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DIRECTION A DONNER AU FOUDROTACSE

413 — Direction du foudroyage. — La marche du déhouillemeat ne saurait être abandonnée à l'arbitraire, et doit procéder d'une manière déterminée.

Si le gite est puissant, et divisé en tranches horizontales ou inclinées, on doit les prendre dans l'ordre descendant. La raison en est évidente. Si l'on opérait autrement, le foudroyage de la première tranche détruirait d'un seul coup toutes les autres; tandis qu'une tranclie inférieure n'est nullement affectée par le dépècement de celles qui la surmontent verticalement.

Il est clair, d'ailleurs, que rien n'oblige, avec cette précaution, à terminer complètement une tranche dans tout son développement^ avant de passer à celle qui lui est subordonnée. Il suffit d'observer la règle précédente pour chaque élément de la projection horizontale. Dès qu'une tranche se trouve déhouillée sur une étendue suffisante, et que son toit est éboule, rien n'empêche, si Ton y trouve

quelque avantage, d'attaquer immédiatement, dans cette région, la tranche inférieure, tout en poursuivant les avancements de la première dans son propre plan.

414 * — Si le gîte est mince et redressé, ou s'il s'agit d'une tranche inclinée, envisagée à part dans l'exploitation d'une masse puissante, le déhouillement doit reculer de l'amont-pendage vers l'aval-pendage. D'une part, c'est pour le motif qui vient d'être invoqué tout à l'heure, à savoir que l'enlèvement des parties inférieures compromet celles qui leur sont supérieures, tandis que la réciproque n'a pas lieu.

Mais il existe, en même temps, un autre motif. Le roulage doit, d'après un principe constant, s'efTecluer autant que possible en descendant. De plus, nous avons signalé la difficulté de maintenir des voies de transport à travers réboulemcnt. Il faut donc que l'aval-pendage du chantier soit occupé par le ferme, et que, comme conséquence, le goaf se trouve à l'amont-pendage.

Le môme motif dicte la marche à suivre dans le sens de la direction. Il faut, dans les méthodes de foudroyage, dépiler en reculant, ou en battant en retraite à partir des limites du quartier, afin que les voies qui séparent le chantier de la base d'opérations, c'est-à-dire du plan incliné, se trouvent en plein massif et non dans les éboulis (').

415 — Il suit de ce qui précède que les premiers piliers tracés seront les derniers dépilés, puisque le traçage commence à la base d'opérations, tandis que le dépilage revient s'y terminer en reculant.

Pour rendre ces massifs capables de supporter ce maximum de durée, il faut donc soigner particulièrement cette partie du traçage, attendu que ces piliers, plus fatigués que les autres,

(') Ce principe est d'un usage universel. Cependant il ne saurait être pris pour un aiiome, incapable de plier devant des convenances opposées. On peut même dire que les dérogations à cette formule se rencontrent surtout dans les modiGcations les plus récentes des méthodes anglaises. Mous en verrons plusieurs exemples : massifs longs avec dépilage transversal en décrochements (n" 426) ; piller and était witk tingle or double siall [iv 427) ; longwall working otUwardê (n* 420).

GËNSRAUTÉS sur le FOUDROYâGE. 457

donnent ensuite plus de menu, et présentent plus de dangers pour leur dépilage (n* 374). Par-dessus tout, Ton doit proscrire ériergiquement un abus, auquel ont souvent conduit des exigences commerciales, et qui consiste à refendre les premiers piliers, pour se procurer du charbon, avant que le traçage ait atteint les limites du quartier, de manière à permettre de commencer un dépilage normal et suffisamment productif.

Le moyen d'obvier à cette difficulté est tout difTérent. Il consiste à insister sur la division du champ d'exploitation en quartiers attaqués séparément, de telle sorte que ceux-ci, étant plus restreints, durent moins longtemps, et que le traçage en atteigne plus rapidement la périphérie. Il faut, en second lieu, élargir les mailles de ce traçage, au lieu de perdre du temps à les multiplier. On y gagne à la fois la vitesse, pour atteindre les limites du quartier; la solidité des piliers, pendant celte première phase; et la réduction à ce qui est inévitable, de la période de traçage, durant laquelle le rendement du piqueur reste inférieur à ce qu'il sera pendant le dépilage. La tendance s'accentue aujourd'hui dans ce sens, et l'on enlève au plus 30 pour 100 du glle par le traçage, en reprenant 70 pour 100 en dépilage.

416 — Les tracés à maille serrée sont appelés réseau à massifs courtSj et ceux du second type : réseau à massifs longs. Dans les premiers, le pilier présente la forme carrée, ou celle d'un rectangle qui s'en rapproche. L'ensemble, par conséquent, reste, sauf les dimensions, analogue aux dispositifs représentés par les figures 267 et 268. Dans les autres, au lieu d'amplifier le pilier dans tous les sens à la fois, on lui laisse une largeur limitée, tandis que l'on s'avance indéfiniment en longueur, dans le sens perpendiculaire à la base d'opérations, avant de rabattre vers elle en dépilant à partir de l'extrémité. On retrouve ainsi le type des piliers longs, qui nous est déjà connu (n® 386).

