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de Marles cones pour e conçue est plus, de noumenacée res : ene confier eurs COnà Fabius, a Cincius ; César ‘!
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“tus Mant de la «a . Le sénat la célébrale préteur ppareil orn de la récinquième étaient pas il ne savait
par Marcellus et Lévinus,
CENT TREIZIÈME LEÇON. 271 point encore profiter de ses succès; et Carthage ne prospérait ni en Espagne, ni, comme nous l’avons vu, en Grèce, ni enfin en Sicile. Le proconsul Lévinus profita de l'éloignement de la flotte carthaginoise pour descendis, avec cent vaisseaux, de Sicile en Afrique, sur le territoire de Clypéa ou Aspis, située vers l’endroit où est maintenant Kalibia, entre le cap Bon et le port d'Adrumèie. De belles et fertiles campagnes y souffrirent un cruel ravage, sans que les Carthaginois se missent en devoir de les defenui :. Ils y rappelèrent pourtant leur flotte; et Lévinus, dès qu’il la sut en mouvement, rembarqua ses troupes avec un riche butin, et courut insulter les galères africaines, Il livra un combat naval, dissipa quatre-vingt-trois vaisseaux ennemis, en prit dix-huit, et, enrichi de cette proie nou-
velle, regagna Lilybée.
Cependant Asdrubal, parti d'Espagne, traversait la Gaule, se disposait à passer les Alpes et à rejoindre son frère Annibal. La première mesure à prendre pour arrêter sa marche était de donner à la république d’habiles et vaillants consuls. Le grand Fabius, âgé de plus de quatre-vingts ans, ne semblait plus propre qu’aux délibérations intérieures cri sénat. On jeta les yeux sur Claudius Néron, dont la valeur était éprouvée; mais on sentait le besoin de lui adjoindre un collègue plus prudent, qui sût, au besoin, tempérer sa bouillante au-
Adace, et se mieux tenir en garde contre les astuces
du général carthaginois, On se ressouvint de Livius Salinator, qui, après son con-ulat, en 2 10, s'était confiné à la campagne, mécontent d’une condamnation probablement injuste. Depuis, rappelé au sein de la ville consuls en 210, il n’y avait
reparu qu'avec une longue barbe et tous les signes ex. térieurs de ses profonds ressentiments. Lorsqu’ensuite les censeurs l’eure:t obligé de reprendre sa place au sénat, il s’y était condamné à n’opiner qu’en fort peu de mots, ou en se rangeant à l’avis déjà proposé qu'il entendait adopter. Il n'avait rompu ce silence que pour défendre avec courage son parent Livius Macatus, l’ancien gouverneur de Tarente. Maintenant qu'il voyait ses concitoyens disposés à le nommer consul, il sop. posait de tout son pouvoir à leur vœu : « Irai-je, di. « sait-il, aussi léger que ce peuple, quitter mes ha. « bits lugubres pour me revêtir de la robe blanche de « ceux qui prétendent à ses suffrages? S'il me juge « digne de reprendre les faisceaux, pourquoi m’a-t:il « condamne? Et, si la sentence qu'il a portée contre
« moi est équitable, pourquoi vient-il noffrir des |
« honneurs? » On lui répondait que les erreurs d'in père ou d’une patrie ne dispensent pas les enfants de leurs obligations, et on lui citait l’exemple de Camille, accourant d’un injuste exil au secours de ceux qui l'a: vaient banni : Livius se laissa fléchir.
Les centuries, après lui avoir décerné le consult ainsi qu'à Claudius Néron, élurent quatre préteurs, entre lesquels le sort distribua les fonctions de cette manière : Caius Hostilius préteur urbain ; Lucius Porcius préteur des étrangers, et commandant militaire dansk Gaule Cisalpine; Mamilius en Sicile; Aulus Hostilius en Sardaigne. Fulvius Flaccus eut à conduire , en qualité de proconsul, l’armée de Crispinus dansle Bruttiuni: Lévinus conserva le commandement de la flotte sur les côtes de la Sicile; Sulpicius Galba, celui de la flotte destinée à veiller sur la Grèce ; les Scipions et, sous eux,
le propr d'Espagr gion en ( à Tarent ins, à 1 républiqu celles que associer € expéditio:
et le vieu»
Livius ne dans son .
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«comman «tre. » L torité poui quand il s séparation ser l’un d’e drubal dar ‘on au m Caule Cisa de l'an de l'ère vulge L’histoi des fêtes, prodiges, d perstitieux cante dans cellus; et sacrifices , AIX.
