RÉGIONS
Angleterre Belgique
AnglcteiTe Belgique
Anglclerre
?<0MB11ES
d'observations
RENDEMENT MANOMÉTRIQl'B
sfixmni
VOTEX!(B
■AXIMTM
On déduit de ces deux égalités :
C'est donc la dépression totale h -h h\ c'est-à-dire h ( 1 -i- -5 j , que
doit effectivement réaliser l'action déprimante de l'appareil ; et non plus seulement A, comme lorsque nous supposions le ventilateur sans résistance propre. Il s'ensuit que l'équation (1) et, par suite, la relation (3) qui en est la conséquence, doivent être modifiées, en
y remplaçant h par A (1 h — 5)- Il vient ainsi, en définitive :
atr
cr
On aura dès lors (4), pour le débit :
q = 0,65 \/2 au
ou encore
■JÎJ
irii
Telles sont les relations fondamentales (5) et (6) qui font connaître la dépression h et le débit ç, pour une mine définie par son orifice équivalent a, et un ventilateur représenté par son orifice de passage a, ainsi que son rendement manométrique k.
f 094 — En ce qui concerne l'influence de la vitesse à la jante t/, ces équations montrent que, 'pour une mine et un ventilateur donnés y le débit est proportionnel à cette vitesse ^ et la dépression à son carré.
468 AÉBAGE.
Quant aux coefficients de proportionnalité, le premier
constitue ce que Ton peut appeler le pouvoir déprimant du ventilateur par rapport à la mine d'orifice a.
Le second :
sera de même le pouvoir débitant. On voit que ce pouvoir débitant d'un ventilateur déterminé sera faible pour les mines étroites.
1095 — En ce qui concerne Tinfluence propre de la mine,
elle est plus complexe. Si l'on construit une figure représentative (fig. 676) en portant l'orifice équivalent a en abscisse (tout comme si cet orifice, de forme rectangulaire sur une hauteur constante , s'ouvrait progressivement par le tirage d'un registre) ; et si, en même temps, on élève en ordonnée soit la dépression A, soit le débit q, on obtient des courbes du troisième degré (éq. 5), ou du quatrième (éq. 6). Ce sont les courbes caractéristiques du
ventilateur, propres à peindre aux yeux son adaptation, plus ou
moins parfaite, aux différentes mines.
Avec une mine sans résistances, c'est-à-dire un orifice infini, on
obtient une asymptote horizonlale. Pour la courbe de dépression^
ÛOUTfB
Fig. 676.
Courbes earaetérbtiqaes d'un Tentilateur.
cette asymptote est Taxe des abscisses h = 0. Pour la courbe de débit, c'est une droite située à la hauteur 5r=0,92 ua^.
1096 — Données numériques. — Le ventilateur Guibal a été progressivement développé jusqu'à d'énormes dimensions: 15 mèti'es de diamètre, et une largeur de 3 à 4 mètres.
Sa vitesse angulaire peut aller alors jusqu'à 100 tours par minute, bien qu'elle soit ordinairement plus restreinte. Pour les diamètres de 2 à 5 mètres, on atteint 200 tours, et jusqu'à 800 tours pour les petits ventilateurs portatifs à air comprimé (*).
La vitesse à la jante varie d'une manière beaucoup moins prononcée. Tandis que des Guibal de 12 et 14 mètres de diamètre font 45 et 50 tours, avec des vitesses à la jante de 30 à 35 mètres, des ventilateurs de 6 mètres et 120 tours donnent 38 mètres de vitesse, et des Schiele de 3 à 5 mètres et de 150 à 200 tours développent des vilesses périmélriques de 25 à 40 mètres (*).
Le débit, dans des cas exceptionnels, approche de 100 mètres cubes d'air par seconde, et la dépression, de 20 centimètres d'eau ('), bien que ce dernier élément se limife, dans*la pratique ordinaire, à un petit nombre de centimètres.
Le tableau suivant résume un certain nombre d'exemples effectifs, à titre de renseignements.
(') Rapport adressé par la Compagnie de Blanzy à la Commission du grisou. In-4«, Paris, 1881. p. 7. — CBM, 1881, mai, 115.
