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('] Dressé i l'aide des documents recueillis par N. l'ingéniear en chef des miiies
§5 THÉOBIE BES FOYEBS B'AÉBAGE
f f f O — Relation entre la dépression^ la température et la profondeur. — Nous désignerons par ^ t' les températures absolues {*) qui régnent dans les puits d'entrée et de sortie, supposés de même profondeur H. La loi de Gay-Lussac, applicable lorsque la pression reste constante, consiste en ce que le volume deTair varie proportionnellement aux températures ainsi évaluées. La colonne d'air chaud, qui remplit le puits de sortie, deviendrait donc par le refroidissement H -7. Il s'ensuit que le puits d'entrée renferme en trop,
pour l'équilibre, une hauteur d'air froid marquée par la différence,
t — t c'est-à-dire H — - — . La pression h qu'elle exercerait sur l'unité de
surface, en Texprimanl, suivant l'usage, en kilogrammes par mètre carré, ou en millimètres d'eau, s'obtiendra en multipliant cette hauteur par le poids spécifique ^ de l'air froid :
h = xs^ ^-^.
Du reste, d'après la loi de Gay-Lussac, rà se trouve, avec le poids spécifique 1 ,293 de l'air pur à la température 273 de la glace fondante, dans le rapport inverse des volumes, ou des températures absolues, ce qui donne :
(1) xst = 1,293x275 = 553,
et enfin :
Coince, dans la mission qu*il a remplie en Angleterre pour la Compagnie d'Anzîn.
On a ici converti certaines mesures, en supposant le poids de l'hectolitre de houille égal à 85 kilogi*ammes.
(') C'est-à-dire celles que Ton évalue avec l'échelle centigrade, mais en reculant le zéro de sa graduation à 273 divisions au-dessous du point de la glace fondante.
.i86 AERAGE.
Telle est la dépression que Ton crée, en élevant de ^ à ^' la température de Tair, à Taide d'un foyer d'aérage.
On peut, inversement, déduire de là réchauffement V — t nécessaire pour réaliser une dépression déterminée. Si nous mettons, en effet, cette équation sous la forme :
th t'^t
on en tire immédiatement, en la traitant comme une proportion
Pour prendre un exemple, supposons une température ambiante de 15 degrés du thermomètre usuel, une profondeur de 400 mètres, et une dépression de 50 millimètres:
/ = 4o -I- 27o = 288, Il z= 400, h = 50.
La formule (5) nous donne :
et, par suite :
L'air chaud de\Ta donc marquer 47 degrés au thennomètre ordinaire.
If If — Comparaison des foyers avec les ventilateurs (*). — La chaleur spécifique de Tair sous pression constante est 0,237. Ce nombre exprime la fraction de calorie qu'il faut fournir à un kilogramme du fluide, pour en élever d'un degré la température. Il
\}) Devillez, Ventilation des mines ^ 115.
ÂËRÂ6E SANS MACHINES. 487
en faudra, par suite, t' — t fois davantage dans le cas actuel. Si donc on échauffe un volume q d*air froid, dont le poids est riq, c'est-àdire (1) : 353^, la quantité de chaleur nécessaire sera :
ou, d'après la formule (3) :
D'un autre côté, un ventilateur chargé de débiter le même volume 7, sous la dépression A, devra développer théoriquement (n"1023)un nombre de kilogrammètres marqué par qh. Admettons que le moteur qui lui communique le mouvement, fonctionne à raison de n kilogrammes de charbon par cheval et par heure. Un seul kilogramme de combustible fournira :
kilogrammètres. Il faudra donc, pour effectuer le travail gA, consommer :
nqh
kilogrammes de charbon. Si enfin ce combustible est capable de développer N calories par unité de poids, on réalisera ainsi la quantité de chaleur ;
fit» — Imaginons un puits type, de profondeur H^ telle que ces deux modes de production de la dépression h exigent le même
«ai -s'.» .V
poids de combustible. Pour des hauteurs moindres : II < H^^, le foyer consommera plus que le ventilateur. L'avantage lui appartiendra, au contraire, pour des puits plus profonds : H > Ho.
