CHAPITRE XXI MÉTHODES DE REMBLAYAGE - GITES MINCES
BiÉTHODB BBS CHAHIBIIEM
457 — Constitution du chantier élémentaire . — Chaque chantier (élémentaire s'appuie, de toute nécessité, sur une voie de communication, que Ton utilise, bien entendu, pour en desservir à la fois un certain nombre. Il peut être établi d'après deux modes fondamentaux, selon qu'il devra percer dans la voie parallèle la plus proche du réseau général de traçage, ou, au contraire, s'arrêter en cul-de-sac, à mi-distance. Dans ce dernier cas, le massif long compris entre ces deux galeries est pris par deux systèmes de chantiers, partant respectivement des voies qui le bordent, en même temps que chaque galerie sert, de son côté, de base d'opérations pour deux svstëmes de culs-de-sac, établis sur ses deux flancs.
Cette dernière formule s'emploiera ordinairement en platcure ; le roulage pouvant* alors se faire de la même manière des deux côtés de la galerie, ce qui n'aurait pas lieu avec un pendage prononcé. En outre, dans un gite incliné, le grisou aurait tendance à stationner au front de taille du chantier en remonte, ou l'eau, dans le fond des ateliers en descente. Dans un pareil gisement, le chantier percé de part en part convient beaucoup mieux, à tous les points de vue. D'une part, la ventilation s'y développe d'une manière ascensionnelle, l'air entrant à la base et sortant par le sommet. En
490 MÉTHÛDKS D-EXPUHTA110S.
outre, leroulages'yfait partout en descendant; le remblai arrivant
par la gâterie supérieure, et le charbon sortant par la voie de fond.
Fie. SI4ct3IS.
HJthudc des rhambn». Atlaquc duublc el remblai «Implt. IVriodci (llrecM et réinigriile.
4SS — Lecul'de-sac peutétreconslilué de diverses manières, sui-
Flp. 3IB et 317.
■Clbode dn cbinibro. Allique nimple cl roniblii daublc.
Périodes directe et nitrognde.
MÉTHODES DE REMBLAÏAGE. — GVTÎS HINGES. 491
vant le degré de solidité du toit et du massir, qui permet de l'ouvrir sur une largeur plus ou moins grande (').
1° Attaque et remblai simples. — Le cas le plus simple est réservé pour la moindre solidité (fig. 312). Pour prendre le rectangle ABCD, que nous supposerons de 2 mètres de largeur, afin de fixer les idées, on attaque directement en AB, en poussant le front de taille MN jusqu'où Tond CD : après quoi l'on ii*ihoii« d^ chambres.
■^ ^ Altiqiw «impie el rsmblii triple.
remblaye {fig. 513), en p^HiHje dire*iB.
rétrogradant de Clf en
V<y, et jusqu'en A'B*, pour rétablir le parement de la galerie.
2° Attaque double et remblai simple. — Si la solidité permet de donner une largeur
double h la taille, on c ir J' i>'
attaque sur la moitié seulement AH (fig. 31 i) de la largeur AB, et l'on avance en MN, jusqu'au fond CK. A ce moment , on tourne d'équerre deux fois de suite, et l'on revient en arrière, de K'i/ en n'It'(fig. 315), en attaquant en M'N' la seconde moitié du lopin, et se faisant suivre par le remblai sur toute la largeur P'Q".
(') Ces tjrpes graduel sont trËa mélhodiquemenl employés A la Bëraudière [Noiice «ur la Société anonyme de nonlrambert et In Béi-audiérc, in-g-. 1878, Sninl-Ëlienne, p. *H).
Fig. 319.
Ndlhode iet ebambm.
Altaquo nimple et reinbjal lrl|
Péiiode rOtr^raJe.
492 MÉTHODES DTXPLOITATIOX.
3^ Attaque simple et remblai double* — Avec un degré de plus de solidité, Ton conserve les dimensions de celle seconde variante, mais on abat plus au large, pour améliorer le rendement du piqueur. On laisse alors supporter la moitié de la travée par le remblai, cl non plus par le ferme. On attaque en AB (fig. 316) sur loule la largeur, et Ton pousse le front de taille MN jusqu'en CD. Pendant ce temps, on se fait suivre par le remblai PQsur la moitié de la largeur, en réservant Tautre pour le roulage. Quand on est arrivé à fond (fig. 31 7), on remblaye en P'Q' la seconde travée, en reculant de K'D' jusqu'en H'B'.
4® Attaque simple et remblai triple. — Pour les charbons très solides, on embrasse d'un seul coup (fig. 318) une largeur AB double de celle des deux variantes précédentes, et quadruple de la première. On pousse le front de taille MN jusqu'au fond CD. Pendant ce temps, on se fait suivre par le remblai PQ sur la moitié seulement de la largeur, en réservant les deux autres quarts pour l'entrée du remblai et la sortie du charbon, les véhicules circulant toujours dans le même sens. Quand on est arrivé à fond (fig. 319) on remblaye les deux rues à la fois en P'R' et Q'S', en reculant de CTenAXetdeDTenBT.
459 — Passons maintenant aux chantiers ouverts par les deux extrémités. Ils comportent eux-mêmes deux variantes, suivant que le degré de solidité limite aune très faible largeur, ou qu'il permet au contraire de s'étendre d'une manière quelconque.
1* Attaque et remblai successifs, -7- Atelier rectiligne, — Pour prendre le rectangle ABCD (fig. 320), on attaque en AB et l'on pousse le front de taille MN jusqu'en CD. A ce moment, on verse du haut CD' du sous-étage (fig. 321) le remblai, qui vient se placer de luimême par la pesanteur en P'Q', dans la partie inférieure du chantier, dont on a commencé par rétablir le parement A'B'.
