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CHAPITRE XLVI ÉCLAIRAGE

ÉCIiAIBAOE A FEU NL'

11319 — Chandelles. — A la suite de Taérage, qui a pour but d'assurer la respiration des hommes, nous grouperons, dans la neuvième partie de ce Cours, divers services qui se rattachent également au personnel, à savoir : Y éclairage^ pour le mettre à môme de se guider dans la mine, et d'y travailler; les descenderies, qui lui permettent de pénétrer dans les travaux et d'en ressortir; les sauvetages, destinés à lui porter secours en cas d'accident; enfin Vorgaiiisation du personnel.

L'éclairage des travaux souterrains constitue une source de dépense proportionnelle à la durée du travail, qui ne saurait être perdue de vue. Elle représente, en général, un vingtième du prix de la main-d'œuvre.

Sa description mériterait peu, d'ailleurs, que l'on s'y arrêtât longuement, sans les difficultés et les dangers auxquels donne lieu la présence du grisou. Mais cette circonstance en fait, au contraire,

un problème de la plus haute importance. Nous commencerons par esquisser les moyens d'éclairage employés en Tabsence de ce gaz redoutable.

Quelques mines du Nord étaient autrefois éclairées à l'aide de torches de sapin, qu'un gamin renouvelait successivement.

. L'emploi de la chandelle de suif s'est perpétué pendant des siècles, et l'on en trouve encore des exemples. On les appelait chandelles à la baguette. On les fixe, la plupart du temps, dans un bougeoir de fer, muni d'un manche pointu, qui peut se piquer dans les bois de soutènement. Parfois, une pelote de terre glaise sert à la tenir à la main, ou à la coller à la paroi.

Les hommes la portent encore au front, dans une gaine, qu'une courroie de cuir attache autour de la tête (*). De cette manière, le mineur éclaire de plus haut sa marche, sans avoir la vue éblouie par l'interposition de la flamme entre les yeux et le sol. En outre, on illumine mieux les barreaux des échelles au-dessus de la tète, en gardant l'usage des mains plus libre que si l'on doit tenir sa lampe.

On brûle environ 15 à 20 grammes de suif par heure; mais les bouts ne peuvent être facilement consumés, et l'on est obligé de les refondre. De plus, ce mode de combustion, que les courants d'air activent beaucoup, devient, dans certains cas, extrêmement gênant.

1133 — Lampes à feu nu. — Le mode le plus usité est remploi de l'huile. Souvent elle est laissée en compte aux mineurs, qui ont à s'éclairer à leurs frais. La consommation peut alors s'abaisser jusqu'à 10 grammes par heure, tandis qu'elle atteint, dans les autres cas, 15 à 20 grammes.

Les Romains se servaient de lampes en terre cuite, ou en métal. Ces dernières, moins fragiles, sont seules usitées aujourd'hui. On les porte, pendant la marche, à l'aide d'une anse, assez longue pour ne pas brûler la main (fig. 683, 684). Elle est munie d'un crochet et d'une pointe, qui servent à la fixer aux parois. On lui adapte, à

(*) I^a fable des Cyclopes a pu ti*ouver son origine dans cet usage, qui remonte i la plus haute antiquité parmi les mineurs de Sicile [Diodore de Sicile, liv. III, chap. ti).

l'aide d'une chainette de retenue, une mouchette, qui est passée

dans un petit fourreau. Le corps de la lampe

présente le type d'un ellipsoïde très aplati,

disposé de manière à ne pas perdre Thuile

en tombant, ou encore une forme prismatique

de peu de hauteur. On emploie aussi un tronc

de cône, porté horizontalement à l'aide d'une

sorte de poignard, que l'ouvrier peut piquer

dans les bois de soutènement, ou passer dans

une gaine fixée à son chapeau (fig. 685), afin

de garder les mains libres pour la manœuvre

des échelles. La rave^ avec son piqueron,

coûte de 0S75 à r,25.