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> consulat | préteurs, s de cette ius Porcits ire dans la s Hostihius ‘e , en qui , Bruttiun; à flotte sur de la flotte t, sous eux,
CENT TREIZIÈME LEÇON. 273 le propréteur Silanus restèrent à la tête des armées d'Espagne. On confia au propréteur Tubulus une légion en Campanie, à Claudius Flamininus deux légions à Tarente , avec ordre de protéger le pays des Sallenins, à Térentius Varron deux légions en Étrurie. La république en mettait sur pied vingt-trois, y compris celles que les deux consuls commanderaient, On ne put lans une seule et même
rop de mésintelligence,
bout de les réconcilier!
Livius ne pardonnait ; on de l'avoir négligé dans son adversité. « Non, disait-il, ne tentez pas de « rapprocher deux cœurs si peu faits lun pour l’autre ; «fiez-vous plutôt à l’émulation jalouse qui va nous «commander des efforts pour nous surpasser l’un l'au- «tre. » Le sénat eut besoin d'employer toute son auiorité pour obtenir d’eux la promesse de se concerter quand il s'agirait du salut public. En tout cas, leur séparation aurait été inévitable, puisqu'il fallait opposer l’un d’eux à Annibal dans le Bruttium , l’autre à Asdrubal dans la Gaule Cisalpine. Le sort envoya Né- ‘sn au midi de l'Italie, et Livius au nord, dans la
associer ces deux magis expédition : il régnait et le vieux Fabius ne
Gaule Cisalpine. Ils entraient en charge le 15 mars
de l'an de Rome 547, 5 mars julien de l’an 207 avant l'ère vulgaire.
L'histoire de chaque année consulaire commence par des fêtes, des jeux, des cérémonies religieuses, et des prodiges, qui ne manquent jamais chez les peuples superstitieux. Publius Ælius Pætus obtint une place vacante dans le collège des augures par le décès de Marcellus; et Cnéius Cornélius Dolabella devint roi des
sacrifices, en remplacement de Marcus Marcius mort AIX. 18
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depuis deux années. Les édiles, tant curules que plébéiens, donnèrent des jeux publics, à l’occasion desquels il y eut un lectisterne en l'honneur de Jupiter. ‘On décora de trois nouvelles statues le temple de Cérès. Un travail plus utile fut entrepris pour couvrir la place où se tenaient les comices par curies : jusqu'alors le peuple romain ne s'était assemblé qu’en plein air, sans abri contre la pluie ni contre l’ardeur du soleil, Maintenant, Messieurs, voici les prodiges de l’année : une pluie de pierres à Véies; la foudre frappant à Minturnes le temple de Jupiter et le bois sacré de Marica, déesse de l'endroit, femme de Faunus, ou personnage à confondre soit avec Vénus, soit avec Circé; un autre coup de tonnerre sur le mur et la porte d’Atella, et dans la même ville un ruisseau de sang ; à Capoue, un loup qui met en pièces le gardien de l’une des portes ; des pluies de pierres et de grêles sur l’Aventin, sur le lieu le plus ‘sacré de ce mont, sur l’Armilustrum, place que Plutarque y indique près du tombeau de Tatius ; un nouveau né venant au monde à Frusinoneavec la taille et la force d’un enfant de quatre ans; un autre dont on ne peut reconnaître le sexe. Ce dernier présage est si funeste, au dire des devins d’Étrurie, qu’on transporte l'enfant hors du territoire romain, et qu’on l’abandonne, enfermé dans un coffre, à la merci des flots. Pour les autres prodiges, on se contenta des expiations ordinaires, des sacrifices, une neuvaine solennelle, sacrum novemdiale. Enfin le poëte Livius Andronicus, l’affranchi de Livius Salinator et le fondateur du théâtre latin, ainsi que je l'ai exposé, ayant composé un cantique sacré, il arriva que, tandis que trois fois neuf jeunes filles choisies pour représenter trois fois le chœur des
neuf temp de la pices court dame cret « et aux charg tribut conse on fit lui of donnè ple de Carme jusqu’ Vélab:
s'ouvre de vict de cyf traînar rues q leurs f marche cette p en se té son de peuple considé et se dé
Quai
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l’année :
