‹ Cours d'exploitation des mines (volume 2)Chapitre 91 sur 142 · MÉTHODE DES MASSIFS CSURTS · texte numérisé non relu

MÉTHODE DES MASSIFS CSURTS

4IISO — Traçage en direction et inclinaison. — La méthode des massifs courts consiste à quadriller le quartier par un réseau de galeries rectangulaires, à mailles relativement serrées, et plus ou moins rapprochées de la forme carrée, c'est-à-dire, sauf la dimension, du type des piliers tournés et non des piliers longs (n*^ 385,386). On dépile ensuite en retraite, à partir de la périphérie.

Nous distinguerons dans le traçage deux systèmes difTérents : 1^ le mode en direction et inclinaison ; 2^ le mode en demi-pente.

Le mode en direction et inclinaison est incomparablement plus répandu que le second. Il porte, en Angleterre, le nom de pillar and slall, ou encore board and pillar. On le rencontre dans un grand nombre de gites de fer ('), avec des galeries de 5 à 6 mètres, et des piliers d'une vingtaine de mètres. Il s'applique aussi dans beaucoup de houillères, surtout en Angleterre, où il est devenu, pour certaines régions, tout à fait classique (*). Les piliers y présen-

(') Mazenay (Sa6ne-et-Loire), Le Trayers (Gard), etc.

(*) Par exemple, la plupart des houillères du bassin de Newcastle, sur lesquelles on trouTera beaucoup de renseignements dans l'intéressante relation du voyage de mission en Angleterre de MM. Pernolet et Âguillon pour la Commission du grisou, que nous avons souvent mise à contribution. Je citerai également les charbonnages de novaiski, Pouliakow, dans le bassin du Donetz (Russie); lamine de lignites de Britannia, à Mariaschein (Bohême), etc.

liS HfiTHUDES D'EXPLOITATION,

tcnt 25 mètres sur Ifts deux fares, qui sont susceptibles àe grandir jusqu'aux dimensions de 120 mètres sur 60. On trace, soil directement l'étendue entièredu champ d'exploitation ('), soit plutôt des fractions, ou quartiers distincla, de ce champ, qui prennent le nom depannels (fig. 288). Tantôt ces districts sont absolument con-

Fi . ÎKS. Silhoôf dci massifs coorls. 0>ur:he Q1 CobI lAlIanshaw, tenue) (r.oii|)f par te plan du glLp),

tigus (*) et'ne constituent qu'un fractionnement de l'exploitation générale; tantôt ils sont séparés par des massifs isolants de 20 à 50 mètres f), qui réalisent une protection de ces chantiers les uns

(■) Comme à DlnntjTC (Ecosse).

C) A Ryhope, à iiilksworll], a llaswell (Djrbam).

(") A Murlon, à Eppielon (Ourham); Allanshaw (Ecosse).

HÉTROieS DE FOUDROYAGE. 4»

conlrfl les autres, au point de vue des orcidcnls. C'est sptk'ialcment à celte dernière disposition que nous réserverons, dans la suite, le nom de panneaux, pour désigner les divers districts d'un champ d'exploitation. Les bandes intermédiaires sont à leur tour tracées et dépliées, après l'entier déhouillement des panneaux interposés. La largeur des galeries varie, suivant le degré tle solidité, de 3 mètres à 4 ou 5 mètres.

4*1 — Ledépilage se fait par enlevurescontiguCs, oujuda, disposées suivant l'inclinaison (fig. 289). Leur largeur en direction varie depuis quelques

mètres jusqu'à 10 ^

mèli'es. On dé- '

truit ainsi pro- ''■' >'

gressivement te pilier, de la même

manière que lera- ■>

bol dépèce le bois. / ^^

\jt travail se fait ■• ■' ^

ordinairement en montant ('). Mais on a soin, à cause du grisou, de laisser toujours ouverte , à c6té de

l'enlevurc en voie ^ ^^^ ^ ^__^ de percement, celle qui lui est r^ntîguc, et parfois même une seconde- Elles sont

soutenues, chacune, par une ou plusieurs lignes de bulles, suivant leur longueur. On détermine l'éboulemcnt de la plus ancienne enle- Mire, lorsqu'on vient de terminer la dernière, et (jue l'on va en

Cj Comini' à Itviiopc.

444 MÉTHODES DEXI»L01TATI0N.

attaquer une nouvelle. Si l'ouvrage s'écroule prématurément , on sacrifie^ pour se garantir des éboulis, une planche de charbon. On perce un montage à son revers , et Ton recommence une nouvelle série.

La figure 289 suppose que le plan incliné est à droite et la limite du quartier à gauche, de manière que Tamont-pendage recule, dans chaque sous^tage, avec une certaine avance sur l'aval.

