XIX
HISTOIRE ROMAINEF.
plus sérieuse affaire. Au cri o4 à la vue d'une souris, les Romains, assemblés en comices, se séparaient éperdus et consternés. C’en était assez, selon Plutarque et Valère-Maxime, pour que les dictateurs et les maîtres de la cavalerie donnassent leur démission, persuadés que leur promotion déplaisait aux dieux immortels, et, selon Pline, pour que les auspices mêmes fussent réputés nuls. Soricis occentu dirimuntur auspicia. Que n’avait-on pas à redouter, quand la souris venait à ronger des objets destinés aux usages de la vie civile, ou surtout aux cérémonies religieuses? Cependant, Messieurs, si le poil de l’animal était blanc, le présage devenait heureux : Mures, cum candidi provenere, lœtum faciunt ostentum , nous dit encore Pline. Il se
rencontrait, dès le temps des guerres puniques, quel.
ques incrédules ou esprits-forts qui prétendaient s'élever au-dessus de ces persuasions communes, Caton luimême, quoique assez aitaché aux vieilles routines et imbu de fortes croyances, s’effrayait per: des cris cl des mouvernents de ces sinistres animaux. On vint lui dire (c’est saint Augustin qui nous le raconte) qu'un rat avait rongé le cuir d’un soulier : « Rassurez-vous, «répondit-il; mais si le soulier avait rongé le rat, ce «serait un alarmant prodige. » Cicéron, fort honnête homme d’ailleurs, inclinait encore plus à l’incrédulite : les souris avaient dévoré, dans sa bibliothèque, les livres de politique du divin Platon, et il osait déclarer qu'il ne trouvait, dans un si léger dommage, rien de menaçant pour la république. Quod Platonis Politiam nuper apud me mures corroserint, (an) de republica debui pertimescere?
On annonçait, au printemps de l'an 208, bien d'au-
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CEN REIZIÈME LEÇON, 259 tres prodiges : un essaim d’abeilles avait pénétré au milieu de la place publique de Casinum; à Ostie, le tonnerre avait renversé le mur et brisé la porte de la ville; à Céré, un vautour était entré dans le temple de Jupiter : en général, pourtant, les vautours passaient pour des oiseaux de bon augure. Un lac voisin de Volsinies avait paru ensanglanté. Plutarque ajoute qu’un bœuf avait parlé, et qu'un enfant à tête d'éléphant était né d’une femme. Les aruspices ne voyaient dans les entrailles des victimes que d’effrayants présages, et s'en autorisaient pour retarder le départ de Marcellus. Ces délais irritaient l’ardeur impatiente de ce consul, pressé de livrer une bataille décisive qui pût mettre un terme aux incursions d'Annibal. Plutarque dit que Marcellus « ne songeoit d'autre chose la nuict en dor- «mant , ne parloit d'autre chose le jour avec ses amis «et compagnons en veillant, ne requérant autre chose «aux dieux en ses prières et oraisons.… Et si n’eust «esté qu'il estoit jà comblé de gloire, et que par plu- «sieurs preuves il n’eust fait cognoistre qu'il estoit au- «tant meur, autant sage et prudent que nul autre ca- «pitaine de son temps, j'eusse dit que c’estoit une «passion et affection de jeunesse qui le transportoit, et «un désir plus ambitieux que ne portoit l’aage à la- « quelle il se trouvoit alors; car il avoit plus de soixante «ans quand il fut éleu consul pour la cinquiesme fois, » Enfin, Messieurs, à force de sacrifices, les pronostics semblaient devenir moins sinistres; mais une peste survint, qui remplit la ville de malades, sans néanmoins en frapper de mort uu très-grand nombre. Pour apaiser le courroux céleste, on décida que désormais les jeux Apollinaires seraient célébrés, chaque année, le sixième
