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CI.A8SEIIIENT BE VOLUME

ISOS — Généralilés. — Le classement de volume n'a quelquefois d'autre raison d'être, que de répondre aux convenances du commerce. Les combustibles, par exemple, sont souvent conditionnés en deux ou trois sortes, et quelquefois un plus grand nombre {n" i381). Ces produits portent des noms, variables avec les loca-

(■; Uaton de la Gou|>illière {Bull. Sac. d'aïc, 3', I, 603).

716 PRÉPARATION ÎIÉCANîQUE DES MINERAIS.

lités, pour les minerais métalliques (*), aussi bien que pour les charbons (*). Ce mode de classification constitue, en outre, un élément essentiel du bon fonctionnement des procédés d'enrichissement (n"* 1306), en dehors duquel on n'obtient que des résultats plus ou moins imparfaits.

Le principe, infiniment simple, de l'opération consiste à déposer les matières sur une surface à claire-voie. La grandeur des vides détermine le calibre maximum de la sorte qui les traverse, et qui ne pourra présenter un seul grain plus gros. On ne saurait, malheureusement, dire, en sens inverse, que le refus de l'appareil ne renfermera pas de fragment moindre que la section des orifices. Il en devrait théoriquement être ainsi, après un criblage très soigné et indéfiniment prolongé. Mais, si Ton va vite, beaucoup de matières fines restent engagées, sans avoir pu trouver des conditions favorables à leur passage; et si, au contraire, on crible trop longtemps, l'usure reforme de nouvelles poussières. Cette circonstance ne devra pas être perdue de vue, car elle contribue à jeter quelque incertitude dans certaines opérations ultérieures.

Nous avons donc à examiner successivement dans cette étude : 1" la nature de l'organe essentiel de triage ; 2* les artifices auxquels on a recours, pour assurer, autant que possible, le départ des deux catégories et atténuer la cause d'imperfection qui vient d'être signalée ; 3** les dispositifs d'ensemble employés pour les appareils de classement.

fJSOO — Organes élémentaires. — L'organe de triage peut affecter trois formes différentes : la grille, le tissu métallique, la tôle perforée.

La grille est formée de barreaux parallèles. Leur écartement détermine assez convenablement le calibre des grains, quand la nature peu clivable des minéraux donne aux fragments une forme arrondie. Mais s'ils sont, au coniraire, susceptibles de prendre l'aspect de plaques minces, ce mode de classement devient détes-

[') Noix, noisettes, pois, tenailles, sables, schlichs, schlamms, farine, etc.

(') Gros, grôlons, grelassons, grelats, grenettes, gaillettes, gailleteries, gaiUetin, gailleteux, pérat, braisette, télés de moineaux, cbatilles, dés, dragées, grenus, menus, fines, poussières, mourres, limons, etc.

TRAVAIL A LA MAliN, BROYAGE. CLASSEMENT. 717

table; car une plaquette de dimensions presque quelconques (sauf son épaisseur), pourra chavirer entre deux barreaux.

Le tissu métallique est ordinairement formé de fils de laiton croisés dans deux sens rectangulaires. Le triage est plus parfait en principe, et il échappe à l'inconvénient précédent. Cependant la maille carrée a l'inconvénient de présenter deux dimensions très différentes, suivant que les fragments se disposent parallèlement au côté ou à la diagonale. Cette dernière excède le côté, de 40 pour 100 environ. Mais un défaut, plus grave encore, consiste dans le manque de fixité de ces orifices, attendu que les fils peuvent se rapprocher les uns des autres, en laissant béantes des ouvertures plus grandes que le calibre voulu.

Les tôles perforées de trous ronds fournissent une solution parfaite. Le diamètre est alors un élément absolument invariable. Malheureusement cette combinaison est en même temps la plus chère. L'épaisseur des tôles reste ordinairement comprise entre 0",00075 et 0",00300. Elle doit, bien entendu, être suffisante pour résister au service que Ton attend d'elle, suivant le poids des matières qui y seront passées; mais il faut, en môme temps, éviter l'exagération, tant pour restreindre la dépense de matière première, que pour ne pas augmenter les chances d'obstruction, en obligeant les grains à parcourir des tubes plus longs qu'il n'est nécessaire, suivant la normale à la paroi. Le rapport du plein au vide doit également être réduit autant que possible, afin d'offrir plus de chances de passage, tout en évitant un trop grand affaiblissement de la tôle.

fSOO — Moyens d'action. —Nous avons parlé tout à l'heure de déposer les matières sur la surface criblante. Il s'en faut de beaucoup que l'on puisse s'en tenir là. En effet, les trous pourraient se trouver bouchés par les gros morceaux, incapables d'y passer euxmêmes. Le hasard peut aussi arc-bouter des grains en petites voûtes, au-dessus de vides qui, sans cela, leur eussent livré passage. Enfin certaines influences agglutinantes déterminent des forces accessoires, capables d'équilibrer la pesanteur, en emp(^cliant un fragment de se précipiter dans l'espace ouvert au-dessous de lui. Il s'agit donc de lutter contre ces diverses causes de perturbation.