Indépendamment des lampes portatives, on allume un certain nombre de feux fixesy munis de réflecteurs, et placés en des points importants, tels que les recettes, certains croisements, les tronçons de galerie voisins des accrochages et très fréquentés. Dans quelques mines (*), exploitées à Taide d*un quinconce régulier de galeries reclilignes, le réseau entier des voies de circulation est éclairé à l'aide de feux fixes, afin de dispenser les porteurs à dos de tenir une lampe, en leur permettant de s'appuyer des deux mains sur deux courtes béquilles.

Pour le service du carreau du puits et des haldes à l'extérieur, on a quelquefois recours à des torches portatives à l'huile, afin de percer l'obscurité avec plus de puissance. Un tube métallique se termine par un renflement en pomme d'arrosoir, rempli de chiffons destinés à retenir, pai' capillarité, l'huile qui brûle au dehors, à travers les trous.

Fig. 683, 684.

Lampe à feu nu

(plan et élévalion).

Fig. 685. Lampe à feu nu portée au chapeau.

(*) Par exemple celles de Trets, quand elles étaient exploitées par piliers.

Quand la flamme baisse, par manque d'aliments , on renverse un instant la torche, pour ramener, sur les chiffons, Thuile qui s'est peu à peu rassemblée au pied du tube.

1134 — Eclairage au gaz, — Nous avons vu déjà (n* 1006. note 1 ; et 1007) que Ton a réussi à capter le grisou, pour l'utiliser en vue de l'éclairage de l'extérieur. A la vérité, sa lumière est peu intense, et l'on a obtenu un meilleur résultat de l'emploi de l'hydrogène bicarboné ; en fabriquant ce dernier à l'aide de cornues que l'on installe au jour, ou même au fond (*), bien que cette dernière combinaison soit évidemment défectueuse. L'éclairage au gaz a~ été appliqué aux immenses chambres souterraines des ardoisières d'Angers ('). L'unité d'intensité, équivalente au bec Carcel, y revenait à 0^034 par heure.

ÉCLAIBACSE DE fillJBETÉ — MOYENS DIYEBS

1135 — Rouet à silex. — Parmi les moyens d'éclairage employés dans les mines à grisou, le plus ancien est le rouet à silex, imaginé à Whitehaven en 1760. Il est fondé sur cette propriété, plutôt admise que démontrée, que la simple incandescence de particules solides n'allume pas, en général, le grisou, et que le contact d'une flamme gazeuse est, pour cela, nécessaire. Nous avons dû, à cet égard, formuler déjà certaines réserves (n° 995, noie 5, et n*» 1001).

L'appareil se compose d'une roue, qu'un manœuvre entretient, à l'aide d'une manivelle et d'engrenages, dans un mouvement permanent de rotation. Elle porte des briquets d'acier, qui passent péniblement sur des silex, de manière à en dégager des gerbes d'étincelles. La clarté ainsi développée est à la fois irrégulière et insuffisante. De plus, ainsi que nous venons de le dire, la sécurité que

l») Annales, 5-, XII, 782.

(«) Blavier, Annales, 7% XVII.

procurait cet appareil est loin d'être complète, et on lui a rapporté quelques cas d'explosions (*).

1136 — Lueur barométrique. — Pour ne rien omettre dans cet ordre d'idées, nous mentionnerons une proposition de M. Alvergnat, fondée sur la curieuse propriété que présente la chambre barométrique, de répandre une certaine lueur, quand on agite le mercure dans le vide, ou, pour mieux dire, dans le milieu excessivement raréfié qui remplit cet espace.

Dans l'appareil Alvergnat, un tube de ven'e coudé en forme de V, et renfermant une certaine quantité de mercure, a été vidé d'air avant d'être fermé à la lampe, et l'on fait incessamment passer le métal d'une branche dans l'autre.