jour (Tite-Live dit par erreur le cinquième) du mois quintilis, depuis juillet, Il paraît que le temple de l’Hon. neur et de la Vertu, voué par Marcellus en son premier consulat, l'an 222 avant J. C., n'était point encore érigé en 208. On dit qu’en cette dernière année, les pontifes s'opposèrent à la dédicace de cet édifice, parce qu'il n’était pas décent de renfermer deux divinités sous un même toit, et qu'on ne saurait à laquelle des deux s'adresser s’il venait à être frappé de la foudre. En vain le consul se moquait de ces scrupules; il fallut bâtir deux temples distincts; et cette construction, malgré l’activité qu'il y mit, ne lui laissa pas le temps d'en faire lui-même la dédicace : ce soin fut réservé à son fils, qui s’en acquitta quelques années plus tard, Quand on eut achevé les cérémonies religieuses, les sénateurs s’assemblèrent pour régler les affaires de l'État. Ils ordonnèrent à Scipion de détacher de sa flotte cinquante galères, et de les envoyer dans la Sardaigne, dont les côtes semblaient menacées, ainsi que celles de la Sicile et de l'Italie, par une flotte de deux cents voiles qu'équipait, disait-on, Carthage. En Sicile, on partagea le commandement des armées entre Sextus César et Lévinus : le premier devait avoir sous ses ordres les troupes de terre, principalement composées de soldats échappés au désastre de Cannes; et le second soixante-dix vaisseaux, auxquels s’en joindraient trente laissés en réserve au port de Tarente. On permettait à Lévinus d'attaquer, s’il le jugeait à propos, les côtes africaines, et de les ravager s’il le pouvait. En même temps, le préteur urbain, Licinius Varus, recut l’ordre de radouber trente bâtiments restés à Ostie, et d'en équiper vingt récemment construits , afin que ces cin-
quante galères Rome, Le séna Tarentins rebel Livius Macatus
étrange, à conf comine je vous nos séances pr crits auraient tr rement que l'ave vatuqueur, Fabi tercédé pour eu blée résolut de ville, de les obli, des temps plus p sur leurs destinée souvenez, Messie intempérance et surprendre la pl conservé la citade récompenses, les :
qu'un s’avisa de ville : c'était lui.
partisans, selon «répondit Fabius «repris Tarente, s Les historiens nc termina l'affaire ; renvoyée aux ce Aucun autre g consuls au sein dé se rendit en Luc labius, par Ja P
ses sées ond ente tait otes ème rdre d'en cin-
CENT TREIZIÈME LEÇON. 261 quaute galères pussent garder les côtes voisines de Rome, Le sénat eut ensuite à prononcer sur le sort des larentins rebelles, et sur la conduite du gouverneur: Livius Macatus, que Cicéron, par une méprise assez étrange, a confondu avec Livius Salinator jugé en 218, comme je vous l'ai exposé, Messieurs, dans l’une de nos séances précédentes. La plupart des pères conscrits auraient traité les habitants de Turente aussi sévèrement que l'avait été la population de Capoue, si leur vainqueur, Fabius, alors prince du sénat, n'avait intercédé pour eux. Manius Acilius proposa et l’assemblée résolut de mettre une forte garnison dans leur ville, de les obliger à n'en pas sortir, et d'ajourner à des temps plus paisibles la sentence définitive à porter sur leurs destinées. Quant à Livius Macatus, vous vous souvenez, Messieurs, qu'il s'était déshonoré par son intempérance et sou incurie, mais qu'après avoir laissé surprendre la place, il avait habilement défendu et conservé la citadelle. Les uns demandaient pour lui des
récompenses, les autres un châtiment exemplaire. Quel-
qu'un s’avisa de dire qu'on lui devait la reprise de la ville : c'était lui-même, selon Plutarque, un de ses partisans, selon Tite-Live, qui tenait ce propos. « Oui, «répondit Fabius , il est certain que jamais je n'aurais «repris Tarente, si Livius ne l'avait pas laissé prendre. » Les historiens ne nous apprennent point comment se termina l'affaire ; et nous pouvons présuner qu’elle fut renvoyée aux censeurs.
