PARACHUTES
7418 — Généralités, — On s'est préoccupé, pour le cas de rupture du câble, des moyens rfe retenir la cage suspendue aux parois du puits, au lieu de la laisser précipiter au fond ('•). On emploie pour cela un déclanchement dont le ressort (*), replié sur luimême par l'effet de la tension du câble, prend subitement, à l'instant où cette tension se trouve supprimée par la rupture, une expansion qui rapproche du guidonnage certains organes de prise.
Le principe des parachutes est incontestablement salutaire, et il
n CRM, 1876, féviiei-, 4.
n SauTage {AnnaUê, 7«, XIV, 610).
(') Nitzsch, Sur les parachutes dans les puits de mines. Berlin, in-i". — Baure [Bull, min., 1~ IV, 593).
(*) M. Mathieu a proposé un interrupteur électrique qui, au moment de la rupture du câble, engage de lui-môme le mécanisme du parachute destiné à suspendre la cage.
741 — Pour les puits en fonçage, M. William Galloway dispose un câble-guide d'une longueur un peu supérieure au double de la profondeur projetée. Ce câble passe, au fond, sous une poulie de retour, remonte à la surface et s'enroule en provision sur un cabestan. Au fur et à mesure de l'approfondissement, on déplace le châssis qui porte la poulie de retour, en déroulant du câble de dessus le cabestan en quantité suffisante. i^
Dans un autre système (*), les guides s'arrêtent à quelque distance ,:
du fond. Un châssis, coiffant la benne et enfilé sur ces câbles, s'arrête î
est permis de s'étonner que son application rencontre encore autant de répugnance et d'opposition (*) . On a déjà dû à ces appareils, dans de nombreuses occasions, la vie des hommes, qui eussent, sans eux, été infailliblement perdus.
On y trouve, à la vérité, de nombreux inconvénients. En premier lieu, ils augmentent le poids mort de 200 à 250 kilogrammes environ..
On leur reproche aussi de fonctionner hors de propos, pendant les oscillations élastiques du câble, qui ont pour effet de diminuer notablement la tension à certains instants. Un semblable incident a pour résultat d'entraver le service et de détériorer le guidonnage. On en est venu, sous ce rapport, jusqu'à installer un parachute pour la descente des ouvriers, en le calant pendant le trait du charbon; pratique dangereuse, car elle expose à l'oubli de l'émettre Tappareil en liberté, au moment de descendre des hommes.
La tension se trouve également supprimée aux recettes, pendant que la cage repose sur ses clichages. Les griffes du parachute peuvent alors arriver à toucher le bois du guidonnage, mais sans s'y incruster, car la détente du ressort est impuissante à produire cette pénétration, dont nous verrons plus loin la cause déterminante.
Souvent, en hiver, il se forme dans le puits d'extraction, qui sert en général à l'entrée de l'air frais, de grandes aiguilles de glace qui font saillie à l'intérieur, rétrécissent le passage utile et peuvent encore accrocher les griffes du parachute.
Il arrive aussi, par un défaut opposé, que les parachutes ne fonctionnent pas au moment utile, leur jeu se trouvant entravé par la rouille ou la poussière. D'autres fois, le mécanisme arrive bien à se déclancher, mais le càble, en fouettant contre les parois, pendant que la cage se trouve précipitée dans le vide, acquiert, par cette circonstance (*) , une tension suffisante pour empêcher les griffes de s'écarter à la distance voulue.
[*) Les parachutes, répandus en France, quoique encore très discutés, sont à peu prés inconnus en Angleterre, où Ton ne prend môme pas la précaution d'amortir la vitesse. Mais il est juste de dire que les câbles y sont l'objet d'une surveillance très attentive.
(*) Analogue à l'emploi du çuide-rope^ qui est destiné k arrêter la course d'un aérostat, au moment où l'aéronaute cherche à atterrir.
