‹ Cours d'exploitation des mines (volume 2)Chapitre 115 sur 142 · EXEMPLES · texte numérisé non relu

EXEMPLES

551 — Ces aperçus généraux présentent nécessairement un certain caractèi*e d'indétermination. Il ne sera donc pas inutile de préciser davantage^ en examinant de plus près un certain nombre d'exemples spéciaux, choisis parmi les plus remarquables parleurs dimensions, leur situation, ou la nature des matières extraites.

Ardoisières de TrAazé (Maine-et-Loire) (*). — Nous avons déjà parlé (n*" 393) de la formation ardoisière d'Angers, à l'occasion de son exploitation souterraine. On y pratique en môme temps des découverts très importants.

Pour ouvrir une carrière, la première opération est l'endiguement de la superficie que l'on se propose de fouiller, si l'on se trouve dans des terrains bas. La digue que l'on élève, à cet effet, est formée de terre battue, sur O^jSO d'épaisseur,, comprise entre deux murs en pierres sèches, que l'on protège eux-mêmes avec un amoncellement de débris de carrière. On procède ensuite à la découvert ture du terrain, c'est-à-dire à l'enlèvement des cossesj dont Tépaisseur dépasse parfois 20 mètres. En même temps, on prépare sur le chef de l'Ouest, qui est le plus solide, un arrêt en pierres sèches, pour asseoir les engins d'extraction dont nous parlerons plus tard. On procède alors au fonçage, c'est-à-dire à l'ouverture d'une rigole de 3"*, 30 de profondeur, entre les deux chefs de règle, qui limitent la carrière dans le sens du fil de pierre^ ou de la longueur. Pour abattre le schiste, après l'ouverture de chacune de ces foncées, on exécute des coupes verticales, et l'on tire à la poudre.

(*) Orieulx de la Porte, carrières de Lafargc du Thcil (Annalet^ S*, UI, S95). {*) Blavier, R*Èai sur rhiduslrie ardoinière tfÀftgerê, p. 16.

551K — Ardoisières dePenrhyn et Uambéris (Pays de Galles) f). — Ces deux centres d'exploitation de schiste ardoisier sont à peine distants de quelques kilomètres, mais les produits s'évacuent dans deux directions différentes : pour le premier à Bangor, sur la mer d'Irlande, et, pour l'autre, à Portdinowic, sur le détroit de Menai. Chacun d'eux occupe environ 3000 ouvrier^. A Llambéris, cette population se trouve disséminée sans encombrement sur un champ d'exploitation de plus d*un kilomètre de longueur, avec une différence de niveau de 400 à 500 mètres sur le flanc de la vallée. A Penrhyn, elle est concentrée dans une excavation unique, d'environ 500 mètres sur 200. Dans le seul centre de Penrhyn, la production annuelle dépasse cent mille tonnes. Le mode général d'exploitation procède par grandes tranchées, de 10 à 1^ mètres de hauteur* et d'une longueur variable suivant les accidents topographiques. L'ensemble présente 15 gradins, communiquant entre eux par des plans inclinés de 100 à 200 mètres.

553 — Ardoisières de Festiniog (Pays de Galles) (*). — Cette localité se trouve située à 16 kilomètres de Madoc, son port d'embarquement sur la baie de Cardigan. La couche a 40 mètres de puissance, elle est inclinée à 45 degrés. Le toit est parfaitement régulier et très solide. Les affleurements se trouvent à plus de 150 mètres au-dessus de la vallée. Un coupement évacue les eaux et en débarrasse l'exploitation.

La couche (fig. 373) est partagée suivant la direction en massifs de 10 mètres, réservés comme soutiens entre d'autres lopins de 20 mètres, qui sont destinés à être dépliés. Les longs boyaux, ainsi pratiqués dans la masse, s'enfoncent dans la profondeur comme de vastes puits inclinés ; et la mine ne mérite le nom de chantier à ciel ouvert, que parce que l'orifice de ces grandes excavations débouche au jour.

L'abatage se fait par tailles de 15 mètres suivant la verticale, ou 25 mètres de relevée. On le pratique en descendant au toit de la couche

[*} Davies« Traité de tardoUe et deêon exploitation^ in-12. (^ Blavier, Eêiai sur F industrie ardoisière d'Angers, pnpre 61.

tn HËTUODES D'EXPLOITATION,

dans la première chambre. De là on communiqué dans les autres par des coupemcnts, et l'on vide ensuite ces chambres, en s'élevanl sous stot. On s'élargit, dans le sens de la traversée, au moyen de gradins, et l'on ménage deux nouvelles séries de coiipements d'une chambre à l'autre, l'une au milieu de la puissance et l'auti* au mur. On établit la continuité de ces communications, d'un pilier

I^. 375. ArdDlilerei de FciKniug (Piyi de Gilles).

à l'autre, en jetant des ponts en charpente sur le vide des chain* bres, au moyen de corbeaux fixés dans la roche du toit et de cor niches réservées dans la radie même du mui-. Ces chemins de fer, aprës.avoir traversé toute l'exploitation, finissent par déboucher sur le flanc du coteau, où ils amèuent tes produits.

5S4 — Phosphate» de l'Auxois (Ciïte-d'Or). — L'un des horizons dans lesquels se trouve concentré le phosphate de chaux d'origine sédimenlaire, est le lias inférieur, spécialement le niveau de Vammonitea Bucklandi, dans le calcaire à gryphées arquées. Les nodules sont ordinairement enclavés dans le carbonate de chaux, sans limites nettes ni séparation facile. Cependant l'Auxois a été le théâtre, d'un phénomène diluvien, d'une nature un peu obscure, qui a préparé d'avance cette séparation, m altérant It's aineiiivments des bancs

de phosphates, dissolvant la gangue calcaire et laissant les phospho^ rites au milieu d*un limon.

