DÉPENSES
Valeur des matières (B) 815 792,45
Le prix de revient, en main-d'œuvre et fournitures, ressort à 1 fr. 15, Les produits se répartissent ainsi :
C) 0 fr. 08 par tonne de lavé.
ri
ifi-
Au
'•Il . .
PRËPARATION MËGANIQUE DES MINERAIS.
PRODUITS
TONNAGE
PRIX
DE nKYIERT
YAUUR
PROPORTIO.^
Menus lavés (1" qualité) . .
Produits film . . .
Schisles
kilogr.
francs
francs
centièmes
Limons des bacs
Produits atéi-itcs. .
A dédvire : fermage des limons
Total égal (B) . . .
4" Lavage des grelassoivs bruts au lavoir marsaut. — Les dépenses s'établissent comme il suit :
fr. c.
Laveurs i 100,60
Service de l'ascenseur 1 826,50
Transport des schistes et des limons. . i 484,75
Surveillants 848,40
Main-d'œuvre 5 260,25 5260,25
Fournitures , machine 349,10
Eau de lavage 1 197,20
Atelier de réparation» 486,60
Un quart des frais d'ensemble 5 840,45
Dépenses 11155,60
Valeur DES MATIÈRES (A). . . . 205 626,20
Le prix de revient, en main-d'œuvre et fournitures, ressorte 0 fr. 72. Les produits se répartissent delà manière suivante. Le prix d'ordre
■Tr
de 6 francs, porté pour les limons utilisables, est une valeur relative, établie par appréciation.
PRODUITS
TONNAGE
PRIX
DE RETIEKT
VALEUR
PROPORTKM*
TENEUR
EN CENARKS
Grelassons laTés . .
Limons utilisables .
Produits stériles. .
Total égal (A). .
kilogr.
francs 14,888 6,000
francs 211911,45 4 848,35
Il importe de noter que le prix de Ions, menus lavés, grelassons lavés, des ateliers, ni frais généraux. La culée au dixième pour le roulement tonne de produits finis. Quant aux des questions d'appréciation, qui ne pour mémoire.
revient des produits finis, grène comprend ni amortissement dépense d'amortissement, calde 1883, serait de Ofr. 24 par frais généraux, ils comportent permettent de les citer ici que
1387 — Mines de lignite des Bouches-du-Bhdnei^). — I. Triage hécAinQUE DE GARDANNE. — Ou a établi, au siège de Gardanne, un appareil de classement automatique sans lavage, qui traite en 10 heures, avec une force de 4 chevaux, 300 tonnes de lignite, et pourrait, au besoin, en passer 500. Les wagonnets sont versés sur une trémie sans fond, aboutissant à trois grilles à secousses, étagées l'une audessus de l'autre, et donnant quatre grosseurs, dans les conditions suivantes.
1"" Les mottes ou roches^ retenues sur la grille de 40 à 50 millimètres, et triées sur un couloir incliné de 0,38. Les rebuts sont jetés dans quatre entonnoirs adjacents, fermés par des vannes à contrepoids, qui chargent automatiquement de petits wagonnets. Quant au charbon, il passe encore sur une grille fixe, et, de là, il
(') Renseignements dus à l'obligeance de H. BiTer.
«h2 PRÉPARATION MÉCANIQUE DES MINERAIS.
traverse un bec immobile, et un avant-bec à charnière, manœuvré par un treuil, pour le chargement des wagons P.-L.-M. On peut également le livrer au charretage, en enlevant une portion du couloir de triage. Ce qui passe sur celte grille d'expurgation est repris et chargé à la main, sur charrettes ou sur wagons.
2"* Les ^ro^^re/astfon^, refusés par la seconde grille, sont conduits, par un couloir qui participe au même mouvement, à une toile sans lin, mue par 2 tambours placés à 10 mètres de distance Tun de Tautre. Cette toile les déverse, soit directement, dans l'entonnoir de chargement des wagons ; soit dans celui des charrettes ; soit enfin dans un couloir d'emmagasinage, pouvant renfermer 12 tonnes. Ces organes de chargement sont précédés d'une grille fixe, pour réaliser une dernière expurgation. Le couloir-magasin est muni d'un avant-bec mobile, actionné par un treuil.
3"" Les petits grelassonSf fournis par la troisième grille, suivent une marche semblable ; mais ils aboutissent seulement à un couloir-magasin de 10 tonnes, attendu que cette production est faible et irrégulière.
i"" Un couloir placé sous la dernière grille reçoit la terre fine, qui a traversé tout l'ensemble. Il est entraîné par l'appareil à secousses, et conduit à une troisième toile sans fin, qui aboutit elle-même à un triple système de chargement, semblable à celui des gros grelassons.
On a réalisé, dans cet atelier^ une particularité intéressante, en supportant les trois grilles et le couloir à l'aide d'une cage, qui repose sur des rails, par l'intermédiaire de huit roues. Le mouvement d'oscillation horizontale est transmis à cette cage par quatre bielles, symétriquement placées, pour qu'elle ne puisse sortir de son aplomb. De cette manière, l'ébranlement n'est communiqué qu'aux supports de l'arbre de transmission.
' ' ■ ' IL Triage et lavage de Castellame-Léohie. — Âù siège Castellane,
le triage s'accompagne d'un lavage, et, en outre, d'une particularité Ir^s caractéristique : le débourbage à vapeur, avec un certain degré de broyage. Grilles. — le chargement .se fait directement jdao.s 1(?& wag^^s
P.-L.-M- à l'aide de grilles fixes, à savoir: 1** Six grilles à charbon^ donnant des mottes. Elles sont inclinées de 18 degrés, avec 25 à 30 millimètres d'écartement. Au pied, se trouve un tablier à charnière, qui se relève pour fermer la grille, ou s'abaisse en forme de couloir de triage et de chargement. Pour chaque grille, une trémie reçoit les menus, ou terres grosses ; 2° Cinq grilles à terre, qui reliennenile grelasson. Elles sont inclinées de 30 degrés, avec espacement de 5 à 10 millimètres. Elles chargent directement dans les wagons. Sous chacune d'elles, une trémie reçoit les terres fines; 3<» Deux couloirs, qui présentent une pente de 30 degrés, sont destinés à charger directement, soit de la terre fine ou criblée, soit tous les autres produits secs ; 4° Dn couloir encore plus incliné, avec trémie et soupape, sert au chargement direct des menus lavés.
Broyeurs. — Le broyage est destiné à produire, au besoin, des grelassons et des menus. On y emploie deux paires superposées de cylindres, munies de dents amovibles en acier, qui ont été employées pour la première fois dans ces ateliers. Des cribles à secousses, placés au-dessous, séparent les grelassons des menus. Les premiers glissent directement dans les wagons P.-L.-M. Les seconds sont recueillis dans des trémies.
Élévateurs. — Une voie de mine dessert les soupapes de toutes les trémies. Elle aboutit à divers appareils de relevage, à savoir : 1" Deux monte-charges à vis. Ils sont formés de cages équilibrées par l'intermédiaire de chaînes de suspension, et mues par une vis sans fin. Le rendement de cet organe n'est pas très favorable, mais le total du travail sur lequel il porte est, par lui-même, peu important. De plus, on y trouve celle facilité que, la vis ne pouvant rétrograder seule par l'influence du poids, on n'a besoin ni de clichages ni de frein, ce qui simplifie les manœuvres ; 2"* Un montecharge hydraulique ordinaire ; 3** Une grande rampe, pour remonter les déchets sur le plateau. On les y entasse par couches successives de 5 mètres d'épaisseur, en prolongeant successivement le plan incliné, et reportant de plus en plus haut son mécanisme.
Malaxage. — Le combustible est mélangé de feuillets argileux, que ' les procédés ordinaires de lavage seraient impuissants à en séparer. On fait donc passer les menus à un malaxeur à vapeur, semblable
854 PRÉPARATION MÉCANIQUE DES MINERiAIS.
à ceux que Ton emploie pour former la pâte des agglomérés. II a pour effet d'hydrater, et de déliter rapidement ces matières. L'argile passe en grande partie dans les mourres, et le reste s'en va en émulsion, dans l'eau de surverse des lavoirs. Cette émulsion tendant à recouvrir, d'une pellicule argileuse, les menus lavés, on a établi, au-dessus de leur chaîne de relevage, trois tuyaux d'arrosage, pour les rincer sous une pluie abondante.
Lavage. — Les terres fines remontées par des élévateur, sont versées dans une vaste trémie d'emmagasinage, au pied de laquelle un rouleau les distribue, sous forme de ruban, sur un petit crible à secousses, afin de les débarrasser des poussières qui embourberaient le lavoir. Ces matières sont directement livrées à la vente, ou rebutées, suivant les cas. Le refus tombe dans une fosse, où le puise une chaîne à godets, qui le relève au niveau des lavoirs.