Lorsque l'aérage par diffusion peut suffire, dans les mines non grisouteuses, la taille se monte en cul-de-sac, sur une faible relevée, et on laisse Téboulement se produire sur toute la largeur du chantier, avant d'attaquer le suivant. Celui-ci reste protégé contre la coulée des pierres du premier, par une ligne de buttes, que l'on a soin de laisser contre le massif, au moment où Ton déboise, s'il est possible, l'enlevure précédente.

Quand le toit est mauvais, on diminue de moitié la longueur des enlevures (*) en prenant, comme il vient d'être expliqué, l'aval-pendage du pilier en montant, mais seulement jusqu'au milieu de la relevée, et attaquant en même temps la seconde moitié en descente, à partir de la costresse supérieure.

Dans certains cas (*), on procède au dépilage par enlevures chas* santés, au lieu de les disposer suivant l'inclinaison.

4tZ1t — Traçage en demi-pente. — Ce mode, rarement employé, trouve sa raison d'être dans l'emploi du traînage au moyen de paniers à patins, si le gîte est trop redressé pour qu'il soit possible d'effectuer cette opération suivant la ligne de plus grande pente. On dispose dès lors les galeries de traînage en voies thiernes. Ce traçage comporte à son tour deux variantes distinctes, suivant qu'un seul des systèmes de voies est mis en diagonale, l'autre restant en direction ; ou que tous les deux se trouvent à la fois en demi-pente.

Le premier dispositif se voit dans la couche des trois bancs, aux mines d'anthracite de La Mure (Isère) (^), dont la figure 290 repré-

(') Comme à Allanshaw, à HasweU, à Murton.

(*) Charbonnage du Hasard (IJège).

(5) Atmales, 3% IX, 427; 4% XV. 519; 7% IV, 56; XVUI, lïl. — BuU/min., i-, II, 616. On le rencontre également dans certaines parties grisouteuses des houillères de Bessèges (Gard) (flg. 291).

JIÊTBODËS DE FOUDROÏAGE. 4U

sente la méthode d'exploitation. L'éiage, de 35 mètres de relevée, est compris entre deux galeries-maîtresses. On le partaj^ en sousclages de la manière suivante.

On branche normalement, tous les 50 mètres, snr la voie de fond, une diagonale qui, après un crochet à angle droit, formant gare d'embarquement des panières dans les wagonnets , s'élève en biais jusqu'au sommet de l'étage. Puis on détache de cette diagonale des costresses qui dessinent les divers lopins.

Chaque sous-étage est dépilé par enlevurcs contiguës, disposées suivant l'inclinaison , en préservant le, chantier contre les éboulis par une planche d'an-

. (Li Mura, ùiri.

Il du gtlï).

4X3 — Dans la seconde variante ('), les cAtés du lopin sont inclinés tous les deux à 45 degrés sur ta ligne de plus grande pente (Qg. 293). Sur la voie de fond A, qui caractérise l'étage, on branche, tous les 25 mètres, des remontées d'environ 4 mètres, B,, B,, B,..., qui se détachent normalement, pour éviter les angles aigus, aux petites gares d'embarquement du traînage dans la galerie du roulage par chevaux, mais se recourbent de suite en dcmi-penlc. A partir d'une distance de 5 mètres, on insère tous les 15 mètres, sur chaque remontée, des coupements C,, Ci, C'i-..; C,, C',, C',..., inclinés en sens contraire. On procède ainsi jusqu'au sommet de l'étage, qui a de 100 à 180 mètres de relevée. Tel esl le traçage, qui présente, à la vérité, l'incon-

(') Employée dans Ica houillères de Rocliesadoule (Gaid); dans les psiiics non gi'isouteusca de BesaèKss, sur de» dÉveloppementi de plus de douic cents inélres h pirlir du débouché de la gBlerie au jour; et dans les mines de lignite de Calaf [Calalogiie).

446 HÉTUODES D'EXPLOITATIOir.

véuicnt (le donner à l'air un certain parcours en rabat-venl, c'est-

à^lire en descendant (').

Hji. 191, Hrillioile ea deini-jwnlc |Bes3tgM| (coupe par le plia du eJIvj,

On donne, dans le dépilage, une certaine avance à la zone supéricnre sur la seconde, à celles;! sur la troisième, et ainsi de suite.

t'ig. iOi. MïtliiHle en demi-|>ealc (BeiaAgeiJ (coupe pirle pUa du gllp).

Quant à la plus basse, elle est n^ervéc comme massif de protection

(■) Ausni i-éficrve-t-nn. h Bosscges. celui de la première Tarisnte pour k% ptriW gi'isouleusL'K. caniiiic le moiili'c la Dgiii-p 391, taiitlis que le diffosilif de b ligure 3K uiitUEité dans lei réjçiotis eteiii|>te£ de gai.