Le premier système est appliqué moins fréquemment que le second dans les charbonnages, attendu, qu'indépendamment des inconvénients généraux que nous venons de lui reconnaître, il complique beaucoup l'aérage et fatigue le charbon

438 MÉTHODES D'EXPIiOlTATION.

En revanche il est très répandu dans les mines de fer, quin*ontpas degrisou^et présentent beaucoup plus de solidité que le combustible^

417 — Méthodes de foudroyage. — Ces considérations vont me permettre d'esquisser, dès à présent, la division rationnelle qu'il convient d'introduire dans les méthodes de foudroyage.

Nous distinguerons avant tout les gîtes minces et les gites puissants ; c'est-à-dire l'exploitation en une seule, ou en plusieurs tranches.

Dans les gites minces, nous envisagerons trois degrés distincts, suivant l'importance relative du traçage par rapport au dépilage. Lorsqu'elle atteint son maximum, elle fournit la méthode des massifs courts; celle des massifs longs, quand elle est très tempérée. Enfin nous désignerons, avec les ingénieurs anglais, sous le nom de longwcUl, un type beaucoup plus moderne, dans lequel le traçage arrive à s'atténuer presque complètement, ou même à disparaître tout à fait.

Pour les gites puissants, il y aura lieu de distinguer deux cas, suivant que la subdivision en tranches sera effectuée à l'aide de plans conduits parallèlement à la stratification, ou de plans horizontaux.

En résumé donc, nous rattacherons toutes les applications du foudroyage, aux cinq méthodes fondamentales comprises dans le tableau suivant :

1 Méthode des massifs courts.

Méthode des massifs lokgs.

„ . Méthode du loxgwall.

Gîtes minces

Ï Méthode inglinée.

Méthode horizontale.

CHAHBBBS D'ÉBOCI^EHENT

418 — Avant de passer à la description systématique de ces méthodes, je terminerai ces généralités, en décrivant les chambres

d'éboulement; seul vestige qui subsiste aujourd'hui des anciennes méthodes fondées sur le foudroyage de la masse exploitable, et non du toit.

On ne les rencontre plus, en ce qui concerne des minerais proprement dits, que dans quelques parties d'anciennes mines effondrées, comme Fahlun (Suède), ou Altenberg(Saxe). On n'a pas alors, en effet, à redouter de produire les inconvénients qui ont fait rayer définitivement ce mode d'exploitation, puisqu'ils ont été, dès longtemps, consommés par la catastrophe qui a amené ces masses à l'état chaotique. Il ne reste plus qu'à y glaner ce que l'on pourra, en se glissant au travers des éboulis, et faisant couler ce qui peut descendre dans les places de sûreté relative, où le mineur s'installe pour les y appeler. Ce système achève de disparaître, mais, en 1806, Héron de Villcfosse rencontrait encore 150 semblables ateliers à Altenberg.

Lorsqu'il s'agit de se procurer des remblais stériles, les chambres d'éboulcment restent, au contraire, un organe de production, peu usité à la vérité, mais cependant parfaitement normal. On en rencontre, par exemple, dans la mine de pyrite cuprifère d'Agordo (Haute- Vénélie), et dans les houillères de Beaubrun et de la Béraudière. On les établit en s'enfonçant résolument dans les masses du toit, car on ne saurait songer à disloquer ainsi le mur du gisement. Je décrirai, comme exemple, la manière dont on installe à la Béraudière ces chambres d'éboulement.

419 — A partir de la galerie d'allongement A (fig. 287) placée au toit de la couche, on s'avance dans la roche par deux travers-bancs d'une longueur suffisante B,Bj. On établit à leurs extrémités deux têtes de boisage 6,6,, en très forte charpente, puis une galerie C perpendiculaire, quelques avenues D,DpD,,..., et enfin une recoupe générale E au revers. On pratique dans les piliers une certaine quantité de fourneaux, et l'on fait sauter le tout. On retire alors par B,B,, en se protégeant à l'aide des têles 6,6,, tout ce qui se trouve à portée, et, successivement, les matières qui viennent couler spontanément dans le vide, tant que la chambre continue à cracher.

Quand elle se ralentit, il faut la remettre en mouvement, au

4tO «finmpES D'EXPLOITATION,

moyen de coups de mine pratiqués dans ceux des blocs qui paraissent are-boulerla masse. On se protège avec quelques bois ; mais ce n'en est pas moins une opération qui peut 6tre classée parmi les plus périlleuses. Du reste, il est préférable, pour peu que la chambre ait beaucoup donné, de la fermer et d'en pratiquer une autre sur un point difTércnt. Il est arrivé, en effet, à Bcaubrun, qu'en insistant trop sur certaines chambres, on les a fait percer au jour, en

Fig Î37 (.baiiibradébauleQienircoupchonianUlc

déterminant des fonlis, par lesquels des torrents de boue sont venus noyer des quartiers de la mine.

Celle circonstance n'est pas, du reste, en contradiction avec ce que nous avons dit de la limitation de l'éboulement en hauteur (n' 410), caria formule(l) suppose essentiellement que l'on ne relire rien des matériaux qui tombent dans le vide de lu taille. Il faudrait donc, pour l'appliquer au cas actuel, supposer que h, c'est-à-dire le volume retiré, non plus à l'avance, mais successivement, vienne à croître indéfiniment. Dès lors, H augmentera lui-même au delà de toutes limites.

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