Dans ces conditions, il n'est plus nécessaire, comme dans tous les types du mode en cul-de-sac , d'attendre que l'atelier soit terminé pour en ouvrir un autre à la suite. Oy peut attaquer par le pied un nouveau chantier, dès que le remblayage a commencé à
METHODES DE KKHBLiïAGE::.
s'élever, et sans avoir besoin pour cela qu'il uit atteint le sommet de l'ouvrage.
2° Attaque et remblai simultanés. — Atelier en baïonnette. — Le travail destiné à prendre un rectangle ABCD (Cg. 522) porte à la fois
sur ABCD lui-môme, et sur une bande ACU,V„ restée libre après l'exploitalion du rectangle précédent; de même que la bande BDUV, qui va rester ouverte à la Bn du dépilage actuel, jouera à son tour
le rûle correspondant, pour le déhouillemcnt du rectangle suivant. La bande située sur le tianc du lopin, du cdié vers lequel progresse l'exploitation, figure donc deux fois dans les opérations. La première fois, comme en BDUV, elle forme un couloir de sortie par le bas pour le charbon, actuellement ouvert en BNUQ, el ménagé pcn-
VH HËTHODES D'EXPLOITATION,
danf la pose ascendante du remblai UQUJ*. Ce premier couloir va toujours en s'accroissant vers le haut, à mesure que le front de (aille HN, originairement attaqué en AB, se porte vers la partie supérieure CD; le remblai le suivant en PQ, depuis UU, jusqu'à VV,.
Dans la seconde période, représentée, par rapport au rectangle actuel, en ACU«V,, les fonctions de cette bande s'intervertissent. Elle
Fig. 313. Mélbode da> chimbrei. Dépiligc direct s^D^ fnfig*.
forme pour le remblai un couloir d'entrée par la partie supérieure, lequel, ouvert du hauten bas à l'instant initial, va toujours en se raccourcissant à la base, au fur et à mesure de la montée du remblai.
De celle manière, le lopin ABCD cstdéhouitlé d'un seulcoup suivant AB, et remblayé, au contraire, en deux fois, à savoir : en AMGQ. pour la plus grande partie, par la marche ascensionnelle du rem-
MÉTHODES DE REMBLAYAGE. ~ GITES MINCES. 495
blai jusqu'en ACUV, pendant l'exploitation du rectangle actuel, et, plus tard, pour la partie BNUQ, poussée jusqu'en UDUV, lors du déhouillemenl du rectangle suivant.
Dans cette description des divers dispositifs de l'atelier ék'men' taire de la méthode des chambres, je me suis placé exclusivement au point de vue géométrique. Les détails relatirs au boisage prennent naturellement beaucoup d'importance dans l'organisation deschan-
tiers, mais ils ont été déjà envisagés dans le chapitre X, de manière à me dispenser d'y insister en ce moment.
4S0 — Hnàe direct. — Quant à la disposition générale à donner à l'ensemble de ces tailles, la méthode des chambres peut s'appliquer suivant deux modes distincts : direct airétrograde, c'est-à-dire avec ou sans traçage; différence très importante, que nous avons déjà rencontrée dans les méthodes du foudioyage.
Dans le mode direct, ou sans traçage (fig. 323) (% on ménage sur le flanc du plan incliné un massif de protection, percé seulement par un certain nombre de galeries costresses. Au delà de ce massif, on branche sur chacune d'elles une série de chantiers, appartenant à Tun quelconque des types énumérés ci-dessus, dont le choix sera dicté par les circonstances particulières à chaque c^s. Le déhouillement des massifs d'amont-pendage est en avance sur ceui d'aval, ordinairement d'une largeur d'atelier. Les niveaux servent à rouler jusqu'à la tète de l'ouvrage le remblai descendu par le haut du plan incliné, et, d'autre part, les charbons, depuis le pied du chantier jusqu'au plan, sur lequel ils descendent à la voie de fond.
Ces niveaux sont ménagés dans les remblais, au fur et à mesure de la progression de l'appareil ; on les allonge d'une largeur de chantier, toutes les fois qu'un atelier étant achevé, il s'agit d'en brancher un nouveau. On voit donc qu'il n'y a dans ce système, à proprement parler, aucun traçage. Dans le cas où, le gîte étant mal réglé, on pousserait à une certaine distance ces costresses en reconnaissance, elles figureraient, môme alors, plutôt à titre de recherches que de traçage, le développement de l'exploitation ne nécessitant pas, par lui-môme, cette extension.
Il arrive fréquemment que l'on respecte, pendant toute la durée de l'étage, le pilier long du haut et celui du bas, pour mieux protéger les mères-galeries du charbon et du remblai, et, en même temps, pour constituer ce quartier à l'état de panneau, circonscrit entre des massifs isolants. Ces derniers sont repris à la fin, au moment d'abandonner le quartier.
461 — Mode rétrograde. — Quand on trouve trop d'inconvénients à ménager dans le remblai les voies de roulage, en raison des réparations qu'elles entraînent, et des pertes d'air dont elles sont l'occasion, on les trace en plein massif, en. se portant de suite aux limites du champ d'exploitation, comme dans les méthodes de fou-
(^) Employé à la Buehne (Aubin), à la Grand'Corabe, et dans une grande partie du bassin de la Ruhr. La largeur des piliers varie en >VeslphaIie de 5 à li inëti^es; celle des tailles de 2 à 10 mètres, suivant la nature du toit et du mur, la puissance, les intercalât ions.
HËTIIODES UE HEMSUYAGE. — GITES NIxNCES. 4U7
droyage(%, 324), puis on bal en retraite, en dépilant ces piliers longs à l'aide de chambres remblayées. Les galeries vont alors toujours en se raccourcissant parles progi-ës du déhouillemenl, su lieu de s'allonger progressivement, comme dans le cas précédent. Ce second système est moins employé que le précédent.
Fig. SSI. Hélhodc des chimbres. Dépilaga itsc piliers Igngs repris.
Couche Deinricb (Oerhartll^rubc, Sarre].
(Coupe par le plan du glle.)