MÉTHODES DE FOUDROYÂdË. .447

de la voie de fond, dont la conservation est nécessaire pour Texploitatîon de l'étage inférieur; car elle formera alors le retour d'air, en intervertissant son rôle actuel dans la ventilation. On ne déhouille cette dernière zone de l'étage supérieur qu'en niôme temps que la première de l'étage inférieur, en détruisant de proche en proche la galerie qui les sépare.

Le dépilage de chaque lopin se fait par enlevures contigués, que Ton dispose, suivant les cas, parallèlement aux coupcmcnts, ou suivant la ligne de plus grande pente.

nÉTHODE DES MASSIFS JLONGS

:. — Traçage. — Pour éviter les inconvénients des massifs courts, bn se trouve conduit à leur substituer des piliers longs (n*416). Us peuvent être disposés de trois manières différentes : en direction (dans l'immense majorité des cas), en inclinaison ('), ou même en demi-pente (*). Leur configuration présente deux variantes distinctes, que nous appellerons le traçage français et le traçage anglais. Elles sont motivées par les différences générales qui séparent les formations houillères des deux pays (n** 376).

Le traçage français (') s'emploie particulièrement si le toit est médiocre (fig. 293). La galerie qui sépare les massifs longs est alors très restreinte, et le pilier beaucoup plus large. De plus, on ne s'étend qu'à une distance modérée du plan incliné.

Le traçage anglais, ou long work ('), est suivi de préférence, quand le toit et le charbon sont solides (fig. 294). On donne alors à la galerie une largeur comparable à celle du pilier, dans le but de

(') Dans les parties les plus plates du bassin de Sarrebrûck et à Kônigsgrubc.

0 LaurahQtte (Silésie] ; avec dépilage chassant.

P) Ahun (Creuse); la première brûlante de la Béraudiére; Druay (Pas-de-Calais); Roche-la-Molière (Loire), avec de beauï chantiers de 15 mètres de relevée, et 3 à 5 mètres de puissance, pris en une seule tranche; les districts de Zwickau (Saxe) ; Bochum (Westphalie) ; Orlau (Haute-Silésie); Szekul, Doman (Banat); Salgotayau. (Hongrie).

(*] OaksCollicry (Yorkshire) ; Outwood, Pcndlebury (Lancashire) ; etc.

MÉTHODES D'£XI*LOITÂTION.

faciliter l'abatagc et d'augmenter le rendement du piqueur. Mais on laisse des massifs de protection le long du plan incliné, pour assurer sa conservation, et l'on ne les traverse que sur la largeur nécessaire au roulage et à la ventilation. Ces massifs ne disparaissent qu'avec le plan lui-même, au moment d'abandonner le quartier. Après leur évasement, les galeries présenteront, par exemple, une largeur de 5 mètres, pour des pleins de 10 mètres.

Quant à leur longueur, elle est arbitraire, et parfois poussée à d'incroyables exagérations, lorsque les circonstances sont

favorables. On en rencontre en Angleterre qui atteignent 1600 mètres; mais, dans ce cas, le traçage se dénature complètement, et Ton voit la largeur du pilier atteindre de son côté des valeurs de 100, 200 et même 280 mètres, en plateure très peu inclinée. Dans ces conditions, le pilier prend une telle importance, qu'on peut le considérer à son tour comme un véritable panneau, dont le dépilage se fait à l'aide d'un soustraçage en massifs courts (*), suivi d'un déhouillement pratiqué d'après la description précédente (n* 421). Si, au contraire, on reste dans des dimensions moins excessives, le dépilage s'efTectuc directement, d'après divers modes que je vais énumérer.

425 — Dépilage en long, — Le dépilage peut être conduit sui-

o • o e p'»*7-"îî^— o • o » ' """^ ^'' •

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Fig. 295. Méthode des inassirs longs (traçage fi-ançaisj oupe par le plan du gite).

(!) Pal» exemple à PeiiiLerton.

MËTHOUES DE FOUDHOYAGB. 4iU

vanl deux modes fondamentaux : en long ou en travers, c'est-à-dii-e en clmssanl ou en montant.

Dans le premier mode {fig. 294), on crève le pilier au milieu do sa longueur, par un court montage qui le traverse de part en part; puis on prend les deux parois de cet ouvrage comme fronts de taille de deux chantiers, qui s'éloignent l'un de rautre,cn battant en retraite vers les deux plans inclinés, situés aux extrémités du

massif. Suivant la règle générale, les chantiers supérieui-s cheminent en avance sur ceux de l'aval-pendage.

Ce mode fondamental se subdivise a son tour en trois variantes distinctes, d'après le degré d'inclinaison du gitc.

Dans les plateures, le front de taille est droit, suivant la ligne de plus grande pente (lig. 293).