Ceux-ci sont du type Revollier. On y a cependant remplacé la chaîne à godets des schistes, par une vanne de purge, automatique, mais intermittente. Les mourres subissent de môme une chasse, une fois par poste, à l'aide d'une vanne, qui les évacue dans une rigole d'entraînement.
Conditionnement. — On obtient, au moyen de ce traitement, les sortes suivantes : l'* Mottes ou roches: charbon pur et résistant, resté sur les grilles à charbon ; 2° Grelassons : refus des grilles à terre, débarrassé des impuretés; 5° Friable trié: charbon en mottes tendre; 4° Terre grasse ^ ou terre non criblée : tout ce qui passe à travers la grille à charbon, c'est-à-dire un mélange de grelassons et de terres fines ; 5° Friable tout-venant : charbon tendre, tel qu'il sort de la mine, c'est-à-dire mélange de mottes, de grêles et de terre; 6"* Terre fine, ou terre criblée : tout ce qui passe sous la grille à terre; V Restoubles: combustible nerveux, composé de lamelles de charbon, d'argile, schiste ou calcaire, employé pour la cuisson de la chaux; 8° Poussiers: tout ce qui passe sur le crible à secousses des terres fines destinées aux lavoirs; 9* Schistes de lavage; 10° Boues de lavage; 11* Croûtes: charbon noueux très impur, employé par quelques chaufourniers, à peu de distance des mines.
Cette installation traite, en 10 heures, 800 tonnes; mais elle permettrait, au besoin, de faire beaucoup plus. L'indépendance
ORGANISATION D'UH ATELIER, de ses divers éléments lui donne une sorte d'élasticité, indispensable en raison des variations fréquentes, qui se produisent dans la nature du tout-venant, lorsque l'on se voit subitement obligé, dans la mine, de reporter les ouvriers d'un point sur un autre, en raison des invasions d'eau produites par les mouillures.
t388 — Mines d'anthracite de Pennsylvanie (*)■ — Ce combustible, de très bonne nature, dilTère complètement de nos houilles, par la diflîculté que l'on tîprouve à effectuer sa combustion, si le rapport de sa surface d'incandescence à !a masse froide intérieure excède certaines limites. En un mot, il réclame le broyage du gros, tandis que l'on s'attache autant que possible, -
{') Sauvage {Annale; 7*, yil,^l]. — Ua\ét\em[ltap.
port de miuioK aux Élatt- Uni*].— Éngineerintj , SS (i- «ri«ret 11 atril 1S84.
dans les houillères, à favoriser la production de celte sorte. En même temps, un classement par volume est indispensable, pour que les morceaux soient à peu près d'égale grosseur, et que les petits ne viennent pas boucher les interstices des gros.
Le breaker est une immense charpente (fig. 83!) au sommet de laquelle se rend le combustible, soit directement, sous Tempire de la machine d'extraction, soit, quand la hauteur devient trop grande, à l'aide d'un monte-charge spécial. A partir de ce sommet, il redescend par son propre poids, en traversant automatiquement toute la série des appareils.
Ceux-ci consistent en une succession, plus ou moins complexe, de cylindres dentelés (fig. 754) pour le broyage, de grilles et de trommels à eau pour le classement, et de glissières de klaubage pour le triage des pierres. On y joint un lavage sommaire, au crible Plumb. La dureté spéciale de ce genre de combustible lui permet de supporter d'aussi longs frottements. On obtient les sortes suivantes:
Lump coal (gros morceaux), refus de. . . . i02 millimètres.
Steaniboat coal (charbon de bateau à vapeur) . 76
Broken coal (charbon cassé) 70 ou 65
Egg coal (charbon en œufs) 51
Large stove coal (gros charbon de poêle) . . 45
Small stove coal (petit charbon de poêle) . . 52 ou 28 ou 25
Chesnut coal (charbon en châtaignes). ... 19 ou 16
Pea coal (charbon en pois) 15
Buckweat coal (charbon en grains de sarrasin) . 9,5
Ce dernier ne se vend pas. 11 est brûlé par les mines pour leurs chaudières. Quant à la poussière, elle est inutilisable, car elle boucherait les passages de Tair dans les foyers, et, d'un autre côté, elle ne se prête pas à la fabrication du coke.
Les fraits directs de préparation sont de [1 fr. 386, indépendamment de la portion afférente dans les frais généraux (').
(^) Le détail en a été présenté ci-dessus (tome I, p. 503). En le réduisant de la loDoe de 1016 kilogi*ammes à la tonne métrique, il n'est plus que de 1 fr. 564.
ORGANISATION DTN ATELIER. 857
§5 EXEHPIiES — HATIÈBES PIEBBEUSES
1389 — Diamants de l'Afrique australe f ). — Cette forme du carbone, si différente des précédentes au point de vue minéralogique, ne Test pas moins sous le rapport économique, puisque au lieu d'une matière de peu de valeur, dénuée de gangue, et traitée en grandes masses, on se trouve en présence d'une substance dont les moindres parcelles méritent, par leur grand prix, d'être patiemment recherchées, au milieu d'une quantité considérable de matériaux stériles.
Les minerais serpentineux extraits, comme nous l'avons vu cidessus ('), du fond de la fosse, étaient, dans l'origine, brisés à coups de maillet. On s'est aperçu plus tard qu'une simple exposition à l'air suffisait pour produire la désagrégation, en évitant cette coûteuse opération. La superficie affectée à cette préparation porte le nom de floor ; et la difficulté de se la procurer n'est pas une des moindres que rencontre cette bizarre exploitation. Certains floors se trouvent à près de 2 kilomèlres de l'excavation, avec laquelle ils ne communiquent que par des routes fort mal entretenues.
La matière recueillie sur le floor, doit être transformée en une boue suffisamment liquide, pour que le classement puisse s'y opérer, en raison de la densité prépondérante 3,50 du diamant, qui lui fait gagner le fond. Le mélange avec l'eau s'opère dans un bac en bois, où les nègres agitent les terres avec des râteaux. La bouc tombe de là dans un débourbeur annulaire, que parcourent circulairement d'autres râteaux, mus à force de bras, à l'aide de manivelles et de roues dentées. Le trop plein s'échappe par une échancrure. On lave les pierres à grande eau, et elles sont triées minutieusement.
Ces installations primitives commencent à se transformer. Le minerai arrive maintenant du floor, dans des bennes en tôle, sur une
(>) Maurice Chaper. La région diamantifère de l'Afrique australe, 1880. Paris, 90. •) Tome I, p. 624.
858 PRÉPARATION MÉCÂiMQUE DES BIINERAIS.
voie ferrée volante. Les chariots sont élevés par un monte-charge, et déversés dans une trémie, dont le débit est surveillé par un homme. La matière sèche tombe dans un trommel de 0",0200 de maille; 2°, 50 de longueur; 0,10 de pente. Un caniveau en zinc, percé de trous, y distribue une pluie abondante. Les cailloux lavés qui sortent par l'extrémité, sont triés par un ouvrier de race blanphe, et portés par des nègres sur les places de dépôt. Les matières qui ont traversé le treillis sont conduites, au moyen d'un canal ouvert, à un débourbeur annulaire analogue au précédent. La boue légère qui s'en échappe en déversoir, tombe dans un nouveau trommel de 0",0125 de maille; 1",80 de long; 0,08 de pente. Les matières ténues qui le traversent sont repassées au débourbeur, avec addition d'eau, pour éviter l'épaississement. A la fin de la journée, on arrête l'appareil, et l'on fait écouler la plus grande partie des matières, en ne laissant au fond qu'une couche riche. On remet alors en mouvement avec de l'eau claire, et l'on dirige ce résidu dans un troisième trommel de O^jOOOS de maille; 2", 30 de long; 0,02 de pente; lequel est environné d'une enveloppe concentrique de 0™,0065 seulement. Ce système tourne à raison de 6 tours par minute. Les deux cylindres sont fermes et cadenassés. Lorsque le lavage est jugé suffisant, on en retire des sables n" 1 et n°2, indépendamment des schlamms qui ont traversé les deux enveloppes. Ces derniers sont jetés sur un tamis métallique de 0"»,0035 dont les secousses partagent ce résidu en deux grosseurs n**" 3 et 4.
Le triage des sables classés est environné de grandes précautions, et s'effectue, en présence de l'un des propriétaires du claim, sur des tables de zinc, où l'on étale les matières, avec une raclette en tôle. Les diamants les plus petits se détachent d'une manière assez nette pour attirer l'attention. Mais, en dépit du contrôle le plus attentif, une grande quantité de ces pierres disparaissent par fraude, dans le cours de cette manipulation. Elles rentrent ensuite dans le commerce, par des voies détournées, malgré les complications dont la réglementation administrative a entouré la vente des diamants.
Cette manutention est singulièrement gênée par la rareté de l'eau dans la région diamantifère. On se procure ce liquide par le forage de nombreux puits, sur lesquels sont installées des pompes à bras.
