‹ Cours d'exploitation des mines (volume 2)Chapitre 26 sur 142 · INFLUENCÉ DE I.*OBIENTATION DES FILONS · texte numérisé non relu

INFLUENCÉ DE I.*OBIENTATION DES FILONS

37 — Influence de V inclinaison. — Lorsqu'une fracture tend à se propager à travers l'écorce terrestre, elle prend naturellement la voie de moindre résistance. Si nous supposons d'abord la masse homogène, ce sera la voie la plus courte, c'est-à-dire le plan vertical. Aussi les filons métallifères présentent-ils la plupart du temps un pendage très accentué, quand ils ne sont pas absolument verticaux.

Si, au contraire, la masse du terrain n'est pas homogène, la

surface de moindre résistance ne sera plus celle de moindre étendue géométrique. Ce qfu'il y a lieu alors de rendre minimum par la pensée, sera la somme des produits de chaque élément superfîciel par sa ténacité spécifique. On comprend, d*après cela, que la surface d'ensemble, tout en restant plane dans chaque strate homogène, pourra présenter une orientation variable d'une couche à l'autre. Ce filon, si on le mettait à nu par l'enlèvement dé son toit, présenterait à la vue une série de bandes comprises entre des droites parallèles, formant des cannelures de directions et de pion-

Fig. 10.

gements variables. La figure 10 représente, avec le système des plans cotés f cet état de choses.

Il s'attache par suite un grand intérêt à discerner l'influence que pourra exercer sur la richesse la variation de la direction et du plongement, suivant qu'on se dirigera dans le filon par une galerie de niveau ou par une fendue suivant la ligne de plus grande pente.

38 — En ce qui concerne d'abord la variation d'inclinaison, on peut énoncer cette règle essentielle : Les parties les plus raides sont les plus riches. Il va sans dire que cette formule ne doit pas être entendue d'une manière absolue, en ce sens que tout filon A moins incliné qu'un filon B, doit par cela même être moins fructueux, ce qui serait absurde; mais, au contraire, que, dans un même filon^ soumis originairement à la même circulation hydrothermale, les parties plus redressées ont été en général plus enrichies par le mode de formation (^).

(') OnattiMbue d'ordinaire cette remarque à Richard Thomas, qui Ta formulée en 181 1^ {Report on a Survey, etc., p. 20); mais le fait était bien connu des anciens mineurs français, car Hellot l'a énoncé en 1756, dans sa description de l'exploitation des mine» de Baigorri , en Basse-Navarre (Gobet, Anciens minércUogUtes du wyaume de France^ t. I, p. 216). Cette règle était cependant encore niée par Délius en 1773. {Instruction eur Vart dee minée ^ traduction de Schreiber, I, 49.)

RECHERCHE W8 PARTIES RICHES DES FILONS. il

Le fait s'explique du reste facilement. En etTet, dans le glissement du toit sur le mur (fig. il), les parties plates, servant de support, n'ont pas de motif de varier sensiblement d'épaisseur, tandis que la largeur des parties verticales va toujours en augmentant par l'écartement progressif de leurs épontes. De plus, les vides sont toujours entretenus dans ces zones par les petits mouvements successifs, tandis que le poids supporté par la partie pinte doit la broyer dans ce glissement, en produisant des salbandes argileuses et gênant la circulation des sources hydrothermates. C'est donc dans les parties raides que ces dernières trouvent à la fois le plus de facilité pour circuler et les plus grands emplacements pour effectuer les dépôts. On peut, d'après cela, penser que ce seront les plus productives, et l'expérience est en effet con- Fig. ii.

forme à cette manière de voirf).

Il est du reste un second motif qui milite précisément dans le même sens. En elTet, nous avons vu que l'influence de la roche s'exerce en ce que les cannelures les plus fructueuses sont ouvertes dans les couches de dureté moyenne. Celles-ci auront obéi plus facilement que les autres à la tendance générale à la rupture qui s'exerce suivant un plan vertical. Elles seront donc essentiellement des parties raides. Au contraire, les roches trop dures, qui correspondent aux cannelures moins productives, résistant davantage par leur ténacité propre, tendent à dévier la fracture suivant leur propre surface de moindre résistance, c'est-à-dire dans le plan perpendiculaire déterminé par leur normale et par la droite suivant laquelle ils sont abordés par la fracture de la bonne couche, plan

[*} On TOil en même lemps, et ce fait anit été spécialemeDt énoncé par Uenwood (Metalliferota depotitt, 1B43. p. 331), que quand on p««se, en suivant U ligne de plua grande pente d'un fUon par un puits incliné, d'une partie plaie i une partie iiide, le tnnr jdonge le premier, pendant que le toit se tient encore, sur une certaine longneur, A la même inclinaison, et ne prend que plus loin le nouTeau pendage.

42 REGBBRCUES DE MINES.

qui, en abandonnant la verticale, se sera plus ou moins couché, ce qui est conforme à Ténoncé.

On peut, d*après cela, juger à première vue, sur un plan de mines où se trouvent figurées les galeries de niveau (fig. 10), quelles doivent être les -cannelures les plus productives, d'après Tespacement de ces galeries en projection horizontale. Les parties serrées, marquées B, sont les plus raides : ce sont les Bonnes cannelures; les plus claires, marquées M, correspondent aux plus platei^: ce sont les Mauvaises cannelures.