Aucun autre grand intérêt ne retenant plus les deux. consuls au sein de Rome, Crispinus en partit le premier, se rendit en Lucanie; et, jaloux de s’illustrer, comme l'abius, par la prise d’une place importante, il entre-
prit le siége de Locres, en y employant à la fois des forces maritimes et les machines dont s'était servi Marcellus devant Syracuse, Cependant, Anuibal s'étant avancé jusqu’au promontoire de Lacinium, le consul se hâta de rejoindre son collègue, ce même Marcellus,
qui venait aussi de quitter Rome pour reprendre à Venouse son armée de l’année précédente. Ils se rencontrèrent entre cette dernière ville et Bantia, vers les sources du Bradano, non loin des villes actuelles de Petra Galla et de Acerenza, dans la Pouille. Là ils établirent deux camps, séparés par une distance de trois milles ou deux lieues. Un des premiers résultats de leurs conférences fut d’ordonner au commandant de la flotte, Cincius, de se porter devant Locres, et à une partie des troupes campées près de Tarente d'aller investir cette même ville de Locres par terre. Mais Anibal, informe par les Thuriens du mouvement de ces troupes, eut recours à ses artifices ordinaires, il embusqua sur leur chemin trois inille cavaliers et deux mille hommes d'infanterie ; et, lorsqu'elles parvinrent, sans précaution et sans défiance, à un vallon où serpenteit le Laüs, aujourd’hui le Lao, elles se virent enveloppées tout à coup par cinq mille ennemis. Une action vive s’en: gagea, où deux mille Romains furent massacrés, et douze cents faits prisonniers; le surplus s'enfuit, et à travers les rochers et les forêts regagna Tarente, tandis que Cincius commençait le siége de Locres. Annibal ignorait encore la jonction des deux consuls, il ne lapprit que lorsqu'il eut établi son camp auprès des leurs. Ne voulant pas les combattre tous deux ensemble, il se con- Unt dans ses retranchements, ne se permit que des escarmouches, et attendit l’occasio” d’user de stratage.
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mes. Un tertre où plusieurs ruisseaux prenaient leur source lui parut plus propre à une embuscade qu’à un campement. Les Romains, au contraire, se plaignaient de n’y avoir pas été conduits par leurs deux chefs; et Marcellus inclinait fort à les y placer : il ne soupconnait pas qu'Annibal s’en emparait. Des détachements numides s’y transportaient durant la nuit, et s’y tepaient cachés le jour dans les trous du rocher et dans les broussailles. Un seul homme se montrait sur la hauteur, d’où. il observait les mouvements des Romains et en donnait avis à leurs ennemis, Marcellus entraîna son collègue à visiter ce poste. Plutarque raconte qu'avant de se mettre en marche, les consuls ordonnèrent des sacrifices; qu’on trouva dans la première victime immolée un foie sans tête, présage funeste selon la science des aruspices ; que dans la seconde, au contraire, la tête du foie était d’un très-grand volume, ce qui faisait compensation. Marcellus accepta ce second augure, quoique les experts le jugeassent fort suspect. Le récit de cette même aventure pa: Valère-Maxime donne deux têtes au second foie. Quoi qu'il en puisse être , voilà les deux généraux qui partent, escortés seulement de deux cent vingt cavaliers, dont cent quatre-vingts sont étrusques et quarante frégellans. Marcellus le fils, tribun légionnaire, accompagne son père; Aulus Manlius, autre chef de légion, se joint à eux, ainsi que deux commandants de troupes alliées, Lucius Arennius et Manins Aulius. Les Numides embusqués, 2vertis par leur sentinelle de l'approche de ce petit corps de Romains, le laissent avancer jusqu'au pied du rocher, fondent sur lui à l’improviste, l’attaquent en front et en queue. Les perfides ou lâches Étrusques prennent aussitôt la
ER
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fuite : il ne reste autour des consuls que les Frégellans et Lnq ou six officiers. Percé d’un coup de lance, Marcellus tombe de cheval et périt. Crispinus, malgré deux blessures dangereuses, Marcellus fils, plus légèrement atteint, et quelques autres guerriers réussissent à force de bravoure à se dégager, et retournent à leur camp. Aulus Manlius, Manius Aulius, ei presque tous les Frégellans expirent. Arennius, dix-huit cavaliers, et Lucius Arennius demeurent captifs entre les mains de l'ennemi. Le camp romain apprend trop tard ce désastre; on s’y apprête à marcher au secours des deux oénéraux, mais l’arrivée de Crispinus et du petit nombre de guerriers sauvés avec lui arrête le mouvement de l’armée.
