‹ Cours d'exploitation des mines (volume 2)Chapitre 133 sur 142 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

«ENËBAIilTÉS

660 — Traction en palier. — On appelle traction mécanique (*) Tensemble de l'appareil qui sert, à l'aide de machines fixes, soit à remorquer les trains en palier, au lieu de les faire accompagner par des moteurs ambulants, soit à leur faire gravir des rampes. Il y a lieu de distinguer dans cette description : d'un côté , le mécanisme qui sert à effectuer l'opération elle-même, et, d'autre part, la force motrice destinée à lui communiquer le mouvement. Ces deux questions nous occuperont successivement dans ce chapitre et dans le suivant.

En ce qui concerne la traction en palier, la tendance, toujours plus marquée, à la grande concentration de l'activité sur des

(*] Du transport mécanique de la houille (Rapport l'ait à l'Institut des ingénieurs des mines du Nord de l'AugleteiTe, traduit par Briart et Weiler, 225 pages in-8*, et 52 planches, Mons, 1871). — A. E?rard, Les moyens de transport, in-4''. — BuU. min., 2«, I, 239, Pemolet ; IV, 429, Georges Vuillemin, Note sur la traction mécanique par corde-queue, installée aux mines d'Aniche; V, 396, Pemolet; IX, 129, Holltzer; XII, 165, BrOU, Chemin de fer à chaîne flottante des mines d'Aïn-Sedma. — CAIf, 1880, lOG, Chansselle, Chaîne flottante de Sain-bel. — Hev, univ.d. m. et u., l'* XXXIll, 190, Béer; 2% ill, 200, Habets. — Journal de Leoben, XXII, 311, Traction mécanique aux mines d'Eisenerz. — Engineering, 1875, 60, 432, Micheroux, Traction mécanique du Hasard. -^ Bulletin de V Association scientifique, 1879, 154, Tresca. — Piotice sur les objets exposés par la Société des charbonnages de Nariemont à Vienne, Mons, 1873, 6.

points qui deviennent des foyers de production, avec des puits moins nombreux que par le passé, et armés de machines plus puissantes, réclame le secours de ce moyen de transport.

Il procure, en oulre, une réelle économie quand on opère sur de grandes masses et des distances importantes ; réserve dont on dc s'est pas toujours assez préoccupé, et dont l'oubli a occasionné quelques mécomptes.

Il assure plus de régularité, et permet de donner, en cas de nécessité, un coup de collier pour rétablir le service, après un de ces arrêts du trait dans le puits d'extraction, qui se répercutent dans toute la mine, avec le herschage ordinaire, en exigeant un temps assez long pour remettre en mou vement les trains immobilisés dans toutes les gares.

Ajoutons encore que, dans les cas où une grande concentration doit s'effectuer au jour sur certains points, la nature accidentée de la superficie peut rendre quelquefois plus avantageux de pratiquer souterrainement une artère rectiligne, desservie activement par une traction mécanique.

661 — Exploitations en vallée. — Quant aux exploitations en vallée qui nécessitent le remorquage des produits sur des rampes, contrairement au principe ordinaire, d'après lequel le roulage fonctionne, autant que possible, en descendant j usqu'au puits d'extraction, elles constituent, en principe, une solution défectueuse. Cependant ce dispositif peut, dans certains cas, se trouver parfaitement justifié par diverses circonstances telles que les suivantes.

La marche descendante est motivée par la présence du grisou* qui doit faire éviter des travaux en cloche, si l'on ne peut pas en vider le sommet par une circulation ascensionnelle.

Il en sera de même pour les gîtes qui plongent sous l'océan, et avec lesquels il ne saurait être question de rejoindre le pied de l'aval-pendage par un puits, dont l'emplacement tomberait en pleine mer, ni par un travers-bancs, partant d'un puits foncé sur le rivage, le développement de cette galerie devenant excessif, en raison de la faiblesse du pendage.

Les couches peu inclinées sont extrêmement fréquentes en An-

TILVCTlOIfS MECANIQUES. 739

gleleiTC, et le motif précédent conduit à préférer aux interminables travers-bancs, qui devraient relier l'aval-pendage à des accrochages très rapprochés les uns des autres dans le puits, une traction en rampe, qui remonte les produits au point d'intersection du gisement par le puits d'extraction.

Dans certaines mines exposées à des invasions d'eau subites, au momentdes crues, on trouve commode (') de créer, au moyen d'exploitations en vallée, de grands réservoirs que l'on abandonne alors

temporairement, et qui dégagent le reste des travaux de l'aflluence des eaux.

Il peut devenir impossible, en raison de l'existence de couches 11*63 aquifëres A dans le mur du gisement B (fig. 443), d'approfondir le puits C au-dessous du point M, où il rencontre la couche, en vue d'établir plus bas une recette, et un travers-bancs rejoignant le gite en N, pour desservir toute la zone MN. La double traversée de la couche aquifère par le puits et la galerie pourrait, dans de telles conditions, occasionner des dépenses, et même des dangers, qui feront préférer l'établissement de moyens mécaniques pour remonter les produits le long de NM.

C) Comme i Créasgue.

Dans certains dénoyages de couches très inflammables, on ne baissé les eaux qu'à la demande du développement des travaux, et par suite, d'une manière successive, qui exclut Thypothèse du roulage descendant jusqu'à une voie de fond, laquelle ne sera accessible qu'au dernier moment.

Quelquefois enfin, l'on se mettra en vallée, uniquement pour gagner du temps, en présence de certaines circonstances commerciales, de manière à pouvoir commencer de suite à exploiter, sans attendre la terminaison du réavalement d'un puits, suivi du percement d'un travers-bancs.

Page 1