718 PitËPAItATIU.N HËCUMQVE DES HI?<ERAIi:.

Lesagglutinalions se rattachent toujours à un certain degré d'humidité. On peut, pour les détruire, suivre deux voii^s difTérentcs : ou bien supprimer intégralement cette humidité, comme on l'a fail. dans quelques cas, par l'application de chaleurs perdues, telles que

FiR. 767. Grilte Briart («létalion).

celle de la vapeur d'échappement; ou bien, inversement, achever de noyei' les matières dans un délayage complet, au moyen d'une forte pluie projetée sur la grille. C'est à ce moyen que l'on a le plus souvent recours, en pareil cas.

TKiVAIL A U MAIN. BBOÏAGf. CLASSEMENT.

Pour déplacer les gros morceaux qui boiichenl les vides, on détruire les petits édifices, dont les matériaux se sont, mal à propos disposés en voûlc, en s'appuyant les un? contre les autres, on a h ressource très simple d'imprimer, sans interrnption, une série de secousses, incompatibles avec la conservation de pareils équilibrcs('). Tantôt un arbre à cames écarte la grille de sa position de repos, et l'abandonne, pour que son poids l'y ramène, en choquant un heur toir; tantôt ou se contente d'un mouvement plus doux d'cxccn' trique. Tantât, enfm, on emploie la grille Rriart (*j.

Dansées derniers appareils (fig. 767, 768, 769), il s'opère un brassage méthodique des matières. A l'origine, l'inventeur laissait fixe

la moitié des barreaux, ceux de rang pair, par exemple. Les barreaux impairs, réunis par des enfretoiscs mobiles, exécutaient, sous l'empire d'excentriques, un mouvement angulaire, en raison duquel on les voyait alternativement s'élever au dessus du plan de la giillè fixe, et se dérober au dessous. Les morceaux se trouvaient ainsi incessamment dérangés dans leurs équilibres factices. Depuis lors, on a remplacé les excentriques par des arbres coudés, qui

l'I ÀDessèges. In crible* refoiveDt, par miiiule, 150 oscillations de O', 12 d'amplitude; i Itlaniî, A Commeoti-v. 110 oscillalions de 0-,15.

(') Triage mécanique Uriai'l (Société det ancieiu élèmj de Vécoh du Hainaut *, ll[, 57).

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720 PRÉPARATION MÉGATilQUE DES MINERAIS.

donnent beaucoup moins de frottement (*). En outre, tous les barreaux, en restant associés suivant deux systèmes distincts, sont devenus mobiles dans des conditions identiques. De cette manière, une course moitié moindre pour chaque groupe permet d'obtenir le même écartement, et, de plus, les deux mouvements inverses s'équilibrent mutuellement. Enfin, iM. Briart, en collaboration avec M. Guinotte, vient d'apporter, à ses grilles, un perfectionnement très important, par l'introduction des entretoises variables (').

On a souvent besoin, dans les triages, de faire varier l'écartement des grilles suivant les demandes du commerce. Il faut alors, avec les cribles ordinaires, arrêter l'appareil, déboulonner les entretoises, et les remplacer par d'autres; ce qui est fort long et sujet à difficultés, car les barreaux peuvent se fausser, en rendant les ajustages difficiles. Avec le système .Guinotte et Briart (fig. 770), un arbre A entraine, à l'aide du prisonnier B, une série de manchons G, filetés alternativement à droite et à gauche. Ceux-ci engrènent avec des écrous D taraudés de la même manière, et solidaires avec les barreaux E. Si Ton tourne l'arbre D avec une clef, les barreaux consécutifs se rapprochent ou s'écartent deux à deux, en faisant varier l'ouverture, qui détermine le conditionnement des matières.

Notons encore, dans l'ordre d'idées qui nous occupe, le soin que l'on prend quelquefois de percer dans les tôles, non pas des trous cylindriques, mais des troncs de cône un peu évasés en dessous. De cette manière, les grains rencontrent des facilités de plus en plus grandes pour franchir l'épaisseur, et le moindre effort remet en liberté ceux qui se seraient coincés.

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f 30f — Dispositifs d'ensemble. — Les dispositifs d'ensemble se rattachent à deux types fondamentaux : les tamis et les Irommels.

Les tamisy ou cribles^ sont des surfaces planes, que l'on incline sur l'horizon pour faciliter la descente des matières, et que Ton étage les unes au-dessus des autres, de manière à obtenir des classements successifs en plusieurs sortes (fig. 772, 773). Mais cette combinaison peut être réglée suivant deux principes différents.

(') Haton de la Goupillière, Traité des mécanismes ^ 367.