nt à Mine Marica, »rsonnage un autre a, et dans n loup qui des pluies ieu le plus que Plun nouveau et la force e peut reneste , au nfant hors , enfermé utres proaires, des
noveml'affranchi tre latin, n cantique cuf jeunes ‘hœur des
CENT TRÉIZIÈME LEÇON, 275 neuf Muses, s’exerçaient à chanter ce poëme dans le temple de Jupiter Stator, la foudre éclata sur le temple de la reine Junou au mont Aventin encore, Les aruspices consultés déclarèrent qu'il s'agissait d'apaiser le courroux de cette déesse, et que ce soin regardait les dames romaines. Rassemblées au Capitole par un décret des édiles curules, les dames domiciliées à Rome et aux environs de cette ville dans un rayon de dix milles chargèrent vingt-cinq d’entre elles de recueillir les contributions qu’elles payeraient toutes sur leurs dots, du consentement de leurs maris. Du produit de cette is on fit un bassin d’or, qu’elles présentèrent à Junon pis lui offrant aussi un sacrifice. Les quindécemvirs ps donnèrent de plus une marche, qui commença au temple de Junon hors des murs, continua par la porte Carmentale, de là par la rue appelée Ficus jugarius jusqu’à la grande piace, puis au marché aux bœufs Vélabre et au temple de Junon reine, La procession souvrait par deux vaches blanches, destinées à servir de victimes : suivaient deux statues de la déesse en bois de cyprès, puis vingt-sept filles, qui, vêtues de robes traînantes, faisaient retentir de leurs chants toutes les rues que l’on traversait. Les décemvirs, couverts de leurs prétextes et couronnés de lauriers, fermaient la marche. Arrivées au terme ou peut-être au milieu de cette promenade, les jeunes filles formèrent un cercle en se tenant par des rubans, et dansèrent un branle au son de leurs chansons. Il est déplorable de voir un peuple qui a des affaires sérieuses à traiter, une guerre considérable à soutenir, s'amuser de pareilles futilités et se dégrader-par tant de pratiques superstitieuses, | Quand on eut assez sacrifié, chanté ct dansé en 18,
rond, les consuls procédèrent à l’enrôlement avec plas de rigueur que jamais, à la ville, dans les campagnes, et jusque dans les colonies maritimes, qu’on avait auparavant exemptées de fournir des contingents de troupes, parce qu’elles se chargeaient de garder les côtes et de repousser les pirates. Sept de ces colonies, Ostie, Alsium, Anxur ou Terracine, Minturnes, Sinuessa, Sena Gallica (ou Sinigaglia) et Antium réclamèrent. Leurs députés n’obtinrent aucune rémission, excepté ceux d’Antium et d’Ostie. Encore obligea-t-on les jeunes gens de ces deux villes à jurer qu’ils ne passeraient jamais, plus de quarante à ia fois, une seule nuit hors de leurs murs. Au lieu de ultra quadraginta, plusieurs éditions de Tite-Live portent ultra triginta dies, pas plus de trente jours, leçon beaucoup moins plausible. Car il y aurait eu, en des circonstances si critiques , trop d’imprudence à permettre à toute la jeunesse de ces deux places de s’absenter pendant un mois entier. On voulut au contraire s'assurer tant de renforts, qu’on fit reprendre les armes'aux anciens volones de Sempronius, et qu'on autorisa les consuls à choisir, dans les divers camps de leurs provirces, autant de troupes qu’ils jugeraient à propos : grossir leurs armées. Scipion envoya d'Espagne à Livius douze mille hommes: savoir, deux mille légionnaires, huit mille Espagnols et Gaulois, et deux mille cavaliers tant Ibériens que Numides, tous sous la conduite de Marcus Lucrétius; enfin quatre mille archers et frondeurs vinrent de Sicile, expédiés par le préteur Mamilius. Il ne fallait pas de moindres préparatifs pour résister efficacement aux deux frères, Annibal et Asdrubal. Cependant le premier demeurait encore en repos au fond de l'Italie mé-
ridion, franch quelles
avait s vernes etiltre depuis Alpes.
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rienne ; de l’occ venaien de la Ga leur dé livrait d « disait.
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excepté jeunes ient jahors de lusieurs es ; pas ausible, es , trop de ces tier. On s, qu’on emprodans les troupes armées.