{*) On a préparé, pour la houillère de llarris* Navigation, un Scbiele de 4"',34 faisant
300 tours et développant à la jante Ténorme vitesse de OS^flS. On en attend une
dépression effective de 172 millimètres, d'après le rendement manométrique ordinaire
ûe ces appareils, ta dépression théorique étant de 556 millimètres [Pi4, Angleterre, 212).
. P) Oemanet, Traité éP exploitation des mines de houille, H, 108.
Tableau.
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YENTILATOURS. 471
¥EI«TILJlTEURS A IHPULSiaAÎ OBLIQUE
t097 — Ventilateurs hélicoïdaux. — Imaginons que les palettes planes du ventilateur à force centrifuge, au lieu de rester dans des plans méridiens, se placent obliquement par rapport à celui de la roue. La force normale qu'elles exercent sur la molécule d'air placée à leur contact, se décomposera en deux autres. L'une d'elles, dirigée dans ce plan, reproduira des influences plus ou moins analogues aux précédentes, et la seconde déterminera un courant longitudinal parallèle à l'axe de rotation.
Les effets centrifuges auront pour résultat fâcheux d'accumuler, aux environs de la circonférence, les quantités d'air voisines de l'axe et, par suite, de faire varier, dans l'étendue de la section, l'action déprimante due à la propulsion longitudinale. Aussi arrivet-il que cette dernière influence se trouve en partie paralysée par les abondantes rentrées qui s'effectuent suivant l'axe, en raison de la raréfaction qui règne dans cette région.
Il convient de s'y opposer en recouvrant toute la partie centrale d'un opercule, et endiguant le courant entre deux cylindres concentriques, assez grands et assez rapprochés pour que l'on puisse, dans leur intervalle, négliger les variations dues à la force centrifuge. Le travail de cette dernière a, en effet, (n*' 1091) la valeur
— (r* — ro*), et il suffira, pour celd, que r diffère peu de r^. Entre
ces deux enveloppes, sont disposées des aubes, qui seront souvent en forme de conoïdes droits, analogues à ceux de la turbine Fontaine. Le débouché est coiffé d'un diffusoir, semblable au système des contre-aubes directrices employées dans cette même turbine.
Dans ces conditions, nous obtiendrons les mêmes équations, sauf à tenir compte de l'approximation u = u^. Les mêmes conséquences se reproduiront donc, sans qu'il soit besoin de rentrer ici dans ce détail.
Il convient seulement de dire que, dans la réalisation déjà
ancienne de l'action oblique, on n'a pas, en général, sudisainment eu égard jusqu'ici à ces indications d'une théorie qui n'arait pas
encore été formulée, particulièrement en ce qui concerne le l'edressement des aubes, ainsi que l'addition d'un difTusoir. Aussi les rendements manométriques oot- '" ilstoujoursétéasseifaiblesC).
Il est permis de croire que, complétés sous ce rapport, ces types pourront prendre plus d'importance. Ils présenteraient, au besoin, l'avantage d'une forme allongée, propre à être placée dans une galerie, et beaucoup moins exagérée dans le sens du rayon que les grands appareils envisagés ci-
Le principe de l'action oblique a été réalisé (llg. 077) dans
(<) K. Hurgue ■ dressé [Bult. min., 2>, IX, os; un labletu de 10 obsemlioiK de sembltbles i^enlituteun. qui lui onl doQDi pour minimum 0,050;
Fig SïS Veotllilear Pelicr pour moyenne 0.140 ; pour miiimum 0,330.
les vis pneumatiques de Motte (*) et de Pasquet ('), ainsi que dans les ventilateurs à ailes hélicoïdales de Davaine f), de Lesoinne (*) et de Peizer (») (fig. 678),
t098 — Avant-projet de ventilateur déprimogène. — Nous pouvons indiquer maintenant comment on jettera les premières bases d'un projet de ventilateur déprimogène (•), destiné à faire passer, par seconde, un volume g, dans une mine définie par son orifice équivalent a.