L'exploitation des parties riches de cette zone s^efîectue à ciel ou^ vert. Elle n'est fructueuse que lorsque le recouvrement ne dépasse pas 2 mètres. Les Compagnies traitent avec les propriétaires ruraux, qui exploitent eux-mêmes leur terrain, à la conservation duquel ils sont directement intéressés (fig. 3.74). Ils procèdent pour cela par fossés contigus. On commence par enlever avec soin la terre végétale A, que Ton reporte en A' de l'autre côté de la tranchée, pour

Terre réjfélalo \ A* Terrain remanié \B'

Mur âiifiite Fig. 374. Phosphates de l'Auxuis.

en recouvrir le terrain remanié B'. On dépèce ensuite le stérile B, qui est rejeté en face, en B', et enGn l'on enlève les phosphates C« Us sont portés, à l'aide de petits cliemins de fer, au patouillet, et su- Lissent un débourbage, définitif ou simplement provisoire suivant les cas. De cette manière, l'ensemble du gite est enlevé sans entraîner la destruction de la surface agricole. Elle se trouve môme plutôt an^éliorée par le défonçage profond qu'on lui a fait subir. Les rognons ainsi obtenus sont grisâtres, assez compacts et friables. La masse présente une teneur de 60 à 65 \. Les pl^ospho-» rites sont livrées en cet état aux usines, et on leur fait subir, s'il y a lieu, un second lavage, suivi d'un séchage dans des étuves, où les introduisent des cliariots plats. Ces nodules sont alors réduits en farine à l'aide de meules horizontales, ensachés et dirigés sur le marché de Paris.

555 —Mines de fer de Sommo-Rostro (Biscaye) (*). — Les gîtes

(*) Gill, Iwn andateel iMtitute, 188i. — Revaux, Génie civil, HI, 267. — Bull, Soc, eTenc., 3«, X, 140. - Baills, Annale$, 2-, XV, 209.

de fer de Bilbao sont des amas couchés d'hématite, de lepoque crétacée. Us sont intercalés entre un grès schisteux ou micacé au mur, et un calcaire argileux au toit. Ils présentent, par places, 73 mètres de puissance. En certains endroits, ils passent à des filons de fer carbonate spathique, qui atteignent 4 mètres d épaisseur. On a estimé à 160 millions de tonnes le cubage des gites de Matamo' ros, Triano, Sommo-Rostro, sans compter Galdamès, Ollargan, etc.

On distingue quatre espèces de minerais : l"" la vena dulce^ située à la surface, tendre, d'un rouge sombre, très pure et présentant parfois une structure rhomboédrique; 2° le rubioy hématite brune, plus dure, caverneuse, ordinairement moins pure; 3* le campanily hématite rouge de couleur pourpre, avec de beaux rhomboèdres de spath calcaire, moins ferrifère, mais moins siliceuse et moins hydratée. Le campanil est situé à la base de la formation, et intercalé entre deux couches calcaires. C'est le minerai le plus riche, mais le moins abondant, et qui menace de s'épuiser. Citons enfin : 4^ le minerai spathique, plus exceptionnel.

En faisant abstraction de ce dernier, les productions des trois autres sortes ont été respectivement de 9, de 54 et de 57 •/, en 1881. Le chiffre total, qui s'était abaissé pendant la guerre civile à 20000 tonnes par an, a été, en 1882, de 3700000 tonnes, occupant 12000 ouvriers, et fournissant le chargement de 4000 steamers sur le Nervion. Ce district est partagé entre plusieurs puissantes Compagnies, et beaucoup de petits exploitants.

556. — L'enlèvement du gîte a lieu exclusivement à ciel ouvert. A Orconera (fig. 375), on exploite en trois gradins de 12, de 21 cl de 1 4 mètres. La longueur des fronts de taille dépasse 300 mètres. La totalité du minerai descend par des couloirs en planches au fond de la vallée. Le plus inférieur de ces appareils renferme un stock régulateur de 200 tonnes, et sert à charger à la fois 3 vragons de 4 tonnes.

A Coucha (fig. 376), la Compagnie franco-belge a d'abord percé un puits, qui est passé de la vena dans le rubio. Après l'avoir rejoint par une galerie sortant au jour, on a procédé à la partie supérieure par élargissements successifs. Le minerai descend dans le

EXPLOITATHMS A CIEL OUVERT. Mb

puils, pour élrc évacué parle tunnel ('). Les travaux onl renconlré d'anciennes galeries éboulées, dans les masses de vena.

Les abatages se font en grande masse, et quelques-uns fournis-

' gna SctiiairB gna

Fig. SIS. DécMiterU do Sommo-noitro (DJacaje) (coupa d'Orconen).

sent jusqu'à 3000 tonnes. On fore des coups de mine qui atteignent 10 mciresde longueur, àl'aide de barres à mine manœuvrées par six ou sept hommes. Les coups ratent souvent dans le rubio, à

FIg. Sn. DdcouTorU de Somma-nostro (BiK>Tc) (conpc de Canclu].

cause de sa structure caverneuse. Dans ce cas, on en pratique un autre à côté du premier.

(<; Une inélliode analogue a étû cmplujà: pour le gtle du fer de HoraTicta (Banat).

b'l6 MÉTHODES DEXFLOITATION.

Le triage se fait à la main, et amène lé minerai à une teneur de 55 7o- Le débardage des stériles est rendu difficile par le manque de places de dépôt On est obligé de leur faire supporter d'assez longs transports en chemin de fer. C'est un des côtés faibles de ces exploitations, où Ton n'évite pas un certain gaspillage, en rejetant de véritables minerais, dont la teneur peut approcher de 45 7^, afin de s^attacher aux sortes les plus profitables.

Le prix de Tabatage et du triage par tonne varie depuis 1 fr. 25 pour le Campanil, jusqu'à 3 fr. 25, et même davantage, dans le rubio. Le prix sur navire a été, en moyenne, de 7 fr. 50 en 1879; H fr. 25 en 1880; 8 fr. 75 en 1881. Le maximum s'est élevé à 18 fr. 75 en 1880. M. Baills a donné en 1879 le détail suivant pour

l'exploitation de Galdamès (') :

fr.

Extraction, chargement sur w^gon 0,87

Transport sur voie ferrée 0,77

Embarquement 0,19

Entretien, frais généraux 0,39

Amorlissement ^^45

Redevance tréfoncière 0,58

557 — Mines de fer de Mokta-eUHadid (Algérie). — Le gisement de xMokta (*) est interstratifié dans les schistes micacés à

(*) Dans les découverte du lac Supérieur, avec des recouvremente qui atteignent n mètres, le prix de revient de la tonne de minerai de fer s'établit de la manière suivante :

Travaux de préparation 3r,35

Abatage 41 jO

Poudre, outils i»,40

Transport, épuisement , l',85

11',30 (Sauvage, Annales, 7-, Vm, 4). ===

A la mine de fer de Persberg, l'une de celles de toute la Suède où le prix de revient

est le plus élevé, il revient à 10 francs la tonne. (*) Mokta-el-Hadid : coupure de fer; dénomination due à l'existence d'une ancienne

excavation romaine dé 5 à 6 mètres.