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spagnols iens que icrétius; rent de ne fallait acement at le pretalie mé-
CENT TREIZIÈME LEÇON. 2797 ridionale : il n’espérait pas qu'Asdrubal pût de sitôt franchir les Alpes, se souvenant des difficultés par lesquelles il y avait été lui-même arrêté. Mais Asdrubal avait su gagner l’affection des Gaulois : beaucoup d'Arvernes et d’autres montaguards s'étaient joints à lui, et il trouvait les routes plus praticables et fort aplanies depuis onze ans. Aussi paraissait-il déjà au sommet des Alpes. Les huit mille Liguriens armés par Carthage se disposaient à le rejoindre, et toute la nation ligurienne à le soutenir, si l’on ne se hâtait de lui donner de l'occupation chez elle. Ces nouvelles et ces avis parvenaient au sénat, adressés par Lucius Porcius, préteur de la Gaule Cisalpine. Les deux consuls accélérèrent donc leur départ, même sans avoir achevé les levées. Rome se livrait déjà aux plus mortelles alarines. « Les dieux. « disait-on, voudront-ils nous protéger à lorient et à « l'occident? Ne réservent-ils pas à ces deux frères l’hon- «neur de nous porter les derniers coups? Jusqu'ici nous «avons pu réparer nos désastres de Trasimène et de « Cannes par la conquête de la Sicile, par des succès «en Espagne et des victoires en Italie; mais la scène « vient de changer : deux armées s’avancent sur Rome, «et vont la presser des deux parts. Nos consuls com- « battront séparés, et le premier qui sera vaincu va ren- « dre immanquable la jonction des deux armées enne- « mies, »
On rapporte, Messieurs, que Fabius, usant de l'autorité que lui donnaient sa longue expérience et sa dignité de prince du sénat, exhorta Livius à la prudence. « Ne vous hâtez pas, lui dit-il, de livrer bataille, « n’agissez qu'après avoir mürement observé. — Pour- «quoi donc, répondit Livius, me prescrirais-je tant
« de lenteurs? 11 me tarde au contraire ou de me cou- « vrir de gloire, si je suis vainqueur, ou de me réjouir « d’un nouveau désastre des Romains, si je suis vaincu. » Ce discours serait exécrable : il faut penser que Livius ne la point tenu; car ses actions l’ont démenti. De son côté, Néron, en arrivant dans les villes Sallentines, où la plus forte partie de son armée était distribuée, trouva la campagne déjà commencée fort avantageusement par le préteur Hostilius, qui, informé qu’Annibal conduisait ses troupes vers Sallente, par le territoire de Larinum ou Larina, s’était élancé sur lui, et, le mettant en déroute, lui avait tué environ quatre mille soldats et pris neuf étendards. Le préteur victorieux vint au-devant du consul, et lui remit son armée, Néron choisit quarante mille hommes d'infanterie, deux mille cinq cents de cavalerie, et chargea Hostilius de conduire le surplus à Capoue. Annibal, retiré dans le Bruttium, y rassemblait toutes ses forces : de ses troupes de campagne et des .garnisons de ses villes, il ne composait qu’une seule armée. Aspirant à rentrer dans les places qui s’étaient redonnées à Rome, il se porta d’abord sur Grumente, et vint camper au pied des murs. Néron s’y rendit, et les deux camps n'étaient qu'à cinq cents pas l’un de l’autre. La plaine qui les séparait, environnée de coteaux découverts, libre ellemême de buissons et de broussailles, ne laissait craindre aucune embuscade. Il s’y livra plusieurs petits combats : Annibal eût mieux aimé une action générale qui pât lui ouvrir la route de la Gaule Cisalpine, où Asdrubal venait de descendre et assiégeait déjà Plaisance. Le consul, malgré son extrême vivacité, n’acceptait point les défis du Carthaginois; mais il forma un corps
de deux
légionna taire, Til troupes !
avaient c le somm rière ces de son ca en bataill d'ordre q par ses ce temps l’a que soude dont pou rangs, sui combattre des mani} dent un veloppé et pes déjà sept mille quatre élé journée le que cinq reparut d tant point fit dépoui cents Ro Annibe jour jusq décamper néanmoit
* couéjouir uCU. »
Livius Je son es, où ibuée, tageuqu'An- > terriui, et, quatre victoarmée, e, deux lius de dans le es (rou- , ilne er dans 5e porta ed des étaient qui les bre elleit crainits comrale qui où Àslaisance.
icceptait un Corps
de deux mille cinq cents alliés et de cinq manipules de légionnaires , et en confia la conduite à un tribun militaire, Tibérius Claudius Asellus, et à l’un des préfets de troupes alliées, Publius Claudius. Ces deux officiers avaient ordre de partir durant la nuit : ils gagnèrent le sommet des collines, et cachèrent leurs soldats derrière ces hauteurs. Au point du jour, Néron fait sortir de son camp son infanterie et sa cavalerie; il les range en bataille; et, voyant les ennemis accourir avec moins d'ordre que d’impatience, il fait commencer le choc par ses cavaliers qu’Aurunculéius commande, En même temps l’aile droite des Romains s’avance, et cette attaque soudaine iuspire aux Carthaginois une vive alarme, dont pourtant ils se remettent : ils reprennent leurs rangs, suivent leurs enseignes, et, quoique surpris, vont combattre sans désavantage, quand tout à coup les cris des manipules embusqués derrière les collines répandent un nouvel effroi. Annibal lui-même se croit enveloppé et se presse de ramener sous les tentes ses troupes déjà débandées. Huit mille Carthaginois massacrés, sept mille autres prisonniers , neuf étendards enlevés, quatre éléphants tués et deux pris : tels furent en cette journée les avantages des Romains, qui n'avaient perdu que cinq cents homines. Deux jours après, le consul reparut dans la plaine, et, le combat qu’il offrait n’étant point accepté, il resta maître du champ de bataille, fit dépouiller les vaincus et brûler les corps des cinq cents Romains qu’il avait à regretter.