Il faudra, pour cela, développer la dépression (éq. 14, p. 395) :
Comme elle est, du reste, reliée à la vitesse u par la formule (3) :
h = kts — ,
on en déduit la vitesse à la jante :
ay/k
On se donnera la valeur de k d'après les renseignements connus pour le type qui aura été adopté C). Il régnera d'ailleurs, dans le choix de ce dernier (®), beaucoup d'arbitraire résultant, indépen-
(') PonsoDt U, 167. — Annales des travaux publics de Belgique, I, 220, 272.
(«) Ponson, U, 172.
(') Sens, Annales, 1860.
{*) Ponson, U, 180.
(») CRMy 1881, 175. 236. — Pil. Allemagne, 1^, ^ ZeUschrift BHS, XXIX, pi. XIX; XXX, 255.
n Les appareils déprimogènes sont ceux qui fournissent le meilleur rendement pour les mines lai-ges, de même que les volumogënes pour les mines étroites (Commission du Gard, Bull, min., 2«, VU, 728).
(') Voy. n« 1092, note 2, et n» 1097, note 1.
(*) Ces types deviennent tons les jours plus nombreux. Nous en avons, à diverses reprises, cité déjà un très grand nombre, auxquels on peut encore ajouter les noms suivants : Cadiat, de Goster, Dulmer, Guérin, Lloyd, Perrigault, Pengeot, Rammel, Staib, etc.
ÂÉRÀ6E.
damment des quelques raisons précises qui ont été formulées dans le cours de cette discussion, des préférences personnelles de Fingénieur, et des habitudes des constructeurs de la r^on.
La valeur de u ainsi obtenue servira à fixer, avec un nouveau degré d'arbitraire (n"" 1096), le diamètre et la vitesse angulaire.
ifc' .'
t099 — Le ventilateur une fois déterminé, il reste à calculer le moteur qui doit lui imprimer le mouvement.
Le travail à développer théoriquement par unité de temps, esiqh (n* 1023), c'est-à-dire (éq. 16, p. 594) :
On en déduit, en divisant par 75, la force en chevaux :
Si donc X désigne le rendement dynamique (') propre au type adopté, la force nominale aura pour valeur :
Xa»
(') V. Nurgue a donné pour la yaieur de X les moyennes suifantes , qui comprennent, h la fois, rinfluence des résistances passives du moteur et du ventilateur :
Action oblique 0,260
Force centrifuge, sans enveloppe 0,278
Enveloppe, sans cheminée 0,284
Enveloppe, cheminée prismatique 0,379
Enveloppe, vanne, cheminée évasée 0,467
Ce rendement varie, du reste, pour un même appareil, avec la mine & laquelle on l'applique, et il admet, pour chacun d'eux, un maximum. La Commission du Gard a fait, pour un certain nombre de ventilateurs, cette étude, dont elle a figuré les résultats au moyen de courbes représentatives (Bull, min., 2*, VU, p. 724, pi. XXIII, fig. 12). La valeur la plus élevée qu'aient fournie ces expériences a été 0,52.
On annonce, d'autre part, le rendement 0,5663 pour l'un des plus gi*and8 appareils Guibal qui aient été construits jusqu'à ce jour. Il est installé sur le puits Usworth à Newcastle : diamètre, 14" ,25; largeur, 3",80; débit, 77"',50; force, 115 chevaux.
aAba«b natvbei.
IIOO — En dehors de Vaérage mécanique, auquel nous avons consacré le chapitre précédent, il existe un certain nombre de procédés pour Vaérage tant machine». Celui qui se présente le premier à la pensée est Vaérage naturel {').
On appelle ainsi la ventilation qui nait spontanément de la conTiguralion même des travaux, et de la disposition relative des points d'accès, par lesquels ils se trouvent mis en relation avec l'atmosphère extérieure. Ce principe présente évidemment, sur tous les autres, l'avantage de l'économie. Mais cette considération, malgré son importance incontestable, doit s'effacer, quand il y a lieu, devant celle de la sécurité.
Réduisons, pour plus de simplicité, à deux points A et B (ûg. 679), les orifices d'entrée et de sortie, et à ACDB la configuration intérieure des travaux.
Nous prolongerons par la pensée en AE, dans le sein de l'atmosphère extérieure, le puits AC, de manière à con- ng. en.