4B1t — Dépilage avec piliers repria. — Dans les explications précédentes, nous supposons les chantiers contigus et ouverts consécutivement, sans qu'on laisse entre eux aucun intervalle. C'est le cas le plus simple ('). Depuis quelque temps, on a développe sur de
(■; Il se Toit au Treuil (Sainl-Élieune), à Mu-lemoDl (couclie Nickel), i la mine d'anthraciu de Saint-Pierre-la-Cour [Mayenne).
498 MÉTHODES D'EKPLOITATIOK.
grandes dimensions los diagrammes précédents. Le chantier élémentaire prend d'après cela lui-même plus d'importance. On ouvre alors ces chambres de deux en deux largeurs (fig. 325), et l'intervalle qui sépare chaque taille de la suivante est prisen rétrogi'adant vers la coslressc, une fois que cet atelier est arrivé au massif de protection laissé à l'aval-pcndage du niveau supérieur, pour fitre enlevé quand on abandonne cette costi'cssc (').
Cedépilage en retour comporte lui-même deux types distincts, suivant qu'on le conduit suivant la pente, comme on vient de) le faire
pour l'ouvrage direct, ou que l'on partage l'entre-deux en petites enlevurcs suivant la dii'cction, que l'on prend consécutivement en chassant. Cette dertiJèi-c conception réalise, comme on le voit, à deux degrés successifs, la notion de la division en chambres distinctes : d'abord pour dcpiler le massif long parallèle à la direction, au moyen de chantiers disposés suivant la pente, puis pour déhouil- 1er les piliers longs que l'on vient de réserver en inclinaison, au moyen de chambres ouvertes en direction (*).
"} Comme ù Aberamnci (SouUi-Walcsl, Pcinberton ; Sagor (Sijrip).
{') Ce dernier systiinf »c i-ciicoiilre ù lloinili et Gcrhardi-Grubc (Sarre). On l'cmpkiit
MÉTHODES D£ REH&LiVÂGE. — GIÎES MlttCËS. m
468 — Il existe enfin une troisième variante (fig. 32G), dans laquelle le pilier long n'est réservé qu'en partie. On le découpe comme une bande d'échiquier, en y déhouillant et remblayant les cases de deux en deux, et conservant les autres pour être enlevées ultérieurement. Ce dispositif compliqué se justifie par deux motifs distincts.
C'est, en premier lieu (*), pour se procurer plus de surface à remblayer, que ne pourrait en offrir la foncée directe, quand on se trouve encombré par les déblais fournis par le coupage des voies latérales, que l'on y ménage sur les deux flancs pour la circulation de l'air et des véhicules.
C'est, en outre, pour que le toit se trouve mieux soutenu que par le remblai seul, afin de retarder le plus possible sa dislocation, si l'on craint l'invasion des eaux supérieures ('). De cette manière, on ne s'en trouve gêné que pendant la période, relativement courte, consacrée à l'enlèvement de tous les piliers tournés, au moment d'abandonner définitivement le district.
HÉTHODB des «RANDBS TAILIiES
4641— Base d'opérations. — La méthode des grandes tailles est, sous le rapport géométrique, analogue à celle du longwall working outwards f); seulement le remblayage y remplace la chute du toit. Elle consiste encore (fig. 301) à brancher consécutivement de grandes tailles, sur une artère fondamentale qui progresse en avant de la première, à une distance suffisante pour éclairer la marche.
également pour le déhouillement des tranches horizontales de Saint-Éloy (Ihiy-de^ Dôme).
(A) Comme à Molières (Gard).
(*) Comme à la mine de lignite de Castellane (Gréasque, Bouches-du-Rhftne), dans laquelle Veau des tnouillère* crée une complication sérieuse.
(>) De même que la méthode normale des chambres reproduit géométriquement le diagramme de celle des massifs longs; et celles de Volières et de Gréasque (n* 463), la méthode des massifs courts ; avec cette même différence que le foudroyage y est rem-> placé, dans le dépilage, par remploi du remblai.
Bien que Ton puisse encore, comme dans le longwall, établir cette base d'opérations en perçant deux galeries jumelles dans le massif» on emploie ordinairement, pour les méthodes de remblayage, un procédé différent. On conduit alors une taille unique, en coupant le toit ou le mur, s*il est nécessaire, de manière à se procurer la hauteur nécessaire pour le passage des chevaux. On utilise les matériaux ainsi obtenus, pour partager cette taille en deux voies distinctes, à l'aide d'un mur en pierres sèches dressé suivant son axe. Les terres sont pelletées entre ses deux parements, de manière à le rendre aussi étanche que possible pour Tair. Ces deux travées jouent alors le rôle des galeries jumelles. Le courant arrive par l'une, passe à l'avancement, et revient par l'autre jusqu'à la première grande taille, dans laquelle une porte d'aérage, barrant la galerie de retour, le force à s'engager pour lécher tous les décrochements du front de taille.
La largeur l à donner à ce chantier d'avancement, se trouve déterminée d'une manière précise, par la condition de loger exactement son remblai, tout en conservant pour les deux voies les largeurs X,X', exigées par les conditions du roulage et de la ventilation. Supposons, en effet, que, si l'on étalait à terre, sur toute la superficie, le stérile foisonné que fournissent le coupage de la roche
et les lits stériles intercalés, il occupât une fraction — de la hauteur
de la taille. Si nous raisonnons pour un mètre de hauteur, la surface / de front de taille, diminuée de la somme X + X' des vides
que l'on aménagés, doit être occupée parle remblai — , fourni par
le percement. On a donc l'équation :
ut
d'où l'on déduit :
zn ^ -^ ^'^•
La méthode des grandes tailles peut être appliquée d'après trois
NfiTHODES DE REMBUYA6E. - GITES MINCES. 501
modes différents, selon que la base d'opérations est ouverte suivant la direction, l'inclinaison, ou une demi-pente quelconque. Les tailles elles-mêmes sont montantes f chagsantes ou diagonales.
