CHAPITRE XI
MURAILLEMENT ET BLINDAGE
«ËNÉBALITÉS SVB LE HVBAILLGMENT
264 '— Les revêtements souterrains se font, soit en moellons bruts, soit en briques. Ces dernières sont des parallélépipèdes rectangles, dont les côtés présentent les rapports du simple au double et au quadruple, pour faciliter leur juxtaposition dans tous les sens. Ils sont ordinairement de 6, de 1 '2 et de 2i centimètres. En supposant que les briques soient séparées par un joint de mortier de deux centimètres, le nombre de celles qui entreront dans un mètre cube sera :
ce qui oblige à compter danâ les achats sur 500 briques, en nombre rond, pour tenir compte des incuits et des déchets. Le poids d^une brique étant d'environ 3 kilogrammes, le mètre cube, si Ton tient compte du mortier, pèse 1700 à 1800 kilogrammes.
Les briques doivent être assez cuites pour ne pas se déliter dans l'humidité, sans atteindre toutefois la température de la vitrification, car alors les surfaces ne font plus prise avec le mortier et le i*etrait leur fait perdre leur calibre. On doit éviter pour celte
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fabrication les argiles mélangées de parties calcaires. Celles-ci donnent par la cuisson de la chaux caustique, qui se délite dans rtiumidité et fait éclater la brique par sa dilatation, ou se délaye en laissant des \ides qui afi'aiblissent la résistance. Le prix, très variable, peut s'abaissera 10 francs le mille, avec des briques cuites en tas, sans fours spéciaux, de même qu'il peut s élever à 20 et môme 25 francs, dans des conditions moins économiques.
Î8BB — Pour le mortier, on emploie souvent dans les mines la chaux hydraulique, afin qu'il puisse faire prise dans l'eau au lieu de s'y délayer. Il doit être gâché serré, avec peu d'eau. En vue d'éviter que celle-ci soit pompée par des matériaux poreux, on a soin de les mouiller au moment de s'en servir. Il entre au plus, en volume, un cinquième de mortier dans la maçonnerie de briques. Les joints doivent être minces, mais bien liaisonnés. On pose les briques à bain flottant de mortier, pour qu'elles s'y fassent leur place sans laisser aucun vide, mais en les comprimant légèrement afin de réduire autant que possible l'épaisseur du joint. La proportion sera plus élevée avec les moellons, qui présentent des surfaces moins régulières.
Le mortier peut revenir à 10 francs le mètre cube. Pour confectionner un mètre cube de maçonnerie, il faut, en général, une demi-journée d'un maçon et de son aide. Le prix revient à 11 ou 12 francs pour les moellons, 15 francs pour les briques, fournitures et main-d'œuvre Comprises. En raison d'une telle différence, on réserve souvent les briques pour les parties qui exigent une certaine précision, comme les voûtes,' en se contentant des moellons pour les piédroits.
S6B — On fait certaines maçonneries en pieires sèches^ en supprimant le mortier. Ce système n'est autre chose qu'un remblai très soigné. Il présente sur le muraillement proprement dit une économie évidente, et il fonctionne convenablement quand il s'agit, non d'établissements durables, mais de soutènements provisoires menacés de poussées presque irrésistibles.
276 VOIES DE COMMlNiCATlON.
On donne de la solidité à Tensemble en disposant en parpaitig^ c*est-à-dire perpendiculairement au parement, les pierres les plus longues, ou encore de vieux bois.
Ce genre de revêtements s'emploie souvent pour le remblayage, en dressant un mur le long de l'espace à réserver, et jetant à la pelle par derrière des matériaux informes. S'il s'agit de ménager une galerie dans la masse des remblais, on pourrait être tenté d'utiliser pour cela un parement de roche, afin de n'avoir à dresser qu'un seul mur au lieu de deux. Mais cette combinaison, qui serait rationnelle avec une véritable maçonnerie, doit être écartée pour les constructions en pierres sèches, sujettes à un tassement sensible. Les deux massifs, s'ils sont de même nature, s'affaisseront ensemble, et seront alors suivis par le toit, sans inconvénient trop notable. Au contraire, la roche ne pouvant céder, pendant que le mur qui lui est parallèle diminue de hauteur, le plafond se brisera nettement en. raison de ce porte-à-faux.