(') On oppose souTent t cette eipression celle à'aéragc artificiel, qui comprend, C l( TcntUilion mécanique, tous les autres procédés d'nérage sans machines.
stiUier« i^YiT ren-^n[ir.>, en t^ii? #n T plria d'iir en LUC Les deox bran^h^ D3 H E3 était eril-?^- fcs drttsi-^^ li-e* îiîî» qui W retnpîUscnl de-^rakcl ^tue î«ieîi!i-;iies, pwr qr»? r^j^illbre fût p>-5Îbfe. Or crtte r»r.-iîîi»a ifc? <•?« pas rwliâêe, «i zêr>rriî. d'après !•?* dîfrên?n«:i?s iL-^îc»)r.»î:'ci jœ^^ •i-? nr.tériear à re\!-fv:îir-
saïKe de Isî-m'rfne.
Si nous admrtl»jas pr*'jiii*jîreni-?iil q•>:^ le? parties >:K2lemi2^îs AC et FD se trouvent dans des r.>nditioa> s'mîiiinfs, il restera "îetilemenl à compan?r I-es coî»»nn^s d'air AE et BF. En été, Vkir e\*^ rieur AE y^rz plas ch jud et. p-ôr CMnîô^UfrnL pljs tr-^er qrie celui de la mîiM?, qui remplit BF. Cesl donc ce dernier quL par s»>o suncr^l de poids, déterminera uœ circulatî<>n dans le sens BDilA. En hiver. an OfHitraire, Fair atm«>5phêrî«jue sera plus dense que celui de la mine, dont la température, sans rester ak«jlunient cv>nstaate. aura Tarie dans des limites moins étendues. Le 0)urant se renTersera donc, et prendra la direction ACE»B-
Ce n'est du reste que pour simplifier, que nous avons faiU dans ce raisonnement, abstraction des liauteurs AC et FV* o>mme si elles étaient sans influence. En réalité, il ne saurait en être ainsi. En effet, Fair ne prend pas instantanément la température de llntêrieor, lorsqu'il y arrive du dehors. D ne change que pro-^ressivement d'état. D régnera donc une certaine difiérence entre les deui eolonnes AC et FD. suivant qu'elles serriront à Feutrée ou à la sortie du courant. La profondeur des travaux exerce, par conséquent, une influence propre, indépendamment de Faction, plus directe, due à la dénivellation des orifices qui établissent leur communication avec le jour.
f f #i — La circonstance caractéristique du phénomène que nous venons d'esquisser, consiste dans le changement de sens, de l'été à Fhiver; inversion qui pourra même se produire un certain nombre de fois dans le cours de Fannée, au moment des grands changements atmosphériques. S'il devait s*opérer d'une manière instantanée, ce renversement serait plus acceptable. Mais il est clair, au contraire, que Fon passera par un ralentisse-
ment, suivi d'une stagnation, et d'une mise en train^ lente au début. En un mot, la mine se trouvera, pendant quelque temps, sans aérage: et justement lors des crises atmosphériques propres à surexciter, dans les gîtes grisouteux, les causes d'infection des travaux (n® 1009^. C'est donc au moment où l'on aurait besoin d'agir avec un redoublement d'activité, que l'on se trouve absolument désarmé. Dans certaines mines, on voit» pendant les jours d'orage, le courant s'arrêter ; l'air devient lourde les hommes sont pris d'une sorte de faiblesse, et la production s'en ressent immédiatement.
Indépendamment des effets de cette stagnation, le renversement du courant présente encore d'autres inconvénients. Nous avons vu» par exemple, que l'on doit s'attacher à la circulation ascensionnelle (n*' 4048), prescription qui ne saurait se concilier avec la possibilité des changements de sens.
II arrive aus^ quelquefois que les parties supérieures des houillères renferment d'anciens feux, qui donnent beaucoup d'acide carbonique. En hiver, l'aérage sera montant, et refoulera ce gaz; mais, en été, il tendra à le rabattre, en ayant, pour cela, l'aide de la densité de ce produit délétère, qui infectera les étages inférieurs.
