui promit de leur livrer une ville presque imprenable par les armes. Deux citadelles qui communiquaient entre elles par des souterrains la défendaient de toutes parts. L'une s'élevait au centre de la ville, l’autre près du rivage. Sulpiciis commença per attaquer la seconde, qui offrait l’aspect d’une tour à cinq étages, trop difficile à escalader. Il fit avancer ses galères, chargées elles-inêmes d’une tour égale en hauteur à ce donjon, au sommet duquel les assiégés avaient disposé leurs machines. Un combat s'engage, qui attire les regards de toute la garnison et des bourgeois. Mais, à l'instant, Plator ouvre aux Romains une porte qui donne sur la mer, et ferme celle de la citadelle du centre aux bourgeois qui veulent s’y réfugier quand

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CENT DOUZIEME LEÇON. 249 l'autre est prise. Un massacre horrible par son extrême facilité enveloppe la plupart des habitants ; la garnison se rallie, et ne peut faire une longue résistance. Plator intercède pour elle auprès du vainqueur, qui consent à la transporter à Démétrium , dans la Phthiotide, avec permission à chaque soldat de retourner dans son pays. La ville que Tite-Live appelle ici Démétrium pourrait n'être que Démétriade; cependant Étienne, après Strabon , distingue ces deux places, et met Démétrium sur les bords de l’Amphryse, de cette rivière près de laquelle Apollon avait gardé, nous dit-on, les troupeaux d'Admète. Plator se retira au camp d’Attale; et les Romains pillèrent Orée.

Enhardi par ce succès, Sulpicius conduisit aussitôt sa lotte victorieuse devant Chalcis dans le canal de l'Euripe. La nature a formé deux ports aux extrémités de ce détroit; mais les deux goulets sont continuellement exposés à des vents orageux, qui soufflent du haut des montagnes voisines et s’engouffrent entre les rives. On a quelquefois supposé que l’Euripe avait son flux et son reflux comme l'Océan. Il est sûr au moins que les flots y sont plus agités qu'ailleurs; et Cicéron en a comparé ies mouvements violents à ceux des assemblées du peuple romain : Quod fretum, dit-il dans le discours pour Muréna, quem Euripum, tot motus, lantas , tam varias habere creditis agitationes , commutationes , fluctus, quantas perturbationes, et quants æstus habet ratio comitiorum. Sulpicius Galba n’avait point assez prévu ces tempêtes, qui eurent bientôt repoussé toutes ses galères. Ses négociations auprès des comimandants de Chalcis n'ayant pas non plus réussi, se hâta de lever l'ancre, et entreprit avec Attale

la conquête plus facile de Cynus, ville et arsenal des Opuntiens dans la Locride. Ils lenvahirent sans obstacle, et la dépouillèrent sans pitié : cette fois , le butin échut aux soldats du roi de Pergame. Pendant que le prince employait beaucoup de temps à rançouner les plus ri. ches bourgeois de Cynus, Philippe s’avançait par terre à grandes journées. Indigné de la trahison de Plator, et vivement affligé de la perte d’Orée, il s'était mis en marche à la première nouvelle du siége de Chalcis. Il se proposait d'entrer dans l’Eubée par un pont de bois qui joignait cette île au continent. En vain les Étoliens s’efforcèrent de l’arrêter au défilé des Thermopyles; il passa malgré leur résistance , et continua si rapidement sa route, qu’en un seul jour ses troupes franchirent un espace de soixante milles, si nous en croyons les historiens. Ayant su en chemin que ce n’était plus Chalcis mais Cyuus que ses ennemis menaçaient, il se dirigea d'Élatée ou Élatie, ville de la Phocide, vers le pays des Opuntiens, et il eût surpris Attale occupé à extorquer des rancons, si des fourrageurs crétois dispersés dans la plaine n’eussent reconnu de loin et annonci aussitôt l’arrivée des Macédoniens. Attale se pressa di se rembarquer; mais ses galères étaient à sec sur là grève ; et Philippe, qui survint pendant qu’on se hâtait de les remettre à flot, troubla du moins leur départ et leur causa quelque dommage. Toutefois elles mirent à la voile, et regagnèrent Orée, d’où le roi de Pergame fut bientôt contraint de partir, pour aller défendre ses

États attaqués par le roi de Bithynie, Prusias. Sulpiciisk

Galba, séparé d’Attale, reprit son quartier d'hiver dans l’île d'Égine; et Philippe, maître de la campagne, reconquit plusieurs places, parmi lesquelles Tite-Live