465 — Grandes tailles montantes. — Dès que la base d'opérations s'est accrue d'une largeur d'atelier, au delà du degré d'avance que l'on veut lui conserver pour éclairer la marche, on ouvre, sur son flanc, une nouvellegrande taille à la suite de la dernière, et l'on reporte à ce point la porte d'aérage, destinée à forcer l'air de s'engager dans ce nouveau décrochement. Le remblai suit le front de taille (fig. 301), et l'on y ménage une voie montante pour la desserte du chantier. Si la pente l'exige, ce montage sera armé de manière à constituer un plan incliné automoteur.
Souvent le front de taille, au lieu d'être tracé rigoureusement suivant une ligne droite horizontale, forme les côtés d'un angle très obtus, dont les parois convergent légèrement, des extrémités de la taille vers son plan incliné. C'est en vue de faciliter le boutage du charbon dans ce plan, en donnant une légère inclinaison à la voie de desserte qui longe le front de taille.
Lorsque le déhouillement s'éloigne trop de la base d'opérations, on peut se trouver surchargé par l'entretien des voies montantes qui s'allongent outre mesure. On se procure alors une base auxiliaire, en ménageant dans la pose du remblai, à une distance convenable de l'artère fondamentale, une galerie en direction, ou cros<gate, qui recoupe toutes les voies montantes. Puis on abandonne, en les remblayant, tous les tronçons de ces dernières, compris entre les deux voies de niveau, à l'exception d'un petit nombre, que l'on conserve pour évacuer dans la voie de fond les charbons qui se réunissent dans le cross-gate (').
466 — Grandes tailles diagonales — Les tailles diagonales, ou en demi-pente (fig.327), rarement employées, ont pour but d'uti-
(*) La méthoda montante est employée dans les mines d*Anicbe, Annœulin (Nord), Ferfiiy, Hénin-Liétard (Pas-de^-Calais), et un grand nombre d'autres exploitations du baasio franco-belge ; à Bpinac, i Molièret; au puits ¥rendel (Styring), à Albertscbacbt (SarrébrOck), à Llanally (Tunnel-CoUiery, South-Wales).
liserpour l'abatage la feuille du charbon, qui n'a aucune relation nécessaire avec la direction et l'inclinaison. Elles permettent également de contrariw le sens de la flssililé du toit, ou des filières qui le traversent, et qui pourraient se trouver dans une situation fâcheuse ponr la solidité des chantiers. Elles ont, enfin, l'avantage de débarrasser le chantier des eaux, au moyen d'une cert:dne pente, sans que l'on soit forcé pour cela de lui donner tout le pendage de
la couche, quand il est assez prononcé pour gêner ,1e roulage ou obliger d'armer les voies en forme de plan automoteur.
En revanche, ce système présente cet inconvénient, que la moindre modification dans te plongement du gîte oblige, pour conserver la même pente de roulage, à changer l'angle des galeries avec la ligne de plus grande pente, et, par suite, à déranger luul le parallélisme des tailles f).
C] La méthode dû^nale est employée dans certainea partiaa des houillère* ic BeMèges«tdeHo]ières(Harstut.fiu/;. min.. I~, V; S*, V).
On en trouTs. en outre, un aumple remai-quible dans l'eiploilation dea tekittti bitvmirtmix du Maïufèld, sppelét aussi Kuprei-schiererOQti. Catte rormation célèbre ta riluée à la baae du Zechgietn, et constitue une couche résuU^ d'eaviron SOO Idloni-
MÉTHODES DE REîll LAVAGE. - CITES MINCES. &05
467 — Grandeê tailles chassante» — Dans la méthode chassante, le base d'opérations est ordinairement rectangulaire sur les tailles, c'est-à-dire disposée suivant la ligne de plus grande pente (fig. 329, 530, 531). Cependant on cherche parfois à éviter de
10 par Ig plin du gtle).
l'armer sous forme de plan automoteur en l'établissant en demipente {(ig.328), pour descendre les véhicules, avec le roulagesimple
très carrés, en forme de bassin relevù sur les bords. Ut Mneur est en général ileS t S pour 100 de cuivre, avec 5 kilogrammes d'nrgeni à la tonne. Cependant on eiploita enroi-e, lorsque la richesse s'abaisse jusqu'à 1 pour 100. La mine est ouverte depuis l'année 11 M. et l'on est parvenu actuellemenl i la profondeur de 250 mètres. Lu puissance est seulement de O'.SO, Au mur, on trouve un havril stérile de D'.IO. Le (oil est solide. On entaille donc le mur deO".90 sur toute son étendue, pour donner aux tailles un minimum indispensable de 0" ,60. Les hommes, au nombre de 30 par taille deSOmè. très, travaillent & col tordu (flg. 135], couchés sur te cAlé, avec une planchclle Dxée i la cuisse gaucbe. et une autre, mobile, pour appuyer l'épaule gaucbe. J'indiquerai plus loin ;n' 6Î3, noie) comment le ■■oulage est elTeclué par de petits lierscheurs, qui rampent jusqu'aux galeries de chevaui. Ces derniiTCS çnl 3 métivs de liaiiteur, et ■ont conduites en voiet jumelles.
M>4 MÉTllODKS D'EXPLOITATfOS.
et sans câble, jusqu'à la voie-de-fond qui les conduit à l'accrochage (').
Dans un cas comme dans l'autre, lorsque le Troiit àe taille s'éloigne d'une manière excessive , on supprime d'un seul coup t'cotretien de toutes les costresses, en ménageant dans la pose du remblai une nouvelle voie thierne, ou l'emplacement d'un autre plan incliné, sur lequel on transporte le mécanisme du précédent.
La méthode chassante comporte d'ailleurs, quant à l'aménagement des fronts de taille, deux variantes essentielles, suivant que la couche est en plateure ou très notablement redressée, auquel cas elle donne Heu à un dispositif caractéristique, qui prend le nom de maintenages.
