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9 s . , parce qu’elles sont des règles, ensuite parce qu’elles sont D ent
anciennes, et qu'ayant fait leur temps, elles n'ont plus Se: cet aucun droit ni même aucun moyen de prolonger leur empire. Thucydide, témoin des événements qu'il raconte, se prescrit une fidélité scrupuleuse, une sévère exactitude, et, sauf les harangues qu'il se permet d’em-
ouvent t rouvr royons ire les é
bellir et d'inventer peut-être, il ne jette aucun prestige D Lien
dans le cours de ses récits. Il nesait pas non plus lesatta- D LL ass cher tous d’avance à un seul grand système; il les laisse DS, ciden au contraire se combiner entre eux comme ils peuvent, hante en se succédant selon l’ordre des temps : il n’a nulle MS j.nt aus idée, nul sentiment des nécessités qui les dominent et Æ, tir la les enchaînent. Xénophon, son continuateur, montre ÆSressieur presque autant de timidité : il est vrai qu’il a composé ique. M4 un roman sous le titre de Cyropédie; mais, lorsqu'il Bi; iions n’est que l'historien de la Grèce, ou quand il rend mployer compte de l'expédition de Cyrus le Jeune et de la re- } traite des dix mille guerriers qui avaient pris part à ME larités l'entreprise de ce prince, il s'interdit presque toujours Æ Le qu’oi les fictions , les écarts , les mouvements hardis, les con- M ;turelle cæptions vastes; il se figure qu’une composition mé- y de s thodique, des narrations animées et un style élégant | aperçus devront lui suffire. Tous deux, en un mot, appartien- D, fait co nent à cette vieille école qui, dit-on, comprimait les études? mouvements du génie et circonscrivait en d’étroites D, détails limites la carrière des beaux-arts. inévalité:
Il faut avouer pourtant que l'histoire, telle qu'ils Mmps plu l’écrivent, ne laisse pas d’avoir certains charmes, qui ous donr ont dû séduire et qui pourraient sinon justifier, expli- ons Thuc quer du moins l'admiration qu’elle a excitée. Cette his- M n'étaier toire:là n’est point un simple registre des faits : c’est un %Æ Ils ne s tableau où ils se développent, se raniment et rede- oquents:
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PREMIÈRE LEÇON. 3 iennent sensibles. Elle conserve à tous les détails” intérêt qu’ils ont eu lorsqu'ils étaient des spectacles; ouvent même élle leur rend tout à fait ce caractère, t rouvre si bien les scènes qu’elle retrace, que nous
royons les contempler encore. Elle prend pour ainsi
ire les événements dans le vif, et ne leur laisse presue rien perdre de leurs mouvements ni de leur éclat. ous assistons à un vaste drame, plein d'entreprises, incidents , de nœuds, d'épisodes, dont la variété nous chante, dont la rapidité nous entraîne, et qui semlent aussi, par leur multitude et par leur accord, gaantir la fidélité de la narration tout entière. Voilà, essieurs , les avantages dont se prévaut l’histoïre clas-
que. Mais reproduit-elle comme il convient les tra-
itions naïves, les souvenirs immédiats, ou, pour mployer l'expression devenue technique, les couleurs
pales de chaque fait, c'est-à-dire apparemment ces par-
cularités domestiques et familières dont se compose, ce qu'on nous assure, l’image la plus vive et la plus aturelle de la société? Ou bien offre-t-elle ce savant ssu de spéculations abstraites, de théories absolues, aperçus élevés, de vues transcendantes, dans lequel u fait consister la plus haute perfection de ce genre ’études? Enfin ressemble-t-elle, ou par ses formes et es détails, aux chroniques du moyen âge; ou, par ses énéralités, aux tableaux systématiques tracés en des emps plus modernes? Non, Messieurs, je n'oserais ous donner l’espoir de retrouver dans Xénophon et ns Thucydide ces deux nouvelles espèces de progrès : s n'étaient pas, à beaucoup près, si avancés. Ils ne sont, puisqu'il faut le dire, que des écrivains . oquents et des historiens positifs. Peut-être n'auraient" Le.
