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INFLLENCE DE L'ORIENTATION DE LA STRATIFICATION

4î8 — Colonnes de richesse. — Après avoir, autant que possible, établi la classification probable d'importance des diverses cannelures, il reste à prendre un aperçu de la répartition vraisemblable de la richesse dans l'étendue de chacune d'elles en particulier.

On peut formuler, d'après Tregaskis, cette règle d'observation : Le minerai affecte en général la forme de bandes ou colonnes

[*) Ce décollement sera d'ailleurs, ou non, suivi d'un déplacement longitudinal tel que celui qui a été représenté sur la figure 16. Il pourra, à la vérité, se former des nids de minerai dans ces petites chambres, mais cliacun d'eux ne présentera aucune suite, et les mineurs savent que la disposition du toit en petits gradins est un indice défavorable.

(') Dans l'analyse attentive qu'il a faite de ces efTets dans le Cornwall, M. Moissenet ajoute, avec beaucoup de prudence, que les lois qui les résument, en déi*ivant d'aperçus généraux si rationnels, ne peuvent cependant ôti^e pris pour des axiomes qui doivent nécessairement régir tous les districts métallifères. Il en a cité lui-même des exceptions {Parties riches des filons, p. 16). M. l'ingénieur des mines Lecornu énonce de même [Annales, 2*, XIV, 35) que le Derbyshire ne se prête pas exactement à leur application. En revanche, ces considérations se sont parfaitement adaptées aux filons aurifères de Gondo (Valais). (Burthe, Annales, 7% VII, 1U9.)

riches, plongeant dans le filon suivant le sens de ses lignes d'inlcrtection par Ut stratification encaissante. On comprend, en effet, que la nappe d'écoulement hydrothermale, engagée dans le lit indéfini formé par le plan de la fracture, s'y ramifie en courants plus prononcés, et par suite plus efficaces, suivant les canaux naturels qui lui offriront moins d'obstacles et un passage plus facile. Or les joints des couches forment les plans les moins résistants de la masse du terrain. Leurs traces sur celui de la fente auront donc plus de chances de s'égrener, de s'éclater, pour former de tels canaux. Le minerai présentera, d'après cela, une tendance à s'y disposer en colonnes allongées.

Telle est en effet, dans les stratifications inclinées, la forme des shoots of ore, ou coulées de minerai, des mines «te Cornouailles (fig. i7)- Lorsque deux galeries de niveau consécutivesontrcncontré

Kig. lï. Shools ur orc.

dans un ordre concordant des alternatives de minerai et de stérile, il y a des chances pour que cette disposition se propage à une certaine profondeur. Dès lors une exploitation attentivement conduite peut espérer une production soutenue et avantageuse (').

Tel est aussi, quand le terrain et le filon ont la même direclion, le course of ore, qui est allongé suivant l'horizontale (fig. 18). Si une galerie de niveau se maintient pendant longtemps sans discontinuité dans une telle bonanza (suivant l'expression des mineurs espagnols), il y a des chances pour que plusieurs autres niveaux rapprochés se trouvent dans les mêmes conditions en promettant à l'exploitant une récolte rapide et abondante.

(■) Moissenet, Partiel richrs da filoai, p. 10.

48 RECEIERGHES fX IIHES.

11 va sans dire que celte règle est loin d'âtre sans exceptions, et qu'à la disposition longitudinale des colonnes s'adjoint souvent la forme ramassée des taches de minerais disséminées sans loi apparente, quand les communications intérieures ont manqué de régu-

Pig. 18. Counos ot oFP.

larité. Dans ce cas l'ingénieur doit se considérer perpétuellement comme à l'état de recherches systématiques, pour éclairer sa marche et s'assurer une certaine constance de production (').

43 — Bedierches en dehors du filon. — Les explorations ne se restreindront pas, du reste, au plan de la cassure principale. On suivra attentivement les dérivations qui s'en détachent dans les éponles. Souvent elles y meurent à peu de distance, mais parfois aussi elles prennent de l'importance par elles-mêmes, ou vont se rattacher à quelque autre filon d'une valeur comparable à celle du premier. On doit alors s'attacher de préférence à celles de ces branches dont la direction se rapproche le plus de l'alignement de l'ensemble du filon. On peut aussi, dans le doute, préférer d'abord celle du mur. Il y a des chances pour que le toit de la fracture soit plus disloqué par les mouvements qu'il aura subis et que tes veines y soient moins bien réglées.