Or, cette hauteur Hq s'obtiendra en égalant entre elles les valeurs de QetQ':
. ___ t riSqh
On en déduit :
ht 270000x0.237 555 nN
et, par suite :
66000 nN
Si, par exemple, on admet les données suivantes :
f = 15 4- 275 = 288% h = 50™" , n = li!^, N = 7000"» ,
il viendra :
Ho = 717'»,
1113 — 11 est nécessaire, toutefois, de faire observer que ces résultats ne constituent qu'une approximation. En effet, d'une part, nous avons supposé les températures constantes sur toute la hauteur des puits, tandis que t s'accroît progressivement dans le puits d'entrée , en même temps que V tend à décroître dans celui de sortie, principalement par l'influence de l'humidité, qui est très variable d'un puits à l'autre.
En second lieu, l'élévation de la température, de l à Vj n'est pas entièrement due à l'action du foyer. Une partie de cet échaufTement se développe de lui-même, sous l'influence des conditions souterraines (n** 980), et n'est pas à la charge du combustible.
D'un autre côté, en tenant compte, par le nombre n, du rende-
ment du moteur à vapeur, nous avons laissé de côté celui du ventilateur lui-même, en supposant, malgré ses résistances passives, son énergie appliquée intégralement à effectuer le travail qh de la ventilation.
Enfin, dans celle théorie purement statique, nous n'avons pas eu égard aux résistances dynamiques de la mine, que résume son orifice équivalent. Celte dernière lacune est, de toutes, la plus fâcheuse, car elle laisserait dans l'ombre une des inOuences les plus essentielles ; mais nous allons revenir sur ce point de la manière suivante (*).
1114 — Relation entre le débit et les résistances. — Si nous appelons a^ Torifice équivalent de la partie de la mine comprise entre l'entrée et le foyer, il déterminera, parla relation (H), la dépression Aj nécessaire pour faire franchir au courant cette portion du trajet :
(7) h, = 0,12 CT-^.
En désignant par a, l'orifice équivalent du parcours dans le puits de sortie, eu égard à toutes les résistances qui s'y développent, il vient de même, pour la dépression de cette travée :
h, = 0,12 cr'^
Mais on a d'ailleurs, d'après la loi de Gay-Lussac :
ct' = CT ~, q' z=z q j.
d'où :
0) llui-gue, BuU.min., 2% IV, 704.
et, par conséquent
h, = 0,12 -- ni -i-
La somme de ces deux dépressions consécutives constitue la dépression totale A, nécessaire pour effectuer la totalité du parcours :
hi-h K = h, ou, en substituant les valeurs (2), (7), (8) :
0,i2CT(y«(-i-H- ^-4"^ = 553^1^ H.
Si nous supprimons dans les deux membres les facteurs rit et 353, qui sont égaux d'après l'équation (1), il vient :
Telle est la relation propre à faire connaître le débit que procurera un foyer d'aérage, en fonction de la hauteur H du puits, des températures absolues ty V, et aussi des résistances de la mine, introduites à l'aide des deux orifices équivalents a, et a,.
1115 — Débit maximum. — Cette formule permet de mettre en évidence une conséquence théorique, que des observations récentes tendent à corroborer. Le débit cVun foyer d'aérage ne saurait croître indéfinimeïiij quand on y pousse réchauffement au delà de toutes limites, U atteint, au contraire, un maximum, au delà duquel il ne ferait plus que décroître. Ce fait, fort curieux, n'a rien que de facile à comprendre, puisque l'on conçoit que l'élévation de température, en dilatant le gaz, crée des résistances qui peu\enl finir par l'emporter sur le bénéfice réalisé.
Pour le constafer, il suffit de considérer la partie variable de l'expression (9), que nous prendrons sous la forme :
Si nous égalons à zéro sa dérivée relative à la variable t\ il viendra
c'est-à-dire, en effectuant :
(fyer-^7-'-.
ou encore :
Cette équation du second degré ayant son dernier terme négatif, fournira deux racines réelles et de signes contraires, dont une seule sera acceptable :
T-w-er-
1116 — Supposons, par exemple, les deux orifices a,, a, égaux; c'est-à-dire un réseau souterrain pour lequel les résistances dues à la dilatation dans le puits de sortie compenseraient l'effet de la longueur parcourue en deçà. Il viendra :
tï
Et
•if''.
ÂÉRAGE.