FAPLOITâTIONS a ciel ouvert. 617

grenats, pyroxéniles et eipolins, compris dans Tétage des gneiss de Bône. Le mur est formé de ce schiste imperméable. Il présente une inclinaison qui varie de 15 à 45 degrés. Le toit est un calcaire cipolin, quelquefois remplacé par un schiste semblable à celui du mur, mais plus tendis et moins grenatifère.

Le gîte forme une masse continue de 1600 matins en direction (fig. 377), dont les affleurements sont visibles sur un développement de i 500 mètres. Son épaisseur, qui se tient en moyenne à 5 mètres, atteint, et dépasse même, 15 mètres dans les renflements.

Le minerai est un mélange intime de fer oxydulé et de fer oligiste massifs, rendant 00/^^ de fonte dans le haut fourneau, et pi*ésentant une teneur de 1 à 2 centièmes de manganèse. L*oxyde magnétique tend à dominer dans la profondeur et au voisinage des calcaires, en acquérant une très grande dureté.

La mine est aménagée en vue d'une production annuelle de 300000 tonnes, mais les fluctuations de la population ouvrière, kabyle ou italienne, arrivent souvent à restreindre ce chiffre. Elle est exploitée, à la fois, à ciel ouvert et par travaux souterrains (*). Le tonnage se répartit à peu près par Vs pour ces derniers, et */» pour le découvert.

— Les travaux à ciel ouvert sont conduits en gradins droits. Ils conservent une connexion très étroite avec l'intérieur, dans lequel ils écoulent le minerai et Teau ("). Les matières sont déversées à des puUs de chute maçonnés et évasés vers le bas. Ils sont munis de recettes, dans lesquelles on effectue directement le chargement sur les wagons du chemin de fer de Bône. Ces derniers circulent dans des galeries tracées en direction, avec un développement d'environ 1200 mètres. Les principales se trouvent à quatre

(^) L'exploitation souterraine s'efTcctue A Taidc d'une méthode montante de remblayage : eu travers dans les parties puissantes, en grandes tailles quand l'épaisseur est inférieure à 2 métrés.

(*) L'entretien d'eau esl d'environ 20 ou 30 mètres cubes à Theure (avec accroissement dans les saisons pluvieuses). Il est remonté par deux pompes Lloyd et une pompe d'avaleresse de secours, dans un puits de 65 mètres.

L*aérage est naturel, en raison des nombreuses ouvertures et des différences de niveau dont on dispose.

lËTHODES D'EXPLOITATION.

niveaux difréi*enls : celui de la mer, deux étages inférieurs, aux cotes négatives de i 5 et 35 mètres, et un étage supérieur, à l'altitude de 26 mètres, au niveau des rails du chemin de fer. Les wagons, qui pèsent 5 tonnes, sont reçus individuellement sur le chariot-porteur (n"" 648) d'un grand plan incliné, à contrepoids et ancre de sAreté, qui les remonte à la cote 26. Le mètre cube de remblai élevé à ce niveau, avec déplacement de 800 mètres, revient à 1 fr. 70 ou 1 fr. 80.

L'équilibre à établir entre les deux modes d'attaque se règle à l'aide de nombreuses coupes du terrain, en prenant en considération le prix de revient du déblai, son épaisseur, son lalus, qui est en général de i de base sur 2 de hauteur et atteint rarement 45 degrés; et, d'autre part, la puissance du minerai, la teneur du mètre cube en tonnes marchandes, le pendage, le prix de l'abatage variable avec la dureté. En général, on admet que l'on peut découvrir 2 mètres cubes de schiste pour 1 de minerai {^). Cependant le rapport 'Y» ^^ 1^ dépense de main-d'œuvre et de surveillance du travail souterrain aux frais d'exploitation superficielle, semble indiquer que l'on pourrait 3'approfondir un peu plus. Mais la prudence retient dans ces limites. On active cet approfondissement lorsque la main-d'œuvre de l'intérieur, plus difficile que celle de la surface, vient à se raréfier, ou que le minerai y devient exceptionnellement dur. On se restreint, au contraire, si l'on peut craindre des mouvements de terrain, ou quand l'écoulement des terres remaniées, ne pouvant plus être assez rapide, provoque l'encombrement.

559 — Mine de pyrite de fer cuprifère deRio-Tinto (Huelva) (*). — La province d'iluclva, située au sud-ouest de l'Espagne, préscnic une zone métallifère dirigée à peu près de Test à l'ouest, sur 20 lieues de longueur et 4 lieues de large environ. On y rencontre : à l'est.

[') Pour interpréter ce rapport dans des cas similaires, il ne faudrait pas perdre de vue que les conditions sont ici singulièrement favorables, en raison du mutuel appui que se prêtent les travaux du découvert et de la profondeur.

(*) Cumenge, Noies ^ur Rio-TintOy in-4', Paris, 1883. — Court inédit de géologie technique de M. Fuclis.

620 MÉTHODES D*£XPL01TATI0M

Rîo-Tinto; au centre, Tliarsis ; à l^ouest, San^Domîngo en Portugal, près de la frontière; et, en outre, une série de gites beaucoup moins impoilants. Cette zone est formée de schistes remontant à Tépoque silurienne, ou à celle du calcaire carbonifère. Us ont été recoupés par des porphyres feldspathiques, que Ton pourrait rap* porter à la fin de la période houillère. Ces derniers ont été eux-mêmes affectés par les éruptions permienncs de pyrite, intercalées entre le porphyre et le schiste, qui devient blanc à leur contact, et travor^nt lé porphyre en certaines places.

Le minerai forme trois masses principales : le filon du Nord, celui du Sud, et celui, encoi*e inattaqué, de la vallée. Le premier est reconnu sur 2500 mètres environ de longueur, avec une puissance qui atteint, en certains endroits, Ténorme chiure de 500 mètres; le second, sur 5500 mètres, avec une épaisseur maximum de i25 mètres. Ils forment ainsi d'immenses boutonnières dans la masse du terrain.