Quand le pendagc s'accentue, en gênant le mineur par la coulée des éboulis du massif supérieur qu'il a sur son flanc, celui-ci se protège contre eux a Taido d'une ^/awcAe de charbon (fig, 295), que l'on arrache ensuite comme l'on peut, a quelque dis-

ilA METHODES D'EXPLOITATION.

lance en arrière de l'avancement, sauf à en perdre une partie {*). Dans les régions encore plus raides, on dispose le front de taille en gradins couchés ou maintenage» {Sig. 296), de manière que cliaque piqueur travaille en avant de celui qui est au-dessus de lui, et que le charbon abattu par ce dernier coule par derrière sans le blesser. Quant au dernier décrocliement, il joue le rôle de planche protectrice, comme dans le cas précédent (*^.

4SA — Dépilage en travers direct. — Le second mode fondamental est le dépilage montant. Il procède par enlevuresconliguës disposées suivant la ligne de plus gi-ande pente. Après avoir, comme dans le mode précédent, crevé le pilier long en son milieu par un montage, au Heu d'en prendre les deux flancs I comme fronts de

Fi«. fan. Héiiiode de» matsict longs. tallIes chassantes ,

MpUage aicc plancLo pralecirice

(coupe piricpiin du eite). o" rccommencc a

pratiquer consécutivement des clianlieis adjacents les uns aux autres, ainsi qu'il a été expliqué {n" 421) pour les massifs courts {fig. 289).

De même que le précédent, ce mode fondamental peut èlrc pratiqué suivant plusieui'S variantes distinctes.

Dans la première, qui est la plus simple, le travail se fait toujours dans le même sens, cl c'est quand une enlevure est terminée que Ton en attaque une autre, les tailles, parfois ré-

(') Lavaveix-les-Hinrs (Aliuii, Crcusp), DuJwcilcr [WcnlplitUir}. Kûnairclicii (floimi-iu). H HouilliTcs Je Sii'kul.

HÉTtlODES DE FOUDflOïAGE. iùt

(iiiilcs à 2 mètres, en raison du di^faut de solidilé, peuvent, dans

Fig. S96. Méthode des mawift longs. Diipilagfi en prjdins couchM (coupe par le plan

le cas contraire, atteindre pn'S de 20 mètres de largeur ('

Fig. Ï9;. BélhDdL- des maMifs longs. Ik..pilage ii.rHiUnl ..i i^i-.idiii^;.- [') Miitvs ilv fer ilu Moi ulula /ar, Jii Clt-veiaLid. Iliniilléiw Je &

453 MËTUODES L'EXPLOITATION.

Pour imprimer au chantier plus d'activité, en lui donnant un front de taille beaucoup plus étendu, et, en môme temps, lui conserver une solidité suffisante, on met en train, à la fois, un certain nombre d'enlevures. Elles se trouvent à des degrés d'avancement différents, et le front de taille général dessine un diagramme en décrochemenls (fig. 297). Ce dispositif ne doit pas être confondu aveccelui de la figure 296, malgré l'analogie que présentent ces deux profils; puisque, pour l'un, les fronts de taille sont en inclinaison et l'avancement chassant, tandis que dans le cas actuel les fronts de taille se trouvent en direction et progressent en montant. Si le plongement est important, on est obligé de munir de plans inclinés les voies de roulage ménagées à travers l'éboulement (*).

Lorsque la relevée est importante, on peut abréger la traversée d'une enlevure ordinaire en l'attaquant à la fois par les deux extrémités, au moyen de tailles montante et descendante, qui en prennent chacune la moitié ; procédé analogue à celui que nous avons déjà rencontré pour les massifs courts (n° 421) (*).

4îC'y — Dépilage direct et rétrograde. — Le princi|>e du dépilage dans les deux sens est encore appliqué d'une manière différente qui présente plus de sécurité que les types précédents. Au lieu d'attaquer la nouvelle enlevure au contact de la précédente, on l'ouvre quelques mètres plus loin, en laissant entre les deux une jami)e de charbon suivant la ligne de plus grande pente (fig. 298). Le piqueur se trouve ainsi, pendant cette phase de l'opération, séparé des éboulis par un rempart solide ; et le faite est soutenu des deux côtés de la taille. Une fois parvenu à la limite supérieure, on tourne à angle droit, et l'on perce en direction, jusqu'aux éboulis, la jambe de charbon. Dès lors, tournant de nouveau à angle droit dans le sens du plongement, on dépile ce rempart en descendait et se laissant suivre par l'écrasée. Môme alors, le mineur

(Hérault), la Grand'Combe i la couche mince du Ravin (Gard), Lucy [Sa6ne-«M^ire\ Roche-Ia-Molière, Ronchamp ; Lund-hiU (Yorkshire) : Outwood. Bickershaw, Rosebridge. Westleigh (Lancashirc) ; Kœnigsgrube, Karwin, Wilhelmschacht (Silésie) ; Burgk, Bruckenberg (Saxe) ; Inaszo (Hongrie).