(') Il est orriïÉ, par eiemplc. vers la fin du siècle dernier, pour I» mine des Chillanches [OissDs), que Sclireiber. en ^evant son budget d'un chapitre Écrasant de Inmii de recherches qui alteigniil juaqj'i 60 pour 100 des frais d'eiploitalion, est arrÎTÉ ainsi  la inainlenir dans une prospérilé relative, tandis que ses successeurs ont abouti i la fermer en peu d'aunëes, pour avoir loulu faire l'écHnomie de ce chef exorbitant de dépenses, {k. CaiUaui, Tableau général dct tninei mitalliqiut de France, p. 173.)

Si, au lieu de quelques branches caractérisées, on rencontre un véritable éparpillement du filon en forme de stockwerk, on y doit voir en général un signe précurseur de sa terminaison en direction.

Cependant il peut arriver que la somme des dérivations représente largement la valeur du corps du filon qui s'est ainsi ramifié. Cela arrive surtout pour les métaux qui sont venus de Tintérieur à Tctat de produits volatils, comme l'or, le mercure, l'antimoine, l*étain. Us ont trouvé par là plus de facilité à se répandre dans les moindres fissures. Dans certaines de ces formations, la roche a été imprégnée à une grande distance, et les recherches dans l'épaisseur des parois doivent prendre encore plus d'importance.

— Quant à la disposition relative des richesses dans les faisceaux de filons parallèles, elle n'est pas non plus abandonnée au hasard. C'est un fait connu, que, dans leurs grandes lignes, les enrichissements se correspondent à peu près, en regard les uns des autres. Cela est du reste assez naturel, puisqu'à de faibles distances, les conditions présentées par la stratification et les efforts généraux de fracture ne varient en général que faiblement, sauf des influences spéciales. C'est ce que les mineurs du Cornwall expriment par cette formule : ore against ore. Aussi un ingénieur expérimenté ne ferat-il pas partir ses travers-bancs d'exploration, des parties plates et pauvres, en vue de découvrir des gîtes parallèles. Il les branchera au contraire sur des parties redressées et minéralisées, pour se donner plus de chances de couper riches les gîtes parallèles, afin de mieux les reconnaître au passage.

Quand on connaît ainsi plusieurs filons parallèles, il peut y avoir, dans l'aménagement général, plus d'avantages, en quittant un quartier après son épuisement, à attaquer les parties riches des filons voisins qui se trouvent en regard, qu'à pousser en direction dans le môme plan, en s'exposant à traverser de longs espaces stériles.

— Si donc, enfin, l'on voulait résumer les traits les plus essentiels de cette longue discussion par une formule abrégée, malgré l'inconvénient de lui donner par là une forme trop concise et trop absolue, on pourrait dire qu'il faut, dans les gîtes métalliques :

1" Chercher d'abord le bon terrain, c'est-à-dire celui qui se recommande par sa dureté moyenne, et par une nature chimique bien en rapport avec les réactions qui ont dû donner naissance au gisement.

^ Parmi les diverses déviations que présente la direction, s'attacher à celles qui se rapprochent le plus de l'alignement représentant dans la localité le système de soulèvement auquel on rattache la fracture.

S*" Parmi les divers plongements, choisir les plus raides.

4^ Enfin, une fois dans le filon, suivre les masses minérales autant que possible dans le sens du plongement du terrain encaissant.

OBIENTATION BES GOLOMIVES DE BICHESSE

4M — L'importance de Tinfluence exercée sur la richesse des diverses cannelures d'un filon par leurs directions et inclinaisons, ainsi que par celle de la stratification encaissante, mérité que nous établissions les relations mathématiques qui existent entre ces divers éléments. On peut suivre pour cela une marche analytique ou la méthode graphique. Nous les envisagerons l'une après l'autre (').