11 est inutile de faire ressortir que la fragilité de cet organe, l'assujettissement qu'il impose, son prix élevé, et le peu d'intensité de la clarté qu'il procure, lui ôtent toute valeur pratique, bien qu'il n'expose à aucun danger.

1137 — Phosphorescence et fluorescence. — On a essayé, sous le nom de phosphore de Canton (•), un mélange de farine et du résidu de la calcination d'écaillés d'huîtres avec du charbon. Mais la lueur phosphorescente ainsi dégagée reste insuffisante.

La peinture Balmain a pour base le sulfure de calcium. On recouvre, de cet enduit, la face antérieure du collier des chevaux, ainsi que des planches mobiles qui, après avoir été exposées à l'insolation, sont réintroduites dans les travaux, où elles répandent une lueur douce, de nuance lilas, qui persiste pendant plusieurs heures. Cependant elle éprouve une déperdition, qui s'accentue en raison du carré de son intensité. De plus, cette fluorescence disparait dans l'humidité, et sous l'influence de l'hydrogène sulfuré (').

1138 — Réflecteurs. — On a, dans des cas très rares, pour les-

(*) Transact. NEI, Vf, 207.

(*) Combes, Traité (T exploitation des minet ^ H, 586.

(') Conférence de H. Heaton à la Société des arts de Londres, 11 mars 1880, Leê Mondet, LIV, 261.

508 SERVICES DIVEfeS.

quels tout moyen d'éclairage souterrain devenait absolument impossible, conduit, jusque dans les travaux, la lumière du soleil à Faide de puissants réflecteurs. Ce moyen a servi notamment pour rentrer dans la mine de Wynnstay (n** 1214), après qu'on en eut étouffé l'incendie, en la calfeutrant totalement.

Il pourrait prolonger son action pendant la nuit, à l'aide de foyers intensifs, ou de la lumière électrique. Son emploi deviendrait plus facile, s'il s'agissait simplement d'éclairer le pied d'un puits en fonçage dans des roches grisouteuses.

1139 — Canalisation de Vair extérieur, — Un grand nombre d'inventeurs (*) ont mis en avant, l'un après l'autre, le principe de la canalisation de l'air extérieur, que l'on enverrait ainsi sur des feux fixes, renfermés dans des globes fermés, pour ne pas communiquer avec l'air suspect de la mine. Tantôt on propose l'action d'un ventilateur, pour ramener les gaz brûlés à travers une seconde partie de la canalisation ; tantôt il est admis que les globes resteraient ouverts pour l'évacuation de ces produits, sauf une obturation partielle par une toile métallique, dont nous étudierons bientôt l'action.

Mais ce principe ne peut soutenir l'examen. La lampe portative est, en effet, rigoureusement indispensable au mineur pour fouiller tous les recoins, établir ses boisages, étudier les fentes des parois, la solidité du toit, éviter de laisser des vides dans le remblayage, etc. De plus, les globes de verre seraient exposés à la rupture par quelque choc, ou en raison de la chute d'une goutte d'eau froide sur leur surface chaude, et l'on se trouverait alors vis-à-vis d'une lampe à feu nu. L'allumage et le nettoyage risqueraient d'établir des communications dangereuses. La canalisation dans un sol parfois mouvant, et avec un réseau incessamment modifié dans les chantiers, entraînerait un assujettissement intolérable. Enfin, l'absence de lampes portatives obligerait à éclairer la totalité de la mine, même dans les parties pour lesquelles il serait inutile de faire d'autre dépense que celle de quelques lampes à la main, pour les personnes obligées d'y circuler de temps en temps.

(') MM. Boullenot, Judicki, Rolland-Banè?, Turqiian, etc.

ii40 — Toutefois il importe d'apporter, dans cette conclusion négative, quelques réserves pour des cas tout spéciaux.

C'est ainsi que nous verrons plus loin (n** 1206) des lampes de sauvetage portées à la main, fermées, et alimentées par une dérivation du courant d'air forcé que Ton fournit à la respiration des hommes, au moyen d'appareils spéciaux.