115 pas du tout compris un métaphysicien qui serait Méneme venu leur parler de l’histoire idéale ou typique, puisée à 11 est
d'avance dans la nature et les nécessités des choses uspect humaines. Les vérités essentielles, antérieures aux ; écrive réalités, ne se dévoilent point à leurs yeux; et je doute" icent fort que, même en cette histoire :i humblement réelle & où leurs idées se concentrent, ils sachent démèler J coinme on nous enseigne à le faire, ce qui est anatomie | ce qui est physiologie, et ce qui doit être poésie. Toutel leur étude se réduit à. vérifier les faits, et tout leurÿ art à les peindre. Leurs livres n’embrassent que soixante-à neuf années de l’histoire des cités grecques, depuis s’agit l’ouvertüre de la guerre du Péloponèse, lan 431 avant Borts, d notre ère, jusqu’à la bataille de Mantinée en 362; Brillant court espace, mais pourtant si plein d'hommes cé-Mions, € lèbres et d'événements mémorables, qu’il n’est peut-être Mu’elle aucune partie d’annales qui ait conservé plus d'éclat, elle, P ni qui fournisse aux sciences morales et politiques plus odote :
sans € e ratta neset ions et es deu e faux
d'expériences instructives. Un autre genre d'intérêt même, : consiste en ce que les narrations de ces deux auteurs Routes ll ont le caractère de témoignages : ils écrivent ce quiliections s’est passé de leurs temps, ce qu’ils ont vu , quelquefois ls ont
ce qu'ils ont fait ; et, de tous les ouvrages historiques fomme qui subsistent en matière profane, les leurs sont les ue les plus anciens qui aient été composés en présence des Boient, d révolutions et des catastrophes qui nous y sont racon-|BBes; mai tées. Pour nous, ce sont les premiers modèles de ces ont de
relations originales ou immédiates qu’on doit regarder Mnêmes, comme le fonds le plus précieux de. la science des faits. Mhlors m Nous ne remontons pas plushaut que Thucydideet Xéno-Æ Les r
phon, quand nous voulons nous instruire d'exemples établies dans l’art d'acquérir et de transmettrela connaissance d’é- ide celle
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Bénements accomplis durant notre vieet autour de nous. Ilest, Messieurs , une classe plus nombreuse et plus specte de divres historiques : ce sont ceux qui ne écrivent que longtemps après les époques dont ils reâcent le souvenir. Ce second genre de compositions sans doute des règles qui lui sont propres, mais qui > rattachent à celles qu’on a imposées au premier : les neset les autres dérivent d’un même ordre d’observaions et d'analyses. Elles sont des applications diverses es deux lois fondamentales de l’histoire : ne rien dire e faux, ne rien taire, s’il se peut, de ce qui est vrai. | s’agit toujours d'apprécier des témoignages, des raports, des traditions ; d’écarter les mensonges, quelque rillants qu’ils puissent être; de se préserver des illu- Jions, et de rechercher la vérité, parce qu'il n’y a u’elle qui soit profitable, et qu’elle aussi qui soit elle. Plus constamment fidèles à ces maximes qu’Héolitiques plus odote n'avait pu l'être, Thucydide et Xénophon luis nre d'intérêt même, ailleurs que dans la Cyropédie, ont imprimé à deux auteurs BBoutes les branches de la littérature historique les diivent ce quilifections qui ont longtemps passé pour les plus sûres. , quelquefois ls ont donc été révérés comme des maîtres, étudiés es historiques fomme des modèles. Je ne veux pas dire assurément eurs sont les ue les hommages qu’ils ont reçus durant vingt siècles présence des oient, dans le nôtre, des recommandations bien puissany sont racon- [Res ; mais la renommée et l'influence de ces deux écrivains odèles de ces bont des faits réels comme ceux qu'ils racontent euxdoit regarder Mnêmes , des faits qu'il serait impossible de méconnaître nce des faits. Mhlors même qu'on aurait résolu de n’en rien conclure. dideet Xéno- M Les méthodes qu'ils ont suivies avec tant de succès, e d'exemples Métablies avec tant d'autorité, diffèrent essentiellement naissance d’é- Me celles qui s’accréditent parmi nous depuis peu d’an-