39 — Influence de la ^direction. — M. Moissenet a dégagé le premier une importante règle, analogue à la précédente, mais plus dissimulée sous Tobscurité des observations. 11 l'énonce de la manière suivante (^) : Les parties riches des filons sont souvent orientas selon la direction du système stratigraphique auquel se rapporte la fi^acture initiidedu filon ^ dans la région soumise à V observation. De là un élément d'appréciation dans les recherches, qui, tout en exigeant des connaissances étendues en géologie, des mesures attentives sur le terrain, et des calculs assez délicats que nous indiquerons plus loin, fournira un guide précieux pour la conduite des explorations et des aménagements.

Nous venons de voir, en effet, que les parties les plus riches sont les plus raides. Leur type le plus simple sera donc un plan vertical, parallèle à la direction générale du plissement formé par le système de soulèvement auquel on cherchera à le rattacher (*). Les zones les plus riches auront par suite une direction très rapprochée de celle-ci ; les moins bien partagées , une direction plus ou moins différente.

On ne devra pas se contenter, par conséquent, d'apprécier la direction générale du filon, que l'on obtient en joignant l'un à l'autre deux points, quelconques, mais ti*ès éloignés. Il faudra en outre

(*) Parties riches de» filons, p. 26.

(') Pour apprécier la direction d'un système de soulèYement à une certaine distance de la chaîne de montagnes à laquelle il a donné naissance, on abaissera du point en question un aix de grand cercle perpendiculaii*e sm* celui de la chaîne, et on élèvera à cet arc, par le môme point, un gi*and cercle perpendiculaire. Ce dernier arc fournit la direction cherchée.

RECHERCHE DES PiLRTIES RICHES DES FILONS.

scruter attentivement les déviations locales qui correspondent aux diverses cannelures. Ces inflexions peuvent être plus ou moins prononcées. Tantôt (fig. 12) elles sont douces, comme les lums de Gornouailles ; tantôt (fig. 13) on rencontre de petits coudes plu«

Fig. 12 et 13.

brusques appelés warps dans cette région métallifère. Parfois, de longs alignements du filon présentent des déviations étendues, sur chacune desquelles se superposent des oscillations de moindre longueur.

Mais, lorsqu'on cherche ainsi à entrer dans les détails des effets de fracture, les choses ne se passent plus tout à fait de la même manière dans les cassures anticlinales 9, ou synclinales f (fig. 8). 11 se mêle dans ces dernières des effets d*arrachement dont il y a lieu de tenir compte. Précisons cette distinction (*).

40 — Envisageons d'abord (fig. 14) une fracture anticlinale, on inverse, 9'. Elle affecte une masse stratifiée dont les couches se trouvent représentées sur le plan vertical de leur ligne de plus grande pente, mené par Ç y;. Nous y distinguons en ^/, J5/,^,',... les bonnes couches, et en .^/.^,'w^,',... les mauvaises couches. En les coupant par le plan horizontal Ç t]', nous obtenons les lignes de direclion qui les séparent en projection horizontale suivant

Le filon y affecte la forme dentelée de la ligne 99. Les parties ?i'3rPs*"' V^^ sont situées dans les bonnes couches, sont, comme nous venons de le voir, celles qui représentent le mieux sur le plan horizontal la direction du système de soulèvement. Le plongement

C) Moissenet, Parties riches des filons ^ p 31

RliXIHERGHES DE MIMES.

marqué par les flèches est, par hypothèse, en sens contraire de celui

de la stratification. Le filon coupe le plan vertical suivant un alignement général 9' 9'.

Dans les bonnes couches, on observe des parties p/, p,', p,'....

très rapprochées de la verticale; dans les mauvaises , des travées ii./,ji./, jjij'..., inclinées au contraire vers la normale de la stratification. La traversée des mauvaises couches est donc plus courte, et par suite les mauvaises obliques {i.|, jA,, jjij..., doivent être un peu plus rapprochées que les bonnes

3i» 3i» Ps--' de la perpendiculaire Ç T) à la direction. Elles sont donc déviées de la direction du système de montagnes en s'éloignant de celle de la stratification.

41 — Supposons maintenant, au contraire (fig. 15), une fissure synclinale ou

Fig. 14.

conforme/",/*. En plan, elle est supposée avoir ses bonnes parties

RECHERCHE DES PARTIES RICHES DES FILOiNS.

^i> *t» ^t"'f dans la direction du système de montagnes, c'est-à-dire parallèles à pj, p„ 3,.,., de la figure 14, Quant aux mauvaises travées m^ m,, m,... y nous allons voir qu'elles s'en dévient à l'inverse de ce qui avait lieu pour p.,, jx,, [t^. . . ^ c'est-à-dire en se rapprochant de la direction de la stratification.

Si nous examinons, en

Fig 15.

Fig. 16.

effet, la coupe verticale, en suivant l'alignement moyen f f^ les bonnes parties 6/, 6/, 6/..., se rapprocheront, comme il

a été dit, de la verticale. Les mauvaises m/, W> ^s'-m étant destinées à reporter des efforts en des points qui sont éloignés obliquement Tun de Taulre, y parviendront en combinant, en proportion variable suivant les circonstances, avec la direction géométrique de moindre résistance, qui est la normale, la direction physique de moindre résistance, qui est celle des lits mêmes de la stratification, mal soudés ensemble. Dès lors, la travée mm (fig. 16), au lieu de se briser en ligne droite, dessinera des dents de scie, en arrachant longitudinalement des fibres peu épaisses, et les décollant latéralement les unes des autres sur de plus grandes longueurs ('). D'après cette prédominance des longueurs comptées suivant la direction des couches sur celles qui leur sont normales, on voit que la traversée de m doit être plus longue que celle de b entre les mêmes lignes de direction (fig. 15), et, par suite, que m se dévie vers ces dernières, comme nous Tavons annoncé (*).

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