En admettant, pour la température ambiante .
il vient, pour celle de Tair chaud :
Le débit maximum correspondrait donc à la température de 421 degrés du thermomètre usuel, ce qui revient à un échaufiement
d'environ 400 degrés :
On voit, par cet exemple, que Ton se trouvera, en général, fort loin du maximum, dans les conditions ordinaires de la pratique. Cependant des expériences à outrance, exécutées à Dovi^lais, en 1868, par MM. Dickinson, Atkinson et Evans, ont constaté, pour cette mine, l'existence d'un maximum, aux environs de 316 degrés du thermomètre centigrade ordinaire.
HOYEIVS BIITERS B*AÉRA«E
S HACHIIliES
1117 — Cheminées à air chaud. — On a employé, pour des travaux préparatoires (*), les cheminées extérieui'es des chaudières à vapeur, en vue de déterminer un tirage dans la mine. Ce moyen, intéressant dans cette circonstance spéciale, serait évidemment antiéconomique comme solution normale de l'aérage.
On a de même utilisé les gaz chauds dégagés par les fours à coke, dont le développement s'accroît naturellement avec l'importance de l'exploitation de la houillère elle-même (*).
(<) Dans le bassin de la Ruhr, PÀ^ Allemagne, 196. — Chansselle et de Loriot, Bull, min., 2*, Vil, 785.
(') PousoD, Supplément, I, 527.
AËRÂGE SANS MACHINES. 495
1118 — Calorifère. — Pour assurer complètement le foyer d'aérage contre les chances d'inflammation du grisou, on a essayé l'emploi d'un calorifère (*), c'est-à-dire d'un appareil de chauffage dans lequel l'air chaud et l'atmosphère à échauffer restent séparés par des surfaces métalliques. Mais l'expérience n'a pas sanctionné celte tentative.
1119 — Chauffage à la vapeur. — En môme temps que le calorifère à air chaud, on a essayé le calorifère à vapeur (*), en faisant descendre et remonter, dans des tuyaux non feutrés, le produit de générateurs placés à la surface. Il est clair encore que ce moyen n'est pas économique, puisqu'on peut le considérer théoriquement comme constitué par une infinité de toque -feux élémentaires (n** 1105), distribués sur toute la hauteur du puits.
Il convient d'ajouter toutefois que, dans le cas où des conduites se trouvent établies directement, en vue d'un but spécial étranger à l'aérage, on peut trouver, dans la chaleur perdue par ces tuyaux, un utile secours pour la ventilation.
11I20 — Injection de vapeur. — On a obtenu un autre emploi de la vapeur, en l'injectant au pied du puits de sortie, pour y déterminer un tirage, à peu près comme dans la cheminée des locomotives {=*).
Ce principe, déjà ancien (*), n'a reçu de réelle efficacité que par l'introduction des appareils à ajutages (*), tels que l'injectcur Kœrting (fig. 682). Il est loin néanmoins d'être économique en général, mais il peut le devenir lorsqu'il s'agit de vapeur perdues, après qu'elles ont accompli leur office spécial (•).
(*) A Seraing, en 1830(Durîeux, Annales, 5", XI, 159) ; à Oberkiixhen (Schaunburg- Lippe) ; et à la mine Laura (près Minden, Westphalie).
n De Vaux, 1856.
(*) John Hedley, Traité pratique de V exploitation des mities de houille y p. 23. — CRJf, avril 1876, 18.
(*) Buddlc, 1807.
(») CflM, 1876, mai, 54; 1877, février, 24; 1878, avril, 75. — fitfv. univ, d, m. et u., 1877, I, 109.
[*) Bassin de la Worm.
494 ÂËRAGE.
Mentionnons loutefois, à l'actif de ce principe, un avantage précieux en cas de sauvetage. Nous avons vu que, la plupart du temps, le ventilateur est aspirant et, à ce titre, installé sur le puits de sortie. Son générateur se trouve par conséquent à portée de ce puits, et il est moins exposé que l'appareil lui-même, à être détruit par un coup de grisou. Si donc on a soin d'établir, à l'avance.
Fig. 68!. Aspiraleur Ecerting.
un tuyau. Terme à la partie supérieure par un robinet, et faisant communiquer la chaudière avec des tubulures placées au pied du puits, il suffira d'ouvrir ce robinet, quand le ventilateur sera mis liors de service, et l'aérage à vapeur fonctionnera dans le même sens qu'auparavant. Cette colonne de tuyaux doit être établie avec une grande solidité, et protégée, autant que possible, contre les effets destructeurs d'une explosion.