(') Parfois mâme on multiplie sysIfmatiquemeDl ces dia^nales. de minière que chaque grande taille soit desservie par une «oie Ihierne spéciale, i l'ertréiiiilé de li costi'essa qui lui correspond. Ces types sont aaseï cmployËs dans le bassin fniKobelge, quoique du reste en Toie de diminutioa. Gallon réagit contre cet ero]rioi des dcmi-pentet (GvuiiiTeiploilalion. I, 389). al leur préfère nettement les plans indioéi-
NÊTHODES DE REMBLAYAGE. - GfTES MINCES. 505
La premièro variante, relative aux parties plateuscs, peut 6trc
elle-mâme conduite suivant trois types distincts.
468 ^- l*" Type direct. — On laisse sur le flanc du plan incliné (fig. 329) un massif de protection, que Ton se borne à percer par les voies costresses ouvertes à des niveaux successifs. Lorsque lunede ces galeries a franchi Tépaisseur réservée, on y branche un montage, sur toute la relevée qui la sépare de la voie supérieure» puis on prend la paroi de cet ouvrage pour front détaille, que l'on conduit en chassant. Les tailles basses étant les plus anciennes, son! en même temps les plus longues (*).
469 — 2® Type inverse — Dans un second type, qui est fort peu répandu, Ton commence par monter le plan incliné jusqu'au sommet de l'étage avant d'ouvrir aucune taille (fig. 330), et c'est à partir du haut qu'on les branche successivement derrière le massif de protection, de la manière qui vient d'être expliquée. C'est donc à l'amont-pendage que se trouveront alors les plus longues tailles.
Ce système a pour but, en supposant que l'on ne se trouve pas pressé pour la mise en activité du quartier, de terminer les tailles supérieures les premières, afin de pouvoir alors supprimer les tronçons correspondants du plan incliné, ainsi que leurs frais d'entretien ; tandis que, si l'on finit par le haut, la totalité du plan reste nécessaire jusqu'au dernier moment, pour desservir cette partie (•).
470 — 3® Type rétrograde. — Les deux appareils précédents offrent l'avantage d'être sans traçage, mais avec Tinconvénicnt corrélatif, d'obliger à entretenir des voies de communication au milieu des remblais. Lorsque les circonstances rendent cet assujettissement particulièrement fâcheux, on commence (fig. 331) par tracer les costresses dans le ferme, non plus seulement à travers
(*) On rencontre ce type principal de la méthode des gi*andes tailles chassantes, dans les carrières de basse mas«e des environs de Paris, dans les houillères d'Aozin, la Béraudière (Couche des Littes), Courrières (Pas-de-Calais), Ferfay, Villars (Loire): Le Uasai*d; Albertschacht, Styrini?, Lhôpital (Sarre-et-Moselle) ; les mines de fer d'HayanRe (LoiTaitie) ; les calcaires argileux p]ombifèi*es de Tarnowitz (Silésie).
(') Cette méthode est appliquée dans la mine Simon, à Graissessac (QuaUiMninesréunies).
MÉTHODES DE RENBUYAGE. — GITES MINCES. 507
le massif de protection, mais jusqu'aux limites du quartier. C'est là que l'on branche sur chacune d'elles un montage, dont le flanc est pris pour front d'une taille chassante, qui procède en retraite. De cette manière, la longueur des costresses va toujours en diminuant pendant l'exploitation, à l'inverse de ce qui a lieu dans les deux cas précédents (').
On remarquera l'analogie de cette modification avec celle qui sépare le longwall working home du longwall working outwards (n* 430, fig. 302).
471 — Maintenagea. — Dans les trois types qui constituent la variante précédente du mode chassant, le front de taille reste disposé suivant une ligne droite de plus grande pente. Ce dispositif deviendrait impraticable, quand le gite se redresse d'une manière très prononcée. Si, en effet, nous nous figurons comme très rapproché de la verticale, le plan de la figure 329 (qui était tout à rheure à peu près horizontal), au lieu de nous représenter des hommes debout, dans des attitudes perpendiculaires à ce plan, nous serons forcé de les installer l'un au-dessus de l'autre, à l'aide de planchers. Outre les inconvénients d'une telle complication, et du peu de solidité de cet échafaudage, on exposerait ainsi les piqùeurs à un danger sérieux, résultant de la chute de fragments à travers les planchers.
Le remède à cette difficulté se trouve dans l'emploi des maintenages, ou gradins couchés, que nous avons déjà rencontrés dans une circonstance analogue (n"* 425, fig. 296). En disposant le front de taille en gradins renversés, on a pour résultat de loger chaque homme en avant du piqueur qui lui est supérieur, et de le mettre en sûreté, sous le gradin attaqué par ce dernier. Si la chute de quelques fragments vient à se produire, elle aura lieu en arrière de l'ouvrier, et sans compromettre sa sécurité {•),
{*) Cette méthode est appliquée dans certains quartiers de la Grand'Gombe.
(*) On Toit des maintenagea à Anitn, à Fléchinelles (l'as-de-Galais), et généralement dans tous les dressants du Nord de la France et de la Belgique : au Gouffre, au Grand- Homu, à Bois-d'Amy, à la Nouvelle-Maribaye, etc. ; en Saie : à fibersdorf, Buthelsdorf, etc.
Ce principe présente à la vérité l'inconvénient de la production de nombreux nids de grisou, qu'il est difficile défaire laver complètement par le courant d'air. Nous n'avions pas insisté sur ce point lors de la première rencontre des maintenages (n* 435), attendu que les méthodes de foudroyage sont, autant que possible, iTécarter des gllcs gritouteux ; mais le principe du remblayage leur est au contraire directement destiné.
L'emploi des maintenages peut varier dans l'application suivant trois types distincts.
ï'ig. 33t. HsinteDago avec gradins (coups pir le plaa du dresMDtl.