De même, quand il s'agit simplement d'éclairer les abords extérieurs d'un puits grisouteux, et, tout particulièrement, de ceux qui sont sujets aux dégagements instantanés, les difficultés qui viennent d'être signalées pour l'intérieur disparaissent. On peut alors, pour éviter les feux nus, qui doivent être proscrits jusqu'à une distance suffisante, trouver utilité à se servir du réverbère de sûretéLechien (*).

Cet appareil s'alimente à l'aide d'une prise d'air reportée à la distance voulue. Il évacue les gaz de la combustion à travers une cheminée étranglée en double tronc de cône, pour gêner la rentrée de l'air, et fermée, en outre, par une toile métallique, destinée à donner toute sécurité. On pose le chapeau sur le corps du réverbère, après avoir allumé, dans l'intérieur, un rat-de-cave assez long pour brûler, au détriment de l'air renfermé dans l'appareil, pendant le trajet effectué depuis le point d'allumage jusqu'à l'emplacement auquel le système est destiné. En ouvrant les tubulures qui traversent le siège du réverbère, on allume, à la flamme du rat-de-cave, un bec de gaz qui continuera ensuite à brûler indéfiniment. On l'éteint, pour les nettoyages, en fermant le robinet de gaz. La pose et la dépose sont facilitées par des joints à sable^ analogues au joint hydraulique, et consistant en un petit fossé circulaire rempli de sable fin, dans lequel s'implante la garniture cylindrique de la partie mobile, ce qui réalise, avec une grande simplicité, une fermeture étanche.

1141 — Éclairage électrique. — L'emploi de la lumière électrique devait naturellement se présenter à l'esprit, pour l'éclairage des mines à grisou. 11 a trouvé, en effet, depuis longtemps, des partisans émincnts, et il ne saurait être question, en présence des

(') Haton de la Goupillière [Buii, Soc. (tenc, 3-. X, 503). — Bardy [iHdem, 3% XI, 12).

progrès déjà accomplis, et de raccéléraiion imprimée, dans ces derniers temps, au perfectionnement de cette branche de la physique, d'opposer une fin Me non-recevoir aux espérances qui ont été formulées à cet égard. Il est cependant nécessaire de présenter Tcnuméralion des difficultés qui ont jusqu'ici rendu impraticable, d'une manière courante, l'éclairage des travaux de mine par l'électricité, en bannissant complètement l'emploi de la combustion (*).

On peut d'abord reprocher à ce moyen d'éclairage sa trop gi*ande intensité, qui éblouit la vue et la rend incapable de distinguer les détails, dans des ombres absolument noires. Or une taille est toujours, quoi qu'on fasse, remplie d'anfractuosités. En outre, l'assujettissement des appareils et des fils conducteurs paraît, aux exploitants, inconciliable avec les nécessités du service. Nous avons dit, d'ailleurs (n° H 39), qu'un système de feux fixes, bien qu'il puisse rendre des services à titre exceptionnel, ne saurait, en aucune façon, dispenser de la lampe portative mise à la disposition de chaque homme.

Mais la plus grave objection consiste en ce que l'on ne saurait se considérer comme assuré contre le danger d'explosion, en cas de rupture du globe de verre qui enferme la lampe. M. Jamicson a fait, à cet égard, une expérience instructive, en brisant le globe d'une lampe Swann dans une caisse qui renfermait un mélange explosible. L'explosion s'est, en effet, produite (*).

La lumière électrique a cependant rendu déjà des services à l'industrie souterraine. Je citerai d'abord la lampe électrique de sauvetage Dumas et Benoît, dont il sera question plus loin (n** 1206); et, en outre, l'éclairage des mines de sel de Chester ('), des mines de Pleasley près Mansfield avec les lampes Crampton (*), des houil-

(«) Bull wi/i., 2-, Ym,553. — CRM, 1878, 186; 1879, 241 ; 1880, 132. — La Lumière Klectrique, pasêim. — Régnier, Pièces annexées aux procès-verbaux de la Commission du pi-isou, 70. — Journal des mines, 1878, 724. — Les Mondes, Lï, 871. — Elektrische Beleuchtung in Schiagwetter fûhrenden Grubcn [CEsterreichische Zeitschrift fur Hergund HnUenwesen, 1881, 497. 591; 1882, 290, 667j.