APPAREIL lyEXTRACTIOxN. 37
Lors même que tous les organes ont convenablement fonctionné, il peut arriver que, le câble se trouvant rompu à une grande distance au-dessus de la cage (*), qui s'est arrêtée sur le guidonnage, sa chute sur le toit de cette dernière y exerce un choc assez intense, pour entraîner de nouveau le tout au fond.
On reproche encore au principe des parachutes la sécurité même qu'il procure , et qui est de nature à endormir la vigilance des agents préposés à la visite des câbles. Dans ces conditions, il peut arriver que les deux garanties viennent h manquer à la fois. Cette objection est peut-être la plus sérieuse de toutes. Il semble cependant qu'il n'y ait là qu'une question de discipline, et que la vigilance et l'énergie d'un directeur puissent beaucoup pour y remédier.
743 — Le parachute fonctionne du reste mieux en montant qu'à la descente. En effet, le lancé de la cage s'arrête alors bientôt de lui-même, pour être suivi d'une chute, lente au début, ce qui donne au mécanisme le temps de se dilater efficacement; tandis que, dans le second cas, une descenle rapide peut déterminer une éraflure générale du guide, sans laisser nulle part le temps nécessaire pour une pénétration profonde. Cette répartition des chances est d'ailleurs plutôt favorable; la cage montante, qui est la plus chargée, exposant à de plus grandes chances de rupture.
On a introduit dans certains parachutes un levier spécial, qui se trouve à la disposition des hommes placés dans la cage, et leur permet, si le sang-froid ne les abandonne pas, de déterminer euxmêmes le fonctionnement du parachute, dans le cas où quelque irrégularité l'empêcherait de se déclancher spontanément. Les mineurs peuvent également s'en servir pour se suspendre au guidonnage, si une inadvertance du mécanicien les menace de descendre la cage dans le mauvais air, ou dans l'eau du puisard.
744 — Classification. — On peut, d'après le choix du principe essentiel mis en jeu pour le mode d'arrêt, ranger ces appareils en
(*) C'est précisément dans cette partie que s'accumule la plus gi^ande fatigue du câble, qui doit se porter lui-même. Elle présentera donc a priori le maximum de chances de ruptui*e.
six catégories distinctes, à savoir : les parachutes à griffes, à frottement, à arc-boulement, à verrous, à chaîne, à càble.
Les parachutes à griffes sont les plus répandus. Ces dernières pénètrent dans le bois des guidonnages, et y tiennent la cage suspendue. Les dispositifs se rattachent à deux types principaux. Dans le plus ancien (fig. 470), les griffes sont portées sur deux pièces di-
Fig. 470. Parachute Fontaine.
Fig. 471. Parachute Micha.
vergentesy qui tendent à écarter lesguides. Dans le second (flg. 47i), ces mâchoires sont, au contraire, convergentes comme des tenailles, et déterminent le serrage du guidonnage. Ce dernier mode présente évidemment plus de sûreté que le premier, qui tend à fausser le système de guidage, et perdrait toute efficacité si ce dernier, obéissant à Teffort qu'il subit, venait à prendre de Técartement.
Il n*est pas nécessaire de faire remarquer que les appareils à griffes ne sont applicables qu'aux guides en bois. On peut rattacher à ce principe les parachutes Aytonn, Borgsmuller, Calow et Lohmann (*), Davis, Delmich, Eichenauer, Eickhoff et Reinhold, llohendahl, Fontaine (*), Hoppe, Hypersiel (*), Jacquet (*), Jordé, Legrand (*),
(*) W'arington Smith, la houille, p. 251. («) Comte [Annales, h\ I, 169; n,553).
(5) Favct [BulL min., 2% UI, 347). — H. Glépin (Rev, univ. d. m. et m., 1", XL, 167).
(♦) Haton de la Goupillière {Bull. Soc. (Tenc., 2«, XIX, 155). (») Rev. univ.d. m. et u., 1873, 409.