47S — i" Remblai en gradin». — Dans le plus ancien (fîg. 352), le remblai se trouve disposé en gradins droits, en regard des gradins renversés que présente le combustible. Pour la descente du charbon, on ménage à travers ce remblai, des cheminées qui vont en s'accroissant par la partie supérieure, au fur et à mesure de la montée du remblai, au moment où la marche en avant d'un gradin vient à les dépasser. Lorsque la cheminée atteint le sommet du massif de stérile d'un sous-étage, elle demeure sans objet. On la remblaie, et, en même temps, on en ouvre une nouvelle au pied du maintenage, en avant de ta dernière.
■473 — 2° Remblai en talui. — La multiplication de ces cJie-
MÉTIIOI»ES DE REMBLAYAGE. — GITES HINCES. 509
minées occasionne une complication, une dépense de bois et un manque de solidité, qui exercent sur la méthode une influence râcheuse. On a imaginé pour y obvier {ûg. 553} de disposer ta plus
Fig. 3S3. Milnlenagci aiec ului (coupe par la pian du dreuanl).
grande partie du remblai en talus. Le chartion roule alors jusqu'au pied de celle pente, où il trouve une cheminée très courte, qui sert à le charger dans les wagonnets de la voie-de-fond.
Fig. 33t. HiintenagM nec plaachcr (coupe par lo plan du dressanl).
474 — 3" Beniblai avec plancher. — Celte solution présente encore l'inconvénient dû salir le combustible, qui entraîne avec
lui des terres, en même temps que les menus peuvent se perdre dans le remblai. M. Godin a imaginé ('), sous Tempire de cette préoccupation, de recevoir le charbon sur un plancher, où se tiennent Icspiqueurs (fig. 334). Les deux défauts précédents disparaissent par cela seul. En même temps, comme le remblayage se fait sous ce plancher, les deux services peuvent être effectués simultanément, tandis qu*ordinairement on ne bascule les remblais que pendant la nuit, en distinguant la coupe à terre de la coupe à charbon. Ce système présente, à la vérité, Tinconvénient d'entrainer certains frais pour le boisage, et son transport incessant, parallèlement à lui-même, afin de suivre Tavancement. Néanmoins, Fauteur du système annonce une réduction d'un tiers environ sur les dépenses.
IftlSCUSSIOlV BBS TlLmiAlliTES BE JLA HÉTHODB
DBS «BANDES TAII^LES
495 — Caracièrei communs. — Il est essentiel d'étudier avec un grand soin l'espacement à maintenir entre les voies de roulage. En eflet, le coupage de ces voies dans le toit ou dans le mur produit un supplément de remblai, qui doit se répartir exactement dans la région afférente à cette portion du réseau, en s'y ajoutant à celui que donne à pied d'œuvre le déhouillement lui-même. On doit se proposer, pour but, autant que possible, de ne sortir ni rentrer de remblai, et de ne le déplacer à Fintérieur que dans la mesure strictement inévitable.
La dimension des tailles, très restreinte habituellement en France, où elle s'abaisse jusqu'à une dizaine de mètres, atteint en Angleterre 100 et 150 mètres. Cette ampleur présente Tavantage de rendre la surveillance plus facile, d'obliger les hommes à pro* gresser du même train, de placer l'abatage dans des conditions
(*) Dons les chanlicrs de l'Espéi*ancet à Scroing [Annaies des trav, pubi de Bdgifuc^ XXXHl, 379).
HËTUODES DE REMBLAYAGE. — GITES MINCES. 511
plus faciles, d'offrir les seules conditions où le havage mécanique
présente quelques chances de succès, de faciliter le boutage du
charbon, en permettant d'établir parallèlement au front de taille
un chemin de fer, que l'on ripe latéralement, pour lui faire suivre
l'avancement.
Le degré de condensation du personnel le long de ces fronts
dépend de certaines habitudes. En France, on met en général un piqucur par 4 ou 5 mètres, en lui attribuant cet espace pour qu'il se trouve plus à l'aise et produise d'autant plus. En Belgique, on est plutôt porté à réduire cette largeur à 2™, 50 ou 5",00, afin de réaliser un avancement plus rapide, d'avoir, par conséquent, des chantiers moins durables, et de faciliter la surveillance, en diminuant en outre les frais d'entretien. Si le rendement du piqueur s'en trouve affaibli, on économise d'autre part sur le personnel du boisage, de la surveillance, et des services accessoires.
411 B — Avantages de la méthode montante sur la méthode chassante. — Si le plan incliné, qui est unique pour la méthode chassante, vient à subir une avarie, tout le transport se trouve arrêté, les piqueurs ne peuvent plus reculer leur charbon, et les herscheurs restent sans ouvrage. Au contraire, avec la méthode montante, le plan incliné qui se dérange ne dessert qu'une seule taille, et le trouble apporté dans l'ensemble est moins profond. Il est vrai que les chances d'accident augmentent aveo le nombre des plans automoteurs; toutefois il est préférable de s'exposer à des irrégularités plus nombreuses, mais relativement peu importantes, plutôt qu'à paralyser tout le service.
Si la couche est assez mince pour obliger à couper le toit ou le mur le long des voies, le banc, ainsi entaillé au pied par les costresses de la méthode chassante, a tendance à glisser dans le vide; tandis qu'en le coupant suivant la ligne de plus grande pente, avec la méthode montante, on ne détermine ainsi aucune tendance à un déplacement latéral.
La desserte du front de taille en inclinaison, dans l'ouvrage chassant, est moins commode que celle du front horizontal de la méthode montante, qui se proie à l'établissement d'un chemin de
MÉTHODES D*EXPL0ITAT10N.
fer à pente douce, aii)itrairement déterminée par une légère déviation sur la direction.
477 — Avantages de la méthode chassante sur la méthode montante. — Si Tinclinaison est marquée, les voies montantes doivent être armées du matériel des plans automoteurs. De là, une dépense importante et une complication du service.