Ces considérations montrent que l'aérage artificiel, avec ou sans machines, présente des chances de régularité et d'efficacité plus satisfaisantes que la ventilation naturelle. Si une avarie se déclare dans les appareils, on a le temps de faire sortir les hommes, pour remédier au dérangement et reprendre l'aérage avec plus d'activité. En outre, en dehors de l'hypothèse d'un arrôt accidentel, on a en mains le moyen d'activer la marche du courant, lorsque les circonstances le réclament. La statistique des accidents s'est montrée favorable à cette manière de voir, là où des moyens artificiels ont été substitués à l'aérage naturel.
tiOlS — On ne doit pas perdre de vue, que les influences atmosphériques que nous venons d'analyser, comme constituant l'agent unique de la ventilation abandonnée à elle-même, sont, de leur nature, inévitables. Elles ne cesseront donc pas de s'exercer, lors même que l'on intervient directement, avec des procédés artificiels,
478 AËRÀGE.
pour la production du courant. Elles viendront en aide à ces moyens, ou s^établiront en antagonisme, suivant les circonstances. L'aérage naturel, qui reste souvent le seul agent employé pour Tassainissement des travaux souterrains, en constitue donc toujours un facteur, dont rimportance ne saurait être complètement négligée.
Son effet se combine avec celui de Taérage artificiel, par l'addition algébrique de leurs dépi-essions :
hi = h±: h\
suivant qu'ils agissent, ou non, en même sens. On a vu d'ailleurs (n^ 1Ô26) que la dépression est proportionnelle au carré du débit. C'est donc par leurs carrés que s'ajouteront les volumes, qui correspondraient individuellement à chacune de ces deux causes de ventilation, et l'on aura comme résultat :
it03. — Le seul fait que la mise en mouvement de l'air des travaux a été déjà provoquée, par des causes accidentelles ou artificielles, pouiTa être un agent de prolongation spontanée de ce régime, si ces causes viennent a cesser de s'exercer. En effet, l'air qui entre à la température extérieure, différente de celle du fond, tend à se rapprocher progressivement de cette dernière, d'où il résulte, même pour deux puits d'égale hauteur, des différences entre les densités moyennes, qui sont incompatibles avec l'équilibre, et entretiendront, dès lors, la continuation de l'écoulement.
C'est à cette cause qu'il faut rapporter les observations, très discordantes d'ailleurs, qui ont été faites, dans divers cas, sur la prolongation de l'aérage après l'arrêt du ventilateur. Ces écarts s'expliquent naturellement par l'inégalité des conditions locales, dans lesquelles résident les causes efficientes de ce mouvement spontané. Parfois on l'a vu durer pendant six heures après l'arrêt de la machine (') ; d'autres fois, il cesse presque instantanément.
(*) Proceedings of the South Walea Inêtitulion of Engineers, V.
AËRÂGE SANS MACHINES. 479
Théoriquement, en l'absence de toute action motrice pouvant être rapportée à Taérage naturel, et en raison seulement du lancé, cette durée devrait être infinie. En effet, la seule force retardatrice qui tende alors à réduire la force vive étant le frottement, que Ton peut considérer comme proportionnel au carré de la vitesse, l'accélération se réduirait à la forme :
dt - '^"^ '
ce qui donne :
et, en intégrant
i dv
dt =
A \i; VoJ
On doit donc faire t = oo pour avoir v = 0. Mais il arrive, en même temps, si l'on effectue le calcul sur des exemples numériques, que la vitesse tombe, en moins d'une minute, à des valeurs insignifiantes (*).
tt04 — Cheminées d'aérage. — On a essayé d'activer l'aérage naturel, en développant sa cause essentielle, qui est la différence de niveau des débouchés. Il suffit, pour cela, de surmonter le puits le plus élevé d'une cheminée d'aérage, qui en reporte l'orifice à une plus grande hauteur. Quelques-uns de ces édifices dépassent cinquante mètres ('), bien qu'ils soient ordinairement de dimensions très restreintes. 11 est clair que ce moyen présente l'inconvénient de condamner absolument le puits à ne servir que de voie d'air, san« qu'il soit possible d'y installer aucun service.
Il est, en outre, facile de se rendre compte du peu d'efficacité de ce procédé, à mettre en parallèle avec les frais et les embarras dont il est l'occasion. Si, en effet, nous assimilons l'air intérieur
(^) Commission du Gard, BulL min., 2*, VU, 730. (*) Ponson, Traité dee mines de houille. II, 73.
a£râge.