La pyrite est compacte, sans gangue distincte. Elle est pailout surmontée d'un chapeau de fer, formé de terres ranges provenant d*une altération qui s'est concentrée au niveau hydrostatique des eaux de la surface. Cette réaction a déterminé un recul du cuivre dans la partie inaltéi*ée, le sulfate de cuivre, dû à Foxydation et dissous par Teau, redescendant avec elle, pour être de nouveau fixé par lexcès de soufre. Il s'ensuit un certain enrichissement de la zone supérieure voisine du chapeau, si on la compare à l'aval-pendage. Certains indices semblent, en outre, manifester, en dehors de cette circonstance exceptionnelle, un enrichissement progressif avec la profondeur. La teneur moyenne, évaluée sur un million de tonnes, a été trouvée, en 1882, de 2,88 Vo de cuivre, avec 40 7^ de fer et 48 7. de soufre.

S60 — L'exploitation dalc d'une époque très reculée. Elle remonte aux Phéniciens, et peut-être plus haut encore. Les Romains ont exécuté une quantité imposante de travaux souterrains. On a reconnu plus de 500 kilomèti^es de galeries, des puits innombrables, et des haldes pouvant renfermer une vingtaine de millions de tonnes de scories, laissées par les anciens.

Aujourd'hui la Compagnie de Rio-Tinto extrait un million de

EXPLOITATIONS A CIEL OUVERT. CSi

tonnes par an. Elle s'est syndiquée avec Tharsis et San-Domingo, en se réservant un cinquième de l'exportation en Angleterre, et la totalité de celle du continent européen. Rio-Tinto fournit environ le douzicme de la production totale de cuivre du monde entier. On ex* porte la partie la plus riche des pyrites, le quart environ, et Ton trafife sur place les trois autres quarts. Cette extraction est répartie à peu prés par égales portions entité le découvert et l'exploitatioA souterraine (').

Le découvert de Rio-Tinto est gigantesque. Il se prolonge sur 500 mètres environ de développement, atteint, au maximum, une largeur de 125 mètres en pleine pyrite, sur une hauteur de 90 mètres de minerai, surmontée de 25 à 3.0 mètres de terres rouges. On dépèce, en ouli*e, des porphyres décomposés, formant unô partie du Mont-Salomon. Le front de taille présente six gradins, de 16 mètres de hauteur, sur lesquels circulent les locomotives, qui mènent, sans transbordements, les produits jusqu'à la mer, ou aux tas de grillage. Dans ces conditions, l'abatage se Irouve singulièi-e* ment facilité. On a vu des explosions électriques fournir, d'un seul coup, 32 000 tonnes, dans une partie attaquée autrefois par piliers abandonnés, et qu'il s'agissait de transformer en découvert. Le travail se prolonge pendant la nuit, à la clailé de trois phares électriques. La Compagnie emploie 13000 travailleui'S, tant au jour qu'au fond (*).

Le prix de revient (^) est très économique, en raison du taux peu élevé de la main-d'œuvre, dont la journée moyenne est de 2 fr. 50 (*). Il peut , pour une tonne de pyrite , s'établir de la manière suivante :

(*} CeUe partie est prise par la méthode des piliers abandonnés. Le champ d'exploitation a pour artère principale un tunnel de 4 mètres sur 4 mètres, pratiqué en plein minerai, sur un développement de 2400 mètres. On y voit circuler les locomotives et le matériel, qui conduisent les produits sans rompre charge jusqu'au port .d'Uuelva, à 84 kilomètres.

i*) Les torrents d'acide sulfureux dégagés par le grillage de cette masse formidable de pyrite rendent, par certains vents, le découvert inhabitable, et ont transformé, dans un rayon très étendu, la contrée eu un véritable désert. On a cherché à diminuer cet inoonvi^nient par l'introduction d'un nouveau procédé de traitement.

P) Établi par H. Cumengc (loco cilato^ p. 39) .

{*) Tandis qu'elle atteint le décuple en Amérique, dans des conditions de cherté précisément opposées.

Dépenses. Travaux Tfanai

— à ciel ouTcrL soutemuis.

fr. fr.

Abatage, main-d'œuvre, surveillance, explosifs. . . 0,80 2,00

Cassage, triage, chargement, transport 1,20 1,75

Entretien des outils, du matériel roulant et de la voie 0,50 0,75

2,50 4,50 Amortissement du découvert et des déblais stériles. 1,00 »

Exploitation cC une tonne du pyrite 3,50 4,50

Calcination (*), lavage, cémentation 5,20 3,90

Exploitation et traitement d'une tonne de pyrite, 6,70 7.70

561 — Mineê d'étain de Pérak (presqu'île de Malacca) Ç). — le royaume de Pérak est situé sur la côte occidentale de la péninsule malaise, entre le 3" et le 5* degré de latitude Nord, par 99* de longitude orientale. Il est soumis au protectorat anglais. Trois chaînes de montagnes parallèles à la mer y dessinent des vallées d'alluvion, dont celle de Pérak est la principale. Le sous*sol est gi*anitique. Le granité blanc, à tourmalines, très peu micacé, est recoupé par des filons d'élain, qui forment un réseau serré et n'ont jamais été travaillés. Les alluvions stannifères sont seules exploitées.

Le mur de la formation est un kaolin blanc. La couche riche d'argile blanche, avec rognons de quartz, présente 2*", 25 de puissance. Un recouvrement de 7", 50 est formé d'argiles ou sables stériles superposés, et de terre végétale. La teneur du minerai se lient en général entre 0,008 et 0,010. Elle dépasse rarement 0,060.

Le travail se fait à ciel ouvert. On pratique une tranchée perpendiculaire à l'axe de la vallée, en rejetant le stérile en arrière. Le minerai est monté à dos d'homme, de la tranchée jusqu'à la laverie. Le travail est fait par des coolies chinois. Leurs exigences sont faibles, mais leur travail peu fructueux. Le prix du mètre cube de terres remuées s'élève jusqu'à 5 fr. 75. Le prix de revient de

(*) Kômrôstung analogue à la méUiode de grillage d'Agordo (Haton de la OoapiUièret Annales, 5% VIII. 407).