On a soin d'ailleurs de relever, pour les faire servir de nouveau* toutes les eaux qu'il est possible de recueillir, et de clarifier suffisamment. Un de ces puits suffit à peine, pour traiter, par jour, une vingtaine de tonnes de minerai. En temps de sécheresse, le liquide se vend jusqu'à 2 et 3 francs Thectolitre.
1390 — Blanc deMeudon (*). — Le blanc de Meudon, improprement appelé blanc d'Espagne, est tiré de certains bancs de la craie. La matière doit être ti'ès blanche, onctueuse, friable, et sans viscosité. Il est nécessaire que les recouvrements à enlever par l'exploitation à ciel ouvert soient peu importants, en raison de la faible valeur de cette substance, et du danger de la voir salir par les couches supérieures. On ne doit d'ailleurs attaquer que des bancs d'une assez grande épaisseur, afin d'obtenir une grande constance du produit. Le rendement en blanc est d'environ 85 7o-
Un premier triage, effectué dans la carrière même, sépare les rognons de silex. Les opérations ultérieures sont destinées à enlever le sable siliceux, et des parties de calcaire dur finement disséminées. La craie passe entre des cylindres cannelés, qui l'amènent à la grosseur ordinaire du macadam. Une vis, de 25 mètres de longueur, distribue ces fragments à une série de cuves pleines d'eau, à travers des ouvertures convenablement calibrées pour que tous les débits soient égaux. Ces dëlayeurs sont traversés, suivant leur longueur, par des arbres qui portent des dents en fer disposées en hélice. La craie, rapidement saturée d'eau, se trouve ainsi désagrégée. Les sables siliceux et calcaires tombent au fond du réservoir. Un courant continu entraîne le blanc en suspension. Cette manutention exige une quantité d'eau considérable.
A la sortie de ces barbotcurs, le liquide est admis dans un décanteur, pour y déposer le sable d'une extrême ténuité, dont il est encore chargé. Une série de rigoles, ménagées entre des bajoyers en maçonnerie, sont munies de hausses variables, pour régler les dépôts. Ces sables, recueillis à part, sont réservés pour certaines
(') Renseignements dus à l'obligeance de BI. Hinstin.
La Société de l'Industrie prépare le blanc de Meudon à la manufacture du Bas-Veudon, et le blanc deTroyes à l'usine des blancs minéraux de Vaudepart (Yilleloup, Aube).
applications industrielles. L'eau se rend du décanteiir» pai* des con* duits en bois, dans deux jeux de réservoirs. Un petit bassin reçoit les blancs les plus denses, la clarification s'achevant sur une seconde aire plus vaste, où se déposent des blancs absolument purs et d*uiic grande finesse. Pour que les dépôts deviennent de plus en plus compactes, on y introduit de grandes perches, que Ton relève successivement; ce qui facilite la remontée de l'eau à la surface. Des portes, munies de trous et de bouchons, servent à évacuer le liquide clarifié, après quoi, Ton admet une nouvelle lame d*eau blanche, jusqu'à ce que la couche atteigne un mètre d'épaisseur.
On laisse alors la matière se sécher, afin de réduii'e le temps et la quantité de combustible nécessaires à la dessiccation artiûcielle. Pour en effectuer le relevage, on ménage, dans les planchers, des trappes dont chacune dessert un carré de 5 mètres de côté. Un élévateur à ruban métallique vient desservir chacune d'elles, au moyen d'un chemin de fer aérien établi au plafond. La pâte, ainsi relevée, est chargée dans des wagonnets, et conduite aux séchoii's.
On emploie des séchoirs à Vair^ ouverts à tous les vents (*); et aussi des séchoirs à vapeur y formés de tables creuses, dans l'intérieur desquelles circule la vapeur d'échappement du moteur. Cette dessiccation approximative est complétée dans un séchoir à air chaud, alimenté par la chaleur perdue de la chaudière, à l'aide d'un ventilateur. On emploie également des séchoirs à feuy formés de dalles réfractaires, échauffées par des foyers spéciaux. Le service de ces appareils est effectué par des wagonnets, qui sont chargés de clayettes garnies de blanc. Ils circulent dans ces enceintes, sur des voies ferrées.
Les produits ainsi séchés tombent dans les poches d'un ensachoir, conduisant à des sacs posés sur une bascule. Lorsque celleci indique le poids de 50 kilogrammes, le sac est remplacé. Une partie de la consommation est livrée sous la forme de pains, moulés grossièrement à la main.
Le prix de revient, en supposant une fabrication annuelle de 5000 tonnes, peut s'établir de la manière suivante, par tonne de blanc :
(') Après avoir condensé la matière au moyen d'un filtre-presse.
Francs.
Extraction 5,00
Lavage i,50
Séchage (moyenne) 5,00
Manutention, ensachage i,50
Emballage, sacs 1,00
F mis directs 12,00 12,00
Entretien, personnel 3,50
Intérêt du capital 5,00
Amortissement 5,00
Découverture 2,00
Transport à Paris (moyenne) 5,00
Frais indirects 16,50 16,50
Total 28,50
Les blancs en pain exigent 6 francs de plus pour le moulage, mais on économise 2 francs sur le séchage. Le prix de la tonne se trouve ainsi relevé à 32 fr. 50. Les prix de vente ne laissent qu'une faible marge au bénéfice.
1891 — Phosphates de chaux de la Meuse (^). — Le terrain crétacé de la Meuse présente les nodules de phosphate de chaux à trois étages différents : les sables verts, le gault, et la gaize. La plupart des exploitations sont situées dans les sables verts« qui présentent notamment une couche régulière de 5 à 25 centimètres de puissance. Ces nodules sont connus dans la contrée sous le nom de coquins. Ils présentent Taspect de rognons arrondis, lisses ou mamelonnés, grisâtres, ou d'un brun verdâtre, variant de la grosseur du poing à celle d'une noix. Le plus souvent, ils sont isolés dans le sable, quelquefois soudés en forme de conglomérat plus ou moins solide. La
(?) Nivoit. Notice sur le gisement et. Texploitation des phosphates de chaux fossiles dans le département de la Meuse. Bar-le-Duc, -1874, p. 31. -« fiarral. Prép. méc. des phosphates de. I» Meu^(6ii//, 5oc.(f^.« 3;, lU; 319).
fei*^'
fe:
d^Bsilé varie de 1 ,80 à 2,90. La matière est poreuse, et peut absorber près de 5 */• d*eau, quand elle est en fragments, et beaucoup plus encore, lorsqu*on Fa réduite en poudre fine. Sa dureté est variable, mais toujours supérieure à eelle du calcaire. La friabilité augmente avec la durée de l'exposition à Fair. Les rognons sont formés de phosphate et de carbonate do chaux, de sable vert, d*argile, de minerai de fer, et d'une substance organique azotée. La teneur en acide phosphorique varie de 4 à 24 7oï ce qui correspond environ à 9 ou 50 7o ^^ phosphate tribasique. L'exploitation se fait tantôt à ciel ouvert, tantôt par travaux souterrains.
Les nodules sont extraits avec une grande quantité de sable plus ou moins argileux. Pour les en séparer, on les jette d'abord sur une grille de 8 à 12 millimètres. On les débarrasse ainsi d'une partie notable de la terre, en perdant, à la vérité, les plus petits grains de phosphate. Ce déchet est moindre avec les treillis en fil de fer, qu'avec les claies à barreaux.
Ce nettoyage est complété par un lavage, exécuté avec soin dans une caisse en bois de 2 mètres de longueur sur 1 mètre de large et 0",80 de hauteur. Aux deux tiers de la profondeur, est établie une grille de 2 millimètres, sur laquelle sont jetées les matières, que l'on gâche incessamment avec des crocs recourbés. Quand l'eau est devenue épaisse, on la laisse écouler, et l'on recommence ainsi jusqu'à ce que le liquide reste clair. Deux ouvriers peuvent préparer, dans leur journée, un à deux mètres cubes de phosphorites, provenant d'un volume double ou triple de tout-venant.
Cette opération a pour résultat de combler le lit des rivières, d'empêcher le frai du poisson, et d'envaser les prairies dans les débordements. L'administration interdit ordinairement le lavage, du 15 avril au 15 octobre, et impose aux exploitants l'obligation d'épurer les eaux dans de vastes bassins, avant de les rendre à leur cours naturel. Lorsqu^on le peut, on profite des dépressions marécageuses qui bordent les cours d'eau, de manière à en relever le fond à l'aide de ces dépôts. Nous avons indiqué également (n^ 1297) le procédé Baye, destiné à écarter ces inconvénients.
Quand le lavage devient impraticable, on le remplace en insistant suffisamment sur le criblage. Cette opération porte le nom de
ORGATilSATION D'UN ATELIER. S65
fanagBy et consiste à passer plusieurs fois les matières à la claie, en laissant, entre deux opérations, les matières se déliter à Tair, pour obtenir la désagrégation des sables argileux. Mais il reste toujours, avec cette méthode, une proportion de 10 à 15 7© ^e matières étrangères mélangée à la substance utile.