Machecourt (% Owen, Ramdohr, Reichspatent, Schœneinann ^}, Sévrin, Taza-Villain f), Veillon (*), White et Grant, etc.
745 — Le parachute à frottement ne présente pas la môme certitude. Il n'arrête pas géométriquement, mais uniquement en épuisant progressivement la force vive de la chute, par le travail négatif d'un frottement sufBsamment énergique.
Ce principe présente l'avantage de pouvoir s'appliquer aux guides en fer. On le trouve employé dans les parachutes Bellhousc (*) , Bierneaux, Bourdon, Delsaux, Fourdinier, Frédureau (*), Garéneaux Jordan, King, Nyst ('), Piérard, etc.
746 — Le parachute à arc-boutement n'arrête pas non plus géométriquement le parcours. Le glissement reste possible au point de vue cinématique; mais on a soin de disposer les directions des forces d'après les lois connues du frottement en mouvement, de manière à rendre ainsi le déplacement impraticable, tandis que les règles du frottement en repos laissent l'équilibre possible (').
Le mode d'arrêt dans ces conditions est si absolu et si dur, qu'il est indispensable d'interposer des ressorts de choc, pour éviter les ruptures de pièces. En effet, il n'admet théoriquement, à l'inverse des deux systèmes précédents, aucun déplacement appréciable. Il faut donc des efforts incomparablement plus intenses pour produire, dans la réalité, le travail nécessaire à la destruction de la force vive.
Parfois on munit les cames de petites stries (fig. 471), pour effectuer entre les surfaces théoriques une sorte de prise mutuelle.
On peut rattacher à ce type les parachutes Benninghaus (•), Du
(<) Machecourt (Annales, 4% VU, 493).
(*) D^Ad. Gurlt, Bergbau und Hûttenkunde, 1884, p. 68.
(») Jïtt//. mm., 1", XI1I,547.
(*) CBM, 1876, juin, 18.
(*) D^ Ad. Gurlt, Bergbau und Hûttenkunde, 1884, p. 69.
(•) Annales, 6% VU, 113.
Y) Bev. unit. d. m. et u., 1'*, XI, 246.
(*} Haton de la Goupilliëre, Traité des mécanismes, p 370.
(^) Kôhler, Lehrbuch der Bergbaukunde, 377.
vergier, Lehmann, Libotte (*), Miclia (•), Otto, Salva f), Wliite et Grand (*), etc.
747 — Le quatrième principe est celui des verrous^ destinés à s'enchevêtrer entre les moises du guidonnage, comme dans les systèmes Buttgenbach, Paul Fayol, Turner (*), etc.
Ici encore, l'arrêt est trop absolu et trop brusque. Il expose à cisailler les verrous. Pour y remédier, M. P. Fayol associe à ces derniers un frein destiné à amortir le choc. Si la rupture a lieu très près d'une moise, le frein n'a, il est vrai, presque pas le temps de frotter, mais aussi la force vive n'a pas eu davantage la possibilité de s'accroître d'une manière importante, par l'effet de la chute. Si, au contraire, la rupture s'effectue loin de la moise, le frottement produit un travail proportionnel à celui de la pesanteur, puisque c'est sur une même hauteur que ces deux forces constantes
développent leur action.
748 — On a combiné, dans le comté de Cornwall (*), avec la substitution des chaînes dM\ câbles d'extraction, l'emploi de trappes qui sont baissées sur l'orifice du puits, pour faire fonction de parachute. La chaîne montante a la liberté de passer, en les soulevant légèrement; mais, si elle vient à casser au-dessus de ce point, elle ne peut plus redescendre, et reste pincée entre les lèvres des deux trappes, qui se referment exactement. Or les chances de rupture sont les plus grandes pour la chaîne montante, qui est la plus chargée, et, de plus, les pires conditions de fatigue sont pour sa partie supérieure qui supporte tout le poids de la chaîne elle-même, suspendue verticalement dans le puits. On pourrait objecter que, dans un appareil ordinaire, la portion de chaîne située en dehors du puits devient
(•) CHM, 1875, décembre 6. — Hev. univ., d. m, et m., l'*, XL, 164. — Annalea industrielles, !•' octobre 1871.