{*) Rapport sur les mines de Pérak par H. J. Errington de la Croix. Je dois œs re&scigiiemeiits à robligcance de H. Fuchs.

EXPLOITATlOiNS A CIEL OUVERT. 6S3

la tonne d'éiain métallique se décompose de la manière suivante :

fp.

Abatagc, extraction, épuisement 875,20

Préparation mécanique 42,40

Métallurgie 232,60

Amortissement, transport au port de Pinang, etc. 49,80

Redevance à TËtat 320,00

Le prix de vente en mars 1881 était de 2200 fr. Il a été écoulé, en 1879, sur le marché de Pinang, 8800 tonnes, ce qui égale la production du Cornwall et du Devonshire.

562 — Placers d'or de Nevada (Californie) (*). — L exploitation desplacers. de Californie se fait à Taide de Teau sous pression, employée dans des appareilsqui portent le nom de géants. Cette méthode, qui a pris naissance en 1852, a regu un très grand développement, et fait disparaître en peu de temps des collines entières. Ces alluvions atteignent parfois une puissance de 80 mètres.

On commence par barrer une vallée, pour obtenir une retenue d*eau. Des canaux de 2 à 3 mètres de largeur la conduisent, suivant une ligne de faible pente, tracée sur le contrefort des coteaux, ou, dtins d'autres cas, en franchissant des vallées, à Taide d'aqueducs ou de siphons. Le siphon de Cherokee, par exemple, présente 4300 mètres de longueur, 0"',76 de diamètre, 299 et 253 mètres pour les altitudes de ses extrémités au-dessus de son point le plus bas. Il débite 03 mètres cubes par minute.

L'eau arrive dans un distributeur carré, d'où partent des tuyaux en tôle. Us se terminent par des ajutages, assemblés à l'aide de joints

(*) Sauvage, Annales, 7«, IX, 1. — I^aur, Annales, G*» Hl, 347. — John Trask, traduit par Delesse, Annales, 5", IX, 649. — Comte de Beauvoir, Voyage autour du monde, 860. — Lock, l'Or y ses gisements, son extraction, in-X*. — Wliitney, les Graviers aurifères de la Californie, in-4". — Blancliard and Wecks, la Loi sur les mines, les minerais et fexploitation par Veau, San Francisco. — Arthur Phillips, the Mining and metallurgy of gold and silver, Londres, 1867, 151. — Waldeyer, Slatislics of tnhies, etc., ofthe Hocky Mountains, 187.*>.

en cuir/ ou mArne en métal. On dirige alors un jet sous pression vers le point où Ton veut déterminer une perforation. Le liquide sort du trou eil bouillonnant et entraînant les matières. Un éboulement se produit bientôt. S'il le faut» on attaque par plusieurs jets convergents les points les plus résistants. En cas de nécessité, Ton s'aide de quelques fourneaux de mine enflammés par Télectricité. Tellecst.lamarcbe employée pour les parties supérreurcs.

Pour enlever le fond du bassin, qui est précisément le plus riche, il faut modifier un peu Tattaque. On pratique un tunnel, à partir du point le plus bas des vallées environnantes. Celui de North- Bloomfield, par exemple, a 2300 mètres de longueur. On rejoint cette galerie par un puits boisé, foncé dans le placer. On commence ensuite à déboiser la travée supérieure, et, avec les lances d'eau, Ton coupole terrain, dont on détermine Técoulement dans le puits, et à travers le tunnel. Lorsque la hauteur de la formation dépasse 40 mètres, on opère en deux gradins.^

Au sortir de la galerie, les eaux sont reçues dans des canaui en bois, présentant des ressauts remplis de mercure, pour y faire barboter les matières et dissoudre l'or qui s'y trouve disséminé. Après un certain nombre de passages dans le mercure, on rejette le stérile, et l'on traite l'amalgame, pour en retirer l'or.

563 — Mines de diamants du Cap (Afrique Australe) ('). — Les mines de diamants de l'Afrique australe (Kimberley, Du Toit's Pan, Bultfontain, Old de Beer's) sont au nombre des plus curieuses. Elles se trouvent situées dans le district de Griqua land West, non loin du fleuve Orange.

Les gites sont formés d'une roche dure, épanchée par de véritables boutonnières ouvertes dans le schiste, qu'elles ont relevé verticalement et étiré. La matière éruptive a formé des champignons gigantesques, dont une partie a été détruite par les érosions, et qui paraissent dues à plusieurs éruptions successives. Ces roches sont

(*) Hauricc Chapcr, Sur la région diamantifère de V Afrique australe, in-8", Paris 1880. — Roordo Smit, les Mine* de diarnantê de t Afrique australe {Her. unir. d. m. W«..2% IX, 195).

analogues aux serpentines et aux ophiles. Leur teinte, altérée et jaunâtre près de la surface, est d'un noir verdâtre dans la profondeur. Ces roches boueuses ont dû arriver dans un état de fluidité assez marqué, et renferment des fragments de roches préexistantes très variées, arrachées de la profondeur. Tel est le gîte qui contient le diamant. On voit par là qu'il ne présente pas encore cette gemme dans les conditions de sa formation primitive, antérieure à tout remaniement.

Le type d'exploitation doit ses défauts essentiels aux conditions du début. A Kiml)erley (fig. 378), le chantier forme une excavation

,Fig. 378. Mines do diamants du Cap (plan des claims de Kinibeiicy).

à peu près elliptique, de 300 mètres sur 200 environ, avec une profondeur qui atteint, au centre, une centaine de mètres. Elle s'enfonce verticalement sur le gite de serpentine diamantifère. La surface fut divisée à l'origine en claims, d'environ un are chacun, et répartie, sous cette forme, entre les premiers occupants. Nul ne devait alors exploiter plus d'un claim. Depuis cette époque^.la limite a été portée à dix claims, de môme que certains carrés ont été subdivisés, et que l'on voit des propriétaires d'un seizième de claim. Ch'acun creusait pour son compte, en se débarrassant comme il pouvait de ses déblais, il y a eu, à un certain moment, 1600 exploitations

MËTHOlH» I)'E]lM.OITATIUN.