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CENT DOUZIÈME LECON. 251 nomme Torone. Ce ne saurait être Torone en Macédoine ni Torone en Épire : les commentateurs substituent à ce nom celui de Thronium, ville comprise dans h Locride, entrele golfe Maliaque et le fleuve Boagrius. L'historien latin fait ensuite mention de Tritone et de Drymes, appartenant, dit-il, à la Doride. D’autres plaœnt ces deux cités dans la Phocide; et ces variantes donnent lieu de croire que les limites des divers cantons de la Grèce n'étaient pas très-fixes. Quoi qu'il en wit, le roi macédonien, après ces modiques conquêes, revint à Élatée, pour être à portée d’une diète achéenne qui allait se tenir dans la villed’Ægium, rempacée aujourd'hui par Vostitza. Les ambassadeurs de l'Égypte et de Rhodes se rendirent à l'assemblée, qinterrompit pour quelques jours l'annonce d’une ncursion de Machanidas, roi de Sparte. Les Éléensalhient être, disait-on, attaqués par Machanidas pendant h célébration des jeux Olympiques; ce qui eût été un attentat à la religion et à la foi des traités, Titus Manlus était chargé par le sénat romain de se rendre à «es jeux, si les armées ennemies ne l’en empêchaient pas, et d’y annoncer aux Siciliens, aux Tarentins expatriés, qu'ils pouvaient rentrer dans leurs foyers et dans leurs biens. De son côté, Philippe, après avoir congdié les ambassadeurs étrangers, et protesté qu'il n'atit point allumé la guerre, qu'il ne’ s’opposait point ila paix, entra dans la Béotie, passa par Mégare, de là - rendit à Corinthe, et courut au secours de l'Élide,

Mpourvu de tout ce qu’il fallait de troupes et de vivres

jour tenir la campagne. Le bruit de sa marche vers ks villes de Phliunte et de Phénée et l'apparition de ou armée près d'Hérée suffirent pour décider Macha-

252 HISTOIRE ROMAINF.

nidas à rentrer à Lacédémore. N'ayant plus devant lui

d'ennemis, le roi de Macédoine retourna au port d’Æ. |

gium : il comptait y trouver la fltte carthaginoise, et s’en aider pour teuir en respect les cités confédérées. Mais, dit Tite-Live, les Carthaginois venaient de sortir de ce port, n’y rencontrant pas Philippe, et apprenant que les vaisseaux du proconsul et d’Attale s'étaient éloignés d'Orée. Ce départ inopiné des Romains et des Pergamiens alarmait les Africains : ils craignirent que Sulpicius n’eût conçu le dessein d'occuper le détroit de Rhium, et d’envelopper au passage les galères qui s'y présenteraient. En conséquence, la flotte de Carthage, pour éviter des rencontres fâcheuses et les périls d’un combat inégal, avait croisé en face des îles Phocéer. nes, et de là gagné un des ports de l’Acarnanie. Voilà, Messieurs, ce que Tite-Live expose; mais on a lieu de croire ou qu'il s'est trompé ou que les copistes ont altéré son texte. Car les îles que Pline appelle Phocéennes sont voisines de la Crète, el regardent le cap Sammonium, Capo-Salamone : l'étendue de mer qui lessépare d'Ægium est trop vaste pour qu’il soit croyable que les galères carthaginoises aient fait un pareil trajet. Cetait là d’ailleurs une route opposée à celle qu’il fallait suivre pour aborder un port acarnanien. C'était enfin s'exposer à rencontrer cette flotte romaine qu'il s’agissait d'éviter. Frappés de ces considérations, certains interprètes ont imaginé que Tite-Live voulait parler de Phocée, ville maritime de l’Éolide dans l’Asie Mineure; hypothèse que vous ne jugerez pas plus soutenable, si vous consultez des cartes géographiques de ces contrées. On concevrait bien mieux que les Carthaginois, pour atteindre l'Acarnanie, se fussent dirigés vers les

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eotes de la Phocide et non vers des îles Phocéennes.

| Cependant, comme Tite-Live indique des îles, Grono-

ius a jugé à propos de faire ici une correction qui substitue aux Phocéennes les Échinades, c’est-à-dire anq petites îles de la mer Ionienne, vis-à-vis l’embouchure du fleuve Achéloüs, et non loin des côtes de l’Acrnanie.

Le congrès d’Ægium recommenca, et Philippe s’efbrea de faire bonne contenance, malgré le sentiment pénible de linutilité de sa campagne. Il prenait les lieux à témoin de tous ses efforts pour soutenir la ause de ses alliés. I] disait : « J'ai eu affaire à des enne- «mis qui ne savaient que fuir. Sulpicius a disparu de «Chalcis; Attale s’est rembarqué devant Cynus; Ma- «chanidas s’est à peine montré. Ne sont-ce pas d’é- «clatants aveux de leur faiblesse’et de l’effroi que vo- «tre défenseur leur snspire? À ces discours il joignit ds actes qui pouvaient mériter plus de confiance ou d'affection : il restitua aux anciens possesseurs les vilks qu'il avait reprises; aux Achéens Hérée, ville d’Ar-