Aux abords d'un crochony c'est-à-dire d'une inflexion de la couche, la section horizontale cesse d'être rectiligne, et se dévie en courbe ou en ligne brisée (fig. 335). Les normales ne sont donc plus des droites parallèles. Les tailles montantes comprises entre elles iraient en s'épanouissant, et il en résulterait, entre autres
Fig. 335. Passage d'un crochon.
irrégularités, l'altération de l'équilibre qu'il est si important de conserver (n® 475) entre la hauteur des voies et leur espacement. En effet, la première resterait égale, tandis que la largeur deviendrait variable. Pour ce motif, les exploitants qui emploient la méthode montante, passent les crochons en tailles chassantes, au moyen de courbes parallèles qui gardent entre elles un inter* valle constant.
Dans les gîtes grisouteux, le gaz qui sort du massif mis à nu glissera rapidement, en raison de sa légèreté spécifique, le long des fronts en inclinaison de la méthode chassante, tandis qu*il aura tendance à stationner sur les fronts horizontaux de l'ouvrage montant. Ce dernier système placera donc dans le milieu le plus vicié, les feux, les coups de mines, les chances d'infraction des hommes
MÉTUODBS DE RBIffiLAYAG£. — GITES MINCES. 513
aux règlements qui prohibent i*usage des allumettes ou le dévissage des lampes. Aussi n*applique-t-on jamais la méthode montante dans les gîtes grisouteux.
Lorsque la couche se redresse, le charbon a tendance à glisser sur le mur dans les chantiers montants, en cas de manque d*adhérence, et à écraser les hommes contre le remblai. En outre, lors même que la veine serait bien adhérente au mur, les fragments abattus roulent dans les jambes des ouvriers, et peuvent déterminer des accidents. Enfin, le charbon va s*accumuler le long du remblai; il s'y salit, il peut s'y perdre. Tous ces défauts disparaissent avec la méthode chassante, qui reste seule admissible dans les parties redressées, en prenant, quand cela devient nécessaire, la forme des maintenages.
nÉTHODE DES «BADINS
4*78 — Gradins renversés. — Si la couche est absolument raide, ou s'il s'agit d'un filon métallique, qui joint d'ordinaire aux difficultés inhérentes à sa situation verticale, une certaine irrégularité de teneur, on conserve le principe des gradins, auquel nous venons d'être conduits en dernier lieu, mais, en même temps, on abandonne le caractère fondamental d'ampleur et d'unité qui caractérise l'appareil des grandes tailles, et sur lequel j'ai insisté plus haut (n* 455). On revient, au contraire, à un traçage préalable sous forme de lopins, qui permette de mieux connaître le gîte au préalable, et de multiplier, d'une manière plus arbitraire, les points d'attaque.
L'appareil ainsi modifié prendra le nom de méthode des gradins. Il peut être appliqué suivant deux modes fondamentaux : le mode des gradins renversés ^ ou celui des gradins droits.
Le mode des gradins renversés comporte lui-même quatre variantes distinctes, que nous allons passer en revue (*).
(■) On rencontre la méUiodc des gradins renversés dans les divers cliarbonnages de 1 33
su NÊTflODES tl-EXt>LOITATIUN.
■479 — 1" Ouvrage simple. — On attaque le lopin par l'un de ses deux angles inférieurs (ûg. 356). On déboise le montage sur une
hauteur de chantier, et, en s'échafaudant, on abat le massif eu chassage, de manière à surexhausser la galerie. Lorsque cette taille
est suffisamment avancée, on déboise une nouvelle travée du mon-
Sablé (Snrllie), de Hoiitignù et de l'IEuisaerie (Hayenne), de la Basse-Loiro, dTtoi [Belgique), de Uiéria, de U losquitera (Asluries), de Doman (Banal).
C'est la métliode classique des filons- On la voit en France ; & Vialas. à la Baum* (Villefranchc d'Arayron), à PierreGlte (Hautes-PyiiinÉos), dans les parties minces ck Sainbel (Itliftne) ; en Sii^dc : dans les mines de fer de Dorberg, de Flintgrafioo i Dalkorlsberg; en Anglclcn-c : dans le Coniouailles; en Allemagne : au Hariz. >
UÉTUOUES »£ REMUUYAGE. — CITES HIKCES. &15
tage, el un second poste commence une seconde (aille chassante sur une hauteur égale. On rétablit alors le boisage de la galerie, et Ton
y entasse le stérile, qui forme un terre-plein pour la seconde équipe. Un troisième poste amorce bientôt une nouvelle travée sur le flanc
du montage, et s'avance à la suite des premiers. Le front de taille
Himmelsfurtli (Saie) ; en Autriche :â Schcmnitz, nu Bleyberg dcCarinlhic; en Espagne : à Linai-Èj, à l'Horcajo, t Casiucra, dnns les phosphates de Cacèrts; aux mines de Monteponi [Sardaigne); en Amérique : au t^mslocb, dans l'Austiu, le Nevada, aux mines d'argent de Coracoléi (Andes), dam les filons de Icllurure d'or de IlounUin Lion et Kt'fslone (Colorado}, à Siiinniil Valley (Xuiiloiia), elc.
dessine, d*après cela, dans son ensemble, une série de gradins renversés.
En môme temps, le remblai le suit en gradins droits. Au fur et à mesure que ce massif avance, la première équipe d'ouvriers y ménage, à des distances convenables, Tamorce d'une cheminée. Tous les autres postes, quand ils y parviennent, exhaussent cette cheminée d'une travée de boisage, pour disposer leur remblai contre ses parois. Ces couloirs s'élèvent ainsi progressivement, et servent à bouter le minerai dans la voie de fond, où les trappes permettent de le débiter dans les wagonnets (n" 442).
Chaque gradin se termine, quand il perce dans le montage parallèle à celui qui a servi de point de départ. L'ouvrage entier s'achève par l'angle diamétralement opposé à celui de l'attaque.