(*) Hev. univ. d. m. et u., 2% X, 200.

p) Jourtiat des mines, 1879, 100.

{*) CBM, 1885, 257, Malhet. — Gfyiie civil, I, 499.

lères de Earnock avec les lampes Swann (*), des exploitations d'anthracite de Pennsylvanie avec la lampe Brush (*), du puits du Magny de Montceau-lcs-Mines avec la lampe Edison (*), des mines de Zaukeroda (Saxe) et de Ernstscliacht (Mansfield) avec cette même lampe (% et des carrières souterraines d'Angers avec la lampe Serrin (').

11412 — Ce dernier exemple présente d'autant plus d'intérêt que la lumière électrique s'y trouve placée dans son véritable rôle, qui consiste à percer l'obscurité des vastes cavités souterraines, de môme que celle de la nuit pour les grands travaux à ciel ouvert. Dans ces ardoisières de deux à trois mille mètres carrés, que la roche schisteuse recouvre en forme de voûte (n° 393), la lumière des lampes était tout à fait impuissante à illuminer une pareille hauteur. Déjà l'éclairage au gaz avait constitué une réelle amélioration. Mais la lumière électrique, plus fixe que celle du gaz, ne risque pas de s'éteindre par les coups de mine, et ne donne ni fumées ni produits délétères.

Avec une mise de fonds d'environ 4500 francs, pour deux machines Gramme, trois lampes Serrin, dont une de rechange, et une boîte d'accessoires, on éclaire une chambre de 2000 mètres carrés. En ajoutant à ce chiffre un moteur à vapeur de 10000 francs, et quatre conducteurs en cuivre de 350 mètres, pesant 700 kilogrammes, et coûtant de 2000 à 2500 francs, on peut estimer à 16000 ou 17000 francs la mise de fonds totale pour les deux lampes. La machine à vapeur marche vingt-deux heures par jour, et l'éclairage n'est suspendu que pendant deux heures, pour l'entretien des appareils. Si l'on ajoute les frais journaliers, ainsi que l'amortissement du capital précédent, l'éclairage ne ressort pas à

(*) Leê Mondes^ LVI, 10. — Engineering and Mining Journal, XXXH, 172. — Œsterreichiêche ZeiUckrift, 1881, 394,497, 591.

(*) Engineering, novembre 1880, 384.

(*) Mathet, CRM, 1885, 237. — Mémoires de la Société des ingénieurs civils, 1884, 394. — La dépense par lampe et par heure s'est élevée à 0',006î, en ce qui concerne le renouvellement du matériel, et à 0^0310, en tenant compte de la force motrice. C'est à peu près le triple de la dépense de la lampe de sûreté, 0',0117, mais avec 30 fois plus de lumiërej ce qui rendrait l'unité photométrique dix fois moins chère.

{*) Kôhler, Lehrbuch der Bergbaukunde, 602.

(*) Blavier, Annales, 7% XVH, pages 9 à 20.

plus de 50 francs, tandis que la lumière du gaz coûtait 54 francs dans les mêmes conditions, et avec un résultat bien moins satisfaisant. En estimant l'intensité de chacune des lampes à celle de 300 becs Carcel, la dépense de cette unité photométrique revient à 0S0057, tandis que nous avons vu {n? H34) qu'avec le gaz elle ressortait, dans ces mômes carrières, à 0^0340. Il est toutefois évident que l'avantage qui résulte de la comparaison de ces chiffres, perdrait une grande partie de sa valeur, si Ton opérait sur des espaces sensiblement moindres.