(^) Ce système est appliqué dans Ramsmine è Pcndlebury.

* Ce type se rencontre dans la couche Hutton à Eppleton. *

MÉTHODKS DE FOUDBOVACK. ihâ

trouve dans cpt artifice un supplément de 9écurit«, puisqu'il rcsl»-

toujours à une distance insij^iii fiante d'une voie de retraite assu-

pnlanl cl dfctnilant

réo, à savoir le montage, jusqu'à la galcrie-coslresse (').

(■) Ce ifgléme a été ifpliquû dans l'tlage sup^i- Beaubrun ; à Kladno (DoliJme]; à KœniFrsgiiibc, su uille de S mèlre», et une jimbe de 3 mèrrcs, dont

■ur de l.ens: au puils ChMelut de ' 8 mi'treg de puissance, atec une n abandonnait M>UYent reibimité.

tu MKTIBOUES U'KYPLOITATFOH.

Si la puissance devient consid<^rable, on exécute en montant le percement sur une hauteur modérée : *2 à 5 mètres, en laissant le reste du charbon en couronne. On l'abîil ensuite, dans la phase descendante, sur toute son épaisseur, et en gradins renversés, suivant le type représenté par les Dgures 125 et 126 (').

Dans beaucoup de mines anglaises, principalement dans le South-

FiR. 309. «i^thoilc des massifs lonjfs. PiHarwilhdoubU êMI (Cslyncn, Soulh-Walcs) (r<iit|if par le plan du glle).

Wales, on applique ce système avec de telles largeurs, que le plafond de l'ouvrage direct s'écroule avant qu'on en soit au dépilage en retour. On ménage d'après cela, pour la circulation, des voies

(') Catle obsciTolion est Taite ici une Coh pour toutes, t diiu beaucoup de mélhodes. qui emploient des chanlien daol SI

METIIODES PE FOUPROYAGE. 455

dans le goaf(*). Suivant le nombre do ces galeries par taille, Tappareil porte le nom de pillar and stall with single stall ou pillar and itall with double stall.

41^8 — On a même appliqué le piîncipe d'aller et retour, en rendant l'ouvrage symétrique, et déhouillant en descendant, non seulement la jambe protectrice, mais une épaisseur égale prise de l'autre cùté du montage (flg. 299). Ce procédé est connu dans le Yorkshire sous le nom de Bank-syslem (').

La figure 300 représente l'application de ce type d'exploitation dans la couche Black-vein à Celynen (South-Wales) f). Le grand traçage est conduit en voies triples. Un sous-traçage est pratiqué par des voies doubles montantes dans le pilier long, de 100 à 150 mètres de largeur sur 250 à 300 de longueur. Pour chacune d'elles, on dépile de chaque côté la moitié de l'entre-deux qui la sépare de la voisine. Ce dépilage se fait par des ouvrages du Bank-system, ouverts en direction, différence peu importante, en raison de la très faible inclinaison de la couche. On les conduit à fond en y réservant le double stalU et l'on revient vers le montage, en dépilant sur les deux ailes la moitié de la jambe qui sépare des chantiers voisins.

IMËTHODE DL* liONGWALL

429 — Longwall working ovlwards. — Ce qui distingue essentiellement le longwall des méthodes de massifs courts ou massifs longs, est un caractère d'unité très marqué, imprimé au déhouillcment du champ d'exploitation, dans lequel cet ouvrage s'étend indéfiniment de proche en proche. En outre, le traçage s'y trouve déplus en plus réduit, et disparaît même absolument dans l'un de ses

(') D'après l'une des dérogations signalées plus haut (414, note 1).

(*) Couche Bai*nsley à Thryberg-Hall.

P) Puissance 2",74, inclinaison 0,03. Ces détails d'exploitation et beaucoup d'autres, ainsi que j'en ai déjà averti (n* 420, note 2), sont empruntés à l'important rapport de mission de HH. Pernolet et Aguillon (Angleterre, p. 164).

45fi MfiTHODER D'EXPmiTATrON.

types, qui, àl'inverse àes mélkodea de traçage el dépilage, nous pn-

sente une méthode sans ti'oçage.

Cet appareil comporte deux modes distincts: \e longwall working oulwards et le longwall working home.

Pour établir un /oRf;wa^/ working aulwards [iîi^. 501), on praliqur, à partir du puits, une artère fondamentale comme base d'opérations, à l'aide de deux galeries jumelles, que l'on dispose, en général, suivant la direction. On y branche des tailles montantes d'un lai^e front. Les plus rapprochées du puits étant tes premières ouvertes.

