PERCEMENT DES TUNNELS. 51 S
produire, pour que ses diverses parties se tiennent plus facilement chacune en particulier, et les reliant ensuite les unes avec les autres par le revêtement.
5° Enfln, si le terrain est décidément mauvais, ébouleux, aquifère, on reprend le procédé de la section entière afin d'assurer Tunité du revêtement ; car des portions exécutées séparément dans de telles conditions se raccorderaient mal, et la question des eaux pourrait môme entraver absolument cette réunion. Mais on obvie, bien entendu, aux difficultés créées par le manque de solidité, au moyen de méthodes spéciales et onéreuses que nous aurons à faire connaître.
Il est inutile d'ajouter que des opérations réalisées dans ces conditions extrêmes ne sauraient s'appliquer qu'à de courtes longueurs, et en vue d'un but très important. Si une telle traversée se présentait sur une étendue notable pour un tracé de chemin de fer, on devrait remanier le projet, en cherchant un autre passage.
301. — Le procédé de la section entière s'applique avec des gradins, ordinairement au nombre de trois, assez développés dans le sens de l'axe pour que l'on puisse installer sur chacun d'eux une équipe distincte de travailleurs. Le gradin supérieur est de beaucoup le moins bien partagé : d'abord parce qu'il attaque de front le massif, qui, pour les autres, se trouvera dégagé à la fois sur deux faces ; en outre, en raison de la gêne qu'apporte la forme cintrée du plafond.
On fractionne ordinairement le percement, en pratiquant d'abord une galerie médiane au cerveau de la voûte, et battant au large, à droite et à gauche, à la suite du poste d'avancement.
Le mufaillement suit à une certaine distance du gradin inférieur. La voûte ayant été élevée sur ses cintres et ses couchis (n® 267), on exécute une chape de ciment sur l'extrados, afin de la rendre imperméable, et l'on y étale un lit de planchettes, pour que ce revêtement ne soit pas endommagé par le blocage de pierres, à l'aide duquel on met la voûte en serrage contre la roche.