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HILOSOPHIE DU MOYEN AGE, DE L’AN 1000 À L’AN

Messieurs, la secte des néo-platoniciens a duré juspue dans le sixième siècle de l’ère chrétienne. Elle avait eu pour chef, au cinquième, l’ardent et laborieux Prous; et jamais le mysticisme des prétendus éclectiques he s'était élevé plus haut. Rien ne lui manquait plus le ce qui pouvait lui mériter le titre de transcendant pu même de transcendental, si cette dernière syllabe Doit ajouter plus de force et de valeur à l'expression. enthousiasme semblait avoir atteint son degré su-prême ; l’extase, sor plus sublime ravissement. Cepenjant, soit par l'effet des conjonctures politiques, soit Bn vertu d'une loi fatale qui condamne toujours à Piescendre du faite où l’on est monté, le néo-platonisme Réprouva, pendant le sixième siècle, une décadence senjible et rapide : son école paraît fermée après Damascius pu quelque autre maître encore moins célèbre. Mais | avait éteint le goût des études positives, et trop bien préparé le moyen âge de la philosophie, Nous avons, : essieurs, déjà parcouru la première moitié de cette uit profonde, et nous n’aurions pu nous y arrêter Mort longtemps; car, de l’an 600 à l’an 1000, l’his- Boire des cravaux philosophiques, s’il en est alors au- & uel ce nom convienne, se réduit à un très-petit nombre de faits. Vous y avez remarqué les préventions conçues contre les philosophes, tous réputés magiciens, l'énumération des sept arts libéraux distribués en #rc-

174 Ê vium et quadrivium ; quelques écrits d’Isidore de Si ville au septième siècle ; de Bède au huitième; d’Alcuin de Scot Érigène et de Photius au neuvième; de Gerber

ou Silvestre IT au dixième; travaux plus destinés {ln

perpétuer des traditions qu’à étendre des cunnaissance, mais qui touchaient pourtant à la grammaire, à la du lectique, à la métaphysique. à la morale, quelquefi même aux sciences naturelics , au calcul et à la géoms trie. Les Arabes commençaient à se livrer en ces temy

à des études laborieuses, qui peuvent sembler digne d'attention tant par leurs propres objets qu'à rain

de linflueuce qu’elles ont exercée plus tard sur cela de l'Occident.

A partir de lan 800, une application soutenue; lire et à traduire des livres grecs avait formé chez lu Orientaux des mathématiciens habiles et des médecin plus renommés encore, tels que Mesué. Mais, si l'a ne tient compte que de ceux qui se sont occupés & philosophie générale, la liste peut commencer par Al kendi. Tout en exerçant la médecine, il expliqua ls livres dont se compose l’Organon d’Aristote, rédige des Questions de logique et de métaphysique, un Tra: té de philosophie intérieure , des exhortations à cette étude et à celle des mathématiques. Il pourrait passe pour le Thalès ou le Pythagore des Arabes, s'il ne s'était rangé lui-même dans l’école péripatéticienne. Il a donné l'excellent exemple d'appliquer les sciences l’une à l’autre, d'établir entre elles des relations pro: pres à les éclairer toutes et à les agrandir. Il ne faut pourtant pas croire que son goût pour la dialectique fût très-éclairé : il a perdu beaucoup de temps à pr raphraser des livres mal transcrits, et dont il ne pouvai

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SIXIÈMS LEÇON. 17)

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Dommée Thébit, parcourut les mêmes carrières : Casiri

i attribue plus de cent cinquante ouvrages en arabe ten syriaque, traités de logique, de musique, de éométrie, d’astrologie, de théologie, de médecine, hronique des rois de Syrie, traductions d’Aristote, l'Euclide, d'Archimède, de Ptolémée, de Galien. On eut supposer que Thabet est mort vers l'an 900, et

u’Alfarabi a vécu jusqu'en 950. Celui-ci était déjà

ne sorte de syncrétiste, sans mysticisme toutefois : } prétendait concilier Aristote et Platon, et les combrenait assez peu pour les trouver d'accord. Du reste, ‘éait surtout Aristote que les mahométans prenaient jour maître : ils résolurent de le mettre en harmonie vec le Coran; et ce projet n’aboutit qu’à les diviser bux-mêmes en un nombre desectes qu’ou porte à soixantelix. On retrouve chez eux, comme chez les Grecs et hezles Latins , la manie des disputes et celle des comentaires. Les scholies d'Alexandre d’Aphrodisie sur Aristote servirent de texte aux paraphrases d’Alfarabi, ui ne manquèrent pas d’être expliquées à leur tour. Rhasis ou Razi, médecin plus célèbre de ce dixième iècle, a laissé quelques essais de métaphysique, mais uxquels sa renommée n’est point assez attachée pour

Qu'il y ait lieu de nous y arrêter.