267 — Les constructions souterraines se rattachent à trois types essentiels : le massif, la voûte, le système hélïcoidcU.
Le premier procède par joints horizontaux, ou plutôt normaux à la direction présumée des efforts, qui peut être oblique. D'autres fois, pour obtenir plus d'union, on emploie à dessein des matériaux irréguliers, enchevêtrés dans tous les sens, au lieu de ménager des plans de joints.
Lès voûtes s'établissent avec simplicité, et sans recourir, en général, aux savantes théories auxquelles ces appareils ont donné lieu. Dans le cas actuel, en effet, on ne posséderait, pour les appliquer, presque aucune donnée sur les forces réellement appliquées. On procède à cet égard à l'aide d'analogies et d'hypothèses, en les forçant de manière à opérer, autant que possible, à coup sûr.
On doit apporter un soin particulier à ne laisser aucun vide derrière l'extrados. Loin de soulager ainsi la voûte, en effet, on l'exposerait à éclater sur ces points, sous la pression transmise par d'autres parties. De plus, le terrain finirait toujours, un jour ou l'autre, par venir au contact, et ce serait alors vraisemblablement par un choc, de nature à compromettre l'existence de Tappareil. On
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coince la voûte contre le rocher avec des blocs de pierre, ou bien encore on bourre du menu ou du béton dans tous les vides. On a soin de retirer soigneusement les boia, qui pourriraient à la longue, et produiraient alors ces vides que l'on veut éviter.
On pose les voussoirs sur des couchis de bois, supportés euxmêmes par des cintres en fer à talon, que l'on accroche aux piédroits. Quant à la clef de la voûte, elle ne peut être introduite verticalement, comme dans les édifices extérieurs, pour lesquels le dessus reste libre. Ici la roche s'y oppose. On clave en reculant et introduisant la clef, non plus de haut en bas, comme un coin dans une fente, mais horizontalement, comme un tiroir dans ses coulisses. On commence par les briques de l'extrados, en finissant par celles de l'intrados. Cette fin d'ouvrage s'exécute avec du mortier à prise rapide, et même du ciment quand il est nécessaire. On adopte souvent une épaisseur de 0",50, c'est-à-dire deux longueurs de briques. Les piédroits peuvent aller jusqu'au double, et on les renforce de 0",20 dans la sole.
Le système hélicoïdal a été imaginé pour le revêtement des puits en briques. Au lieu de procéder par anneaux horizontaux, dont chacun peut exiger, pour se fermer, que l'on brise une brique, ce qui nuit à la netteté de l'ouvrage, on dispose une file non interrompue de briques suivant une seule et même hélice, qui a pour pas l'épaisseur d'une brique augmentée du joint de mortier. Si la maçonnerie doit reposer sur une roulisse en charpente, on commence par y pratiquer en creux un hélicoîde de vis à filet carré, présentant lui-même ce pas, et dans lequel s'emboitera la | construction.
HIJftAlI.LEHElV,T DBS GALERIES, DES PUITS,
DES POIIVTS SIlVGlJIilERS
Î8B8 — Muraillement des galeries. — Pour le muraillement des galeries (*) on procède quelquefois par arceaux discontinus, pour
(*] Gatzschmann, Anleilting zur Gruhenmauervng^ Schneeberg, 1831.
278 VOrES riE CnMMUMCATIOS.
économiser la maçonnerie en soute nant le loit à la manière des cadres . de charpente. Mais cette solution doîl être écartée, à cause des angles rentrants, qui échappent à la ventilation et peuvent former des nids de grisou. L'économie est faible d'ailleurs, et cette discontinuité gênante ^ „„ „ , . , . . , pour la circulation.
