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COMPARAISON DES DIVRRS SYSTÈMES

683 — Le tail-rope et la corde sans fin admettent les grandes vitesses : 10 à 20 kilomètres à l'heure. Cette propriété est importante, afin de permettre de ne pas faire durer le trajet sensiblement plus que le temps nécessaire pour former et décomposer les trains, dont le mouvement va se produire, ou vient d'avoir lieu. La chaîne flottante marche, au contraire, avec une lenteur caractéristique, de 1 à 6 kilomètres.

('} Tous ces types de l'emploi de la chaîne flottante se voient aux mines de Mariemont, dont le magnifique réseau, à la fois extérieur (7930 métros) et intérieur (9100 métrés), et son double mouvement à plein et à vide, rappellent Tidée de la double circulation du sang dans les systèmes artériel et veineux d'un être organisé.

Dans les mines de Burniey il existe, de même, 120 kilomèti*es de chaîne flottante.

Il s'ensuit que les deux premiers systèmes peuvent suffire sur de grandes distances, pour une production importante, avec un matériel relativement restreint, tandis que le nombre des véhicules nécessaires croit proportionnellement à la longueur de la chaîne flottante.

Les deux premiers modes admettent les courbes, pourvu que le rayon ne descende pas au-dessous d'une limite de 20 mètres, qu'il serait dangereux de dépasser à cause de la vitesse. La chaîne flottante n'admet, en projection horizontale, que la ligne droite ou la ligne brisée .

Une seule voie suffit pour le tail-rope à simple effet, et la corde sans fin. Deux voies sont indispensables pour la chaîne flottante. L'adjonction de cette seconde voie aux deux autres systèmes leur communique, à la vérité, une tout autre puissance pour les grands • trafics.

684 — A côté de ces avantages, il faut mettre en balance les inconvénients suivants.

La corde-queue et la corde sans fin exigent l'emploi des rouleaux. C'est une complication, une dépense, une cause d'usure pour le câble. Au moins faut-il avoir soin d'arrêter le mouvement de la corde sans fin, dans les intervalles de temps où elle ne remorque aucun train. La chaîne flottante, au contraire, repose sur les wagonnets, sans prendre aucun déplacement relatif par rapport à ses points d'appui.

Les deux premiers systèmes ont besoin d'une voie particulià^ ment soignée, pour que le câble puisse y frotter sans trop d'inconvénients. L'état du ballast peut rester quelconque avec l'emploi de la chaîne flottante.

Le tail-rope amène périodiquement aux gares un énorme encombrement, les trains comprenant souvent de 30 à 60 wagons. Avec la chaîne flottante, on répartit le trafic sur les gares extrêmes, d'une manière uniforme. Le système de la corde sans fin forme un intermédiaire, mais il se rapproche beaucoup plus, sous ce rapport, du câble-queue. Le câble traînant, au contraire, présente plus d'analogie avec la chaîne flottante.

Le système corde-queue donnant des coups de collier à grande vitesse, exige une machine beaucoup plus puissante. On en a con struit de 150 chevaux. La chaîne flottante, qui répartit sur un temps plus long le même travail, en le réduisant même, dans une certaine proportion, par la modération de l'allure, peut admettre, pour son moteur, un nombre de chevaux sensiblement moindre.

Le système de la chaîne flottante est soustrait par sa lenteur aux chances d'accidents graves auxquels on est exposé avec le tail-rope.

685 — La discussion précédente réunit, comme on le voit, par de grandes analogies, le câble-queue et la corde sans fin, en les séparant de la chaîne flottante. Mais celle-ci se rapproche, sous un dernier rapport, du système câble-queue, par opposition à la corde sans fin. Cette dernière ne comporte, en effet, que le trajet unique sans embranchements, à moins que Ton ne consente, avant de changer de ligne, à écouler préalablement tous les trains engagés dans la partie de la voie que l'on veut abandonner momentanément. Les autres admettent les bifurcations : à l'état permanent, avec la chaîne flottante, et au prix, pour le tail-rope, de manœuvres qui n'occasionneront pas de perte de temps, si on les effectue pendant la durée des opérations des gares extrêmes.

Il est, de même, une propriété commune à la chaîne flottante et à la chaîne sans fin, qui les sépare du câble-queue. Avec ce dernier système, en effet, il faut une longueur de câble triple de la distance des gares extrêmes, tandis qu'elle n'est que double pour les deux autres.

686 — Le prix de revient de la tonne kilométrique varie de Ofr. 10 à 0 fr. 14 pour le tail-rope, et de 0 fr. 07 à 0 fr. 15 pour la chaîne flottante.

On voit par là, qu'en palier , ces chiffres ne diffèrent pas notablement de ceux que nous avons indiqués pour l'emploi des chevaux (n"" 105), et que la comparaison des deux systèmes, en ce qui concerne ce côté de la question, devra être, dans chaque cas, étudiée de très près, en entrant attentivement dans les détails. Mais, sur les rampes, la question change de face, et l'hésitation n'est plus possi-

ble. C'est là, véritablement, que l'emploi des tractions mécaniques joue un rôle décisif dans les transports souterrains-

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