Annibal, fatigué des insultes qu’il essuyait chaque jour jusqu'aux portes de son camp, prit le parti de décamper en silence, au milieu d’une nuit, laissant néanmoins, selon son ancienne habitude, des feux al-
tumés, des tentes dressées, et un petit nombre de Numides sur les remparts. Attaqués dès le lendemain, ces Numides montèrent à cheval, et regagnèrent à toute bride le gros de l’armée carthaginoise, que son chef menait dans l’Apulie. Néron s’empara, non sans précaution, du camp ennemi, en abandonna le pillage à ses soldats, se mit avec eux à la poursuite des Africains, et les atteignit près de Venouse. Là s’engagea un combat où Annibal perdit encore deux mille hommes, surcroit de revers qui le força de se rendre à Métaponte, pour y prendre et joindre à son armée les troupes d'Hannon. Celui-ci alla faire de nouvelles levées dans le Bruttium; Annibal revint à Venouse, et s’avança jusque vers Caausium. Néron, qui l’avait suivi jusqu’à Métaponte, ent voya Fulvius défendre la Lucanie, si elle venait à être attaquée. Cependant Asdrubal , forcé de lever le siége de Plaisance, avait envoyé à son frère quatre cavaliers gaulois et deux Numides, porteurs de lettres. Ces émissaires avaient échappé, dans presque toute la longueur de l'Italie, à la vigilance des Romains : ils cherchaient Annibal autour de Métaponte, lorsque, s’égarant en des chemins qu’ils ne connaissaient pas, ils tombèrent, près de Tarente, entre les mains de quelques fourrageurs de l’armée romaine, qui les conduisirent au propréteur Claudius. En vain ils essayèrent de tromper cet officier par des réponses évasives : l'appareil des tortures leur arracha l’aveu de leur mission et leurs lettres, que le propréteur remit toutes cachetées au tribun légionnaire Virginius, pour être portées à Néron, vers qui l’on menait aussi les six émissaires sous l’escorte de deux escadrons samnites. Ces lettres, traduites par un interprète, et les réponses des six captifs apprenaient qu'As-
drubal, ay tendre sot grand des:
ves circon des lois c« lettres int tion des d brie, il co vrait Capo diriger des riers expéc aux Frent de tenir pi soldats, di de transpc sx mille f s'emparer |
restait sa nemi tel Picénum reur de ce
de Nu-
ain, ces toute hef meprécaube à ses ains, et combat surcroît te, pour annon.
uttium ; vers Cante, en+ it à être le siége cavaliers es émislongueur erchaient nt en des mbèrent, irrageurs ropréteur et officier ures leur es, que le gionnaire l’on medeux esun inter-
nt qu'Às-
drubal, ayant manqué la prise de Plaisance, allait attendre son frère en Ombrie. Néron conçut alors un grand dessein, qu’il tint secret, persuadé que, en de graves circonstances, un général doit s'élever au-dessus des lois communes. Il envoya seulement au sénat les lettres interceptées, en ajoutant que, puisque la jonction des deux armées eunemies devait s’opérer en Ombrie, il convenait d'appeler à Rome la légion qui couvrait Capoue, de faire de nouveaux enrôlements, de diriger des troupes sur Narnie. En même temps des courriers expédiés par lui ‘aux Larinates, aux Marrucins, aux Frentans, aux Prétuciens, portent l’ordre formel de tenir prêts sur tous les chemins des vivres pour les soldats, des chevaux, des voitures, tous les moyens de transport. Aussitôt , il prend l'élite de son armée, six mille fantassins, mille cavaliers, annonce qu’il va s'emparer de la place la plus voisine de la Lucanie , y surprendre la garnison carthaginoise; il ordonne de se tenir disposé à partir au premier signal. En effet il part de nuit, laisse son camp sous la garde de son lieutenant Catius, tourne subitement du côté du Pinum, et marche à grandes journées pour rejoindre sou collègue Livius.
