‹ Cours d'exploitation des mines (volume 3)Chapitre 70 sur 120 · CHAPITRE XLVIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIl

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COVPS DE GRISOU

11719 — Les explosions de grisou dont les mines de houille sont le théâtre, ont toujours eu le douloureux privilège de frapper Tatlention publique. Il est facile de comprendre que, d'après rénorme progression qu'a subie l'extraction depuis un demi-siècle, le nombre absolu des victimes ait dû nécessairement augmenter. Mais, en raison des perfectionnements apportés dans l'exploitation, en ce qui concerne la sécurité, le rapport de ce chiffre à celui de l'extraction a incontestablement diminué.

11 convient d'ajouter qu'en raison de la tendance, tous les jours plus accusée, à la concentration des ouvriers dans des travaux moins vastes que par le passé, pour un chiffre égal du personnel, l'importance que prennent les catastrophes exceptionnelles, devient de plus en plus propre à fixer l'attention générale, par rétendue des désastres qui viennent frapper, à la fois, toute une population.

Je citerai ici, à cet égard, quelques chiffres douloureusement éloquents, en ce qui concerne le nombre des victimes tombées sur le champ de bataille souterrain : .

Ex?V

101 à Penicraig (Cardiff), le 10 décembre 1880.

102 à Walsend (Newcastle), le 18 juin 1835. 104 à Monkfield, le 7 novembre 1883.

112 à TAgrappe (Couchant de Hons), le 16 décembre 1875.

120 à Risca (South Wales), le 15 juillet 18.80.

121 à Fraraeries (Couchant de Mons), le 17 avril 1879. 137 à Talk of the hill (Staffordshire), en 1866.

1 42 à Blackwein (South Wales), le 1" décembre 1860.

143 à Swaithe Main (Barnsley, Yorkshire), le 6 décembre 1875. 164 à Seaham (Sunderland), le 8 septembre 1880.

178 à Ferndale (Rhoudda, South Wales), le 8 novembre 1867.

186 au puits Jabin (Saint-Étienne), le 4 février 1876.

189 à Lundhill (Barnsley), le 17 février 1857.

189 à Wood (Saint Helen's, Lancashire), le 7 juin 1878.

195 à Haydock, le 7 juin 1878.

207 à Blantyre (Lanarck, Ecosse), le 22 octobre 1877.

209 à Hartley, le 20 janvier 1862.

255 à Woodfil, en juin 1878.

268 à Abercane (Monmouthshire), le 11 septembre 1878.

276 à Burgk (Saxe), le 2 août 1869.

361 à Oaks Colliery (Yorkshire), le 12 décembre 1866 (»).

La sympathie publique s'associe irrésistiblement à ces grands deuils. Mais la plus stricte justice exige que Ton signale, en même temps, la sollicitude incessante de l'Administration française, s'exerçant, tant par l'initiative individuelle de ses ingénieurs dans leurs services respectifs, que par d'importantes instructions ministérielles publiées à diverses époques (*). De grands éloges sont dus d'ailleurs

[*) Dans ces désastres, les chevaux partagent naturellement. le sort des hommes. A Hetton, le 20 décembre 1860, un coup de l'eu a tué 65 chevaux en même temps que 22 hommes.

(*) La loi du 26 mars 1877 a institué une Commission d'étude des moyens propres à prévenir les explosions de grisou, sous la présidence de M. Daubrée. Le rapport général de celte Commission a été présenté par Tauteur de ce Cours {Annales des mines, 7* série, t. XYIII, pages 103 à 415). Des Commissions semblables ont été créées par les gouvernements d'Angleterre (président : M. Warington Smith, rapporteur : M. Arthur Williams); de Belgique (président : M. d'Andrimont ; rapporteur : M. Arnoult) ; de Prusse (président : U» Serlo; rapporteur : M. Uasslacber); de Saxe (président : H. Braunsdorf).

Déjà, U*ente ans auparavant, l'opinion publique s'était émue en Angleterre : une enquête parlementaire eut lieu. Le rapport fut présenté, en 18i3, à la Chambre des Communes.

à nos Compagnies houillères, pour les eflorls intelligents, persévérants et désintéressés, qu'elles ne cessent d'opposer à ce fléau dévastateur; ainsi que pour les organisations financières créées par leurs soins, en vue de remédier aux conséquences de ces désastres, pour les familles privées de leurs chefs (M.

1173 — Causes des coups de feu. — Les causes déterminantes de rinflammation peuvent être une irrégularité dans le fonctionnement du foyer d'aérage, l'explosion d'une chaudière intérieure ('), le tirage d'un coup de mine, l'emploi des lampes à feu nu dans des travaux ordinairement exempts de grisou, le dévissage par imprudence d'une lampe de sûreté, la sortie de la flamme produite par un courant d'air, la déchirure d'un tamis ou d'un chapeau de lampe, une allumette enflammée au mépris du règlement, la présence d'un feu extérieur embrasant le gaz, dont la déflagration redescend ensuite dans le puits.

La statistique des accidents de grisou survenus en Belgique pendant une période de 59 ans, de 1821 à 1879, a fourni le tableau suivantf), en ce qui concerne l'importance relative des diverses causes d'inflammation :

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Uu rapport analogue fut fait, en 1849, à la Chambre des Lords. On peut consulter, à la même époque, le rapport du Comité des South-Sbields, sur la cause des accidents dans les mines de houille (1843), le rappoi*t de MM. de la Bêche, Lyon, Playfair et Warington Smith, sur les gaz et les explosions daiis les mines de houille (1847), le rapport de MM. Tranenheere et Warington Smith, sur l'explosion de Darley, près Barnsley (1849), les publications de MM. Phillips, Blackwell, etc.

(*) Voy. chap. xux.

(*) Accident de Hetton, le 20 décembre 1860.

(') Dressé, ainsi que les suivants, d'après les documents insérés dans le rapport de la Commission belge du grisou (p. 209).

Tablkac.

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