liAlliPES DE SIJBETÉ. — «ÉNÉBAI.ITÉS

1143 — Toile métallique. — La seule solution qui puisse être aujourd'hui considérée comme pratique, pour l'éclairage des mines à grisou, est la lampe à treillis métallique. Sa construction est basée sur la mémorable découverte de Davy (*), relative à l'obstacle qu'un diamètre très réduit oppose à la propagation de la flamme, dans des tubes étroits. Or le passage ù travers une toile métallique à mailles serrées peut être assimilé à l'ensemble d'un grand nombre de tubes de ce genre, très courts dans le sens de la normale. Le refroidissement des gaz en igriition est tel, en effet, que la flamme ne peut franchir la toile. Si donc on environne le porte-mèche, d'un tube en treillis fermé, au sommet, par un toit semblable (iig. 687), la combustion du mélange gazeux autour de la mèche ne s'effectuera que dans l'intérieur de ce tamisy et la flamme ne pourra se propager à l'extérieur.

L'influence des éléments de la toile est très délicate (*). Des mailles trop larges exposent à laisser passer la flamme ; des fils trop fins, à ne pas refroidir assez complètement. Un gros fil et une petite maille gênent beaucoup l'entrée de l'air, et l'évacuation des gaz. La toile définie dans l'arrêté royal qui règle la matière en

(*) En 1815. La priorité de l'invention de la lampe de sûreté lui a été disputée au profit de George Stephenson et du D' Clanny. (') Narsautf Étude mr la lampe de sûreté dee mineurs, 1883, 63.

ËGLAIRAGE. 513

Belgique, est formée d'un fil de un tiers de millimètre, au moins, de diamètre, et 144 mailles au centimètre carré. C'est aussi le chiffre ordinaire des lampes françaises, bien que Ton ait été, dans le Gard, jusqu'à 225 mailles. En Angleterre, on descend jusqu'à 121 mailles d'un fil solide. Parmi les toiles allemandes, il en est une, à côtes, qui est formée d'un fil assez fort.

11441 — Si la teneur en grisou devient telle que le feu remplisse tout le tamis, celui-ci s'échauffe, rougit, et l'on ne peut plus en attendre le même degré d'action préservatrice. Cependant la lampe ne transmet pas, même alors, la flamme au dehors dans un air en repos. Soumise, d'un côté, à la température de combustion, et, de l'autre, à celle de l'atmosphère ambiante, la toile prend rapidement un état thermique permanent qui est tel, si la lampe est bien construite, que la température à laquelle les fils sont portés sur la face externe, reste inférieure à celle de l'inflammation du mélange. Cette dernière est, en effet, très élevée, et un fer rouge ne suffit pas à provoquer cette inflammation (n** 995).

Mais on doit craindre, dans ces conditions, que la toile ne se brûle et ne se détruise, que des poussières huileuses collées au tamis, venant à s'enflammer au contact du métal porté au rouge, ne provoquent la déflagration de l'atmosphère extérieure, ou encore que le culot de la lampe n'arrive à se dessouder. Par-dessus tout, la lampe est devenue, dans cet état critique, beaucoup plus sensible à l'action du vent, pour faire sortir la flamme (*).

1145 — Influence de la vitesse. — 11 faut toujours, en effet, même dans les conditions ordinaires, éviter qu'un courant d'air trop violent ne rejette mécaniquement la flamme hors du treillis, sans lui donner le temps nécessaire pour se refroidir par le contact de la toile. Aussii doit-on s'interdire avec soin de balancer sa lampe, de manière que la vitesse de ce mouvement pendulaire vienne s'ajouter à celles de la marche et de la ventilation. Il doit, de même, être interdit de suspendre des lampes au coUier des chevaux, pour

(') Uallard, Pi^es annexées aux proc6&*verbaux de la Commission du grisou, 48, 51, n. 33

Lv ♦

al 4 SEETIŒS HTEXS.