IISI — Injection d'air comprimé. — Le même principe peut être appliqué au moyen de l'air comprimé ('}, si la mine est munie de
(') M. Korslcr f tablit [Jahrbuck fur dat Uerg-und-UûHenii'eitn in Saehten. ISSÎ) les pi'ix compara tira suivants, pour un courant de 100 mtlrcs cubes par minute, pendant un un, en supposant la prix de revient annuel du clieval- tapeur égal 1 Z\1 trancs :
1° Air comprimé à 3 atniospli<ïi-cs effecIiTes, circulant avec une vitesse de lOmèli'es par seconde dans un tuyau de 0*.33 et s'échappant A pleine pression 330 <HN) francs.
1" Air comprimé avec tubes de Q',i9 et auunieui- Kœi'tiiig .... 37 000 —
3* Air conpi'imii actionnant une machine compound et un ventilalaleur Root, tubes de 0-.50 9000 —
4* Courant dérivé du ventilateur pi-incipsi, dépression 10 millimèli-es, vitesse 2 mètres, lujau de l-,03 5Ï00 —
S- Courant produit par un ventilateur spécial i gi'ande vitesse placé au jour; dépression 350 miUimétrea. vitesse 6 mètres, tuyaui deO-.SS. 9 500 —
8" Veatilaleura tirant l'un sur l'auli-e, pression 1033 millimëtres.
AÉRÀGË SANS MACHINES. 495
compresseurs. On sait avec quelle énergie les appareils à ajutages déterminent Tentraînementëe l'air ambiant, à l'aide d'une dépense limitée d'air comprimé, qu'on lance suivant l'axe du souffleur (^).
L'injection d'air comprimé, par la simple ouverture des robinets de la tuyauterie des compresseurs (*), a été utilement employée f ) pour assainir l'avancement d'une galerie en percement; soit avant les coups de mine, pour refouler au loin l'atmosphère grisouleuse en la remplaçant par de l'air pur; soit après le tirage, afin d'activer l'évacuation des fumées. On obtient ainsi, en outre de cet assainissement, beaucoup de fraîcheur, peut-être même avec excès, en raison de la détente de l'air.
Cependant il importe de ne pas se faire illusion sur la véritable efficacité de ce procédé, qui ne saurait offrir, au point de vue du grisou, une véritable sécurité. Le mélange de l'air comprimé avec l'atmosphère qu'il doit balayer en arrière du front de taille, est, en effet, très imparfait. On aperçoit, dans une demi clarté, à travers la fumée blanche de la poudre, un jet noir qui sort des tubulures, et tombe en nappe sur le sol de la galerie, pour s'y écouler à la manière de l'acide carbonique, en raison de l'accroissement do densité qu'il doit à son refroidissement.
De plus, ce mode de ventilation ne répondrait pas au desideratum fondamental, qui a été formulé (n** 984) pour l'assainissement des mines, s'il s'agissait, comme on l'a proposé bien des fois à tort, d'y voir une méthode fondamentale d'aérage, et non une ressource accidentelle. En effet, ou bien l'on enverrait au front de taille, à la pression du compresseur, une quantité d'air égale à celle du mode ordinaire, et alors cette pression serait inutile, antiéconomique et gênante; ou bien l'on n'enverrait qu'une masse beaucoup plus restreinte, mais alors elle ne suffirait plus pour noyer,
vitesse 10 mètres, tuyaux de 0",45 18 000 —
7» Ventilateur souterrain avec transmission électrique, prix approximatif. 8000 -
8<* Ventilatem* souterrain avec transmission hydraulique, tuyaux de 0",48 ; prix approximatif . 8 800 —
[*) Haton de la Goupilliëre, Rapport sur les expériences de M. Félix de Romilly, Dull, Soc. (Tenc., 3", IV, 409.
(«) CRM, 1870, janvier, 54; 1877, février, 109 ; 1880, août, 180.
P) Notamment à Brûckenberg (Saxe), à Ueinitz (Sarre), etc.
.i96 AÉRÂGË.
dans un grand volume d'air, les afflux de grisou, afin de maintenir le mélange très loin de la proportion explosive.