EXPLOITATIONS A CIEL OIVKRT 027

distiiieles à Kiinbeiley, dont chacune possédait son appareil d'cstraclion (fig. 379). De là une forêt de cdbEes, tendus enti-c le fond et les ehcfs de l'eseuvalion, avec les roues ou les manèges cori'espflndants. Une ceitainc entente a déjà permis d'assurer le service dc.l'cpuisement, qui était devenu ineiliicable. La nécessité de donner un talus à ce précipice, et, pour cela, d'en débari-asser les abords des cavaliers de déblais qui les encombrent, s'impose, en outre, dans un avenir prochain, sous i>eiiie de voir entraver rapprofondisscnient de l'exploitation à ciel ouvert {').

564 — Houillère de la i'aysse (Àvey- ^

ron) C). — Dans les grands découverts de i

Decazevitle (fig. 380), la couche est presque horiiontalc. Elle présente une trentaine de mùti-es de puissance , avec un recouvrement a peu près double, de schiste et grès

(') Oïl poul citer des PxeoiplcB ajialogues du lorl oc- *

casioiiiiÉ par In subdivisiun outrée de In propriété mi- g

nërale, qui empérlie l'eiiiptoi de rnétliudes judicieusement instiluccs.

En IKSJ, lors de la \eiée du l'iulerdit. (|ui pesait depuis des siècles sur l'iiiduitrle iiiiuiëi'e c[i Espagiic, une grande aclivitA se râTeîlla dans les sierrafl de Gador et d'Almagrei'a, mais avec lu sujétion de divisci* la propriété du fonds en rcclangics égaux, de quaUe licclarcs eiivirau. ce qui lit rritilcr de jietils puits celle région, riche en plomb orgeDlifére. (Denis de Lagarde, Hichelie minérale de CEipagne, p. 3Î.)

De mânie, dans la puissante roi-iiiation de galène du Bleylicrg de Cariiitliic, on irouTaJt encore, en 1815, un total de 830 concessions, dont *S0 seulement communiquaient directement avec le jour, (l'iiillipa, Annula, A; VIII. Ï39).

De tels exemples sont bien pn>pres à faire apprécier les bieurails de la législaliun ttanysise de 1610.

(*j Scsterowski, Uull. mm., 'f. VII. 8(3.

628 MÉTHODES D*£XPLOITATIOX.

en partie calcinés par les incendies de l'ancienne exploitation souterraine, et d'un aspect absolument caractéristique.

Les stériles s'enlèvent en quatre tranches. La plus inférieure, de 7 mètres environ, est réservée pour suivre de près l'avancemenl du déhouillement, afin de préserver, le plus longtemps possible, le combustible de l'altération. Les trois tranches supérieures, de 15 à 20 mètres d'épaisseur, sont prises de la manière suivante.

Perpendiculairement au front de taille, on fonce 4 à 6 galeries présentant une largeur, une hauteur et un intervalle de 1",50. On les relie par une recoupe, conduite parallèlement au front de taille sur les mêmes dimensions. On amincit les piliers jusqu'à ce qu'ils deviennent menaçants, et l'on y pratique des fourneaux. A la surface, on surveille attentivement les crevasses, en mesurant leurs largeurs avec de petites planchettes, de manière à pouvoir avertir, en temps utile, les hommes engagés dans l'intérieur. On abat ainsi, à l'aide de volées de coups de mine, jusqu'à 1300 mètres cubes à la fois.

La houille ne saurait être exploitée d'une manière aussi brutale. On la prend en quatre gradins de 5 à 7 mètres de hauteur. Â 2 mètres du front de taille, on pratique des coups de mine de 2 mètres de profondeur sur 3 à 4 centimètres de diamètre, chargés de 1 kilogramme de poudre. Les produits de l'abatage sont évacués vere Decazeville, à travers un tunnel de 800 mètres de longueur environ.

Le prix de revient s'établit de la manière suivante pour les stériles par mètre cube :

fr.

( main-d'œuvre 0,30

^"^■""^M poudre 0,05

( main-d'œuvre 0,05

^^'''«' (poudre 0.02

Entretien des voies et des wagonnets .... 0,06

Dèbitage des blocs 0,20

Chargement des déblais 0,42

l conducteurs 0,03

ranspor ^ ^.jjg^j^y^ q07

-l reporter i,20

fr.

Report 1,20

Déchargement 0,09

Surveillance 0,06

Pour la houille, on obtient les résultats suivants par tonne

fr.

* Abalage et chargement 0,80

Poudre 0,10

Transport 0,12

Entretien des voies de roulage 0,06

Chevaux, entretien des wagons 0,20

Surveillance 0,10

Extinction des incendies 0,35

Comme il faut enlever environ trois mètres cubes de déblais par tonne de houille, le prix de revient effectif de. cette dernière se détermine de la manière suivante :

fr.

Frais d'exploitation 1,75

Frais de découvert 4,05

665 — Mine de lignite de Tri fait (Styrie). — La couche de combustible présente une épaisseur à peu près constante de 20 à 25 mètres. Elle est plissée et redressée par places. Elle repose sur l'argile plastique, et a pour recouvrement la série tertiaire. Le lignite renferme de 9 à 12 7o de cendres, et peut fournir de 4000 à 4500 calories.

L'exploitation est mixte, et les stériles du travail à ciel ouvert sont introduits comme remblai dans la mine. Le découvert est conduit en gi*ands gradins de 8 mètres de hauteur, tant pour le combustible

que dans les morts-terrains. I/abatage est placé par là dans des conditions très faciles, et le piqueur peut produire de 8 à 10 tonnes dans sa journée, payée 4 fr. Au contraire, le mineur, qui est charge en outre du boisage et du remblayage dans les travaux souterrains, n'y peut produire plus de deux tonnes et demie.

Le recouvrement est abattu à la dynamite. A 5 mètres du bord du gradin, de 8 mètres de hauteur, on perce de 12 en 12 mètres, des trous de 0"', 15 de diamètre et 7 mètres de profondeur. On les charge de 40 à 50 kilogrammes de dynamite, et on les tire par volées au moyen de Télectricité. L'introduction de ce nouvel explosif a procuré une économie de 0^12^ par mètre cube de calcaire en place. Mais l'avantage disparait dans les argiles. Les chantiers occupent 500 ouvriers.