i^Xmet lear maiche, car ils les secouaiL en produisant le même inc^iovénieni. On s^absliendra également d^agiler des Tétements dans le voisinage des feux. On éloignera autant que possible ces derniers du front de taille, au moment de la tombée, pour les préserver du coup de vent qui en est la conséquence. Certains otner^ateurs ont annoncé (en même temps que d'autres en ont contifsté la possibilité), que Tonde provoquée par la déflagration d'un coup de mine est capable de faire sortir la flamme t^.

bes expériences directes (') ont montré que les lampes de Clanny et de Stephenson étaient traversées dès la vitesse de ^,70 : celle de Mueseler pour 2*,40: la lampe Morison à 2*. 15; les lampes Davy et' Boty à la vitesse de l*y83.

Il a été reconnu également que la composition du gaz peut faire varier ces limites (*). La vitesse nécessaire à la sortie de la flamme est 1,i fois plus grande, pour Fair grisouteux, qu'avec le gaz de Téclairage. On peut donc conclure a fortiori^ d'après les expériences faillis, pour plus de simplicité, à Taide de l'hydrogène bicarboné.

En réalité, la valeur de la vitesse effective avec laquelle le gaz incandescent se présente sur la toile , se complique de celle du mouvement vibratoire, qui peut se trouver, à ce moment* dans une phase quelconque de sa variation. On ne saurait donc rien affirmer de certain, en raison d*une seule expérience; et il est nécessaire de ne conclure, en pareille matière, que de la répétition d'un grand nombre d'essais.

1146 — Des influences très importantes signalées, pour la première fois, par M. Harsaut, et étudiées par MM. Mallard et Léchatelier, se produisent lorsque la proportion du grisou, en variant progressivement, arrive à déterminer son embrasement sur la

(») Annales, 7% XIÎ, 221. — Bull, min., 2% VI, 836. — Transact, SEI, 1875, 63. — Proneedingê of the Hoyal Society, 1874, n* 154.

1^; Annalei, 6*, XII, 567; 7*, VII, 555. — Pièce§ annexéeg aux procès-verbaux de la Commission du grisou, 64. ~ Arnoult, Annales des travaux publics de Belgique, XXVI, 5; XXXI, 506, 517. — Transact. l^EI, XVU, 17, 39; XXIII, 15. — Kreischer uod Wiiickler. Untersuchungen ûber Sicherheitslampen, Freyberg, 1883.

('V Combes, Traité d'exploitation, II, 307, 503. — Hailard, Bull, min., l'*, XIII, 723 — Uallard et Lecbatelier, Annales, 8% III, 37.

mèche. Cette inflammation commence par se propager avec sa vitesse caractéristique (n** 998). Mais, de suite, il s'y mêle une accélération, provenant de la dilatation des masses échauffées par cette combustion, qui poussent devant elles la portion du mélange encore intacte. Celle-ci sort donc, en avant-garde, à travers le treillis, avec une vitesse croissante, car cette issue invariable doit livrer passage à une masse, qui varie à chaque instant comme l'importance du foyer de l'action chimique, c'est-à-dire en raison du carré du rayon de la surface sphérique atteinte à ce moment par la déflagration. D'après cela, plus la lampe sera grosse, plus la vitesse finale sera considérable, à l'instant de l'arrivée du feu sur la toile. Il en sera donc de même de la chance de lui voir dépasser la vitesse type, qui constitue la limite de la sécurité.

On l'augmentera également, si l'on vient à gêner l'écoulement, en employant des mailles plus fines, ou en recouvrant la surface de toile avec des obturateurs partiels. Toutes choses égales d'ailleurs, le volume croissant comme le cube, et la surface seulement comme le carré des dimensions, les grosses lampes auront plus de chances de communiquer le feu que les petites.