Cette entreprise, dès qu’elle fut connue dans Rc're, y excita des alarmes et du trouble. On ne savait s’il ia fallait approuver ou blâmer, et l’on se réservait de la juger d’après l'événement, ce qui est, dit Tite-Live, le comble de liniquité, quo nihil iniquius est. Un camp restait sans chef et sans force, en présence d’un ennemi tel qu'Annibal. Le consul prenait la route du Picénum et de la Gaule , ne se reposant que sur l’erreur de ceux qui le croiraient sur le chemin de la Lu-
RÉ ESA 7 one ie,
28a HISTOIRE ROMAINE,
canie, Qu'arrivera-t-il lorsque Annibal, mieux instruit, mènera toutes ses forces à la poursuite des six mille soldats de Néron, ou bien fondra sur un camp qui n’a plus de chef, ni de défense, ni d’auspices? On se retraçait les anciens désastres et la mort récente de deux consuls. Si l’on a couru tant de périls, enduré tant de revers, quand il ne fallait résister qu’à une seule ar. mée, qu'à un général, que va-t-on devenir maintenant qu'on a sur les bras deux guerres puniques, deux armées formidables, dont chacune a son Annibal, car Asdrubal est aussi le fils d'Amilcar, et le destructeur en Espagne des deux premiers Scipions? Asdrubal n’a-t-il pas traversé la Gaule et les Alpes plus rapidement que ne l'avait fait son frère? N’a-t-il pas su mieux que Ju séduire et soulever les peuples? Et Néron n’était-il pas celui dont ce même Asdrubal s'est joué en Espagne comme d’un enfant? Ces discours, qui peut-être n'étaient pas tous aussi déraisonnables que Tite-Live le suppose, Néron ne les entendait pas; il poursuivait sa marche audacieuse : quand il l’eut assez avancée, il ne craignit plus de révéler son secret ; il en instruisit son armée, Selon lui, jamais général n’a conçu un dessein plus téméraire en apparence, plus sûr en réalité. La victoire est infaillible. Les forces de Livius sont déjà imposantes, et n’attendent qu’un renfort pour prédominer, L'arrivée inattendue d’une seconde armée, qui ne paraîtra qu’au moment de l’action, achèvera la défaite des Carthaginois. L'opinion régit la guerre, famam bellum conficere , et, selon le cours qu’elle prend, enflamme ou éteint les courages. Ne voit-on pas déjà les peuples accourir sur le passage de cette seconde arnée, applaudir à son dévouement généreux, lui offrir
des vivres lui prodig bienveillar fveurscél va mériter si pressan le jour ni instants di et n'usaien offerts par Neron i de cette ar devait s’of raient séps nocturne € jour ( ess et cavalier ceux de n ron amena troupe s’ét lontaires ; es pour t rait durant lègues occ:
tiers ; et pe de deux mn:
Asdrubal reunis. Soi près de Sin min où An mée, dans | (uarante n
K instruit, six mille 1p qui n’a h se retrade deux ré tant de seule ar.
jaintenant , deux aril, car As- ‘ucteur en pal n’a-t-il ement que ix que Ju tait-il pas 1 Espagne t-être n'éte-Live le rsuivait sa cée, il ne truisit son un dessein éalité, La sont déjà prédomiiée, qui ne la défaite >, famam rend, enas déjà les econde ar- , lui offrir
des vivres, pourvoir avec profusion à tous ses besoins, lui prodiguer tous les témoignages d’admiration et de bienveillance , attirer sur elle par des vœux ardents les faveurscélestes, et préparer d’avanceles couronnes qu’elle va mériter? Rassurés et entraînés par des exhortations si pressantes, les soldats de Néron ne s’arrêtaient ni le jour ni la nuit, u’accordaient à la nature que les instants de repos qu’il était impossible de lui refuser, ctn'usaient qu'avec réserve des secours et des bieufaits offerts par chaque population qu'ils traversaient. Néron informa enfin Livius de l’arrivée prochaine de cette armée ; il le priait de décider si leur jonction devait s'opérer de nuit ou en plein jour; s'ils campeaient séparément ou ensemble, Livius préféra l’arrivée nocturne et l'unité de campement. Il mit à l’ordre du jour ( tessera ) que les tribuns, centurions , fantassins et cavaliers de son armée recevraient dans leurs tentes ceux de même grade et de même arme. Toutefois Néron amenait réellement plus de six mille hommes, sa troupe s'étant grossie en chemin de vétérans et de volbntaires ; mais ils n’apportaient guère que leurs arües pour tout bagage, en sorte qu’un seul camp suffiait durant peu de jours. Probablement. les deux colligues occupèrent des tentes distinctes , en divers quarlers; et peut-être le signal de la trompette se donna-t:il de deux manières différentes aux veilles de la nuit, car Asdrubal soupçonna que les deux consuls s'étaient réunis. Son camp n'était qu’à cinq cents pas du leur, près de Sinigaglia ; il venait de faire en deux mois le chemin où Annibal en avait employé six, en 218. Son armée, dans laquelle il comptait, en descendant les Alpes, quarante mille fantassins, huit mille cavaliers et quinze