Sur certains points, les phosphates se trouvent en bancs continus, pour lesquels échouent les divers procédés que nous venons de décrire. On a essayé, pour ce cas, le bocardage, mais il détermine de trop grandes pertes. On a tenté, sans plus de succès, la calcination. On se contente maintenant d*un scheidage au marteau, en fragments de 10 à 15 centimètres, qui sont triés à la main, et- envoyés en cet état aux usines.
Dans ces établissements, les nodules sont préalablement soumis à l'action de cylindres hérissés de dents, qui les réduisent à la grosseur d'une noix. On les passe ensuite entre des meules de 1",60 de diamètre, faisant 100 ou 110 tours par minute. Quelquefois même, on emploie plusieurs paires de meules, pour ramener la matière à des degrés successifs de ténuité. On aménage souvent, dans ce but, ceux des moulins à farine de la contrée qui ont le moins de clientèle. Cette pulvérisation use très vite les meules. Il faut les rhabiller toutes les semaines, et même plus fréquemment encore. En une seule campagne, une meule tournante est assez fatiguée pour devoir être transformée en meule gisante. On peut produire ainsi, dans les 24 heures, une moyenne de 75 sacs de 100 kilogrammes, avec une force de 12 à 15 chevaux. Une poussière très fine, représentant une perte de 2 7o» se dégage pendant le broyage, et quelques usines ont cherché à la recueillir. La pulvérisation occasionne des frais de 0 fr. 50 à 0 fr. 70 par quintal, auxquels s'ajoute une dépense de 0 fr. 55 pour la valeur du sac.
Nous indiquerons, en terminant, deux exemples de prix de revient ('), dont le premier est relatif à un mètre cube de nodules des sables verts, pesant 1500 kilogrammes, et le second à un mètre cube de 1600 kilogrammes, provenant de la gaize :
(>] Non compris la ?aleur des sacs.
fr. c. fr. c.
Indemnité de terrain 4,00 10,00
Extraction 15,75 51,00
Transport au lavoir et au moulin .... 4,00 4,00
Lavage 2,50 5,00
Pulvérisation et ensachage 9,00 10,40
Expédition 1,75 2,50
Frais généraux 5,00 5,00
Ensemble 42,00 67,90
Total par tonne. . . . 28,00 42,45
f 39!S — Kaolins des Colettes ('). — Les exploitations de kaolin de la forêt domaniale des Colçttes sont situées près de Gannat (Allier), à 5 kilomètres de la station de Louroux. Le terrain est formé d'une sorte de pegmalite, composée de quartz en grains moyens, hyalins, quelquefois un peu enfumés ; de feldspath albite ou orthose suivant certaines directions ; de mica abondant, blanc argentin, ou parfois d'un brun roux, avec des traces de cassitérite et d'oxyde de manganèse.
Le sol est mamelonné; le granité des sommets est resté intact; celui des parties inférieures, qui a subi plus longuement l'action des eaux, se trouve altéré à des degrés divers. La potasse a disparu progressivement, et le feldspath s'est, par cette élimination, réduit au silicate d'alumine. Cette disposition topographique est d'ailleurs avantageuse, car elle a pour résultat de concentrer les exploitations dans les parties où l'eau, qui lui est absolument indispensable, se rencontre avec le plus d'abondance. On a soin, du reste, delà recueilKr après les lavages, de manière à la faire servir de nouveau. On la relève môme, au besoin, avec des machines à vapeur. En revanche, cette situation dans les parties basses tend à augmenter l'épaisseur des recouvrements, qui s'y sont accumulés sous l'in-
(') Renseignements dus & l'obligeance de MH. Uinstin et Tarpaîn.
Kaolins du bois des Colettes. Daubrée. Comptes tendu» de V Académie des science»^ LXVni, 1135. — Boulanger. Statistique de V Allier, p. 63. ~ Daubrée. Études synihé-^ tiques de géologie expérimentale, 66.
fluence de la gravité, par la dégradation des déclivités avoisinantes. Après leur dépècement, on attaque les strates kaolinifères, en gi'ands gradins, dont la hauteur est coordonnée avec celles des divers bancs du gisement. Ces matières cèdent facilement à la pioche, tout en gardant une grande consistance sous des inclinaisons presque verticales.
On facilite Tabatage par Faction d'une chute d'eau, tombant, de la hauteur du sol, dans le fond de la tranchée. Des bâches mobiles permettent de faire arriver le liquide sur le point voulu. Cette eau s'écoule, avec les matières désagrégées, dans des rigoles à pente rapide, où un homme les agite à l'aide d'un râteau. Les gros sables de quartz et de feldspath se déposent, ainsi que les micas les plus importants. Le courant entraine le kaolin avec le mica le plus fin. Après ce débourbage, on vide, à la pelle, les rigoles encombrées, et l'on rejette les sables dans des wagonnets. Un chantier de ce genre porte le nom de lavage.
Les eaux des différents lavages d'une même tranchée se rendent dans un puisard unique, d'où elles sont relevées, au besoin, par des pompes à vapeur, jusqu'aux établissements. Le liquide, chargé d'environ 3 ^/^ de kaolin et de mica fin, arrive à un décanteur, qui comprend, en premier lieu, un labyrinthe, destiné à briser la vitesse acquise du courant ; et, à la suite, des rigoles étagées, de 5 mètres environ de longueur, formant un total de 30 à 40 mètres, suivant la nature des matières. Chacun de ces gradins est séparé du suivant par une vanne à hauteur variable, qui a pour but de retenir les micas. Ceux-ci se déposent sur le fond, tandis que l'ouvrier agite légèrement la partie supérieure du dépôt. L'eau kaolineuse se rend dans de grands bassins de dépôt, appelés pitSy comme sur les exploitations similaires du Cornwall. Les revêtements sont construits en pierre et en mousse, sans mortier, afin d'éviter la réaction de la chaux sur le silicate d'alumine. On pilonne, entre deux parois, du sable quartzeux, qui devient très dur. L*eau clarifiée est perdue, ou fait retour aux lavages, suivant les conditions topographiques et sa plus ou moins grande abondance.
Dans le pit, le kaolin prend une consistance épaisse, et arrive à ne renfermer que 40 7o d'eau. On vide ce bassin, à l'aide d'une
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bonde, dans de nouveaux réservoirs qui alimentent les séchoirs à feu, où la matière est amenée au degré de siccité convenable pour le commerce. On emploie également des séchoirs à air, qui suffisent en été, après passage sur des sables filtrants. On obtient ainsi un produit de première qualité, nettement débandasse du mica.
Une catégorie inférieure provient des dépôts recueillis dans le fond des rigoles du décanteur,où le mica a retenu une grande quantité de kaolin, que Ton n'a pas cherché à en dégager, de peur d'entraîner des lamelles micacées. On reprend ces matières à part, en les évacuant dans de nouvelles rigoles. Elles y sont lavées à grande eau, et ce courant abondant va ensuite se clarifier dans un décanteur semblable au précédent, d'où Ton retire un kaolin n'* 2, renfermant une petite proportion de mica très fin.
Un produit de troisième ordre est encore retiré du lavage des micas du second décanteur. Quant aux dépôts de ce troisième réseau, ils sont formés de mica à peu près pur, et rejetés.
On obtient, en dernière analvse, des kaolins blancs n"* 1 et 2 de la Grande-Tranchée, des Bassins, du Pont, du Puits Juilliat, et de la Fonds-Moulin; des kaolins roses n!"* 1 et 2 de la tranchée du Bosc, et de la Grande-Tranchée; des kaolins jaune* n*** 1 et 2 des Bassins et du Pont ; un kaolin n" 3 de toutes les tranchées réunies ; et enfin un rebut, formé des micas des établissements, et des sables des lavages. Ce conditionnement détaillé permet l'appropriation précise des matières à des industries très variées.
La Compagnie de l'Industrie produit de 20000 à 25000 tonnes par an. Une tonne de kaolin exige l'abatage, la séparation et l'enlèvement de 5 mètres cubes environ, ou 6 tonnes de roche, el l'écoulement de 35 mètres cubes d'eau. La grandeur de ces chiffres indique assez jusqu'à quel point une étude minutieuse des dispositifs d'ensemble et des détails pratiques de la manipulation, s'impose à l'attention de l'exploitant.
Pour établir le prix de revient, nous prendrons comme exemple une tranchée capable de fournir journellement 10 tonnes de kaolin. L'abatage des 30 mètres cubes de roche correspondants, et les opérations subséquentes, emploieront en moyenne:
ORGANISATION DTN ATELIER. 867
Abalage 8 hommes.
Lavage (4 rigoles) 4 —
Sortie des sables 8 —
Décantage i —
Pit 4 —
Vannes i —
Relavage des micas 4 —
27 hommes.