Ainsi mourait ce Marcellus, redouté d’Annibal, le vainqueur de Syracuse, et l’un des grands citoyens de Rome. Sa mort honorait son courage, mais non sa prudence et son habileté; elle lui laissait la réputation d’un soldat intrépide plutôt que d’un sage capitaine; et la patrie pouvait lui reprocher le malheur même dont il était la plus regrettable victime. Elle n’oublia pourtant jamais les services qu’il lui avait rendus ni les soins qu'il avait pris pour faire rejaillir sur elle l'éclat de; arts de la Grèce. Il avait aussi, si nous en croyons Plutarque, fondé à Catane en Sicile un magnifique gymnase, et si richement décoré le temple de Minerve à Linde , dans l’île de Rhodes, que par reconnaissance les habitants lui érigèrent à lui-même une statue en ce même lieu. On y lisait une inscription que Posidoni1s a recueillie, et qu'Amyot a traduite en ces terines :
Amy passant, tu vois icy l’image De Claudius Marcellus, le lignage
Duquel e:
Est esclar Pour ce «
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Je ne dois] vers d'Amy pes et leur F d'hui. Pluta porter de £ tableaux, qi divinités my celles qu'Hé naître en el du principe En terminar occuper, Pl honorablem poux de Ju déplorée pai que bien cl:
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Duquel estant à Rome très-illustre,\
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En son pais, où le lieu consulaire
Il tint sept fois (1), et à chascune feit
Des ennemis grand meurtre, qu’il desfeit.
Je ne dois pas craindre, Messieurs, de vous citer ces vers d’Amyot; car ils ressemblent fort, par leur coupes et leur prosaisme, à ceux qui se fabriquent aujourd'hui. Plutarque assure de plus que Marcellus fit transporter de Syracuse à Samothrace des statues et des tableaux, qu’on plaça dans le temple des dieux Cabires, divinités mystérieuses qui pourraient être les mêmes que elles qu'Hérodote appelle Patæques. On a cru reconnaître en elles la triade, composée du principe actif, du principe passif, et du cosmos ou produit universel En terminant la vie du consul célèbre qui vient de nous occuper, Plutarque dit que sa postérité s’est perpétuée honorablement jusqu’à Marcellus, fils d'Octavie et l’époux de Julie, celui dont la mort prématurée a été déplorée par Virgile en des vers encore admirés, quoique bien classiques.
Annmibal n'eut pas plutôt appris l'événement ines-
péré qui venait de s’accomplir, q#'il se rendit au lieu
où restait étendu le corps du consul ; et, loin de laisser éclater la joie qu'il en pouvait ressentir, il se montra sensible au malheur d'un s redoutable ennemi, H lui enleva du doigt l’anneau avec lequel le consul eachetait ses dépêches, se promettant apparemment d'en faire, u besoin, quelque artificieux usage. Aulu-Gelle dit que les Romains, ainsi que les Grecs, portaient an anneau, une bague, au quatrième doigt de la main gau-
(1) I fallait dire cinq fois.
che, doigt appelé par cette raison annulaire; et nou: voyons, dans Macrobe, que les anciens s'étaient figure que l’un des nerfs de ce doigt s’étendait et communi-
quait au cœur. Selon Pline,les Romains, dès les premiers temps, jortaient deux anueaux, savoir aux deux doigts qui précèdent immédiatement le netit; c’est ce que cet auteur a vérifié lui-même sur des statues de Numa et de Servius Tullius; mais, dans la suite, ces ornements se multiplièrent sur l’une et l’autre main à toutes les jointures digitales, Lucien parle d’un homme qui en avait seize ; Juvénal, de Crispinus qui pouvait à peine soutenir je poids de ses bagues :
Ventilet æstivum digitis sudantibus aurum
Nec sufferre queat majoris pondera gemn et Martial, de Charinus qui ne les dépo:t pes même la nuit :
Senos Charinus omnibus digitis gerit,
Nec nocte ponit, annulos.