Dadie, et le petit canton de Triphylie ou des Trois Tri-

bus, dans l’Élide ; aux Mégalopolitains, Aliphéra, patrie & Philopæmen et de Polybe. Il partit des ports dla Grèce avec huit galères achéennes , dont quatre tient quadrirèmes, et les autres à deux rangs de ranes, avec sept quinquérèmes qui lui appartenaient en Mropre, et vingt barques. Il se proposait de renforcer de utte petite flotte celle des Carthaginois. Dans sa trasée , il descendit sur les côtes de l’Étolie, à Érythres, près d'Eupalium. Ses hostilités rénandirent l'effroi ; les bitants de la plaine cherchèrent des asiles sur :*+ montagnes et au sein des forêts. Tels furent particu-

lièrement les refuges des garnisons de Potidanie et d'Apollonie, deux forteresses qui dépendaicnt de la confédération étolienne, ei dont la position n’a pas été bien reconnue. Arrivé à Corinthe, Philippe renvoya son infanterie en Macédoine par terre, parcourut Jes côtes du Péloponèse, et va vita les :orts. Après avoir établi à Æginm, en qualité de commandant, le préteur des Achéens, Nicias, il s'embarqua, selon Tite-Live, à Cenchrées, l’un des ports de Corinthe, situé sur le golfe Saronique, à quarante stades de Léchée, autre port de la même viile, côtoya l'Attique, passa presque à la vue des troupes confédérees le lung du promontoire de Sunium, et s’avança dans la mer Égée, vis-à-vis l'ile d'Hélène. Ces divers récits de Tite-Live ne doivent pas, Méssieurs, vous paraître exempts d’embarras. Le nou. vel embarquement du roi de Macédoine au golfe Sa. ronique semble assez peu conciliable avec celui qui s'est précédemment opéré dans un des ports de l'A. chaïie. Le roi a passé par Anticyre; de là il est entré avec ses galères dans le golfe de Corinthe, séparé du Saronique par la langue de terre connue sous le nom d'isthme de Corinthe. A-t-il fait transporter par terre ses vaisseeux d’un golfe à l’autre? ou bien avait-il dans le Saronique de nouvelles galères toutes prêtes? ou enfin sa petite flotte a-t-elle traversé les mers du Pe.

loponnèse pour le venir rejoindre dans ce même golfe]

Saronique? Je pose et ne résous point ces questions. Philippe gagna l’Eubée, vint à Chalcis, et loua la fidelité des citoyens. Il trouva la ville d'Orée déjà repeu-

plée, et en confia la garde à ceux des habitants qu'K avaient préféré !’eril à la domination romaine tant

rendu ensuits : ‘émétriade, centre de ses exp<ditions,

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CENT DOUZIÈME LEÇON. 255 il en partit pour la Macédoine; et, parvenu à Cassandrée entre le golfe Thermaïque et le Toronaïque, il fit construire cent galères par une multitude énorme d'ouvriers, Enfin il se porta jusqu’à l'extrémité de ses États pour soumettre les Dardaniens. Rome n’avait plus à craindre de le voir arriver en Italie au secours d’Annibal : c’était là le résultat des campagnes de Sulpicius

à Galba. La seconde est, comme je l’ai dit, de l'an 208,

où les jeux Olympiques eurent lieu en juillet julien. Les autres événements de cette même année 208 lous occuperont dans notre prochaine séance.

LL LL LR ELLE OVE IS LES LIVE LS ES LAS VAS | VELLS LE LOL USA LOU AS LE LLASALS

ANNALES ROMAINFS. ANNÉES 208 ET 207 AVANT J. C, — SECONDE GUERRE PUNIQUE.

Messieurs , vous avez vu Scipion mettre à prof: son séjour et ses loisirs à Carthage la Neuve et à Tarragone, en exerçant son infanterie et sa cavalerie à tous les genres de mouvements militaires. Par la restitution des otages, par d’autres actes de bienveillance et de justice,

il gagnait l'affection des peuples, et obtenait les hom. |

me ges des rois espagnols. Édescon, Mandonius, Indibilis se sont détachés, pour se livrer à lui, des armées ’arthaginoiïses coramandées par Asdrubal, Magon et le fils de Giscon. Une victoire éclatante, remportée sur Asdrubal par Scipion, a forcé le général africzin de s'enfuir vers les Pyrénées, tandis que le vainqueur repoussait le titre de roi dont le saluaïent les Espagnols. De tous les généraux romains, il était le plus loué et le moins censuré dans Rome, où le tribun Bibulus accusait, mais sans plu: de succès que de justice, l’habile et vaillant Marcellus. Pour venger l’accusé, les comices l’ont élu consul. Je vous ai exposé comment les divers commandements militaires ont été distribués entre lui, son collègue Crispinus, les préteurs et les proconsuls. Marcellus , avant de prendre les faisceaux, est allé réprimer une rébellion en Étrurie, C’était le temps où les édiles curules et plébéiens célébraient des jeux pur blics. Nous avons rectifié une erreur chronologique

de Tite-Live, chez qui deux campagnes du proconsil

Sulpiciu l'an 207 réelleme de l’une ont eu P Etoliens yame At l'empêch Vous ave Héréeas ( 208. No événemen Les co Quintius l'an de Ro Capoue et uu fort pe lie orienta tendaient toires avai dans arm de Trasim en Espag de nouvea voir, Mais consuls : i ner l'effet dre avait et des rat:

Jupiter. Le d'influence iopinée d XIX,

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