PERCEMENT DES TUNNELS
S98. — Puits éCaccès. — Sauf des cas, tels que ceux de ces derniers tunnels, dans lesquels la hauteur des lignes de faite au-dessus de la traversée devient inabordable, on active singulièrement le percement en s'enfonçant, au moyen de puits, en un certain nombre de positions intermédiaires, pour multiplier les points d*attaque. Ces puits sont disposés quelquefois (') sur l'axe même du tunnel; mais, beaucoup plus souvent, sur une parallèle située à une faible distance, afin que le service et les réparations de ces puits, conservés après l'achèvement de l'ouvrage, n'interrompent pas la circulation dans le tunnel. On le relie alors par de courtes galeries transversales aux pieds de ces puits.
Si l'on désigne par n le nombre de puits, on fera partir de chacun d'entre eux deux chantiers progressant en sens contraires, et, en y ajoutant les deux attaques directes des extrémités, on obtiendra un total de 2 (n + 1) ateliers. Ces fonçages ne sont pas en général également espacés sur le profil en long. A cet égard, le problème est évidemment d'arriver dans le temps le plus court ; car c'est seule ment après l'achèvement de l'ouvrage que l'on retrouvera la rémunération des capitaux employés à la construction du tunnel, et des tronçons immédiats qu'il est destiné à mettre en communication. Il faut, pour cela, que la durée du travail soit également répartie sur tous les chantiers, sans quoi, si un seul se trouve en retard, il annule les avantages de l'achèvement anticipé des autres. On espacera donc les puits, de manière que la somme de leur hauteur verticale et de la portion de travée qui leur est adjacente jusqu'à la rencontre du chantier voisin, soit autant que possible la môme pour tous; ou, mieux encore, on tâchera d'obtenir cette égalité entre les durées présumées, si l'on possède une appréciation sufQsante a priori des vitesses de percement dans les deux sens : vertical et horizontal, et dans les diverses roches, dont la coupe géologique, repérée sur le terrain, permettra de présumer la puissance et les chances de venues d'eau.
Il est clair, d'ailleurs, qu'il ne faudra pas à cet égard tomber dans l'exagération, en ce qui concerne le nombre des puits. Sans cela,
(*) Gomme au tunnel de Vicrzon (Cher).
l'augmentation de dépense occasionnée par les fonçages verticaux arriverait à compenser, et au delà, l'avantage dû au prompt achèvement des travaux. Ce nombre se réduira surtout par suite de l'épaisseur des terrains qui surmontent le tunnel ; au point que, dans les cas extrêmes, l'économie exige précisément que l'on annule n. Quant au cas des tunnels sous-marins, la question ne s'y pose même pas. Aussi ces problèmes fussent-ils demeurés insolubles, sans l'introduction de la perforation mécanique qui est venue, d'une part, communiquer à l'abatage une activité inusitée, et, de l'autre, aérer les avancements, à d'aussi grandes distances, au moyen de l'air comprimé.
S99. — Lorsque les puits sont foncés, on doit avant tout percer, aussi rapidement que possible, une galerie d'axe à petite section, destinée à les relier consécutivement. On y trouve l'avantage d'assurer la rencontre précise des diverses travées, de pouvoir installer en ces points intermédiaires autant de chantiers que l'on voudra pour battre au large, de faciliter la ventilation, et, pai^ dessus tout, d'assurer la retraite des ouvriers, si un puits vient à être rendu impraticable par quelque accident.
TERRAINS SQIilDES
800. — Méthode de la section entière. — Quant au percement lui-même, il varie beaucoup dans ses procédés avec la nature du terrain:
l*" Si l'on a affaire à des roches solides, on emploie la méthode de la section entière, en profitant de la dureté qui permet à cette section de subsister dans son ensemble, au moins pendant quelque temps, sans revêtement.
2® Si le massif n'a pas une consistance sufûsante, on substitue à ce principe celui de la section divisée, en fragmentant le vide à