Le général carthaginois contempla longtemps le corps du consul, admira sa taille et la noblesse de ses traits, ordonna de l’ensevelir dans une étoffe précieuse, le fit porter pompeusement sur le bûcher, recueilli les cendres, les renferma dans une urne d'argent, surmontée de deux couronnes, l’une d’or, l’autre de laurier, et renvoya les restes de Marceilus à son fils, qui avait reçu, comme je l'ai dit, une blessure légère dans le combat. On a débité que des Numides attaquèrent les
porteurs de cette urne funèbre; qu’elle tomba par |
terre et se brisa; que les cendres qu’elle renfermait se
dispersèrent sur la place; qu'Annibal punit ces bri-
gands, et laissa d’ailleurs les restes de Marcellus sans sépulture, disant que, puisque tel était l'arrêt du des-
Æ ctant sorti
in,ilne, dieux. Plu et à Valèr pareil dan sous les no vait au cor de Tite-Lix nues intact cun moyen et celui de que le bio dire qu'An lus au lieu in quo pug tum Marce in fait rem cernalent « Caius Lélh l'an traditid de Mar-ellu exact. Titeces trois re différaient ; auteurs ,, pl
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CENT TREIZIÈME LEÇON. 267 in, il ne convenait pas de s'opposer à la volonté des dieux. Plutarque attribue ce récit à Cornélius Népos et à Valère-Maxime; mais nous ne lisons plus rien de pareil dans les livres, fort apocryphes, qui subsistent sous les noms de ces deux auteurs; et Plutarque trouvait au contraire, dans les écrits de César Auguste et de Tite-Live, que les cendres du consul étaient parvenues intactes aux mains de son fils. Nous n'avons auun moyen de vérifier le témoignage de César Auguste; et celui de Tite-Live n’est pas tel, à beaucoup près, que le biographe grec le suppose; car il consiste à dire qu'Annibal inhuma lui-même le corps de Marcellus au lieu où il l'avait trouvé : Castra in tumulum in quo pugnatum est, exlemplo transfert; ibi inventum Marcelli corpus sepelit. Du reste, l'historien latin fait remarquer les variantes des relations qui évncrnaient cet événement ; il cite Lucius Célius, ou Caius Lélius, qui avait recueilli trois récits fort divers : l'an traditionnel, l’autre emprunté de éloge funèbre de Mar-ellus prononcé par son fils, et un troisième plus «xact. Tite-Live ne prend pas la peine de nous exposer cs trois relations, de nous apprendre en quoi elles différaient ; il se contente de dire que la plupart des auteurs, plerique, s'accordent à dire que le consul, étant sorti de son camp pour aller à la découverte,
périt dans une embuscade. Voyez, Messieurs, par cet
exemple après tant d’autres, combien il reste d’incerlitudes sur les détails des anciennes aunales, et jugez si le scepticisme, appliqué à de telles particularités, n'est pas le résultat nécessaire des observations attentives et des ctudes exactes.
Annibal s'étant posté sur la hauteur qui venait d’être
GR em us mms im nr ME vom
si fatale aux Roumains, Crispinus, leur seul eonsul, décampa dès la nuit suivante, quoique fort souffrant de ses blessures, et alla s'établir entre des montagnes du plus difficile accès. Informé que le général africain s'était emparé du cachet de Marcellus, il se häâta d’expédier des courriers à toutes les villes alliées, pour les prémunir contre les lettres qui lcur parviendraient scellées de cet anneau. Les anciens employaient leurs bagues à cet usage : Veteres non ornatus, sed signandi causa annulum secum fercbant, dit Macrobe. Ua fil réunissait les plis de leurs dépêches; et ils en fixaient le nœud en y appliquant de la cire ou quelque substance molle, qui recevait l'empreinte de l’anneau. Un des personnages de Plaute s’en explique en ces termes :
Cedo te ceram ac linum, actutum age , obliga, obsigna cito,
« vite, de la cire et du lin, liez les plis, et apposez le « cachet, » Et Cicéron, dans sa troisième Catilinaire, dit que, Céthégus ayant reconnu son sceau, on coupa le lin et on lut les lettres : J'abellas proferri jussimus.…. Primurn ostendimus Cethego ; signum cognovit ; nos linum incidimus , legimus. Plusieurs de ces anneaux portant diverses figures nous sont parvenus à travers les âges , et se conservent daus les cabinets d’antiquités. Le courrier de Crispinus arrivait à peine à Salapie, lorsqu'il en survint un autre, transfuge de l’armée ro: maine, qu'Annibal avait chargé de fausses lettres de Marcellus. La garnison romaine y était invitée à se présenter au-devant du consul, qui viendrait au milieu de a nuit suivante. Les Salapiens renvoyèrent le messager, avec ordre de dire au prétendu consul qu'il trouverait
tout disposé pour le recevoir, Des bourgeois armés de | LA Le,
traits se | pes se «li les meille après mi avant-gar de Carth en latin q se lève au passer six à coup sû avec fraca vent du h hors. Dan cents; les Annibal se le piége qu poser sa p
Cincius gon y com
de mieux mort de M nibal cond et marchai Aussitôt cette pre reuse sorti bre et en v lorsque, en ils se vire les machir et revint à Locres. C1
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tagnes africain la d’exour les draient it leurs ed sigacrobe.
et ils en quelque eau. Un termes :
na cito,
pposez le ilinaire, coupa le SSEIUS.…..