(«) Génie industriel, avril 1807.
(*) Haton de la Goupilliére (Bull. Soc. denc, 2", XIX, 017. — Hemie des êociélés savantes, 2*, IX, 4).
(*) Kôhler, Lehrbuch der Bergbaukunde, 373.
(») Bull, min., 2% lY, 334.
^) Moissenet [ilnna/e«, 6% II, 155).
insignifiante, ce qui réduit démesurément les chances en question. Mais, dans le district dont il s'agit, il arrive fréquemment que la chaîne soit renvoyée horizontalement à d'assez grandes distances, de manière à faire desservir plusieurs puits d'extraction par un même tambour vertical et le moteur qui le commande (n** 775).
14^9 — Un dernier principe a fourni le parachute à câble, appelé aussi parachute d'équilibre (systèmes Cousin, Pages). Il est à peu près le seul (^) qui puisse s'adapter aux guidonnages en câbles.
Une corde spéciale, ou même l'un des câbles-guides, ou deux d'entre eux, passent sur des poulies à la partie supérieure, et s'attachent à un poids plus grand que celui de l'enlevage, reposant sur son siège en temps ordinaire. Une main de fer suit ce câble pendant le parcours, mais reste ouverte sans le serrer. En cas de rupture du câble porteur, un déclanchement détermine le serrage de cette main. Elle pince alors le câble-parachute et l'entraîne dans le mouvement de la cage, en soulevant de terre le contrepoids, dont la masse prépondérante a bientôt amorti la force vive du système.
750 — Parachute Fontaine. — Pour donner plus de précision aux généralités qui précèdent, je décrirai avec détails, en terminant, l'un des parachutes les plus anciens (*) et les plus répandus : celui de Fontaine (fig. 470).
La cage est supportée par une traverse A, portant les mains de fer a, qui embrassent les guides en bois B. Une seconde traverse a fait corps avec A. Elle est évidée suivant son plan de symétrie vers les deux extrémités, et laisse passer entre ses deux branches les bras C, terminés par des griffes c, et jouant sur des charnières y portées par la pièce D. Cette dernière est suspendue directement au câble. Elle supporte le châssis de la cage, en comprimant, sous la face inférieure de la traverse a, des ressorts à boudin E. Dans ces conditions, tout le système passe librement entre les guidonnages.
(■) Cependant H. King a proposé, pour les mêmes guidomiages, un parachute à frottement (Habets, Rev. univ. d. m. et ti., 2*, XI, 124).
0 Le premier en date parait éti'e le parachute Machecourt, qui a été employé en 1845 aux mines de la Machine (Decize, Nièvre).
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Mais si l*on imagine que le câble vienne à se rompre, les ressorts E, qui ne restaient comprimés qu'en raison de l'antagonisme développé entre la tension de ce dernier et le poids de la cage, vont se dilater instantanément. La pièce D est donc rappelée vivement vers le bas, en prenant, par ce déplacement subit, l'avance sur la mise en mouvement que subit progressivement la cage A, sous l'action de la pesanteur. Il arrive, d'après cela, dans le triangle rectangle formé par la fourche horizontale a, la hauteur D et Thypoténuse C, que, la première restant constante, le seconde va décroître. L'inclinaison de l'hypoténuse doit donc elle-même diminuer. Par suite, la griffe, qui restait jusque-là intérieui'e au guidonnage, s'en rapproche et va s'appuyer contre lui.
Ce ne sera cependanl pas encore la pénétration, car la ^eule force mise enjeu au contact provient de celle du ressort E, qui est insignifiante. Mais la griffe C, se trouvant ainsi arrêtée dans sa chute, est bientôt rejointe par la traverse A, qui est mise en mouvement sous l'influence de son poids et vient tomber sur la tête de C comme une énorme massue, car elle fait corps avec la cage. C'est ce choc intense qui détermine la pénétration des griffes c dans le bois du guidonnage.