Dans le premier mode, le loul-venant s'engage d'abord sur la Wle

qui présente les trous les plus fins, et ensuite sur celles qui ont

des orifices de plus en plus grands. La première soile qui traverse

sera donc la plus ténue, et le refus sera formé du mélange de toutes

Fig. 7T1. Crible fiie de Saial-Ë tienne.

les autres. Le second lamis sépare une nouvelle catégorie moins fiae que la première, et ainsi de suite. Le dernier crible donne une avant-dernière sorte, et son refus constitue la dernière, qui est la plus grosse.

On peut, inversement, commencer par la tAle aux plus grands Irons, et terminer par la plus fine. Alors, le premier refus est formé de la plus grosse sorte, et le mélange de toutes les autres tombe, a travers les trous, sur le second tamis. Les choses se passent ainsi successivement jusqu'au dernier crible, qui relient l'avant-dernière catégorie, et laisse enfin passer la moindre de toittes.

-m llÉrARATI N Mf A IJI E DL li\l\ IS.

h \ pi nd 0 1 tf t dble au précédent, alUndu

(|iii la I le qu ]i se te les t o le 1 1 s fns les plus délicats,

pai on equeni ne eço l alo q e le d u\ deinièi'es sortes, les

plu I gère fand |u dan la p t e o nbinaison, elle esl iuul le nt fdl g (^ [a ! jassa^ dit n nt et des plus gi»s

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i:i02 — l.i' /j''<»(Hie/-('/asseHr lie diffèi'e du Iruinuiel-débourbeur (il" l'iOlii (]ue par l'absence des poignards, et la réduelion, au >tii(t iièei'ssaijc. iiarl'ois même la suppression du lorrenl d'eau qui ('lail dcsliné à elleelucr le diSlayago de la lualièie pàleuse, actuelleiiit'iil éliminée. Sa supérinrilé sur les tamis consiste, ainsi qu'il a élé expliqué ci-iiessiis, à riineciiIrL'i', dans une petite longueur, un assez long parcours au rrmlncl de la surface lillranle, qui, pour

être effectué en ligne droite, exigerait des cribles d'un développement inadmissible.

Le séjour des matières risquerait même quelquefois de s'y prolonger au delà du nécessaire, en entravant l'activité de l'appareil, si, pour aider à l'effet de l'inclinaison longitudinale, l'on n'avait ■soin de disposer, à l'intérieur, une hélice en tôle, qui pousse progressivement la charge jusqu'à l'extrémité.

Le trommel est constitué par une série de zones, dont les parois sont formées de tôle à trous, de diamètres croissants ou décroissants, suivant l'un ou l'autre des deux modes qui viennent d'être déflnis à l'occasion des tamis. Le premier, malheureusement le plus défectueux, comme nous l'avons vu, conduit au dispositif le plus simple, puisque les sortes qui filtrent successivement avec des diamètres croissants sont définitives, et qu'il suffit de les recueillir sur des couloirs et dans des wagonnets distincts, tandis que les refus continuent leur chemin dans l'intérieur. Au contraire, avec le second principe, la matière qui sort constitue un mélange à (retraiter, et le fini reste à l'intérieur. Il faut donc, ou bien employer une série de trommels distincts, en nombre égal (sauf une unité) à celui des sortes (*), ou avoir des trommels concentriques, recevant le tout-venant par l'intérieur, et le conditionnant successivement à travers des trous croissant avec le rayon, ce qui rend difiiciles la visite et la réparation des tôles intérieures ; ou bien, enfin, recueillir la première sorte en la dégageant de l'appareil, et y réintégrer, au contraire, ce qui vient d'en sortir, au moyen de dispositifs assez compliqués, tels que le trommel Boudehen(*).

On a introduit, dans quelques ateliers allemands, un palliatif pour obvier à ces inconvénients. On commence par un trommel à double enveloppe. Sa tôle intérieure reçoit les plus gros morceaux, destinés au klaubage. Elle est forte, et bien en état de résister. La seconde retient les grenailles, et laisse passer les sables. Chacune

(*) A Silberau, près d^Ems, à Laurenburg, prés d'HoIzappel, on rencontre 7 trommels étages l'un au-dessus de l'autre.

(*) Bull, min,, 1", VI. — Rev. univ, d. m. et ti., septième année. — Habermann. Gegenwârtig gebraulichen Siebtrommeln und classiinings-Trommel Système [Berg- und BûUenmânniêcheê Jahrbuchj XXIX, 531).

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de ces deux catégories est alors dirigée vers deux séries de trommels simples, qui procèdent au classement en plusieurs grosseurs. Il est difficile de descendre ainsi au-dessous d'un millimètre, ou, tout au plus, d*un, demi-millimètre. Un semblable système peut passer de 30 à 55 tonnes par jour, avec 6 ou 8 mètres cubes d'eau par heure, une vitesse de 8 à 12 tours par minute, et une force de 1 ou 2 chevaux.

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