666 — Mine de lignite de Dux {Bohême) (*). — La formation lignitifère, rattachée à l'époque éocènc, s'étend, presque sans interruption, sur plus de cent kilomètres, entre la base méridionale de l'Erzgebirge et le Mittelgebirge. La couche de combustible est, en général, unique, et sa puissance, ordinairement comprise entre 10 et 18 mètres, atteint, en certaines places, 58 mètres. Le sondage de Kopitz, près de Brux, l'a môme traversée sur une hauteur totale de 156 mètres, ce qu'il parait difficile d'expliquer autrement que par un redressement. Cependant le pendage est ordinairement assez faible, et compris entre 5 et 8 degrés, atteignant 30 degrés dans le Sud. La couche repose quelquefois directement sur le gneiss, et, plus ordinairement, sur le terrain crétacé. Elle présente des affleurements, mais, la plupart du temps, elle se trouve dissimulée sous un recouvrement, dont l'épaisseur va jusqu'à 370 mètres.

Le gîte est exploité à ciel ouvert dans les environs de Dut. Il y présente une vingtaine de mètres de puissance, et 4 ou 5 degrés d'inclinaison. Le recouvrement est formé par une dizaine de mètres d'alluvions, que l'on commence par enlever, en les reportant en arrière, dans la partie déjà exploitée.

Le massif dénudé est limité à une longueur de 20 mètres environ

(*) Lancmand, Annaht, 7», XIX, 550.

EXPLOITATIONS A ŒL orVERT. 651

{6g. 581 et 382), à parlir de la face .tombée, par une galerie de 12 mètres de longueur. On la surmonte d'un exhaussement vertical qui ne va pas tout à fait jusqu'au jour. On se guide, pour cela, d'après quelques sondages efTcctués à parlir de la surface. On perfore alors la base de ce lopin, au moyen de galeries de 2°,50 de largeur et 2 mètres de hauteur, avec pcre emenls perpendiculaires, qui

laissent porter toute la masse sur des piliers de 1"',50 de ci)f.é. Dans chacun d'eux, on pratique un coup de mine de 1 mètre à la dynamite, et l'on fait sauter tout l'ensemble par l'éleclricilé. On réalise ainsi une très grande activité de production, et une proportion élevée de gros: environ la moitié.

■ 5«7 — Tourbières {'). — Les tourbières constituent le derniei'

{') Erneel Bosc, Traité complet de la tourbe. — Peillort, Exploitation de la tourbe {Annalfi du ginit ciiil, 1S63). — Chnlletoti de Druchet, La tourbr. — Ribaucourt, Inatruetion lur let lourbiire: —De MarsiUj, Étude delà loiii-be(.4nna/».S'. XII, 3f1). — Hflil«din^, InduflrieUe Torfgeteinnung.

terme des formations de combustible dans la série géologique. Elles s'accroissent encore, à l'époque actuelle, dans certains basfonds marécageux. Quelques bancs de tourbe dépassent 5 mètres de puissance. Trois cas peuvent, en raison de cette situation, se présenter pour leur exploitation.

Supposons, en premier lieu, que des saignées profondes permettent de mettre à découvert la surface exploitable, pendant le printemps ; la maison d'été étant réservée pour la dessiccation des produits. Le tourbier se sert alors du petit louchet (fig. H3 et 114). Le long d'une ligne droite, tirée au cordeau, il détache une série de pointes de 0",30 environ de profondeur. Un brouetteur les porte à l'étendage. Deux systèmes peuvent d'ailleurs être suivis pourcette exploitation : le mode longitudinal et le mode carré.

Dans le mode longitudinal, la taille s'étend en ligne droite autant que la situation le comporte. Le long de cette première série de pointes, un second tourbier en attaque une nouvelle; un troisième en détache une autre à quelque distance, et ainsi de suite. D'après cela, le plan horizontal de l'ouvrage dessine des gradins couchés. Lorsque cet appareil a reçu un certain développement, on recommence toute l'opération pour une nouvelle tranche de 0",30 de

hauteur, et, après une certaine extension de son enlèvement, pour une troisième, etc. De cette manière, la coupe verticale du chantier dessinera de petits gradins droits.

Dans le mode carré (fig. 383), deux tourbiers , partant d'un môme point, lèvent des pointes sur des lignes rectangulaires ac, fcc, se rencontrant en c; Figf. 383. flfjCp tjCj, se rencontrant en c^; et ainsi

de suite. Lorsque le carré, ainsi dénudé , a pris une certaine extension , on attaque une seconde tranche, puis une troisième, etc., en taillant la masse en gradins droits.

Il s'en faut naturellement de beaucoup que la rigueur de cette description s'observe effectivement dans les tourbières. Ce serait.

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dans la plupart des cas, tout à fait impossible ; mais on pourrait, du moins, y apporter plus d'ordre qu'on ne le fait trop souvent. Les observations générales qui ont été présentées plus haut (n° 356), sur la nécessité de suivre un bon plan d'ensemble pour une exploitation minérale, prennent ici une importance spéciale, à. cause des difficultés dues à la présence de l'eau, tant au point de vue du gaspillage du gîte, et même de sa perte irrémédiable, qu'en ce qui concerne la salubrité publique, souvent compromise^ par la création de surfaces paludéennes, dues à une mauvaise conduite des opérations.

Supposons, en second lieu, que la surface du sol soit presque à . fleur d'eau, et que celle-ci soit profonde, le long de tranchées verticales qui se tiennent convenablement. On emploie alors le grand louchet (fig. H5 et H6), pour enlever d'un seul coup, sur 0",10 de côté en carré, une hauteur de trois ou quatre pointes. Quand le lourbîer a déposé ces prismes sur la berge, on les fractionne, et le brouetteur les porte à l'étendage. L'ouvrier se tiendra au besoin, pour mieux répartir la pression, sur une planche placée le long du bord du front de taille.

Lorsque le champ d'exploitation ne peut être aménagé en massifs d'une manière aussi nette, et qu'il renferme de vagues étendues d'eau, on emploie un troisième système, en le parcourant en barque, et curant le fond avec une drague (fig. 133). On ramène ainsi une sorte de bouillie de tourbe, que l'on égoutte un instant, et que l'on verse dans le bateau, puis, de là, sur le rivage.

5B8 — C'est alors que commencent les opérations de préparation ultérieure.