Dirigeons Taxe OX vers le nord, OY vers l'est, OZ vers le zénith. Nous compterons les inclinaisons i de zéro à 90® au-dessous de l'horizontale, en supposant essentiellement que les plans plongent de droite à gauche quand on regarde suivant la direction, A cet effet nous laissons varier de 0** à 360® l'angle d que cette direction fait avec le nord« De cette manière, si un plan plonge à droite quand on regarde suivant son horizontale, il suffira d'augmenter ou de diminuer de 180® la valeur de cette direction, pour rentrer dans la convention précédente.

Un tel plan a pour équation :

(1) x%iïid — ^ ces d -h s cotang i = 0.

(') Noissenet, Partieê richeê de* filons, p. 120. — Uaton de la Goupillière, Annales,

En efTet, d'une part, le cosinus de Tangle que Ton déduit de cette équation par rapport au plan horizontal est donné par la formule :

cotang i

v/sin* d -h ces' d -f- cotang' i

qui se réduit à cos i. En second lieu, on a pour équations de la trace horizontale :

3= 0, x^ind — ycosd = 0,

et cette droite fait avec Taxe OX Tangle d. D'après les conventions précédentes, cotang i a une valeur essentiellement positive, tandis que cos d, et même sin d, peuvent prendre des signes quelconques.

47 — Considérons l'équation (1) comme représentant la stratification. Désignons par j et d h- î l'inclinaison et la direction d'une cannelure, provisoirement quelconque, du gite, en marquant par i Vangle horizontal, du terrain avec le filon. Ce dernier sera de même représenté par l'équation :

(2) X sin (d -h ^) — y cos (d-^^) -^ z cotang j = 0.

L'ensemble des relations (1) et (2), que l'on peut également mettre sous la forme :

cotg i cos (d H- ^) — cotg j cos d cotg i sin (d + 5) — colg j sin d sin ^'

représente la droite d'intersection des deux plans, c'est-à-dire l'orientation probable des colonnes de richesse.

Pour la déterminer d'une manière pratique, nous calculerons son plongement 0 au-dessous du plan horizontal. Le cosinus de l'angle que fait cette droite avec l'axe OZ, c'est-à-dire sin 6, s'exprime par

la formule :

sin ^ y [cotg t cos (d+^) — cotgj cosd]*-f [cotgi sin(d+^) — cotg^ sindj*+ sin *ô

c'est-à-dire, eh réduisant :

,., . ^ sin ^ sin i

(3) sin B =

Vsin* S H- (cotang j sin i — cos 9 cos i)*

— Le minimum de ô correspond à 8 = 0, c'est-à-dire au cas où le terrain et le filon ont la même direction. On a alors 6=0, et les zones de richesse prennent l'aspect des courses of ore (n® 42). La môme valeur minimum s'obtient encore, comme il est naturel, quand le terrain est horizontal, pour i = 0.

Quant au maximum, si l'on se donne le terrain et la direction du filon, c'est-à-dire i et 8, on voit que 0 croît avec j. Les colonnes se redressent donc en même temps que le gîte. Si celui-ci devient tout à fait vertical, pour cotang j = 0, on obtient le maximum 0^ de 6 :

(4) sin $0 =

cotang* i

sin' J

Actuellement si, en continuant de considérer le terrain, et par suite I, comme donnés, on fait pivoter le plan du filon autour de la verticale, on voit que le maximum 6^ de % correspond à celui de sin 3, c'est-à-dire à 5 = 90®. Les colonnes se redressent donc encore à partir de la' position pour laquelle le filon et la stratification ont la même horizontale, jusqu'à ce que leurs directions, et par conséquent les plans eux-mêmes, deviennent rectangulaires. A ce moment, la formule (4) donne pour le maximum 6^ de 6^ :

419 — On peut également déterminer la situation des colonnes par l'angle 6 qu'elles forment, dans le plan même du filon, avec l'horizontale de ce dernier. Ces deux droites et la projection horizontale de la première constituent un trièdre rectangle (fig. 19) qui four-

Fig. 19.

ou, en substituant la valeur (8) de X,

lang A =

sin B

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