En fixant le prix de la journée à 5 francs, la main-d'œuvre directe ressort à 81 francs, soit 8 fr. 10 par tonne. Elle se combine, en outre, avec les éléments suivants :
fr. c,
Main-d'œuvre directe 8,10
Machine de 12 chevaux (main-d'œuvre et charbon). . 2,40
Sécfiage à forfait (3 fr. à l'air; 5 fr. au feu) 4,00
Frais de découverture 2,00
Transport des sables 1,75
Matériel, constructions, voies de communication. . . 5,00
Frais généraux 3,00
Intérêt du capital et amortissement 8,35
Commission, escompte, transports immédiats .... 5,00
Pour arriver à ces conditions rémunératrices, un long apprentissage a été nécessaire, et les Sociétés précédentes ont dépensé des capitaux considérables, dont on pourrait virtuellement grever le prix de revient, s'il n'était plus instructif de l'envisager, au contraire, dans son état actuel. Les fausses manœuvres se répercutent, en effet, sur les résultats économiques, avec un gros coefficient. Nous avons déjà fait remarquer que Ton opère sur des masses considérables; il est, en outre, nécessaire d'employer des fronts de taille très développés, et des gradins élevés, afin d'avoir un bon triage et un produit moyen iien constant. On doit conserver des surfaces planes étendues, au pied des tranchées, pour installer les
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lavages, obstrués en partie par les massifs laissés en place. De larges découverts doivent être préparés à l'avance, et convenablement défendus, pour empêcher les eaux sauvages de salir, et de détériorer le kaolin en place. En revanche, Tinstallation des Colettes se présente dans des conditions particulièrement favorables, par sa grande étendue, l'importance des masses kaolinisées, leur pureté et leur rendement.
EXEMPLES — HINERAIS MÉTALLIQUES
1393 — Minerais de fer de Wassy (*). — Les minerais de fer géodiques situés dans la partie inférieure du terrain néocomien de l'arrondissement de Wassy (Haute-Marne), sont parfois compacts et terreux, mais, le plus souvent, disposés en plaquettes cloisonnées, qui forment des géodes remplies de sable et d'argile. Dans d'autres , cas, ces géodes sont ovoïdes, et formées de couches concentriques, autour d'un noyau argilo-sableux. La dureté est très variable. Le poids du mètre cube brut atteint 1350 kilogrammes en moyenne, et 1550 kilogrammes, après une préparation qui le réduit à 45 7« en volume. Ces minerais lavés rendent 45 % de fonte dans le haut fourneau, tandis qu'ils ne donneraient que 22,56 7o à Tétat naturel.
Les installations complètes de la Haute-Marne comprennent ordinairement une prise d'eau, un moteur, un bocard, un patouillet, une drague pour remonter le minerai lavé, et des bassins de clarification. La description suivante pourra en donner une idée générale.
Un atelier destiné à passer environ 25 mc?tres cubes, en 10 heures, emploie, dans le même temps, un volume d'eau de 600 mètres cubes. Généralement le lavage n'a lieu que pendant les quatre mois d'hiver, afin de pouvoir éviter l'usage des bassins d'épuration.
(<] Salzard. Description et projet d'un atelier de lavage de minerai de fer (Annalet, 7% Vni, 318).
De Hennezel. Prép. méc. des min. de fer de la Meuse et des Ardennes {Annales, 3*, XV, 85). — Drouot. Lavage du minerai de fer d'alluvion de l'arrondissement d'Avesnes (Annale8t 3*, XX, 497). — Dormoy. Notice sur un lavoir à mine portatif du système Dufournel (AnnaUê, 6*, VI, 203) . — Austruy. Lavoir débourbeur installé à la forge de Cuzorn, 1878.
Dans ce cas, on fonctionne nuit et jour d'une manière continue.
Le moteur est une forte locomobile d'une quinzaine de chevaux, timbrée à 6 kilogrammes, avec 20 mètres carrés de surface de chauffe. La poulie motrice qui actionne l'atelier tourne à 80 tours. Une courroie en cuir communique le mouvement à l'arbre du bocard.
La pilcy ou bocard, renferme 8 pilons, pesant chacun 50 kilogrammes, flèche, sabot et armature compris. Ils sont manœuvres par un cylindre en fonte de 24 cames. Les grilles sont de 50 millimètres, du côté de l'arrivée de l'eau, et de 60 en aval.
La huche du patouillet a 4'",50 de longueur, et 0'",70 de rayon de courbure pour sa section transversale. L'arbre est en fonte, et porte 6 encoches destinées à recevoir les barreaux agitateurs. Il est actionné à l'aide d'un engrenage, ainsi que la drague. La sortie des eaux sales doit s'effectuer du côté de la pile, afin d'éviter de jeter du minerai dans la rivière, ou dans les bassins d'épuration. Sans cela, une partie de ce dernier, se trouvant soulevée par les barreaux du patouillet, s'échappe avec le courant.
Les réservoirs d'épuration sont au nombre de deux. Un premier bassin de dépôt présente une longueur du 160 mètres, sur une largeur de 50 mètres. Un bassin de clarification, qui lui fait suite, en est séparé par une digue, et se prolonge, avec la même largeur, sur un développement longitudinal de 80 mètres. L'eau, profonde de l'",80, le quitte en passant sur un déversoir de 1 ou 2 mètres. Il convient d'avoir deux jeux de réservoirs, pour faciliter le curage. Cette opération est très onéreuse, et peut occasionner une dépense de 1 fr. 80 par mètre cube de minerai lavé, ou 2 fr. 75 par tonne de fonte (*).
On en est arrivé, pour ce motif, à ne plus effectuer de curage dans beaucoup de cas. On loue des terrains suffisamment étendus, quand la configuration du sol s'y prête, et l'on relève, avec des norias, les eaux aussi haut que possible. Les dépôts surexhaussent
alors les emplacements d'une manière progressive.
(*) Ces terrains sont plus tard rendus à la culture, mais seulement lorsque plusieurs années de sécheresse ont consolidé la masse, et après que l'on en a vériflé la résistance, ayant d*y engager des chevaux.
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S70 PRËPARÀTIOR MËCÂNIQUE DES MINERAIS.
Le devis d*une semblable installation, varie nécessairement avec les circonstances. On en peut cependant donner une approximation par le tableau suivant :
frtncs.
Prise d'eau 1600
Locomobile et pompe 15 000
Courroies 500
Bocard 900
Terrassements, maçonnerie, mécanisme 9000
'{ Bassins d'épuration 6 000
Terrains 12 000
Parcs à minerai 2 000
Dépenses diverses 1 000
ft^
ni
Total. . 46 000
U 1894 — Mincirais de zinc (calaminaires) de Welkenraedt (*). —
L'atelier de Welkenraedt, qui appartient à la Société de la Vieille-Montagne, traite un mélange intime de galène, de blende et de pyrite, dans une de ses sections, et, dans l'autre, des minerais calaminaires, à gangue très argileuse. Nous ne nous occuperons ici que de cette dernière division.
La calamine n'est pas mélangée à la roche, ce qui dispense de tout broyage. La formule du traitement se réduit donc au classement et à rcnrichissement.
Une première séparation s'effectue dans l'intérieur de la mine, et fournit deux sortes distinctes : le gros et le menu.
Le gros est simplement trié à la main, sans cassage. Ce klaubage donne de la calamine et du stérile, sans matière mixte, puisqu'il n'y a pas de mélange des deux substances.
Les menus sont versés sur une grille de 60 millimètres, avec un fort courant d'eau. Le refus subit un triage semblable au précédent.
Ce qui traverse se rend à un trommel débourbeur, garni, à son intérieur, d'hélices à contre-sens du fil de l'eau, avec des baguettes
(») Hem7, Annales, Ô*, XIX. 381.
longitudinales, destinées à briser les boules d'argile. Il est suivi d'une autre travée à double enveloppe, dont les trous ont 5 et 25 millimètres de diamètre. Le refus supérieur à 25 millimètres tombe sur une table de klaubage, où il est trié comme les précédents.
LaT sorte intermédiaire entre 5 et 25 passe dans un trommel classeur, qui la répartit en cinq catégories, d'après les diamètres de 7, 10, 15, 19 millimètres. Les trois moindres sont traitées sur des cribles continus du type de Moresnet (n* 1328) ; les deux sortes supérieures, sur des cribles à piston ordinaires.
La matière inférieure à 5 millimètres tombe dans un appareil à courant ascendant, appelé schlammpeter^ et assez analogue au classeur Dor (n** 1334). La partie entraînée est inférieure à 1 millimètre. L'autre portion se rend dans un trommel, qui fait quatre sortes distinctes, d'après les diamètres de 12, 27, 37 dix-millimètres. Les trois plus grosses catégories sont passées aux cribles ordinaires à piston. La plus fine est versée dans une série de six caisses pointues à courant ascendant (n" 1342).