Ce remarquable appareil a reçu de M. Fontaine fils un nouveau perfectionnement C), par l'introduction d'un ressort spécial nommé tendeur compensateur. Ce ressort, plus raide que E, est interposé ' entre la suspension D et le câble. Il sert, en quelque sorte, d'écran destiné à intercepter pour son propre compte la propagation des oscillations du câble, dont les variations de tension sont d'abord emmagasinées pour rapprocher ce tendeur de sa forme naturelle, avant de se transmettre plus loin, jusqu'au parachute. On évite ainsi de mettre le ressort E dans des alternatives perpétuelles, dues aux variations de tension du câble, ce qui risquerait, comme nous l'avons vu (n° 742), d'engager les griffes hors de propos. Si, au contraire, le câble vient à se rompre, la tension disparait partout, et tous les ressorts se débandent. Celui du parachute opère donc alors son déclanchement, de la manière qui a été expliquée.
(») CRM, 1875, décembre, 7,
CHEVALBIHBIMT
751 — Chevalement. — On appelle chevalement, chevalet, ou belle- fleur (^) , une charpente d'une grande élévation, que l'on établit sur rorîfice des puits d'extraction, pour supporter les poulies, ou molettes, destinées à donner au câble sa direction suivant la verticale du puits, en le renvoyant, d'autre part, à la chambre des machines. La hauteur doit être importante, car il faut qu'elle comprenne: 1" toute la hauteur delà cage quand elle sort de terre, et même parfois celle d'un chapelet de bennes (n** 766), encore plus allongé suivant la verticale; 2"* une petite amplitude pour permettre les manœuvres sur les clichages; 3° un espace surabondant d'au moins 5 mètres, appelé hauteur de sécurité, et destiné à éviter qu'une faussemanœuvre ne provoque la rencontre des molettes par laçage; 4* le rayon de la molette. Certains chevalements approchent du chiffre de 40 mètres. Le chiffre de 10 à 15 mètres peut être considéré comme un minimum.
Les chevalements se contruisent en bois, en fer, ou en maçonnerie.
Le chevalement en bois (ûg. 40 et 41, tomel) ne présente rien de bien particulier. C'est un tronc de pyramide quadrangulaire en charpente, établi avec une grande solidité. Les pièces de bois reposent sur des dés en pierre, afin que leur pied soit garanti conti*e l'action de l'humidité. Ce type a l'inconvénient d'être sujet à l'incendie, et cette circonstance doit le faire proscrire des puits sujets aux dégagements instantanés de grisou (n** iOOo).
Le^ chevalements en maçonnerie (fig. 472, 473, 474) se rencontrent, d'après des habitudes locales, dans certaines régions telles que le Gard, le bassin de Brassac, celui de Westphalie, etc. Ils sont chers et encombrants, mais d'une durée indéfinie, ce qui leur donne un
(*) Eichenauer, Seilscheibengenisle der Bergwerk* ^ Fôrdermatchinen: Leipzick
avantage sur l'emploi du bois. Il ne faut pas, du reste, s'exagérer rinconvénient de l'encombrement. Presque tout ce qui entre par l'orifice du puits doit également traverser la recelte inférieure. Il
Fig. «71, t73, tit
nifonnerifi (plan, coupo et 'lËvalion).
n'y a donc pas lieu, en général, d'exécuter à la surface des manœuvres plus compliquées que dans le fond, où l'espace est encore plus limité.
TG2 — Les chevalements métalliques (fig. 475, 476, 477) sont de plusen plus à l'ordre du jour ('). L'emploi du fer a permis d'apporter dans ces constructions une légèreté, une simplification et une élè-
(') Robert {Bull, mm.,*, II. 295). — CRM. 1876. avril. 10, Imbert; n l(omn;lS80, 57, Hartin; 178, GraiUol; 1881,67, Fougerat.