Aÿicenne, qui naquit en 980 et mourut eu 1037, ne erait pas non plus très-illustre comme philosophe, Quoiqu'il ait composé des livres de dialectique, &e iétaphysique, de physique générale, des traités de l'âme, de la sphère et des étoiles. La meilleure part de es œuvres est consacrée à l’art d'Hippocrate et de

ne pouvai EGalien. Ce qu’il nous importe d'observer dans tous ces

travaux des Arabes, c’est le mélange ou le combat 4 la méthode expérimentale avec un incurable penchay aux doctrines occultes. Le syncrétisme à passé par li et il faudra bien du temps pour que lesprit humain

se replaçant en présence des systèmes antiques de phi.

losophie, reprenne et poursuive le cours des vérit, bles recherches.

Le seul écrivain grec que nous ayons quelque sujiB

de remarquer dans le cours du onzième siècle s’appelk Psellus. On peut compter cinq personnages du non de Psellus : celui dont je veux parler est Michel Coù

stantin Psellus le jeune, né à Constantinople en 1018

et mort vers 1081. Qu'il soit l’auteur de tous les écrit

mais il est commode et très-permis de le supposx, Le plus curieux est un Dialogue sur les diables ; now

y apprenons que l'espèce démoniaque correspond x

triangie scalène ( à trois côtés inégaux ), l'espèce hu: maine au triangle isoscèle ( deux côtés égaux, un in gal), et la nature céleste au triangle équilatéral ; que le démons, divisés en six classes, remplissent l'air, la terre et les eaux. Psellus examine particulièrement les ac: tions des diables, leurs rapports avec nous, les piéges qu’ils nous tendent, les moyens d'y échapper. Un autre de ses ouvrages a une matière bien plus étendue; ce sont des questions et des réponses sur toules les sciences. On a de lui un traité des pierres, et de l'usage qu’on en peut faire dans l’art de guérir, car | était aussi médecin; un traité du grand œuvre; un abrégé de la science mathématique, comprenant l’arithmétique, la musique, la géométrie et l'astronomie, c'est-à-dire le quadrivium. Vous savez qu’en y àjou-

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SIXIÈME LEÇON. 177 ant le érivium, grammaire, rhétorique et logique, on avait les sept arts libéraux; mais on s’apercevait que ce n'était point là le système complet des connaissances nécessaires, et l’on commençait à élever au-desus des «rt arts la médecine, la jurisprudence et la héologie. (+5 trois grandes branches allaient devenir, in siècle après, les trois premières facultés des univertés; les arts ne devaient plus être que la quatrième : est celle qui est aujourd’hui diviséeen deux, sous les oms de lettres et de sciences , à veu près le trivium t le quadrivium. Ainsi se dessinait ce vieux arbre cientifique, et Psellus en parcourait déjà tous les raeaux. Il commeïiiait :a Logique et la Physique d’Arisote, les Oracles de Zorcastre, le roman d’Achille Tabius. Il dissertait sur les antiquités de Constantinople, crivait une /ntroduction à la dialectique, un Traité des facultés de l'âme, des panégyriques, des vers sur les ertus et les vices, sur Tantale et sur Circé. Il avait Bin goût si décidé pour les vers, qu'il a versifié jusqu’au roit civil et au droit canon. Il a même, toujours par zèle pour la poésie, commenté les vers de son contemporain Philippe le Solitaire, qui ont pour titre Déspute tre l'âme et le corps. Milgré le caractère théologique ui domine dans ses ouvrages, la nature et l'étendue es sujets qu’il a traités le placent parmi les philosohes; et, comme tel, il est en général péripatéticien : il plus étudié Aristote que Platon.

En Occident s'élevait la dispute des réalistes et des nominaux ; et elle se compliquait tellement d’applications et de discussions dugmatiques , qu'on se persuada qu'elle devait être terminée par les dépos'taires des

Ltraditions religieuses. L'importance de cette contro-

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