Les trois premiers dépôts, traités au crible continu, donnent trois natures de produits: calamine, mélangés, stériles. Les mélangés repassent au même appareil, sans qu'il soit, pour cela, nécessaire, ainsi qu'il vient d'être dit, de les dénaturer préalablement par le broyage, conformément aux principes généraux. La quatrième et la cinquième sorte subissent, sur les tables deRittinger (n° 1368), une subdivision analogue, avec repassage des mélangés. Enfin, les boues de la sixième caisse, se réunissant avec l'entraînement du schlammpeter inférieur à 1 millimètre, s'engagent dans le labyrinthe (n**1360). On les y reprend, pour les passer également aux tables de Rittinger, de manière à les séparer finalement en calamine et stérile rejeté.
1395 — Minerais de zinc (blendeux) d'Ammeberg (*). — La mine
[M Oppermann. Note sur la prép. méc. des min. de zinc à Amraeberg {Annales^ 7*, XI. 261).
Gallon. Eiploitation de la calamine en Haute-Silésie (Annales, 3% XVII). — Deies8e. Prép. méc. de la calamine et de la galène en Haute-Silésie (Annales, 4*, IV; VI). — Uem7 et Zeiller. Prép. méc. des min. de plomb et de zinc en Belgique et dans la Prusse rhénane (Annales, 6*, XIX, 204) . » Graleau. Mémoire sur la prép. méc. des
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873 PRÉPARATIOTi MÉCANIQUE DES MCŒRAIS.
de blende d*Ammeberg est située près de Duskersand (Suède), et appailient à la Société de la Yieille-Montagne. Le minerai, intercalé dans des gneiss schisteux, se présente lui-même comme une modification de ces schistes. Il est constitué par un mélange très compact de grains excessivement fins de feldspath, de quartz et de blende. On atteint 40 7o de zinc, et exceptionnellement 50 •/•- Quand la teneur s'abaisse au-dessous de 20 7»' ^^l^ n'est plus rémunératrice. La blende est ordinairement accompagnée d'un peu de galène.
Après un scheidage approximatif opéré dans la mine, pour enlever environ un tiers de stérile, on procède à un travail plus soigné sur le carreau du puits Yilain XIV. Les culbuteurs versent le minerai pauvre à un concasseur américain, qui l'amène à la grosseur du poing. Une grille sépare les menus, qui vont à la laverie. Le refus passe au scheidage, sur des tables tournantes, et l'on sépare 10 à 20 7o de stériles, qui sont portés sur les haldes. Le reste est traité dans les fours à étonner.
D'autres culbuteurs versent le minerai en roche sur une grille, qui le sépare en gros, trié à la main, et en menus. Ceux-ci passent à un concasseur, d'où ils tombent sur une roue élévatoire, formée d'une tôle à trous de 18 millimètres. Le fin est dirigé vers la laverie, avec les menus du minerai pauvre. Le refus, débourbé à l'eau chaude, sous des pommes d'arrosoir, est répandu sur une aire de klaubage, où l'on sépare environ 15 7o de stériles.
Le travail précédent fournit donc : 1° des minerais en roche riches, qui vont directement aux fonderies ; 2** et S** des menus riches ou pauvres; 4* du minerai en roche pauvre, que Ion étonne, pour en faciliter le broyage. A cet effet, on le passe, avec 1/2 7o de houille menue, dans des fours à cuve continus.
Un des points caractéristiques du traitement d'Ammeberg est la pulvérisation générale qui précède le lavage, où les plus gros grains n'excèdent pas 2 millimètres. Les matières passent à des
min. de plomb et de zinc à Immenkeppel, Prusse rhénane (Bull, mtn., i", II, 504). — Dupont et Guchant. Guide de la prép. méc. des min. de plomb et de linc de Belgique (Hco, univ. d, m. et u., 2*, I, il, 275).
ORGANISATION DMJN ATELIER. 8î3
cylindres, de l^jQO de diamètre, et très légèrement coniques, qui, avec une force de 30 chevaux, traitent, chaque jour, 50 tonnes de menus bruts, et 75 tonnes de minerai étonné. Le reste tombe dans un trommel à double enveloppe, fonctionnant comme élévateur. La tôle perforée intérieure, de 6 millimètres, remonte son propre refus jusqu'à un plan incliné, qui le ramène au cylindre. L'enveloppe cxlérieure, en tôle pleine, relève les sables jusqu'à une glissière supérieure, qui les donne à un second pulvérisateur semblable, muni d'un trommel à trous de 2 millimètres.
Au débouché de cet appareil, les matières passent aux spitzkasten à courant ascendant (n** 1342). On sépare ainsi 20 7o de grenailles de 1 à 2 millimètres, 43 7o de sables inférieurs à 1 millimètre, et 37 7o de schlamms.
Pour préparer les grenailles en vue du criblage à la cuve, on leur fait subir, à l'aide de trommels, un classement rigoureux de grosseur, suivant les calibres :
Les quatre premiers refus passent aux cribles à piston du type Utch; les sables de 1 millimètre, aux cribles du Uariz, auxquels on imprime, par minute, 180 à 200 pulsations de 5 à 9 millimètres. On fait cinq sortes : blende plombifôre, blende riche, mélange riche, mélange pauvre, stérile. La blende plombifère elle-même donne, sur d'autres cribles du Hartz, trois produits : galène, mélange de galène et blende, enfin blende riche que l'on réunit à la catégorie précédente du même nom. Le mélange est repassé au même appareil. On traite "30 tonnes par jour sur 11 cribles, dont 7 pour les matières brutes, 1 pour la blende plombifère, 2 pour les mélanges riches, et 1 pour les mélanges pauvres. La teneur des blendes riches ne doit pas être inférieure à 42 7o de zinc; celle des stériles n'excède pas 13 7o- Les mélanges sont rebroyés au pulvérisateur Schwartzmann. Les résultats, triés par des trommels, sont traités sur des cribles Utch, des cribles du Hartz, et des tables tournantes.
Quant aux schlamms, ils passent sur 5 spitzkasten à courant
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ascendant, 2 spitzlutte, et vont enfin au labyrinthe. On termine leur traitement sur des tables tournantes, qui donnent quatre sortes : 1*" blende plombifère, 2*" blende riche, 3° mélange, 4** stérile; et enfin sur des tables de Rittinger (n® 1368), où Ton obtient trois catégories : l** galène, 2"* mélange de galène et blende; 3** blende. Les mélanges repassent successivement, jusqu'à ce qu'ils se résolvent •dans les deux sortes extrêmes.
Les frais de broyage se montent à 1 fr. 10 par tonne de minerai broyé, et ceux de lavage à 18 francs par tonne de blende.
1396 — Minerais de plomb argentifères de Vialas{^), — Oncom-
(1) Renseignements dus à l'obligeance de M. l'ingénieur en chef des mines Parran (Voy. tome I, p. 596).
Levallois. Mémoire sur la prép. méc. de Vialas et Villefort (Annales^ 4", IV, 749, 753^. — Lan. Histoire ef description des mines et fonderies de la F^ozère, prép. méc. de Vialas [Annales, 5*, VU, 363) . — Rivot. Mémoires sur les liions de galène argentifère de Vialas (Annalet, 6% IV, 309, 379). — Hippolyte Garniei*. Pertes en plomb et en ■ai*gent dans le lavage des galènes argentifères de Vialas {CRM, 4880, 248) . — Notice tur la Sociilé anonyme des mines de Ville fort, du Houvergueel de CQmberedonde,iSl%, Âlais, p. 34.
Rivot et Zeppenfeld. Prép. méc. des min. de plomb argentifère de Pontgibaud [Annales, 4<>, XVIII, 437, 361). — Nallly. Notice sur la prép. méc. du min. de plomb de Uuelgoat (Annales, ^^, VU). — Beaunier et Gallois. Exposé de la prép. des min. à Poullaouen (Journal des mines, tome XVI). — Berthier. Résultats de la prép. méc. de la galène à la mine de Pezey (Annales, 4'*, III, 549). — Prép. méc. de la galène argentifère au Kef-oum*tIieboul (Fournet, Bull, min., i^, III, 54, 372). — Busquet et Renodier, IX, 519). — Coignet. Prép. méc. de la Meuse et de la Prusse rhénane (Bull, min., 4*% VI, 417, 472). — Prép. méc. des min. de plomb deLintorf, Prusse rhénane (Enffineering, 20 septembre 4884, 329. » Héron de Villefosse. Traité sur la prép. des min. de plomb •du Hartz (Journal des mines, tome XVII), — De Hennezel. Notice sur la prép. méc. des min. de plomb au Hartz (^Inna/f^, 4% IV, 389). — Rivot. Prép. méc. des min. dans rOberhartz (Annales, 4", XIX, 463, 545). — Matrot. Prép. méc. de la galène argentifère -dans rOberhartz (Annales, 6*, XII, 319). — Ateliers de préparation de Clausthal, Hartz (Engineering, 4876, 35, 65, 402, 467, 240, 303, 356). — Daubuisson. Description raisonnée de la prép. des min. en Saxe (Journal des mines, tomes XO, XIII). — Henry. Mémoirà sur la prép. méc. des min. à Przibram [Annales, 7% II, 271). — Fournet. Pi*ép. méc. des min. de plomb à Bôckstein (Annales, 2*, IV). — Phillips. Mémoire sur le gîse> tment, l'exploitation, la prép. méc. et la fusion des min. de plomb de Bleyberg, Garinthie (Annales, 4«, VIII, 239). — Pache. Prép. méc. des min. à Schemnitz, Hongrie (Annales, 4% X, 595). — Rivot et Duchanoy. Voyage en Hongrie (Annales, 5", III). — Dufrènoy et Élie de Beaumoiit. Min. de plomb du Derbyshii*e [Annales, i'*, XII). ^ Goste et Perdonnet. Sur le gisement, l'exploitation et la prép. méc. des min. de plomb en Angleterre (Annales, 2«, VII). — Moissenet. Prép. méc. des min. de plomb à Lisburne, Car- •diganshire (Annales, 6*, IX, 4). — Habermann. Project einer completen Aufbei*eitungs Ânlage fur bleiische Wasch-Quetsch und Pochzeuge {Berg- und Hûltenmànnisches Jahrbuch, XXVII, 96). — Habermann, Das Stefan-Wasch-Quetsch und Pochv^erk in Przibram (ibidejn, XXX, 44).
