‹ Cours d'exploitation des mines (volume 3)Chapitre 120 sur 120 · EXTRAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT

tonnes

Les frais de préparation ont été de 5 fr. 40 par tonne, avec un personnel total de 13 ouvriers permanents, et 60 admis temporairement dans l'atelier.

f400 — Minerais d'étain du Cornwall(^). — Le minerai d'étain est tantôt compact, tantôt cristallisé. Son traitement présente de grandes difficultés, car la teneur est faible, et la matière utile finement disséminée. En même temps, les exigences de la métallurgie obligent à préparer une matière riche. Les gangues ordinaires sont le quartz, la chlorite et Toxyde de fer. On rencontre également, comme obstacles spéciaux, la pyrite, le mispickel et le wolfram.

(*) Moissenet. Prép. méc. des min. d*étain dans le Cornwall [Annales, 5*, XIV, 77]. — Garcana^ies. Mémoire sur la prép. méc. des min. d'étain dans le Cornwall {Annales, 7% XIV, 200). — Dufrénoy etÉliede Beaumont. Min. d'étain du Cornwall et du Devonshire (Annales, i'*, X, 331). — Coste et Perdonnet. Min. d'étain du Cornwall (Annales, 2», VI, 3). — Boase. Transactions of the Royal Geol. Society of Cornwall, II, 386. — Henwood, ibidem, IV, 145. — De la Bêche. Report on the Geology of Cornwall, 575.

Manès. Mémoire sur les mines d'étain de Saxe {Annales, l'*, VIII).

Gharleton. L'étain ; description des principales méthodes pour rexti*action, la prép. méc. et la fonte de son minerai, in-8".

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Ce dernier ne peut être industriellement séparé, sa densité étant trop rapprochée de celle de Toxyde d'étain. Le procédé Oxland (*), fondé sur une attaque au carbonate de soude, a dû être abandonné.

La pyrite et le mispickel sont détruits, pendant le cours du traitement mécanique, à Taide du grillage, opéré sur des fours à réverbère, ou mieux, dans des appareils à sole tournante. Le soufre et Tarsenic sont brûlés. Le fer et le cuivre restent à l'état d'oxydes et de sulfates. Les oxydes sont peu consistants, les sulfates sont solubles. Un lavage réussit donc à en débarrasser les produits. Le cuivre est repris par la cémentation, dans les eaux de lixiviation. On a essayé également, avant le lavage, de séparer une partie des matières ferrugineuses, à l'aide des trieuses magnétiques (n'' 1370).

Quant aux gangues pierreuses, elles se séparent assez facilement, en raison de la différence de densité. Mais l'obstacle principal se trouve, à cet égard, dans la grande finesse des matières, car l'union intime des minéraux nécessite une pulvérisation générale.

Au sortir du puits, les minerais subissent, sur la halde, un cassage à la masse, pour les plus gros fragments. On tend aujourd'hui à y substituer l'emploi des appareils à mâchoires. Un scheidage lui succède. Il amène les morceaux à la grosseur du poing et fournit quatre catégories : le riche, le moyen, le stérile, et, quand il y a lieu, les minerais de cuivre.

Les matières passent alors au bocard. Cette opération est la partie la plus délicate du traitement. Ce n'est, en effet, que comme une nécessité, que l'on accepte de commencer la manutention par cette pulvérisation d'ensemble. Au moins, ne la faut-il pousser que jusqu'au point nécessaire. Il vaut mieux rester un peu en deçà, et laisser des grains imparfaits, qui seront ultérieurement séparés et ramenés au bocard, que de dépasser le degré inévitable. L'essentiel est de dégager, de sa gangue, le grain d'étain oxydé, sans le briser lui-même, car l'étain très fin est une source de difficultés. Les produits du bocardage sont de deux sortes : l"" le crop^ formé de sables, qui s'arrêtent d'eux-mêmes dans les canaux ; 2"^ les slimesj boues fines, qui sont entraînées jusqu'aux bassins de dépôt.

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Les crops sont attaqués avec des dégrossisseurs, destinés à écarter rapidement une grande quantité de matières stériles, ou nettement pauvres. On augmente ensuite progressivement les soins et les manipulations, à mesure que Ton arrive à des produits plus riches. On emploie, à cet effet, des canaux, des caissons, des round-buddles, des cuves. Les canaux donnent une tête, un milieu et une queue formée de sables pauvres, ou roughs. Les roundbuddles fournissent des sables de caisson et des roughs. La cuve donne des écumes, qui se joignent aux slimes, et un fond, ou bottom, pour les caissons allemands. Ces derniers appareils jouent le rôle de dégrossisseurs ou de finisseurs, suivant la nature des sortes que Ton y passe.

Les roughs sont séparés en plusieurs classes de richesse, que Ton passe séparément sur des canaux, ou stripes, pour y recueillir leurs parties lourdes. Un box, ou approfondissement brusque, en déterminant le ralentissement de Teau, achève la précipitation de toute la partie sableuse. 11 ne reste en suspension que des slimes. Une partie de ces sables, désignée sous le nom de crazes, renferme les grains sur lesquels l'action séparatrice du bocard ne s*est qu'imparfaitement exercée. Us retournent au broyage, et recommencent la série du traitement.

Les slimes comprennent les sables les plus fins, et arrivent à des matières absolument impalpables. On les classe à l'aide de caissons, de cuves et de tables dormantes. On en tire des boues riches, des boues pauvres , et des roughs qui rentrent dans le traitement.