à un liquide qui s'écoule par Torifice À (fig. 679), sous la charge BF = H, sa vitesse sera proportionnelle à ^. Cette expression deviendra ^H -H K si l'on surmonte le puits B d'une cheminée de hauteur h. Si donc on veut établir, entre la nouvelle et Fancienne vitesse, un rapport m, il faudra poser :
d'où il suit :
yfWTh = my/W,
On voit par là, d'une part, que la hauteur de la cheminée doit être, pour un même effet à produire, proportionnelle à la dénivellation préexistante. Si donc il est intéressant d'augmenter ainsi, à peu de frais, l'influence d'une différence de niveau vraiment insuffisante, il serait déraisonnable de chercher à améliorer, par ce procédé, celles qui sont déjà notables par elles-mêmes.
D'un autre côté, la hauteur de l'ouvrage croit comme la fonction m* — 1, c'est-à-dire d'une manière très rapide, avec le degré d'efficacité m que l'on désire réaliser. Par exemple, pour doubler la vitesse, il faudra une cheminée d'une hauteur triple de la dénivellation proposée.
On a également employé ces cheminées, en Angleterre ('), pour augmenter Teflet des foyers d'aérage, à l'élude desquels nous arrivons maintenant. Quelquefois même, le puits sert en même temps à l'extraction. On garantit alors, autant que possible, les moulineurs des fumées, en soutirant la plus grande partie de celles-ci, un peu au-dessous de la recette, par un couloir surmonté d'une cheminée qui approche, dans certains cas, de 30 mètres de hauteur.
FOYERS D*JlÉSJl6E
tt05 — L'aérage naturel étant fondé sur une difféi^ence de température, on s'est trouve logiquement amené à la produire d'une
(') PA, Angleterre, 79.
ÂÉRAGB SANS MACHINES. 481
manière artificielle à l'aide d'un foyer (*). Cette combinaison se trouve d'autant mieux indiquée, que non seulement on a, dans les houillères, le combustible sous la main, mais que certaines sortes inférieures, difficilement acceptées par le commerce, et incapables de supporter des frais de transport, seront avantageusement utilisées de cette manière, en même temps que sur les grilles des générateurs à vapeur.
On appelait autrefois toque-feu (fig. 680) une corbeille métallique remplie de charbon incandescent, et suspendue, à l'aide d'un treuil et d'une chaîne, dans le puits de retour d'air. Quand le combustible était à peu près consumé, on remontait cette corbeille, pour la charger et la redescendre en place. La nécessité de ces manœuvres répétées empochait d'in sfaller le toque-feu à une grande profon deur. D'après cela, outre que cette combinaison présente un danger inacceptable dans les mines à grisou, elle est évidemment irrationnelle, car la vraie place du foyer est au fond du puits de retour d'air. En le mettant plus avant dans les travaux, on userait inutilement son influence par des résistances à vaincre dans le parcours horizontal, et l'on gênerait la circulation dans celte partie de la mine. En le plaçant plus haut dans le puits, on sacrifie gratuitement une partie de la hauteur qui produit le tirage.
Fig. 680. Toque-feu.
ii06 — Les foyers d'aérage (fig. 681) ont l'avantage d'être
moins sujets aux dérangements que les appareils mécaniques. De plus, si une avarie vient à se produire, la chaleur emmagasinée dans les parois du foyer et du puits suffit à entretenir, pendant un certain temps, une ventilation efficace (n** H03).