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ROMAINE
éléphants, s'était aussi accrue par l'enrôlement d’un très- grand nombre d'Insubriens et de Liguriens. Néron, dès le matin qui suivit la nuit de son arrivée , assem. bla le conseil de guerre; le préteur Porcius s’y trouva, La troupe qu'il commandait s'était postée , avant celle de Livius, vers l'endroit que les consuls occupaient : elle y était parvenue en franchissant les montagnes et en trompant la vigilance des eunemis. Il y avait deux camps voisins ou même contigus, celui de Por. cius et celui des consuls. La plupart des membres du conseil proposaient de différer le combat, afin de lais. ser quelque repos aux soldats de Néron, fatigués d’une marche et longue et rapide. « Quoi donc! s’écria Né.
ron, voulez-vous que nous perdions, par un délai inv- «ile, tout le fruit de notre entreprise, et qu’Annilal « ait le temps de s'apercevoir de mon absence? Non, «il faut que, vainqueur d’Asdrubal, je sois de retour à « Canusium, avant que son frère sache que j'en suis « parti: il faut qu'il apprenne de moi la déroute de l’armée « qu'il a fait venir d’Espagne. » Cet avis prévalut, Les consuls haranguèrent leurs troupes hors du camp. Asdrubal sortit du sien; mais il vit chez les Romains deux chefs leur faisant des allocutions, des boucliers d’une es. pèce nouvelle, des chevaux plus maigres et plus harassés qu'autrefois ; il lui parut même que le nombre de ses ennemis s'était augmenté. Ses soupçons se réveillèrent ; il envoya des détachements pour surprendre, sil était possible, quelques prisonniers, pour reconnaître si l'enceinte du camp romain n’était pas agrandie, pour écouter si la trompette ne sonnait pas deux fois. Les rapports qu’on lui fit auraient pu l’entretenir dans une fausse sécurité; car il n’y avait toujours que deux
HISTOIRE
camps, cel tre n'avait trompette drubal en « ment du pr qu'il fallai et par con:
le poursui bal fait éte nuit, il or umpe en « attendra de certaines, I précipitée, reste derrii mée cartha wldats, las h le long « le jour vien en suit les l'avance, passage co de plus en
Asdrubal à
ent d'un is. Néron, e, assem.
’y trouva, vant celle cupaient :
nontagnes Il y avait ui de Por.
bmbres du in de laisgués d'une écria Ne- | délai inv.
qu'Annibal nce? Non, de retour à le j'en suis
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amps, celui de Livius et celui de Porcius ; ni l'un ni l'autre n'avait pris plus d’étendue; et les deux sons de la trompette ne devaient pas sembler alarmants; mais Asdrubal en distingua trois : ilen conclut qu'indépendamment du préteur, il y avait deux chefs de l’arméeromaine, qu'il fallait donc que Néron eût rejoint son collègue, et par conséquent vaincu Annibal, puisque celui-ci ne l poursuivait point. Tourmenté de ces idées, Asdrubal fait éteindre les feux; dès la première veille de la mit, il ordonne à ses troupes de plier bagage, et déampe en silence; il s'achemine vers l’Insubrie, où il attendra des lettres de son frère et des nouvelles plus œertaines. Dans le désordre d’une retraite nocturne et précipitée , ses guides, mal surveillés , s’échappent ; l'un reste derrière, l’autre passe le fleuve Métaure. L’armée carthaginoise erre à l'aventure, et beaucoup de wldats, las de suivre les enseignes, se couchent çà et h le long des chemins. Le général, en attendant que le jour vienne éclairer sa marche, remonte le Métaure, em suit les détours sinueux, et gagne ainsi trop peu d'avance, En vain il se flatte de trouver bientôt un passage commode; le fleuve s’encaisse entre des rives de plus en plus-élevées à mesure qu’on s'éloigne de son embouchure. Le Métaure ou Metauro a conservé son nom; il arrose le duché d'Urbin , et se jette dans l'Adriatique.