..M^tÊtÊàmi,
ORGANISATION D'UN ATDLIER. 875
prend dans le traitement, indépendamment du minerai proprement <til, les soles battues sur te remblai des gradins renversés (n" iSô), pour éviter la déperdition des menus riches. On s'est attaché, dans <:^tte élaboration, à ne pousser les opérations que dans la mesure indispensable, de peur d'augmenter, outre mesure, les perles sur l'argent.
Le minerai sortant de ta mine est amené dans la halle de cassagc, «l versé sur une aire, où les gros morceaux sont réduits à la dimension du poing. Ils sont ensuite jetés sur une 161e a trous ronds de 20 millimètres, qui donne deux grandes classes : 1° gros, 2° menus (A).
Le gros est trié à la main, et fournit, dans ce klaubage. un minerai riche bon à fondre, un stérile rejeté, et deux produits intermédiaires : 1* minerai moyen, 2' minerai pauvre (B).
Le minerai moyen passe à un concasseur à mâchoires, puis à des cylindres broyeurs, et enfin à un trommel, qui le partage en deux sortes: 1" grenailles, 2° matières fines (C).
Les grenailles sont classées par grosseur dans un trommel spécial, qui donne trois produits : 1° fines grenailles, de (>',00175 à O'°,00600; 2" moyennes grenailles, de O^.OOô à 0°',015; 5° refus, supérieur à O^.OIS (L). Les deux premières catégories subissent, sans se confondre, des traitements similaires.
Ce traitement consiste a les cribler, de manière à obtenir deux sortes : 1° des grenailles riches, bonnes à fondre après pulvérisation à sec; 2° des grenailles mixtes, qui sont broyées au bocard à la grille de 0^,00175 (E).
Quant au refus D, il est trié à la main, et donne trois sortes : 1" minerai riche bon à fondre, 2" minerai moyen, 5" minerai pauvre. Ces deux derniers recommencent une série d'opérations, identique à celle que nous venons de décrire, pour les matières déjà désignées sous ces deux mêmes dénominations (voy. B).
Les menus A passent dans un débourbeur, et sont divisés en deux classes : i" grenailles, 2° matières fines (F).
Ces grenailles sont classées, dans un trommel spécial, en quatre sortes: i° fines grenailles, de 0°',0020 à O^jOOOS; 2° moyennes grenailles, deO'",l)06S à 0",01oO ; 3" grosses grenailles, de O-.OiSO
à 0",0210 ; 4° refus supérieur à O'*,0210. Ce refus est entraîné par un courant d'eau jusqu'aux cylindres broyeurs. Les nouvelles grenailles vont se classer dans le trommel, qui reçoit déjà les grenailles des menus; elles rentrent avec ces dernières dans le traitement général. Quant aux trois premières sortes, elles subissent, sans se confondre, des traitements similaires.
Ce traitement consiste à les cribler, de manière à les séparer en. trois produits : 1* grenailles riches, bonnes à fondre après pulvérisation à sec ; 2'' stériles rejetés; 3** matière mixte (G).
Il nous reste enfin à envisager les matières B,C,E,F,G. Ces cinq natures de produits subissent, sans se confondre, des traitements similaires, dans le classeur Dor (n"" 1334), qui fournit deux sortes différentes : 1** des sables, 2'' des schlamms.
Les sables sont lavés au crible du Hartz à fond filtrant (n* 1529), et donnent : 1*" des sables riches à fondre, 2^ des stériles rejetés, 5° des mixtes que l'on bocarde au-dessous de 0'",00075, et qu'on lave aux tables à secousses, pour en retirer un schlich bon à fondre, et un stérile rejeté.
Les schlamms sont lavés directement aux tables à secousses (n° 1365), et se résolvent en un schlamm bon à fondre, et un stérile abandonné.
Toutes les eaux boueuses traversent, avant d'être rejetées dans le torrent, un bassin d'épuration de 200 mètres carrés, et deO™,80 de profondeur. Son déversoir présente une largeur de 7 mètres, destinée à réduire au minimum la vitesse de la nappe d'eau et la succion qu'elle exerce dans le bassin.
La proportion des divers produits est variable. La teneur moyenne de tout l'ensemble s'élevait, en 1878, à 47 7o de plomb, et 422 grammes d'argent aux 100 kilogrammes de métal. Les pertes étaient évaluées à 35 7o du plomb, et 15 à 16 7o de l'argent contenus (*).
1397 — Minerais de plomb et zinc argentifères de Ponlpean (*).
(') M. de Rittinger cite un exemple dans lequel la perte totale était de 53 % de Targent contenu (Lehrbuch der Aufbereilungskunde, 125). (') Renseignements dus à l'obligeance de M. Éloy (Voy. tome I» p. 593). Mémoire sur le min. de plomb et de zinc de Pontpean [Bull, min., i'*, VUI, 585). — Si-
ORGANISATION DTN ATELIER. 877
— Ce minerai est un mélange de galène, de blende et de pyrite, avec gangue de diorite, quartz, schiste-quartzeux, et argile très adhérente. La galène et la blende sont seules argentifères; la pyrite ne renferme pas de métal précieux.
Le tout- venant est pesé à la sortie du puits. On en prélève environ 4 7o pour la prise d'essai, et le reste passe au débourbage. Les morceaux supérieurs à 65 ou 70 millimètres sont mis à part, et simplement arrosés. Us subissent un klaubage, qui les sépare en deux classes. L'une va au scheidage; l'autre, composée des blocs les plus mélangés, est livrée au concasseur américain. Le reste du toutvenant se rend à un trommel débourbeur (rï° 1296), composé d'une travée cylindrique à poignards, d'un tronc de cône à hélice, et d'un cylindre à trous de 21 millimètres. Son refus va au triage.
On a soin de saisir, à leur sortie de ce trommel, les mottes de glaise, pour les empêcher de salir la table de triage. On rejette celles qui sont stériles; les autres sont séchées, et débourbées à part.
Ce triage, ainsi que le scheidage des gros morceaux, donne les catégories suivantes : i° galène marchande, de 45 à 60 % de plomb (*); 2"* blende marchande; 3° pyrite marchande (*); 4** mélange de galène et de stérile, destiné au concasseur et aux broyeurs n" 1 et 5 (Voy. plus loin) ; S"" mélange de galène, blende, pyrite, et stérile, envoyé au concasseur n^ 2 ; 6"* stérile rejeté.
Les matières inférieures à 21 millimètres, qui ont traversé le cylindre débourbeur, avec toutes les eaux sales du débourbage, passent à deux Irommels classeurs successifs (n** 1302). Le premier procède par refus, et donne cinq classes de grenailles, de 21 à 17, à 13, à 9, à 6 et à 4 millimètres. liC suivant est immergé sur une partie de sa section, et fournit quatre classes de sables, de 4 à 3, à 2, à 1 millimètres, et au-dessous. Enfin les schlamms sont recueillis dans un bassin de dépôt.
Avant de nous engager dans la description de leur traitement,
monnet. Appai*eils de classement des min. de plomb et de zinc de Ponlpean [Bull. min., 2-, VI, 755).
(') Si elle est notablement argentifère et très mélangée, il est avantageux de la retirer à 45 0/^.
(*) Ces deux sortes ne sont qu'accidentelles.
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commençons par énumérer les appareils de broyage et de lavage sur lesquels s'effectuent les opérations.