Fig. I9S. Calono en plein ciiilrc I , i. , .
avecndicr. La sectïon normale a une galerie
muraillée (fig. 196) comprend d'abord deux piédroits appareillés en joints horizontaux. On leur donne une hauteur égale à la moitié de leur intervalle, et on les recouvre d'une voûte en plein cintre. Un radier, en forme de voâte renversée très surbaissée, les i-cunit par le pied pour résister à la poussée de la sole.
Dans la section que nous appellerons ordinaire, comme étant la plus répandue, on supprime le radier, en se bornant aux pié- Fig. m. Mnniiiement droits et au plein cintre (fig. i97). Cette en plein dntrp. îoTme, de même que le trapèze pour le boi-
sage (n'SSO), utilise très convenablement l'aire de la section, en vue de la circulation de l'homme et des véhicules.
Si le terrain présente une solidité sufGsante, on supprime les piédroits (fig. 198), et l'on se contente d'une voille en plein cintre ou surbaissée, suivant les cas, qui prend ses naissances dans la roche même. De tels ouvrages ont été parfois appareillés sur des dimensions remarquables. A Almaden (Espagne), on réunit dans une même exploitation deux des trois filons qui composent le tig. 198. gite, en enlevant l'entre-deux, d'une épais-
seur insuflisantp. et jetant, du mur de l'un
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des filons au loît de l'autre, des voilles surbaissées qui atteignent jusqu'à 22 mètres de portée.
Lorsque la stratification présente un certain pcndage , la voûte se trouve déjetée sur le côté {fig. 199).
Dans les terrains aquilËrcs , l'égalité de la transmission de la pression dans tous les sens prime l'influence, ordinairement prépondérante, de la pesanteur» et conduit à préférer la continuité géométrique du profil, en effaçant la distinction
des piédroits, de la voûte et du ra- Fip, 199. toùio dénnée.
dier. On cintre alors la section en
dlip$e complète (fig. 200), ou en courbe à pluaieun centres, composée d'arcs de cercles qui se raccordent par leurs tangentes. On rencontre également des ellipses incomplètes (fig. 20J).
269 — Un muraillement de galerie ordinaire revient à 40 ou 30 francs par mètre courant. C'est donc plus de trois
ou quatre fois la dépense du Fig. mi. Eiiipso meompièie.
boisage. En revanche, la durée est considérablement augmentée. Il y a lieu d'ailleurs de tenir compte de ce que la maçonnerie, dans un terrain qui a cessé de
donner d'une manière notable, n'entraîne que des réparations sans importance, tandis que celles du boisage croissent plus que proportionnellement au temps. Mais si Ton commettait ia faute de murailler trop tôt dans une masse en mouvement, au lieu d'y établir un boisage, qui plie et cède en conservant son intégrité, la maçonnerie, dénuée d'élasticité, se fendrait et perdrait sa solidité, en donnant par les fissures des vendes d*eau très difficiles à aveugler.
270 — MuraUlement des puits. — Le revêtement des puits se fait souvent en briques. Très exceptionnellement, on emploie la pierre de taille (^) ; assez souvent, le moellon piqué. On a aussi essayé des anneaux alternatifs de moellons et de briques (*). On attendait de cette combinaison un certain degré de souplesse, qui manque totalement à la maçonnerie et que le bois possède à un degré marqué ; qualité plus nécessaire encore dans les puits que pour les galeries, en raison de l'importance de l'ouvrage et des difficultés de la réparation. On a employé également des moellons artificiels de béton f), et enfin un béton monolithe coulé d'une manière continue, pour assurer la prise de toutes ses parties, derrière un moule cylindrique que l'on remonte progressivement (*)•
On a enregistré les résultats suivants, relativement à la résistance et au prix de revient de ces divers matériaux :