Fig, 501. LongaiiU vorking oulK^rdM (cuupe par le plan clu ^Itp).

seront les plus anciennes; les plus avances par eonsi'quont. Le<: autres progressent de conserve, avec des longueurs gradui'-es, dont l'ensembledessine un diagrammeen décrochements. Chaque taille est reliée à la voie de fond par une galerie, ou un plan incliné, suivant que le pendageest plus ou moinsprononcé.Ellescommuniqnenten outre latéralement les unes avec les autres pour le passage de l'air. On voit que ce système, comme nous l'avions annoncé, constiliie bien une méthode sans traçage, car l'ouverture d'une base d'opérations ne saurait être rangée sous ce titre, et forme une partie indispensable de toute méthode d'exploitation f).

(■) Ce mode de déhouillemenl, qui » prii ntiasanoe dam le Hidbnd.ssl iré« usité dans It

MÉTHODES DE FOIiDROYAf.R 457

Si, comme c'est l'ordinaire en Angleterre, In pourlio est bien réglée, ilcst inutile que les galeries jumelles précèdent les tailles de plus d'une vingtaine de mètres. Si, au contraire, il est à propos d'éclairer la marche, pour que le développement àe l'ouvrage ne soit pas subitement arrêté par un dérangement du glle, on pousse cette artère en reconnaissance, à une distance qui peut atteindre 100 et même 200 mètres.

Cette base peut aussi se mettre suivant l'inclinaison, lorsque le pendage est peu prononcé. On la dirige également en demi-penle.

Ttf. 30t. Longrall working homr \coupc par le pla.i du «Itc-).

si l'on juge à propos de pnifiter d'une Tcuille prononcée du combustible, pour en faciliter t'abatage.

On applique la méthode du longwall sur une ik-helle paiTois gigantesque. Dans le Yorkshire,lc développement des fronts de taille atteint un kilomètre, dans le Lancashire : 2400 mètres, dans le Notliugbamshire : 4800 mètres. Quant à l'étendue dti front élémentaire formant décrochement, elle varie, suivant la solidité, entre li mètres et 30 mètres.

Torkfhiiv, le Soltingharnshirc et le pays de Galles. On Ip i-cnmntreà Blunlvrc. Ilnjland. Hundley-lleld. PiL-k^laoe. Rucbinitliani, Wain-elwyd. Il s'applique é^lpmenl ilaits Ira Macb-bands. ou glles de Ter carbonalè du Soulh-Walcs. En France, on y peut ratlnebei' le mode d'eiploilBtîon de \a houill^e de Comberodende (Gard).

430 — Longwall working home. — Le côté feible du mode précédent consiste dans l'obligation de conserver dans le goaf les communications, contrairement à la règle théorique (n** 414). Dans le longwall working honicy on reprend Tapplication de cette règle, en se portant aux limites du champ d'exploitation par un traçage, à la vérité réduit à sa plus simple expression, et qui servira à conserver les communications dans le ferme, pendant que Ion dépile en reculant. A cet effet (fig. 302), Ton pousse encore, à partir du puits, l'artère essentielle, et l'on y branche des galeries perpendiculaires, qui se portent à la limite, d'où l'on revient en dépilage. Celui-ci commencera donc par les galeries les plus voisines du puits, qui parviendront les premières à l'extrémité de leur développement, et qui seront ensuite, à chaque instant, les plus raccourcies par les progrès de ce déhouillement (*).

Ce mode est moins employé que le premier, attendu que la durée du trarage refarde le momeni de la pleine activité de la production.

mËTHODE I!VCIiIKÉE

43f — Propriétés de la méthode. — Les procédés précédents constituent les méthodes en une seule tranche, et supposent dès lors une puissance limitée. En général, cette épaisseur devra être comprise entre 1",50 et 5 mètres. Au-dessous, on est obligé d'entailler le toit ou le mur pour établir les galeries, et ces matériaux peuvent servir à constituer au moins un remblai incomplet. Au-dessus, on se trouverait conduit à employer des bois d'une longueur ^exceptionnelle. Cependant on atteint assez facilement 5 mètres (*). On a même poussé cette limite à 10 mètres et jusqu'à 15 mètres. Mais la plupart des exemples que l'on

(*) On rencontre ce système d'exploitation principalement dans le Lancashire, où il est connu sous le nom de méthode de Manchester; par exemple dans la couche fiTequarters à Clifton-hall.

(*) A Roclie-te-Molière, en Silésie, en Saxe.

MÉTHODES DE FOUDROYAGE. 459

pourrait citer d*une telle exagération ont aujourd'hui disparu ('). Plutôt que de se lancer dans ces excès, il est préférable de scinder le gite en tranches d'une hauteur convenable, dont chacune sera prise par les systèmes précédents, sans que nous ayons à revenir sur celle partie de la description. Nous avons vu de plus, qu'au-dessus d'une même projection horizontale, ces tranches seront prises forcément dans l'ordre descendant.