En ce qui concerne le broyage, outre le concasseur à mâchoires dont nous avons parlé, on emploie trois trains de cylindres, et des meules. Le train n** 1 comprend des cylindres de 0",50 de diamètre, à engrenages, faisant 12 tours par minute, et maintenus par des poids variables. Les matières tombent dans un blutoir à trous carres de 7 millimètres, dont le refus, relevé par une roue, repasse entre les mêmes cylindres. Le reste est séparé par un classeur en six catégories, de 7 à 5, à 4, à 3, à 2, à 1 millimètres, et au-dessous, avec un bassin à schlamms. — Les cylindres n° 2 ont O^jCO de diamètre; il» sont à ressorts de caoutchouc, et font 40 tours, avec une commande par courroie. Ils sont, ainsi que les suivants, associés à un classeur identique à celui dont nous venons de parler. — Le train n" 5 fait 12 tours, avec des diamètres de 0",60. Le mouvement est communiqué par des engrenages. — Les meules sont suivies d'un classeur, en partie immergé, et d'un bassin à schlamms. On en obtient quatre sortes de sables : au-dessus de 3 millimètres ; entre 3 et 2 ; 2 et 1 ; et au-dessous de 1 millimètre.
Le matériel de lavage comprend ; 1"* pour les grenailles : 26 cribles mécaniques en bois, à tamis mobiles, actionnés par des cames ; et 7 cribles fixes, dont 2 discontinus en fonte, à piston latéral mû par un excentrique variable, et 2 par coulisse différentielle, 2 autres accouplés et continus, à orifices de sortie étages et variables avec déversoirs, enfin 1 dernier bac à 2 tamis, continu, en bois, à pistons latéraux mus par des cames. — 2** Pour les sables : 29 cribles mobiles à bras, en bois, travaillant sur fond de tamis à sole filtrante, et 2 cribles du Hartz, Tun en bois à 2 tamis, actionne par des cames, et l'autre en fonte à 4 tamis, commandé par des excentriques variables. — 3" Pour les sables fins et les schlamms : 3 tables dormantes, 12 round-buddles, et 3 tables à secousses. — On installe, pour compléter cet ensemble, deux séries : Tune de cribles continus à 4 tamis pour grenailles, qui remplaceront les cribles à tamis mobiles ; l'autre de cribles du Hartz à 4 tamis.
Les trois plus grosses sortes du classeur par refus (12 à 17, à 13, à 9 millimètres) vont aux cribles mécaniques en bois, à tamis
mobiles mus par des cames. — Les grenailles de 9 à 6, aux cribles fixes accouplés continus ; de 6 à 4, aux cribles fixes à 2 tamis continus, agissant comme dégrossisseurs pour éliminer rapidement le stérile. — Les sables du classeur immergé, de4à3,à2etàl sont passés aux cribles mobiles à bras. — Les matières inférieuresà 1 millimètre, ainsi que les boues des bassins de dépôt, sont dirigées vers les round-buddles. Les résultats sont les suivants.
Les trois grosses sortes de grenailles entre 21 et 9 donnent: 1"* galène marchande; 2** bon mélange, passé aux cylindres n** 2; 3** mauvais mélange, envoyé au train n** 1 ; 4** stérile (*) — Les grenailles 9 à 6, qui sont les plus abondantes, fournissent : 1° un mélange riche en galène, terminé sur les cribles à bras ; 2° et 3** des mélanges blendeuxetpyriteux, pour le broyeur n** 2; 4** un mélange très pauvre destiné aux cylindres n° 1 ; 5** du stérile. — Les grenailles 6 à 4 fournissent: 1"* galène marchande; 2** mixte, pour le broyeur n** 2; 3° stérile.
Les gros sables de 4 à 3 et à 2 millimètres produisent : 1** galène marchande, dans la caisse; 2** galène marchande, sur le tamis; 3** et 4° des mélanges pour les broyeurs n"l et 2; 5"* du stérile. — Les sables de 2. à 1 millimètres se subdivisent ainsi: 1° galène marchande, dans la caisse; 2** mélange, pour d'autres cribles destinés à séparer la blende et la pyrite; 3** mélange à rebroyer; 4'' stérile. — Les sables inférieurs à 1 millimètre donnent, sur le round-buddle (n° 1363), trois anneaux distincts, à savoir : 1** et 2"* la tête et le milieu, retraités séparément sur les mêmes appareils; 3*" la ceinture, rarement stérile, et finie sur le crible duHartzà deux tamis. Elle y fournit : de la galène marchande, des stériles, et un mélange destiné au crible du Hartz à 4 tamis.
Les schlamms donnent, avec les round-buddles, trois anneaux, que l'on repasse séparément, plusieurs fois de suite.
Après les matières fournies directement par les deux classeurs qui succèdent immédiatement au débourbeur, il nous reste à suivre,
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(•) Les fonds de caisse qui passent sous le tamis, sont renvoyés au débourbeur. Ils renferment toute la galène fine due à l'usure des gi*ains ; sm*tout lorsque, en raison de la pauvreté de la matière, on procède par chargements successifs (n<» 1313), avant de retirer le bon à fondre en une seule fois.
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880 l'RÉPARATION MÉCANIQUE DES MINERAIS.
dans ce traitement, les matières fournies par les broyeurs, et les classeurs qui leur sont annexés.
Les grenailles 7 à 5 vont aux cribles accouplés continus, et donnent : 1** un mélange riche en galène, terminé aux cribles mobiles à bras ; 2°, 3** et 4"* des mélanges à repasser aux broyeurs n*** 1 et 2 ; 5° des stériles. — Les grenailles 5 à 4 fournissent, sur les cribles continus à deux tamis : V galène marchande; 2** mélangea rebroyer; 3"* stérile. — Les gros sables 4 à 3 et à 2 donnent, aux cribles fixes discontinus: 1° galène marchande; 2° mélanges pour les cylindres ou pour les meules ; 3** stérile. — Les sables de 2 à 1 et au-dessous se divisent, sur les cribles du Hartz à deux tamis, en galène, stérile, et mélange destiné au crible du Hartz à quatre caisses. Ces mômes sables, quand ils proviennent des bons mélanges, se traitent aussi à Taide des cribles mobiles à bras, dont le stérile imparfait est repassé aux round-buddles.
Les mélanges blendeux et pyriteux mentionnés ci dessus donnent, sur les cribles du Hartz : 1*" galène impure; 2'' pyrite marchande; 3*^ et 4° deux classes de pyrite blendeuse ; 5"* stérile blendeux. Ces pyrites blendeuses, repassées à part, fournissent à leur tour : l"* pyrite marchande; 2** blende marchande; 3** stérile blendeux. Enfin les deux stériles blendeux, réunis ensemble, et li'aités de nouveau, finissent par se résoudre en une sorte blendeuse, et un stérile à rejeter.
Les sables des meules, supérieurs à 3 miUimètres, ou compris entre 5 et 2, ou 2 et 1 millimètres, vont aux cribles à bras qui donnent de la galène et de la pyrite finies. — Les sables inférieurs à 1 millimètre passent aux round-buddles. Quant aux boues des bassins annexés aux meules, elles ne subissent plus aucun ti^aitement, et constituent une sorte définitive, sous le nom de schlamms blendo-plombeux.
Les schlamms recueillis sur les bassins de dépôt des broyeurs, et dans les labyrinthes, passent aux round-buddles, sur lesquels ils se divisent en trois anneaux : 1** la tête, qui est ultérieurement enrichie en plomb sur de nouveaux buddles; 2" le milieu, repassé seul sur le môme appareil ; 3"* la queue, envoyée à d'autres round-buddles qui donnent à leur tour : 1** une tôte blendeuse et pyriteuse,
OBGANJSATIO.N D^UN ATELIER. 88i
à finir sur les tables à secousses ; 2° une sorte intermédiaire, repassée sur le même appareil ; 5** un stérile.
Les escrépures superficielles des cribles mobiles à bras passent également aux round-buddles. La zone inférieure, traitée sur les tables dormantes (n° 1357), y donne: au pied, un stérile; et, à la tête, une matière blendo-pyriteuse que l'on termine aux tables à secousses, quand elle est inférieure à 1 millimètre, ou au crible du llartz, si elle est comprise entre 1 et 2 millimètres.
L'ensemble de ce traitement a porté, en 1883, sur une production de 41 000 tonnes de minerai brut, qui ont fourni : 5590 tonnes de galène, 1348 de blende, 1823 de pyrite, et 311 de schlamms blendo-plombeux .
La teneur de la galène ne saurait être élevée au-dessus de 55 à 60 7o de métal, avec 900 à 1000 grammes d'argent par tonne de minerai. On s'exposerait, sans cela, à des pertes au lavage, qui ne seraient pas compensées par l'amélioration des frais de fusion. La blende que l'on ne peut, en raison de sa 'grande dissémination, retirer qu'à l'état de sable, ou de schlamms, n'alteint que 29 à 30 7o de zinc, et 650 grammes d'argent par tonne de minerai. La pyrite n'est pas argentifère, ainsi que nous l'avons dit; elle ne dépasse pas 40 à 42 7o de soufre.
Le prix de revient, par tonne de minerai lavé, s'établit de la manière suivante.
Tableau.