APPAREIL D'EXTRiCTION. 45
(tance toutes nouvelles. Le chevalement se trouve réduit, en quelque sorte, aux lignes essentielles pour sa stabilité.
^*r«;w=5rc?0S*»?*(^r
Flg. 475 et »6. Chcvilrment en Ue (plâD et éldnUon).
Dans les uns, les montants sont façonnés et rivés comme des bouilleurs de chaudières ù vapeur. D'autres fois, on compose leur section de quatre arcs à cornières, en gardant à Textéricur tous les boulons. On emploie aussi des poutres creuses rectangulaires en tôle.
Fig. 477. Chevalement métallique
Ces ouvrages, d'un prix assez variable, coûtent de 150 à 200 fr. la tonne, et même plus. Un chevalement de 15 mètres peut peser environ 25 tonnes. On voit, pour de plus grandes hauteurs, le poids dépasser 40 tonnes (*).
En poussant la simplification jusqu'à sa dernière expression, on obtient le chevalement-grue (fig. 478) (*); sa forme est à peu près celle d'un balancier de machine à vapeur, c'est-à-dire une ellipse très allongée et formée de deux flasques en treillis, entretoisées ensemble. L'ensemble repose sur le sol par un point voisin d'un des sommets de l'ellipse, de manière à disposer le diamètre conjugué
(*) A la fosse n* 5 de Courrières (Pas-de-Calais), on a employé un système mixte, consistant en quatre piliers de maçonnerie surmontés d*un chevalet en fer. («) Chansselle et de Loriol (Bull, min,, 2% IV, 824). — CUM, 1876. juin, 20.
à peu près suivant la bissectrice des deux brins du câtle, qui passe sur les molettes installées à la partie supérieure. De forts haubans, amarrés en arrière, contribuent à retenir cette extrémité sous l'inclinaison voulue.
Fig 478. Chevalement-grue. Puits Graf-Beust (Essen).
Au chevalement se relie généralement un édifice d'ensemble, d'une exécution plus ou moins complète, plus ou moins architecturale. Les figures 479, 480, et la figure 481 qui est exécutée à une échelle moitié moindre, représentent, comme exemple, le siège d'extraction de la fosse Renard n*" 2, établi à Denain parla compagnie d'Anzin.
753 — Le chevalement disparait tout naturellement dans les
installalions intérieures. Il existe quelques exemples de ce genre d'exlraction. Je citerai notamment le puits central de la mine de Portes (Gard) (fig. 482). Les matières sont alors élevées, non plus jusqu'au point d'intersection de ta verticale du puits avec le sol.
mais seulement jusqu'à un niveau intermédiaire, d'où elles sortent au jour en egalie.
Si la profondeur ainsi rachetée est peu considérable, on peut, pour plus de simplicité, laisser la machine au jour, et elle présente encore, dans ce cas, la particularité de la suppression du chevalet, les molettes se trouvant au ras du sol, au niveau des bobines. La distance de la recette au jour est toujours, en effet, plus que suffisante pour former l'équivalent d'un chevalement, sans quoi la combinaison n'aurait aucune raison d'éti-e.
Kig. i83.
On peut encore signaler dans cet ordre d'idées, mais cette fois en conservant le chevalement, un dispositif exceptionnel qui se rencontre à la mine de Heg (près de Grund, Hartz). Le puits A(fig. 483) débouche en B sur la montagne. D'autre part, une galerie part du fond de la vallée en C, et rejoint le puits à l'accrochage D. Il suffirait, d'après le principe précédent, d'extraire sur la hauteur AD, et d'effectuer ensuite le roulage DC, jusqu'aux usines qui se trouvent installées en C. Mais il existe en ce point une station balnéaire , d'où les étrangers seraient promptement chassés par le grillage des pyrites. Aussi les aires destinées à cette opération ont-elles été installées en B. On extrait donc le minerai à la manière ordinaire jusqu'en B, puis on le redescend à charge, après grillage, de B en D, et l'on roule les matières jusqu'à la fonderie, dans la galerie DC. Cette opération compliquée a paru, en raison des conditions de la surface, plus avantageuse que l'installation de plans automoteurs extérieurs, sur les déclivités du profil BC.