480 — 2® Ouvrage divergent. — On aborde le lopin par un point intermédiaire du cùté inférieur : son milieu, pour fixer les idées (fîg. 537). Les mineurs défaitent la galerie, et, en s'échafaudant, amorcent un montage. Puis, prenant ses deux flancs pour fronts de taille, deux équipes s'avancent en direction, en se tournant réciproquement le dos. Quand elles sont suffisamment éloignées l'une de l'autre, on exliausse le montage d'une nouvelle travée, où s'installent, en divergeant, deux nouveaux postes, et ainsi de suite. On boise cette cheminée centrale, de manière à la conserver au milieu des remblais, et l'on en ménage d'autres, de distance en distance, comme dans le cas précédent (*).
Chaque gradin se termine sur les montages latéraux, et l'ensemble de l'ouvrage s'achève par les deux angles supérieurs du massif.
481 — 3** Ouvrage convergent. — On attaque le lopin à la fois par ses deux angles inférieurs (fig. 358), et l'on développe ainsi sur ses deux flancs, conformément à la description précédente (n* 479), deux ouvrages simples, qui marchent au-devant l'un de l'autre.
Les deux postes inférieurs finissent par se rencontrer au milieu
(') On voit un bel exemple de cette méthode dans le filon de minerai de fer de Keymar (Aveyroii).
MÉTHODES DE REMBLAYAGE. — GITES MINCES. 517
de la base du lopin. A partir de ce moment, l'ensemble forme un atelier unique. On ménage suivant Faxe central une dernière cheminée, qui restera toujours la plus courte de toutes. Puis Touvrage se développe, avec un profil constant dans son ensemble, que Ton voit, par la pensée, s'élever parallèlement à lui-même vers la partie supérieure, en raison de l'avancement chassant de chacun des systèmes de gradins, qui viennent consécutivement se terminer sur l'axe central (*). L'ouvrage s'achève par le milieu du côté supérieur.
48S — Ouvrage à double remblai. — Il nous reste à envisager un dernier système, dont l'application doit rester limitée à des filons de matière précieuse et d'épontes solides f).
Le lopin y est divisé en un certain nombre de bandes horizontales : trois par exemple, qui sont prises l'une après l'autre en ordre ascendant. La figure 339 montre la bande inférieure complètement terminée, celle du milieu en élaboration, et la zone supérieure encore inattaquée.
Chaque bande est dépecée en gradins renversés, avec toutes les circonstances qui constituent la descriptiondu premier type(n'* 479), et, en outre, les détails suivants. On sort, dès le début, le plus riche, en laissant dans le chantier le plus pauvre ; mais sans attacher la môme importance qu'à l'ordinaire, à ce triage, qui n'est que provisoire. Ce remblai temporaire sert à échafauder l'ouvrier et à maintenir les épontes, pendant la durée très longue de l'abatage. Lorsque le dépilage de cette zone tire à sa fin, on commence (en calculant d'après le rapport des vitesses, de telle sorte que les deux opérations se terminent ensemble) à enlever en masse, du côté de l'attaque, le remblai, que l'on sort en totalité, en le faisant couler en talus et l'évaicuant par le pied du montage. Cette bande étant entièrement vidée, on la remplit d'un seul coup avec du remblai stérile, descendu du dehors par le haut du montage, et versé en talus sur toute
(I) On rencontre cette méthode aux mines d*anthracite de la Bazouge (Mayenne), de 15 à SO métrés de puissance. Elle y est appelée exploitation en castie (Oorlhac, Buil., fittfi.»l'*,VU.)
(*) Cette méthode est employée à Przibram*
MÉTHODES D'EXPIXMTATION.
la hauteur du sous-étage, de manière à simplifier et activer cette opération. On arrive ainsi à tout retirer, en conservant en même temps les facilités du remblai immédiat, employé à pied d'œuvre, pour l'exécution de la taille.
483 — Gradins droits. — Le second mode d'application de la méthode des gradins procède encore par tailles chassantes, mais disposées en gradins droits. Le piqueur a, dans ce cas, le minerai
Fig. 340. Méthode dcs gradiiis droits (coupe par le plan du lilon).
sous les pieds, au lieu de l'avoir sur la tête. Ce système comporte deux variantes distinctes (^).
1^ Ouvrage simple. — On attaque le lopin par un de ses deux angles supérieurs. La figure 340, si on la réduit à l'une de ses moitiés, représente ce genre de chantier. On déboise successivement diverses travées de la descenderie, et l'on conduit des tailles chas-
(') La méthode des gradins droits se voit dans les mines d'argent d*Andreasberg (Hartz), aux mines d'or d'Offenbanya (Hongrie], dans certaines parties des filons de Schemnitz, de Przibram.
MÉTIIODKS DE REMRLAYAGK. — GITES MINCES. 519
santés, en avance les unes sur les autres. En arrière du front de taille, on dresse, à l'aide de rondins arc-boutés dans des potelles, des planchers, sur lesquels on entasse le stérile, en ménageant des passages pour atteindre la descenderie. Dans cette dernière, fonctionnent les câbles d'un treuil de manœuvre, pour la sortie des minerais.
Chaque gradin se termine, quand il perce dans la descenderie parallèle à la première. L'ouvrage prend fin par l'angle diamétralement opposé à celui qui a servi de point de départ.
— 2** Ouvrage double. — La seconde variante est représentée par la figure 340 prise dans son ensemble. On attaque le lopin en un point intermédiaire de son côté supérieur : le milieu par exemple. On y amorce une descenderie, eU de ses deux flancs, on fait partir deux systèmes de gradins droits, semblables au précédent, et se développant sur les deux côtés. Un treuil de manœuvre sert à élever jusqu'à la galerie supérieure les minerais et, en outre, les eaux qui, à l'inverse du cas précédent pour lequel elles trouvaient un écoulement naturel, tendent à s'accumuler dans le fond de cette exploitation en vallée.