OVEL ; OS anneaux à travers ntiquités.
Salapie, armée ro:
s de Marje présenlieu dela messager.
Lrouveräit
armés de
CENT TREIZIÈME LEÇON. 269 traits se rangèrent sur les remparts; des corps de troupes se distribuèrent sur divers points de la place, et les meilleurs soldats près des portes. Vers trois heures après minuit, Annibal arrive devant les murs : son avant-garde est composée de déserteurs romains et de Carthaginois vêtus à la romaine. Ils demandent en latin qu’on leur ouvre la porte; et en effet la herse se lève au moyen de leviers et des cordes. On en laissa passer six cents, autant qu’il en faut pour les massacrer à coup sûr et sans risques. Aussitôt la herse retombe avec fracas, et à ce signal les traits et les pierres pleuvent du haut des murs sur les ennemis restés en dehors. Dans l’intérieur de la ville, on égorge les six cents; les rues sont bientôt jonchées de leurs cadavres. Annibal se retira, comprenant qu’il était tombé dans le piége qu'il avait tendu, mais s'étant bien gardé d'’exposer sa propre personne.
Cincius continuait et pressait le siége de Locres. Magon y commandait pour Carthage, et reprenait l'espoir de mieux défendre la place, depuis qu’il savait la mort de Marcellus , et que de plus il apprenait qu’Annibal conduisait son armée au secours des assiégés, et marchait précédé d’un corps nombreux de cavalerie. Aussitôt que du haut des tours Magon eut apercu cette première troupe, il fit à l’improviste une vigoureuse sortie contre les Romains, qui, supérieurs en nombre et en valeur, repoussaient victorieusement l’ennemi, lorsque, enveloppés tout à coup parla cavalerieafricaine, ils se virent forcés à la retraite. Cincius, abandonnant ls machines, reçut les troupes de terre sur sa flotte, et revint à Rome. Annibal se maintint en possession de Locres. Crispinus, de plus en plus malade de ses blessu-
res, se dégagea des montagnes, confia les troupes de Marcellus à un lieutenant général qu’il chargea de les conuire à Venouse, et partit suivi des siennes pour Capoue. De là, il écrivit aux sénateurs une lettre conçue à peu près en ces termes : « Mon collègue n’est plus, “et je ne lui survivrai pas longtemps; il faut de nou. « veaux chefs à la république. Tarente est menacée « par l’ennemi qui a fait lever le siége de Locres : en- « voyez-moi trois d'entre vous à qui je puisse confier « les secrets de l’État, et qui m'aideront de leurs con- « seils. » Le sénat confia l’armée de Marcellus à Fabius, fils du Temporiseur, et vers Crispinus députa Cincius Alimentus qui revenait de Sicile, Sextus Julius César :! Licinius Pollion. Ils avaient ordre d'inviter le consul, si ne pouvait se rendre à Rome pour tenir les comices délection, de nommer à cet effet un dictateur, On priai
aussi Crispinus de se transporter avec ses troupes à Ta- 4
rente, si sa santé le lui permettait , et d’en faire partir le préteur Quintus Claudius , afin de préserver les villes alliées de l'invasion des Carthaginois. On ne sait pas si le consul quitta Capoue, s’il mourut dans cette ville ou à Tarente : c'est une question qui reste indécise; mais, avant d’expirer, il nomma dictateur Titus Manlius Torquatus, qui prit pour commandant de la ca valerie Caius Servilius, alors édile curule. Le sénat thargea le nouveau dictateur de présider à la célébration des grands jeux, voués en 217 par le préteur Marcus Æmilius. En les célébrant avec l'appareil ordinaire, Manlius Torquatus promit, au nom de la république, qu’ils seraient renouvelés ox la cinquième année suivante. Les affaires de Rome n'étaient pas heureuses au midi de Fitalie; mais Annibal ne savait
Adace, et sd
par Marcell
point enc prospérai en Grèce profita de descendi::
sur le terr où est mai d'Adrumèëi rent un cr sent en de:
tant leur f vement, re et courut 1 bat uaval, mis, en pr
jrelle, regas
Cependa, Gaule, se son frère A arrêter sat biles et vail de quatre-v délibératio sur Claudi on sentait prudent, q
du général Salinator, q à la campa, bablement