C'est alors qu'intervient le grillage. Les matières subissent ensuite un second lavage. Certaines sortes d'un trop gros diamètre, séparées par un tamisage, sont pulvérisées entre des meules, et subissent alors un second grillage. On termine enfin à l'aide des cuves inclinées. Les produits sont appelés, suivant leur grosseur, crop tin ou smcUl tin. Le mélange de ces deux sortes est livré au commerce, sous le nom de black tin.

Il faut, en général, dans le Comv^all, 30 tonnes de minerai de bocard, pour en obtenir une de black tin. Cette matière renferme elle-même environ 73 7o d'étain métallique.

Les frais s'établissent proportionnellement de la manière suivante (*) :

Cassage 16

Docardage 27

Main-d'œuvre avant le grillage 50

Grillage 6

Main-d'œuvre après le grillage 3

Surveillance» essais 8

Frais divers 10

1401 — Minerais d*or de la Guyane française (*). — Le mêlai précieux se trouve, dans les placers, en pépites ou en mouches, au milieu de sables, de graviers et de galets de quartz. Le prospecteur emploie, pour explorer le terrain, soit la pipette Bazin ('), soil une sorte de sébile appelée bâtée, puruna^ ou pan. C'est un vase conique aplati, de 0™,60 de diamètre à la base, et 0'",15 de hauteur. Cet instrument peut contenir environ 10 kilogrammes de sables, qu'on

(') Ce tableau est emprunté à l'exemple de la mine de Par Consols, en 1857 (Noissenet, Annales^ 5", XIV, 248). Le total de la dépense y montait à 503 francs par tonne de black iin, ou 5 fr. 71 par tonne de minerai sortant de la mine.

(*) Desbans. Exploitation de l'or à la Guyane française (Buli. min., 2*, XII, 217). — Déci*et du 18 mars 1881, i*elalif à la recherche et à l'exploitation de l'or à la Guyane française.

Comynet. Note sur les exploitations aurifères de Tipnani, Bolivie {Annales, 5% XIII).

— Gruner et Harlé. Amalgamation des minerais aurifères dans les proTinces autrlchicimes {AnnaUst 3*, VI) . — Karpinski. Mémoire sur les^ sables aurifèi*es de l'Oural {Annuaire du Journal des mines de Russie, Saint-Pétersboui*g, 1840). — Autissier. Mines d'or de la Java de Jadraque, Espagne [Buli. min., 2*, XIII, 125). — Laur. De la production des métaux précieux en Californie. 1862. — Sauvage. Notice sur l'exploitation hydraulique de l'or en Californie, 1876. — Traitement des quartz aurifèi^s dans l'Amérique du Sud {Génie civil, III, 22 ; V, 225). — Boutan {Traité d'exploitation de Cation, ni, 142). — Réaumui*. Histoire des rivières et des ruisseaux aurifères de la France {Métnoires de V ancienne Académie des Sciences, 1718). — ^Daubrée. Mémoire sur la distribution de l'or dans la plaine du Rhin, et sur l'exti'action de ce métal {Annales f A', X,3).

— Engineering and mining Jowmal, 27 mai 1883. — Scientific American Supplément, 22 juillet 1884, 7104. — Alfred Lock. Gold; its Occurrence and Extraction. — Uabermann. Goldbergbau in Australien. {Œsterreichische Zeitschrift f. B. u. H., 1870, 146; 1882, 11).— GoldwSscher in Californien {ibidem, 1879, 261). — Gutzkow. Goldscheidung in Californien (ibidem, 1882, 615}. — Goldseifen Californiens {ibidem, 1883, 654).

(>) Tome 1, p. 132.

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ORGAJîlSATION D'UN ATELIER.

lave à la main, en lui imprimant des mouvements d'oscillation ou de gyration, pour entraîner les parties stériles les plus fines. On trie alors les rochers à la main, on sépare l'oxyde de fer avec un aimant, et Ton recueille Tor au fond. On caractérise la richesse d'un chantier, par la valeur du métal que l'on retire d'une bâtée.

Si la matière en vaut la peine, on commence une exploitation à l'aide du berceau (n* 1335), du longtom (n** 1335), ou de l'appareil à angles déterminés (n° 1536), pour les petites productions; de l'ingenio (n" 1336), du sluice-boxe (n** 1335), pour les grandes quantités de graviers. Les lavoirs centrifuges Bazin (n° 1348) sont réservés aux sables plus fins. Les résidus des appareils sans mercure sont ensuite terminés à la bâtée.

Pour les mialières qui ont besoin d'être broyées, on peut se servir du broyeur Bazin (n° 1291), ou d'un pan perfeclionné auquel est adjoint une sorte de moulin tyrolien. En Californie, on emploie exclusivement le bocardage à l'eau.

Ces différentes méthodes permettent de traiter, par homme et par jour, les quantités suivantes :

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Pan 0,20

Berceau 0,80

Longtom 1,50 à 2,00

Laveur hydraulique Bazin 1,00 à 1,50

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Si l'on admet, pour le prix de la journée, en Californie, le chiffre de 10 à 15 francs, il est difficile d'abaisser le prix de revient du mètre cube au-dessous de 5 à 10 francs, avec les appareils précédents. La grande production que comporte le sluice-boxe permet, au contraire, de descendre à 0 fr. 25, ou même à 0 fr. 15. Il faut cependant ajouter, pour rester dans le vrai, que les travaux considérables d établissement que nécessite celle dernière méthode de traitement, pèseront en outre sur le prix de revient, dans une mesure importante, qu'il est impossible de préciser d'une manière générale.

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