754 — Molettes. — On désigne sous le nom de molettes y de grandes poulies destinées à renvoyer le câble, de la bobine dans le puits (fig. 484, 485). Le diamètre doit être considérable, surtout pour les câbles d'acier. On l'a, dans ce dernier cas, poussé jusqu'à 6 mètres, et il ne doit pas être inférieur à 4 mètres. A cet égard, on a indiqué le chiffre de 1000 à 1400 fois le diamètre du fil de fer élémentaire qui entre dans la composition du câble, et 2000 ou 2100 fois celui du fil d'acier. Pour les textiles, on prend 50 fois le diamètre du câble lui-même (*).
C) Reuleaux {Le Coruiructeur) admet seulement 555 diamètres pour le fil de fer, et 25 fois le diamètre du cAble de textiles. On a été, quoique rarement, dans certaines mines, jusqu'à 80 et 100 fois la valeur de ce dernier.
Quant à l'angle que forment entre eux les deux brins du câble, il ne doit pas être inférieur à 40 ou 60 degrés pour le fer. L'importance de cet élément diminue à mesure que le rayon d'enroulement augmente.
L'obliquité sous laquelle le câble rond se présente par rapport au plan de la poulie, suivant les progrès de son enroulement sur le tambour, a l'inconvénient de déterminer des frottements fâcheux sur les joues des molettes et sur les spires du treuil. On a réussi à diminuer son maximum jusqu'à 0",16 pour 30 mètres de distance, soit un rapport de 0,0053. En revanche, on l'a porté dans d'autres cas à O",?! pour 20 mètres, d'où un rapport de 0,0530. On a imaginé, pour supprimer complètementcette influence, une molette à vis. L'axe de rotation est alors fileté et engagé, non plus dans des paliers ordinaires, mais dans des écrous, de manière à déplacer le plan de la bobine parallèlement à lui-môme, en le maintenant constamment en face du point d'enroulement sur le tambour.
On a aussi employé des suspensions à ressort, pour amortir la transmission au chevalemeni, des vibrations éprouvées par le câble. Ce dernier s'appuie sur une garnîtui'e de bois dans le fond de la gorge, qui est munie de deux joues pour empêcher la chute du câble. Cette gorge est en fonte. Les bras de fer y sont noyés. Ils sont implantés sur l'axe de fer, en dessinant les génératrices de deux troncs de cône, qui seraient opposés par la grande base.
On a essayé (') de supprimer les molettes, en plaçant les bobines au niveau du sommet du chevalement, et â l'aplomb de l'axe du
(élÉva'
(*) A la mine du Lac (Ai-d(che). en raison desquelles CElle combinaison ne serait pas à recommandei'
puits, avec adjonction, à un niveau inférieur, d'un rouleau de renvoi, pour tenir compte de la variation du rayon d'enroulement. A cet effet, l'orifice du puits a été recouvert d'une voûte d'arête, sur la plate-forme de laquelle se trouve installée la machine d'extraction, tandis qu'un orifice, percé dans le cerveau de cette voûte, permet au mécanicien d'apercevoir les manœuvres de la recette.
755 — Évite-molettes. — On désigne sous ce nom divers appareils de sûreté, destinés à empêcher que, par une inadvertance du mécanicien, la cage, au lieu de s'arrêter à l'orifice du puits, ne soit envoyée aux molettes, en y déterminant un choc destructeur à la fois du câble, des molettes, de la cage et, par-dessus tout, des hommes que celle-ci peut renfermer (*).