Cependant les Romains poursuivent Asdrubal; ils latteignent. Néron arrive le premier à la tête de sa catlerie; Porcius le suit avec des troupes légères; ils chargent et harcèlent l’arrière-garde carthaginoise, qui & débande , va se retrancher sur une hauteur, ou aider Asdrubal à y fortifier un camp. Mais Livius survient :
il conduit une infanterie qui marche en bon ordre, prête à combattre sans reprendre haleine. Le général africain , forcé de ranger ses troupes en bataille, place à l'aile gauche ses Gaulois, à la droite ses Espagnols et les Carthaginois, au centre les Liguriens précédés d'une ligne d’éléphants. Chez les Romains, Néron commande l'aile droite vis-à-vis les Gaulois ; Livius la droite en re. gard des Africains et des Espagnols; Porcius est au mi. lieu en face des éléphants et des Liguriens. L’aile droite d’Asdrubal s’ébranle la première; la gauche des Romains soutient un choc violent : la terre se couvre de morts, cavaliers et fantassins; et la victoire demeure incertaine, lorsque, dans l’espoir de la décider, Asdrubal dirige contre l’aile de Livius les Liguriens et les éléphants. Aussitôt Porcius met ex mouvement la légion qu'il commande au centre. Ses cavaliers portent des
fantassins en croupe : les uns et les autres attaquent
les éléphants, dont la fureur se tourne contre les batail. lons carthaginois. La ressource d’Asdrubal fut de faire tuer à l'instant six de ces animaux : on leur enfonçait un ciseau entre les oreilles, à l'endroit où le col se joint à la tête, et l’on abattait ainsi ces masses énormes, quand on ne pouvait plus les gouverner. Ceux des éléphants qui échappèrent à la mort coururent sans guide, écrasant tout ce qu'ils rencontraient , Africains et Romains : ils ressemblaient, dit Tite-Live, à des vaisseaux sans gouvernail qui flottent à l'aventure. Ce: pendant Néron n’avait point encore pris part à l’action, parce que l’aile gauloise , opposée à la sienne, était couverte par une colline qui s’avançait dans la plaine. «Eh «quoi! s’écria-t-il, ne serons-nous venus de si loin que « pour être spectateurs oisifs d’unebataille?» Après d'int:
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CENT TRÉIZIÈME LECON.
tiles efforts pour franchir la colline, il détacha quelques cohortes, tourna la ligne, vint fondre sur le flanc droit de l'ennemi, l’attaqua sur les derrières. Ces mouvements, exécutés avec tant de vivacité que les Carthaginois et les Romains eux-mêmes s’en aperçurent à peine, fixèrent le destin de cette journée mémorable, Des Espagnols et des Liguriens massacrés de toutes parts en queue, en flanc et de front, le carnage s’étend aux Gaulois, vaincus d'avance par leurs fatigues de la nuit précédente, par le sommeil, la soif et la chaleur d’un soleil ardent. Asdrubal, après des prodiges de valeur et d'activité, poussa son cheval au milieu d’une cohorte romaine, et périt les armes à la main, comme il convenait au fils d’Amilcar, at frère d’Annibal, patre Hamilcare et Hannibale fruire dignum , dit Tite-Live. Cet historien porte à cinquante-six mille le nombre des ennemis de Rome exterminés aux bords du Métaure, et celui des prisonniers à cinq mille quatre cents. Polybe n’évalue la perte des Carthaginois qu’à dix mille hommes : peut-être n’y comprend-il pas les Gaulois. On prit de plus quatre éléphants; on recouvra quatre mille Romains qu’Asdrubal avait enlevés dans ses courses; on amassa un butin immense en or, en argent, en
effets précieux. Polybe dit qu’on en réserva, pour le trésor public, une valeur de plus de trois cents talents.
Les consuls et le préteur n'avaient perdu, selon certains récits, que deux mille guerriers tant légionnaires qu’al-
liés : d’autres disent huit mille. Il restait à poursuivre
un corps de Cisalpins , échappé ou absent du carnage,
fuyant sans chef et sans étendards ; il eût suffi d’un es-
cadron pour les anéantir : « Non, dit le consul Livius,
288 HISTOIRE ROMAINE. | « laissons vivre quelques ennemis pour publier leur « défaite et notre gloire. » | |
Dans notre prochaine séance, je vous entretiéndrai, Messieurs, des suites de cet événement, et } achèverai l’histoire du consulat de Livius Salinator et de Claudius Néron jusqu’au 23 février 206.
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