Il n'oblige pas d'une manière absolue à fermer un puits, comme le nécessite l'emploi des ventilateurs (n*' 1061), bien qu'il y apporte
(') Cet usage est ancien, et constaté déjà dans le dix-septième siècle (B. Fysen, Sancta regia tive hiêtoriarum^ etc.).
fll»7 On i^ril. cil rv»j[i-:he. rv.'-p" is-^r a.u. f-r-jcfs !■-? ino-inv-î.i'r.'.ls '^'li^aJlts. Dalrird leur «-ff. l [i>-t p3> o^it.'in êl ->daoetri- 'j:,r, <:'(rinrie c^lui d« ^rrn!iï-.ttiirj tmI uino.vii-^- 11 lï-i-E-e;:!!, dau~ ijti'- Ur-^ in.->'ire. de rhjjpjuuliicil^ de lair : riL^JvD..v de la \h,*->,r d'.-3ii t.-Ddjiit à àbai>i<^^r la temj-rûture. H e~f >'U»e:.t cnliîtv."- |.;,r riiNi(ji'!ité d..-< [uil^ d'a.-i-i ,..■• <\'mt le re* ->km-r.t d-il être
.', Si r-,!. fnrA t-rL-'i-^ ti«if!^ le ■!.-•-•;:; > r, fUTiiLd. I Siii^k : el i ti'- a«n^e par la u
AERAGE SANS MACHINES. 485
soigneusement surveillé, pour empêcher les infiltrations de s'y établir.
Leur emplacement au fond de la mine rend leur accès difficile, quand il s'agit de rétablir le courant après un sinistre, tandis que les ventilateurs, placés au jour, sont plus accessibles. Les foyers sont également moins bien en main, lorsqu'il s'agit, dans le service normal, de donner un coup de collier. En outre, on peut toujours redouter des chances d'incendie, malgré la précaution, qui ne doit jamais être omise, de les établir dans le rocher ei non dans la houille, d'écarter tout boisage, de les environner de maçonnerie, et même de doubles muraillements entre lesquels passe, comme réfrigérant, une partie de l'air de la mine.
ii08 — Par-dessus tout, il faut signaler la contradiction manifeste de ce moyen d'action avec la présence du grisou. On doit, nonobstant toutes les précautions possibles, considérer ce choix comme téméraire dans un gite franchement grisouteux. Une règle absolue consiste, dans toute mine suspecte, à n'alimenter le feu qu'avec de l'air pur amené directement du dehors, en établissant (les systèmes de fermeture, qui assurent d'une manière Verlaine (•outre toute éventualité de l'accès de l'air intérieur sur les grilles du foyer.
Cependant, en Angleterre, on alimente avec ce dernier, en choisissant, parmi les divers courants, le moins contaminé. On profite, en outre, du voisinage ordinaire du puits d'entrée, pour couper le fluide vicié avec une partie de l'air pur. On admet, du reste, en raison des imperfections déjà signalées (n° 1046, note 2) dans hi manière dont le courant se trouve guidé à travers les travaux, qu'une grande partie de l'air injecté quitte, à bref délai, le circuit, et revient, par le chemin le plus court, se mêler au retour d'air, ([ui se trouve ainsi sensiblement épuré en approchant du foyer. Cette proportion atteint souvent un quart, et approche parfois de la moitié.
Le rampant doit être assez allongé pour qu'en aucun cas les flammes ne puissent atteindre le puits dans lequel s'engage l'air grisouteux, et qu'il n'y arrive que des gaz chauds mais éteints. Il
lERl^E.
fduU en même tein{<, ài^nn^r à ce ram^^nt une section safd>aiile pour y modérer la TÎte^-^, qui tendrait à allonger la fiainme.
On a mis en a^ant la crainte que, les cloisons protectrice^- Tenant à être emportées par nn coup de feu, l'air Ticié puisse afRoer librement sur le foyer, et j déterminer une série de nouvelles expl«>sions. Cette éTentnalité est, en effet, dans Tordre des choses passibles, mais il convient de ne pâs s>n exagérer l'importance. Un coup de grisou capable de détruire les constructions n'aura pas manqué de disperser les charbons incande^rents. qui. dés lors, s'éteindront d'eux-mêmes.
nf
fflM — Le tableau suÎTant {*) présente nn certain nombre d'exemples numériques, relatifs aux foyers d'aéra^e. Toutefois quelques chiffres ont augmenté, depuis l'époque à laquelle ont été recueillis ctf*s renseignements. À Hetton, par exemple, on arrive, avec quatre grilk»s, à lancer 115 mètres cubes par seconde. A Seaham, on approche de 150 mètres cubes. Certains foyers atteignent aujourd*hui 60 mètres carrés de surface de grille.