43IS — La méthode inclinée se présente rationnellement la première, comme nous rapprochant davantage des conditions normales des gites minces. En effet, elle nous oflre des tranches indéQnies dans tous les sens, comme les couches ordinaires ; tandis que les tranches horizontales ne nous donneront que des bandes, illimitées suivant la direction, mais restreintes à la ira» versée du gisement, dans le sens perpendiculaire.

La méthode inclinée se recommande en particulier pour les couches barrées, c'est-à-dire pour celles dans lesquelles la masse principale est subdivisée en plusieurs bancs partiels, par des lits stériles intercalés. La division du travail d'après celle stratification, simplifie alors notablement la séparation des deux genres de matières, que la méthode horizontale abattrait pélc-mèle dans le chantier. De plus, ces nerfs prennent parfois assez d'importance pour former des entre-deux que l'on peut respecter, de manière qu'ils constituent le mur d'une tranche d'exploitation et le toit de l'autre.

La méthode inclinée par foudroyage trouve sa place, môme dans rexploitation par remblayage des gites puissants. Il peut arriver, en effet, qu'après être monté de tranche en tranche sur le remblai jusqu'à la dernière, on juge à propos, pour celle-ci en particulier, de faire l'économie du remblayage, en laissant tomber le toit; puisque, à l'inverse de ce qui avait lieu pour les tranches précédentes, on n'a plus rien à ménager au-dessus de celle-ci.

Cette méthode est, par sa nature, restreinte à des pendages modérés. Pour les parties raides,la méthode horizontale seule pourrait

(*) Â Rladno, on atteignait 10 à 12 mètres ; à Lucy, 12 mètres ; les mines de Blanzy ont en autrefois, à Cioq-Sous, des chantiers de 12 à 15 mètres de hauteur. (Tournaire, BuU, min., 2«, IV, 208. ~ Uallard et Lechatelier, Annalet, 8% I, 20.)

convenir. En effet, avec un plongement trop prononcé, on se trouverait exposé au danger du glissement des éboulis sur ces déclivités. En outre, au moment de Tabatagc, le charbon lui-même roulerait sur la pente, en se détériorant, et exposant les piqueurs à des accidents graves.

433 — Il importe de signaler une propriété géométrique fort simple, mais très utile, de cette méthode. C'est qu'une droite horizontale quelconque, autre que la direction du gite, rencontre toutes les tranches, tandis qu'avec la méthode horizontale, elle se tiouve entièrement confinée dans une tranche, sans pouvoir atteindre les autres.

D'après cela, l'on passera facilement d'une tranche dans l'autre par de simples déviations des galeries d'allongement, ou par de courtes traverses, en conservant l'horizontalité pour toutes ces voies de communication. Il suit de là d'assez grandes facilités pour utiliser, en vue de l'exploitation de plusieurs tranches, et, au besoin, de toutes, les éléments principaux d'un traçage, établi d'une manière durable dans la tranche du mur qui disparait la dernière, au lieu de tout recommencer de fond en comble, quand on passe d'une tranche à l'autre.

Remarquons même que, si des motifs quelconques portent à construire au toit les ouvrages permanents, par exemple pour se procurer un bon plafond, ou pour ne pas fatiguer pendant l'exploitation de toute la puissance la couronne qui les surmonte, on le pourra avec la même facilité que dans le cas précédent. On communiquera alors horizontalement de la tranche du toit avec toutes les autres, et l'on en sera quitte pour réserver dans chacune d'elles l'investison qui se trouve subordonné à ces ouvrages, en ne le dt'»peçant qu'au dernier moment, lorsque l'on achève le déhouillement de la tranche du mur.

434 — Aménagement. — Quant à l'aménagement général do l'étage dans la méthode inclinée, il est très simple à concevoir (fig. 503).

Cet étage est défini par les plans horizontaux de deux travers-

)i£tuodes de FOUDROVAGB. M)

bancs qui, paitant des envoyages correspondants dans le puits, abordent le gite par le mur, pour ne pas être disloqués par le foudroyage du toit. On les prolonge jusqu'à la sole de la tranche du toit. A ce point, de môme qu'à la sole des tranches subordonnées. Ion percera, au moment de l'aménagement successif de ces tranches, des voies de fond en direction, jusqu'à la limile dn champ d'exploitation.

De distance en distance, pour diviser ce dernier en quartiers, on

F>ï. jK. U^UiixlFtiiclinfe (voupc vcrlio^c m Irjïeitv

branchera sur ces cosiresscs des plans inclinés, gravissant loute lu hauteur de l'étage. Enfin, l'on reliera à ces pluns, à divers niveaux, d'autres voies d'allongement dessinant lessaus-étages.

