APPAREILS A SECOUSSES
1365 — fable à secousses. — Cet appareil (fig. 812, 813) est disposé à peu près comme la table dormante. Seulement l'aire de lavage proprement dite est distincte de son chevet; et, tandis que celui-ci reste fixe, la première est suspendue sur des chaînes, et peut s'éloigner de l'autre partie, par un mouvement de translation pendulaire. Un arbre à cames l'en écarte périodiquement ('). Lorsque la came l'abandonne, le solide, ainsi déplacé de sa position
(*) Dans le concentrateur Imlay, Ton imprime, à l'aide d'excentriques, les pulsations au nombre de 200 par minute {Revue indwtrieUe, novembre 1882, p. 479).
d'équilibre, s'en rapproche par l'action de la gravi lé, avec la lavée qui est en train de s'écouler à sa surface. Il vient choquer l'obstacle fixe, qui l'arrête brusquement, tandis qu'en raison du principe de l'inertie, les grains continuent leur mouvement par la force vive acquise, qui les fait remonter vers la tête de la table. Celle-ci, pendant ce temps, a rebondi en raison de son élasticité et de celle des heurtoirs, et ce mouvement inverse tend à augmenter encore
Fig. 812. Table à secousses (coupe verticale).
Flg. 813. Table à secousses (projection horizontale).
le déplacement relatif du minerai à sa surface. L'un et l'autre s'arrêtant encore, dans une position où ils ne sauraient se maintenir en équilibre, se remettent de nouveau en mouvement, et les mêmes circonstances se reproduisent, quoique sur une échelle réduite. On peut ainsi avoir théoriquement une suite de réflexions ; mais, ordinairement, les secousses sont imprimées à la table avec une telle fréquence, que cette série d'effets n'a pas le temps de se développer, avant la rencontre d'une nouvelle came.
On voît par là que le grain éprouve un mouvement descendant sous Taction de la pesanteur, incessamment contrarié par une influence inverse, qui le remonte, par saccades, vers le sommet. Cette action forme l'équivalent d'une sorte de râblage, très court, mais indéfiniment répété, qui prolonge le séjour du grain au contact de la surface frottante. Sous ce rapport, nous rencontrons jusqu'ici une grande analogie avec l'opération qui a été analysée ci-dessus (n° 1356) pour les tables fixes, et surtout pour les tables à toile sans fin (n« 1361). Cependant il existe, entre les deux modes d'action, ne différence profonde que nous allons faire ressortir.
1366 — Analysons, en effet, le mouvement que prend le grain, au moment où il se trouve lancé le long de la table, par l'arrêt subit qu'éprouve cette dernière. Si v désigne sa vitesse variable, la force totale de ce mouvement rectiligne sera, avec les notations
du n® 1304 : — -7;» et nous devrons l'égalera la somme algébrique
des forces agissantes. Celles-ci sont toutes retardatrices. C'est, en effet, d'abord le frottement, dont nous avons déjà (n* 1554) formulé la valeur — fal^(i — 1). C'est, en second lieu, la résistance du milieu liquide. Celui-ci ressent l'influence entraînante de la table d'une manière beaucoup moins dii^cte que le grain; il subit, en même temps, en sens contraire, de la part de la pesanteur, une tendance permanente à l'écoulement. Cette eau peut donc être considérée comme à peu près stagnante, et la vitesse que possède le grain par rapport à elle, y diffère peu de la vitesse absolue v. Nous avons d'autant moins d'intérêt à préciser davantage, que nous allons voir, dans un instant, disparaître ce terme. La résistance s'exprimera donc (n** 1.304) par — fc/*t;', et Ton pourra poser l'équation différentielle :
aPi dv - „/• ,x t.. .
g dt que nous mettrons sous la forme suivante :
dv r ^—^ h ^^
dv Or, bien que -j- ait une valeur notable, il n'en est pas de même
de Vy et a fortiori de v*. Le maximum de la vitesse du grain est, en effet, sa valeur initiale, qui est, en même temps, la vitesse finale du mouvement pendulaire ; et celui-ci s'exerce sur une amplitude restreinte, le long d'un arc peu éloigné du point le plus bas du cercle. La projection verticale de cet arc, qui est proportionnelle à V*, reste par conséquent très faible. Nous pourrons donc, avec une approximation bien permise ici, supprimer ce terme, et réduire ainsi l'équation :
di '-^ ^
Cette formule est toute semblable à celle (nM314) qui caractérise, par une approximation analogue, les premiers instants du criblage à la cuve. Elle conduit donc à la môme conclusion, à savoir que la table à secousses classe directement par densité, et non plus par équivalence, comme les organes précédents.
Il est toutefois très essentiel de faire, à cet égard, une réserve relative au calibre de la sorte que l'on traite sur cet appareil. S'il s'agissait, en effet, de matières suffisamment fines, le terme négligé, qui renferme / en dénominateur, serait susceptible de grandir indéfiniment, et l'approximation précédente ne serait plus permise; nous en rencontrerons bientôt un exemple.
1367 — Le jeu de la table à secousses dépend de bien des éléments différents. On appelle tension de la table l'inclinaison des chaînes de suspension, qui dépend de la manière dont sont disposés les points d'attache. Cette tension influence le mouvement pendulaire, et, par suite, la vitesse initiale du grain. On l'augmente quand la grosseur de ce dernier diminue.
Le nombre de coups est une donnée des plus essentielles. Il varie de 25 à 100 par minute. On a également tendance à l'augmenter pour les matières les plus fines.
La dureté du choc dépend de l'élasticité que l'on donne aux par-
-Vf.'" iS"' ^ ■ -