Dn premier principe, le meilleur assurément, consiste à faire exécuter automatiquement par l'appareil la manœuvre du moteur, que la distraction du mécanicien lui a fait accidentellement omettre, ainsi que d'autres mouvements de nature à réparer les conséquences de cet oubli {'). On dispose à cet effet, à la limite de hauteur que ne doit pas franchir la cage, un taquet qui actionne, à l'aide de tringles de lenvoi, les organes de la machine motrice, en fermant le régulateur d'admission, ouvrant les purgeurs, engageant le frein à vapeur, ou môme la contre- vapeur. Si le frein est assez énergique, et la hauteur du chevalement suffisante, le choc sera ainsi évité.
A Nixon's Navigation (South-Wales), un engrenage, à rapport de vitesse très réduit, tourne avec l'arbre de la machine, en ne faisant qu'un demi-tour par ascension. Il vient engager le frein aux extrémités, de manière à aiTêter la machine au point voulu si le mécanicien n'est pas sur ses gardes. Quand, au contraire, ce dernier est attentif, il débraye l'engrenage avant la fin de la course, afin de gouverner lui-même.
Il est bon de faire manœuvrer directement par l'évite-molettes
(«) Bull, mm., V*, IV, 777; 2«, IV, 550, 352.
(«) Modérateur de vitesse Wéry (Bull, min., 2«, XHI, 203. — CRM, 184, «6). — Delsaux (Rev. univ, d. m. et ti., 1",VII, 369).
un tiroir accessoire, et non le tiroir ordinaire, de peur que le levier de distribution, ainsi déplacé, ne vienne frapper le mécanicien.
D'autres moyens d'action, négligeant le moteur, exercent leur influence dans l'appareil d'extraction lui-même. Mais ce ne sont que des palliatifs qui, en évitant le désastre complet, le remplacent par un dérangement d'une importance secondaire et plus facile à réparer. On a, dans cet ordre d'idées, prolongé le guidonnage dans l'intérieur du chevalement, en le rétrécissant légèrement par une faible convergence des longuerines, qui cessent par là d'être, comme dans le puits, rigoureusement parallèles. La cage s'arrête donc nécessairement à un certain point , et y reste ordinairement coincée. Sinon, elle retombe sur son parachute, ou mieux, sur un clichage spécial, que son passage à une certaine hauteur a fait saillir au-dessous d'elle. Le câble, ordinairement brisé par le choc, saute par-dessus la molette et se trouve renvoyé sur la chambre des machines, dont il brise la toiture en y exerçant de grands
ravages.
On a parfois, en acceptant ces dernières éventualités, cherché à éviter du moins le choc qui provoque la rupture du câble, et qui fatigue à la fois celui-ci et le chevalement. A cet effet, on dispose une cisaille qui , engagée par la montée de la cage, tranche le câble, ou une pièce en laiton, appartenant à l'attelage (*).
On a également imaginé un déclenchement spécial (fig. 486), qui fait partie de cet attelage et se débraye en arrivant au niveau dangereux. A cet effet le taquet, butant contre un arrêt fixe, se trouve forcé de basculer autour du centre de l'arc de cercle. Celui-ci sort ainsi de l'œillet, dans lequel il est engagé pour réunir les deux pièces qui tiennent, l'une à la cage et la seconde au câble. Mais on doit considérer
Fig. i86. Évitc-molcltes.
(Diagramme schémaliquc.)
(*) Évilc-moletles Walker.
comme dangereux d'introduire un assemblage aussi précaire, dans un organe qui doit présenter autant de sécurité que Tattelagc.
La même objection s'applique à des déclics, analogues à celui qui Cgure dans la sonnette du battage des pilotis.
Lorsqu'au lieu de cages guidées, on emploie des bennes libres, qui ne servent jamais à la descente des hommes, on se contente parfois de disposer, sous les molettes, un rempart qui dévie le cuffat à son arrivée. Celui-ci se trouve alors entraîné par-dessus la poulie, et va retomber de l'autre côté, en se brisant, mais sans détruire les molettes et la partie supérieure du chevalement.