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AMÉNAGEMENT DES EAUX

profondeur que dans le sens horizontal, toutes choses égales d- ailleurs, et sauf les considérations d*un ordre différent qui peuvent militer en sens opposé. En effet, cette disposition aura pour résultat de mettre en relation un plus grand cube de travaux avec une même surface topographique.

On conserve des massifs de protection contre les vieux travaux, quand on en connaît la situation, et contre les concessions limitrophes, à moins d'entente mutuelle pour effectuer l'épuisement à frais communs (n'' 902). On ménage également de tels investisons sous les rivières et les canaux.

11 est nécessaire de les déterminer attentivement, en se rendant un compte aussi exact que possible de leur influence probable. En effet, si rinvestison est trop étroit, non seulement il perd son efiGcacité, mais il devient plus nuisible que ne le serait Tenlèvement complet. Il se comporte alors, en effet, comme un coin, en résistant à l'affaissement général qui se produit de part et d'autre, et détermine un vaste éclatement, précisément dans l'axe dangereux que l'on avait en vue de protéger. Il sera, pour cela, nécessaire de s'inspirer des principes généraux qui ont été esquissés plus haut (tome I, p. 481), relativement aux ruptures du terrain, afin de disposer les massifs réservés, de manière à écarter les dislocations probables à une distance suffisante des parties de la surface les plus redou^ tables, au point de vue de l'introduction des eaux. Nous avons vu que l'on se trouve conduit ainsi à conserver des massifs, non pas suivant la verticale de ces régions, mais en se guidant d'après leurs projections orthogonales sur le plan de la couche exploitée.

891 — Les masses protectrices les plus utiles ne sont pas toujours celles que Ton ne peut ménager qu'en sacrifiant, pour cela, une partie de la matière utile. Souvent la nature y a pourvu directement, et pour des régions entières, en intercalant, enti'e l'étage exploitable et les morts-terrains aquifères, un rideau étanche d'une puissance suffisante.

On peut citer, comme un exemple classique à cet égard, la formation qui recouvre le bassin franco-belge. L'immense éponge que forment, au-dessus de l'étage houillcr, les terrains crétacés ou ter-

tiairés, renferme à sa base son propre préservatif, sous la forme d'une épaisse couche argileuse, connue sous le nom de dièves^ et sans laquelle la plupart des exploitations eussent été inabordables. Nous avons vu, en effet (*), quelle lutte formidable le mineur doit soutenir, pour les traverser avec une simple avaleresse; et la pensée de s'étendre, dans de semblables conditions, par une véritable exploitation, ne se présente même pas à l'esprit. D'innombrables trous de sonde ont criblé les dièves, pour chercher le terrain houiller. Quand on le rencontre, et que l'on doit, dès lors, s'attendre à voir des exploitations se développer dans cette région, il convient de ne pas s'en rapporter à la plasticité des dièves pour refermer le trou abandonné quand il n'est pas tube, mais de le boucher, dans tous les cas, sur une hauteur suffisante, avec du béton hydraulique.

899è — Mines sous-marines, — Il est un cas fort intéressant, pour lequel la conservation d'un puissant massif de protection s'impose avec une nécessité évidente. C'est celui des mines sousmarines. Avec une épaisseur suffisante pour l'estau réservé en couronne, et une nature favorable des terrains, la présence de la mer, effrayante pour l'imagination, n'apportera en réalité aucune complication. Il faut signaler cependant l'impossibilité où l'on se trouve alors, de recouper l'aval-pendage des couches qui plongent sous l'océan, par des puits dont l'emplacement tomberait en pleine mer, et la nécessité de suivre Texploitation en vallée, avec des tractions mécaniques (*). Mais il s'en faut de beaucoup que les mineurs aient toujours observé, à cet égard, les règles de la prudence, et l'on pourrait citer, au contraire, des exemples d'une incroyable témérité.

A la côte du Cumberland f), la mine de Huelcock, située dans la province de Saint-Just, s'avance sous la mer à 150 mètres du rivage. L'épaisseur de la couronne s'y trouve réduite, dans certai-

(*) Tome I, p. 337.

(") Tome I, p. 738.

[^ Bergeron, Asiociaiion française pour V avancement des scienceey congrès de Lyon, 1874, p. 162.

àNËNAGEHENT DES EAUX. :t5S

nés parties riches, au chiffre inimaginable de l'.SO. On entend alors nettement le roulement des galets agités par la houie. Les mineurs y sont obligés de se défendre contre les infiltrations, en calfatant les fissures de la roche, comme on le ferait pour les flancs d'un navire. On n'y est cependant, en définitive, véritablement gêné que par des venues d'eau douce à travers le mur.

Les conditions sont analogues à la mine de plomb de Perran- Zabuloc. A la cAtu de Cornwall, la mine de Botatlach s'avance

tig. S70. Wne touh- marine do BoUIltcli (Cornnill).

à 640 mètres au lai^ {Bg. 570), celle du Levant plus loin encore. A Whitehaven, les galeries s'éloignent, sous la mer d'Irlande, à ime distance de la côte qui mesure en ligne droite 3600 mètres. Bien que l'on s'y trouve à 240 mètres au-dessous du plan d'eau, l'Administration impose, pour l'exploitation, la méthode des piliers abandonnés f). Une partie du bassin de NewcasUe plonge sous la mer du Nord {•). II en est de môme, dans le South-Wales, pour la houillère de Ltanelly, dont les travaux se trouvent déjà à 1400 mètres au

[') Ton» I, p. 412.

(*) Soubejran (Annalei, S-, 1, 448). de la SocitlË pour l'aTi

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large, sous le canal de Bristol('). La houillère d'Ârnao étend ses chantiers sous la mer Cantabrique, à 550 mètres au large, et ses reconnaissances jusqu'à.3 kilomètres. La puissance est de 8 mètres- et la couronne est formée de 50 mètres, au moins, de schiste argileux (*).

898 — On a renconti'é (fig. 571 , 572), sous les eaux de la baie de Rcstrongilet, près Truro {Comwall) ('), un dépôt d'allu\ion d'étain

Flg. STI el 571. Hlnc d'éltia soui-marinc, baie de Bcslronguet (plia et coupe vcriicalc).

aurifère, présentant de 0"',90 à 2°'J0 de puissance, et reposant directement sur la roche, avec un recouvrement de 18 mètres environ de boue et de sables. Sa richesse, très variable, oscille entre 0,1 et 15 •/. en oxyde d'étain.

On avait d'abord suivi ce gisement, en refoulant la mer derrière de grandes digues, qui ont été rompues par une tempête en 1800, et dont on retrouve encore les traces. L'exploitation a été reprise en 1871 par la voie souterraine. Un puits de 23*,40 de profondeur el l'',80 de diamètre a été, pour assurer l'aérage, foncé en

{') lecornu [Annalet, >, 5IV, 300).

0 Tome I. p. 5!&, Dole 1.

ci Toylor, Bail. Soe. d'eue, 3*, [[, 310. — Cmar. CRM, avril 1870, (î.

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