C'est dans ce traçage, pratiqué successivement, que s'encadreront, pour chaque tranche, les procédés d'exploitation qui ont été décrits dans les paragraphes précédents (').

{') Celle Difttiode a élu appliquée Je banne heure aux mines de DIaniy (Saftne-el- Loire) el, pour cette raison, elle esl encore appelée méthode de Blamy. A Rochebelle (Alab), on divine le gUe en deui Iranchea inclinées, â cause de sa gi'andc friabilité, qui emptelie de prendre d'un seul coup toule la puissance dans les rcDOemenls. A Brûckenberg, on commence i prendi*e en deux Iranctiei une couclje de t mèti'es. A Zwicïau, on exploite en deut d'anches un glle de 10 mtlre». A Dombrowo (Pologne), dont la couche alteinl parfois li mètres de puissance, on eiploite par massifs longs et dépilagc cbassatit, en deui tranches de fi 8 méti-es d'épaisEiciir (Jakowski, BaU. min-, î", V, 353]. On rencontre encore celte méthode à la mine Innei'lRTifer (Secgi'aben,Styi-ie), et dans lec lignites de BobCine, a Falkeiiau et à Dux,

435 — Propriétés de la méthode, — La méthode horizontale a l'avantage d'être indépendante de Tinclinaison et de la puissance du gîte, ainsi que de la consistance du toit. Quant à la solidité de la masse elle-même, elle n'en dépend qu'au môme degré que celle des tranches inclinées. Elle peut donc, en principe, s'appliquera un gisement quelconque.

Elle est, pour ce motif, la seule qui convienne à un amas sans forme déterminée, réclamant, pour cette raison, une méthode qui soit elle-même indépendante des éléments géométriques de cette forme, ce qui n'est pas le cas de la méthode inclinée.

Il y aura lieu, également, de prendre par tranches horizontales le sommet d'une selle, dont les deux pendages opposés sont exploités par tranches inclinées (fig. 504).

Fig. 304. Exploitation d'une selle (coupe verticale en travers).

La méthode horizontale présente cette particularité géométrique qui lui est propre, que, des lignes quelconques tracées dans la tranche étant liorizontales, les chevaux peuvent aller partout, dans le réseau des voies de communication que l'on y établit, ce qui n'a pas lieu dans la méthode inclinée avec laquelle ils ne peuvent circuler que suivant la direction.

Le phénomène de l'écrasée ne se complique plus aloi*s de mouvements de glisscmcrit, comme avec les tranches parallèles à la

! FODDROÏAGË. 46S

slratification, cl tes cboutïs restent sur le point même où ils s'abat* tent. Les effondrements accidentels et imprévus ont aussi moins de gravilé qu'avec les tranches inclinées.

430 — Aiiu'nagemenl. — Pour l'atnt^nagement d'un étage (flg. 305, 506), on commencera par en rejoindre le pied à l'aide

d'un travci-8-bancs, qui peut indifféremment se ti'ouver dans le tuîl uu dans le mur. On pratique dans l<^ gite une mère^'alerii-,

464 31ËTH0DES D'EXPLOITATION.

jusqu'à la limite du champ d'exploitation. On y branche autant de plans inclinés que Ton voudra constituer de quartiers, en les poussant jusqu'au sommet de Tétage. Ces plans iront par la suite en se raccourcissant, au fur et à mesure que, les ti^anches étant enlevées à partir de la partie supérieure, se rapprocheront ellesmêmes de la tranche d'à-rase.

Pour déhouiller chaque tranche dans un de ses quartiers, caractérisé par son plan incliné, on ouvrira une voie de roulage en direction dans toute sa longueur, à partir de ce plan incliné. Si la puissance est faible, on pratiquera une traverse, et l'on reviendra en direction, à partir de l'extrémité, en abattant sur toute la largeur, et traitant cette tranche comme un simple massif long avec dépilage chassant (n** 423).

Lorsque la puissance est plus notable, on prend la tranche par enlevures successives, suivant les divers modes de dépilage en travers, qui ont été décrits pour un massif long (n*" 426,127,428).

Si, enfin, la traversée de la couche devient très importante, on se rapprochera des conditions d'un panneau ordinaire en plateure, en lui appliquant Tune des méthodes de traçage et dépilage décrites au commencement de ce chapitre (*).

(') La métliodc horizontale par foudroyage a été employée dans les lignites de Bohème, à ObergeorgcnUial et à Tschausch, dans ceux de la mine Drasche (Seegraben), et d(^ Kôflach (près Gratz) ; pour les schistes alumineui du pays de Liège, les minerais de fer de Stahlberg (pays de Siegen), et les amas de calamine de la Haulc-Silêsie.

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