Ce moyen pourrait cependant, le cas échéant, rendre d'utiles services après un sinistre, si des dispositions spéciales étaient prises dans ce but, en ménageant de place en place, sur la tuyauterie générale de la mine, convenablement assurée contre les effets d'un coup de feu, des robinets, que l'on ouvrirait au fur et à mesure de l'avancement du sauvetage.
f f !3!3 — Manches à vent. — On a essayé de profiter de l'influence
du vent, et spécialement de sa composante venlicale (n° 1016), au moyen de manches à vent analogues à celles qui servent à ventiler la soute des navires (*). Ce moyen est évidemment économique, et pourrait suffire, par exemple, pour un fonçage; mais il deviendrait tout à fait insuffisant, dès que l'exploitation prendra le moindre développement en surface et en profondeur. En outre, on se trouverait absolument désarmé pendant les calmes.
f f !33 — Pluie artificielle. — La chute de l'eau en forme de pluie constitue un moyen efficace d'aérage. On a souvent remarqué que les suintements qui se produisent, à la circonférence d'un puits en fonçage, y déterminent une aération naturelle, entrant comme une gaine suivant ce périmètre, et revenant du fond, en colonne centrale.
L'injection de l'eau dans les puits de mine placés en relation avec une galerie d'écoulement, était autrefois un procédé de ventilation assez répandu, pour des travaux de faible développement. On en rencontre encore des exemples. Il est bon que cette pluie présente le plus possible de régularité, au lieu de procéder par lames d'eau, plus ou moins déchirées.
On doit aujourd'hui restreindre le rôle efficace de cette méthode au cas d'un sauvetage. Mais elle peut alors rendre de très réels services. Il est bon, dans ce but, de préparer à l'avance un bassin de retenue, afin de n'avoir qu'un robinet à ouvrir, lorsque les
(*) Agricola, De re metalltca, 1621, libro septimo, 159, 161. — Ponson, II, 76. — Annuaire de la Société des anciens élèves des Écoles d'arts et métiers, 1871-72.
ÂÉRAGE SÂI^S MACHIT^ES. 497
appareils ordinaires sont mis hors de service par un coup de feu! On déterminera par là, en un instant, une pluie artificielle qui entraînera, dans les travaux, un courant d'air bienfaisant.
Nous rattacherons au même principe l'emploi des trompes (M. Ces appareils, qui ont rendu certains services pour l'aérage des mines, doivent être cependant considérés aujourd'hui comme tout à fait surannés.
Il est, dans tous les cas, très essentiel d'éviter de mettre contre soi l'influence en question, en laissant des suintements importants s'établir à travers les parois du puits de retour d'air. S'il est impossible de calfater le revêtement d'une manière étanche, on devra s'attacher à recueillir l'eau le mieux possible (n° 272), et à la conduire directement au fond.
ASSAIIVISSEMEKT SANS AÉRA«E
f f !34 — Nous avons montré ci-dessus (n® 984) que le degré de contamination de l'atmosphère souterraine était représenté par une fraction, dont le numérateur serait formé de la somme des dégagements qui s'y produisent dans un temps donné, et le dénominateur, du volume d'air que l'on y envoie pendant la même durée. Les procédés d'assainissement examinés jusqu'ici dérivent tous d'une même préoccupation, qui est d'augmenter suffisamment le dénominateur de ce quotient. Mais on peut également se proposer d'arriver au même but, en diminuant le numérateur. Malheureusement, les divers principes qui ont été mis en avant à cet égard, se sont montrés, dans la pratique, d'une grande insuffisance. Il n'en est pas moins nécessaire de les indiquer, à la suite des précédents.
Il convient toutefois de faire remarquer, d'une manière générale, que cette catégorie de procédés, quand bien même elle renfermerait quelque méthode suffisamment efficace, ne résoudrait encore que partiellement le programme de cet assainissement.
(*) Combes, Exploilation de* mines. H, 504. — Archives de Karsten, XIX, 518. — Kittinger, Maackinenhau, etc., 4854, 21.
498 ÂÉRAGE.
En effet, lors môme que Ton parviendrait ainsi à prévenir, ou à détruire après coup, les émanations délétères, il resterait à suppléer à la perle d'oxygène (n'' 983), et à remédier à l'élévation de la température (n" 98i), double objet qui continuerait à nécessiter l'envoi de quantités importantes d'air frais.