La bouillie de tourbe est répandue sur le pré, dans des caissons formés de planches posées de champ. Quand elle s'est ressuyée et raffermie, des hommes la marchent^ d'abord avec des planchettes sous les pieds, puis pieds nus. On la découpe alors à la bêche, ou bien on la comprime dans des moules de briquetier. Les briquettes vont ensuite à l'étendage.

Cette dernière opération leur est commune avec les pointes obtenues directement à l'aide des louchets. Celles-ci occupant à peu

près autant de place à Tétendage que dans la formation, en raison des déchets et de l*empilage, il faut se procurer, pour chaque hectare d^exploitation, autant d'hectares de dessiccation que Ton tire de pointes superposées. On fait ordinairement quatre élendages successifs, en retournant les pointes pour les exposer à l'insolation sur leurs diverses faces. Les tas correspondant à ces phases successives de l'opération portent les noms de pilets, canteleU, haies et piles. On y multiplie les claires-voies dans la masse, pour ménager la libre circulation de l'air.

Le dernier empilage est le plus important. Trop verte, la tourbe ne séchera plus, et fournira un mauvais combustible. Trop sèche, elle s'effrite, et donne beaucoup de déchet avant la vente. Les tas non vendus avant la mauvaise saison, sont recouverts de roseaux ou de chaume pour passer l'hiver.

569 — Dans la dessiccation, la tourbe éprouve un retrait de 60 à 70 0/0. On compte environ mille pointes séchécs dans un mètre cube, pesant, suivant la variation des vides et de Thumidilé, entre 250 et 450 kilogrammes. Cette quantité est fournie par 1"'',5 de massif. Elle revient à 4 fr. 50 ; soit 3 francs pour le mètre culie en place. Il faut, en outre, ajouter à ce chiffre, à titre de frais généraux, l'indemnité de surface, variable dans chaque cas avec les circonstances et la puissance exploitable.

La production de la tourbe en France (*) a été dans ces derniers temps (en milliers détonnes):

(*) Statistique minérale pour Tannée 18S0, p. 30.

On y compte environ 867 tourbières principales, réparties en 133 groupes naturels, outre des milliers de petites exploitations sans importance. Les départements dont la production a dépassé dix mille tonnes, en 1880, sont les suivants :

Somme 85 920

Loire-Inférieure 28 500

Oise 26 900

Pas-de-Calais 25 219

Seine-el-Oise U 836

Isère 14 728

Aisne 14 099

On peut estimer à 28 000 environ le nombre de personnes : hommes, femmes ou enfants, occupés à cette exploitation. Le prix moven de la tourbe a été de 11 fr. 10, et sa valeur d'ensemble, sur les lieux d'extraction, s'est réduite à 2 754 839 francs, tandis qu'elle avait, en 1876, dépassé quatre millions.

570 — Exemples divers. — Je mentionnerai encore, en terminant, un certain nombre d'exemples intéressants, soit par l'étendue des travaux, soit par la rareté des gîtes ainsi exploités à ciel ouvert.

En ce qui concerne les carrières f) : les meulières de la Ferlésous-Jouarre ; les grès d'Orsay, de Melun ; les plâtrières de Sannois; les phosphates du Lot, des Ardennes; les calcaires lithographiques de Solenhofen (Bavière); les marbres de Sablé (Sarthe) ; la serpen-

tine chromifère des Quayrades, dans la baie de Cavalaire (Var); les kaolins de la Lizolle (Allier) ; la roche du Pouzin (Ardèche) (*).

Parmi les charbonnages : les découverts d'Aubin (le Volcan), Commentry, le Creusot, Montceau-les-Mines, Saint-Eloy, Belmez (la Terrible), Dombrowa (Nova).

Comme sels et substances diverses : les salpêtres (de soude)

(*} n existe en France plus de 28 000 carrières à ciel ouvert, occupant 95 500 ouvriers.

(*) Cette masse glisse sur sa base, en descendant lentement sur le bourg de ce nom, qu'elle resserre contre le Rhône. On a déjà dépilé 200 000 mètres cubes pour s'opposer h cet envahissement.

du Pérou, ralunite de la Tolfa (Civita-Vecchia), la boracite du Colorado, le bitume du lac de la Braie (lie de la Trinité) (*), les exploitations d'ambre de la presqu'île de Samland (Prusse) ("), le guano du Chili et du Pérou C).

Parmi les mines de fer : les mines en sac de Berry, de Champagne, de Franche-Comté ; les mines en masse de Filhols (Pyrénées- Orienlales), Eisencrz (Styrie), Erzberg, Dannemora (*), Norberg, Nordmark, Taberg (Suède); Rio (île d'Elbe).

En ce qui concerne les autres métaux : les gîtes calaminaires de Moresnet (Vieille-Montagne), Saint-Laurent-le-Minier (Gard) ; les grès imprégnés de galène de Commern et de Mechernich (pays de Siegen); les poudingucs deMarbach (Cologne), mélangés de carbonate de plomb ; les pyrites cuprifères de Tharsis (Huelva); le cinabre de Sulphurbank (Californie); les alluvionsd'étain deCornouailles, de Saxe ; les sables platinif&res de Ru$sie ; la mine d'argent d'Arendal (Norwège) ; les placers d'or de Victoria, de la Guyane, de Sibérie.

{•) Cumengre {Annaleê, 8*, 1, 137).

0*) Elles fournissent par an une centaine de tonnes, c'est-à-dire & peu près les quatre cinquièmes de la production du monde entier.

(') Iles Chinchas, et, sur la côte de la Gordillière : Guanape, Nacabi, Pabelkm. Tarapaca. Les détritus se sont amoncelés dans des raTins étroits, sur des hauteurs attéifçnant en certains points 50 mètres, que Ton enlève en (tradins droits. La production totale est d'environ 500000 tonnes par an (Détienne, Bev. univ. d. m. ei u., S*. IX, 401. — Pétrequin, Exploitations de salpèti^ et de guano au Chili, Annale* de U êociité deê eciencet naturelles de Lytm, 1881, n* 1.)

{*) Le filon de Dannemora est foncé en gradins droits sur 300 mètres de longueur, 30 à 50 mètres de largeur, avec des parois à pic de j50 mètres de hauteur.

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