En dehors même de cet obstacle, on comprendrait difficilement qu'un procédé déterminé s'attaquât avec une égale efficacité à toutes les sortes diverses de dégagements, que peuvent produire les roches et les conditions du travail. 11 ne faut donc pas craindre de rappeler, comme préface de ce dernier ordre de. considérations, que la ventilation reste le seul moyen réel d* assainissement des mines, en ajoutant que, parmi les nombreux procédés mis en avant pour la réaliser, on ne peut compter pratiquement que sur Vaérage naturel, là où les conditions lui sont favorables ; sur les foyers d'aérage, dans les mines non grisonteuses, fit suffisamment larges; et, en toutes circonstances j sur Vemploi des ventilateurs.
f 1!S5 — Pénitent, — Le seul moyen qui fût autrefois employé, pour rendre possible l'exploitation des houillères grisouteuses, consistait à faire épurer les chantiers, avant la descente du poste, par un homme prudent et courageux, qui payait souvent de sa vie son dévouement. Il était chargé de parcourir la mine avec une mèche allumée, à l'aide de laquelle il enflammait, au plafond, les accumulations de gaz, de manière à en débarrasser, pour un certain temps, les travaux. Pour se préserver lui-même autant que possible, il était recouvert d'un costume et d'un capuchon de cuir, qui lui avaient fait donner le nom de pénitent (*). En approchant des points reconnus comme dangereux, il rampait à terre en élevant sa mèche. Quelquefois il organisait, à l'avance, des systèmes de fils de fer, sur lesquels il faisait, à l'aide d'une ficelle, courir, au moment voulu, un petit chariot boute-feu, en se tenant aussi éloigné que possible du théâtre de l'inflammation. Ce moyen barbare a disparu sans retour.
UZB — Lampes éternelles, — Un principe analogue se rencon-
(*) Gunther, Berg^und HûttenmànnischeZeitung^ 1876, 93, 253.
AËRÂ6E SANS MACHINES. 401)
Irait dans l'emploi des lampes étemelles^ allumées en permanenct*. aux points d'accumulation présumée du gaz, et destinées à le consumer au fur et à mesure de sa production. Cette méthode, autrefois classique, est encore admise en Saxe.
Mais on doit la considérer comme extrêmement dangereuse; car un flux anormal et un peu abondant pourra élever la teneur du mélange jusqu'à un point où l'inflammation se propagera de proche en proche, et sera capable d'atteindre des régions explosibles.
De plus, ce système suppose évidemment une grande tranquillité de l'atmosphère, sans quoi le grisou, au lieu de s'accumuler au toit, pour se rendre sur la lampe, se noierait dans la masse d'air, d'où il ne se liquaterait plus (n** 993). Or, la combustion des lampes déterminera un tirage, et celle du grisou provoquera des secousses, qui favoriseront, au contraire, 'la diffusion des gaz. Ces inflammations, même restreintes, exposent en outre à un danger d'incendie.
On a proposé, pour diminuer le danger (*), des réservoirs dont la base, formée de toile métallique, isole à l'intérieur la combustion. La partie supérieure, de forme conique, communique avec un tuyau d'évacuation pour les gaz brûlés.
On a également mis en avant l'emploi de l'étincelle électrique (-), ou de la combustion spontanée qui se produit au contact du palladium (^). Mais, avec des complications de plus, ces moyens seraient loin de procurer une entière sécurité.
11 est facile de comprendre que, les surfaces ne pouvant être dressées avec un soin minutieux, dans des tailles toujours en voie de déplacement, on ne serait jamais sûr d'avoir des feux dans toutes les anfractuosités capables de loger le grisou.
Mais il est une raison qui dispense de toutes les autres : c'est la complète insuffisance de l'effet produit, d'après les expériences de MM. Mallard et Lechatelier (*). Ces ingénieurs, en mesurant la quantité de grisou brûlée par une lampe dans un temps donné, ont
(') Giraud, BerggeUt, 1865. — Sommer, Berg-und HûUenmânnftche Zeitung^ 1867, 81. — Hansell, ibidem, 297.
{*) Guido Kômer (PA, Allemagne, 69). — Hallard et Lechalelier, Pièces annexée» aux procè!>-vei'baux de la Commission du grisou, 2* fasc, 122.
(') Pièces annexées, etc., X** fasc, 150.
(*) Pièces annexées, etc., 1" fasc, 150.