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f f 47 — Enveloppe de verre. — L'effet inévitable du treillis est une très grande déperdition de lumière. Il est facile d'en déterminer la proportion, car le canevas formé par cette toile reproduit le tracé des piliers et galeries, pour lequel nous avons déjà effectué cette évaluation (tome I, p. 404). Il faut seulement remarquer ici que le résultat doit être interverti, en ce sens que l'espace occupé par les lignes continues représentait, dans la méthode d'abandon, la partie utile, tandis qu'ici elle constitue Tobslacle à la lumière. Celle-ci ne peut passer que par les rectangles intermédiaires qui forment, dans cette méthode d'o.YpInilaiinn, la portion abandonnée.

Or nous avons trouvé, pour cette dernière partie, le rapport :

en désignant par a le rapport de l'intervalle des fils à leur épaisseur.

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ri- . '•

Si donc celte dernière est de -^^ de millimètre, et que le tissage

en dispose m par cenlimètrey la partie pleine de ce centimètre aura

pour valeur m fois l'épaisseur On a donc

et le vide fournira le surplus.

ce qui donne, pour la quantité de lumière conservée :

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On emploie, en général, pour la toile de cuivre, 14 ou 15 fils d'un quart de millimètre. La lumière conservée est alors réduite à 42 ou 397o- Avec la toile de fer (*), on introduit, par centimètre, 11 à 12 fils d'un demi-millimètre, et l'on n'a plus que 20 ou 16 7o de clarté. Si Ton considère, enfin, que ce ne sont là que des évaluations théoriques, et que l'obliquité des rayons, l'encrassement de la toile, les ombres portées par les montants de l'armature métallique, tendent encore à augmenter les pertes, on voit combien ce mode d'éclairage devient peu satisfaisant.

1148 — On a remédié à cet inconvénient, en ne faisant régner le treillis que sur une portion seulement de la hauteur, et entourant la flamme, d'un tube de verre, pour en transmettre directement l'éclat (fig. 687).

Cette enveloppe de cristal est ordinairement circulaire, et d'une épaisseur uniforme. M. Pasquet a proposé de la limiter extérieurement par un prisme hexagonal. Par là, on déterminerait une iné-

(*) On a essayé aussi le fer étamé, gaWanisé, ou argenté, et même Taluminium. Mais ce dernier métal est exposé à fondre, sur un aussi faible diamètre, à la température de combustion du gaz (Traïuact. NEI^ XI, 178].

ÉCLMRA6E. 517

gale répartition de la clarté, sans que le total en ait, bien entendu, changé de valeur. La valeur du maximum d'éclairement s'élèverait par conséquent au-dessus de l'ancienne moyenne, qui était uniforme, de même que les minima descendraient au-dessous. Si donc on sacrifie ces derniers, en les faisant correspondre aux six montants inévitables de l'armature métallique de protection , on recueillera, dans leurs intervalles, plus de lumière qu'avec le mode ordinaire. Ce principe est certainement ingénieux. Mais il reste à savoir si le prix plus élevé, et le danger résultant des tensions moléculaires inégales du verre échauffé, au moment du refroidissement subit dû à la chute d'une goutte d'eau, ne présenteraient pas des inconvénients plus importants que le bénéfice réalisé.

Dans ce môme ordre d'idées, quelques constructeurs ont introduit des lentilles convexes, en vue d'obtenir une plus grande intensité dans une direction spéciale, en sacrifiant d'autant, bien entendu, le reste de la périphérie (/).

Dans tous les cas. Tune ou l'autre de ces modifications seraient préférables à la lampe Guérineau, dont l'enveloppe de verre présente un renflement équatorial en forme de lentille, en vue de concentrer la lumière sur tout le pourtour dans un plan horizontal.

Dans la lampe Eloin, on a, par une vue inverse qui semble moins rationnelle, évidé l'enveloppe d'une manière concave, pour obtenir la dispersion des rayons en dehors de ce plan horizontal.

MM. Bay et This ont eu l'idée de former de cristal le fond de certaines lampes spéciales, destinées à l'usage des ingénieurs, des géomètres, ou des maîtres mineurs, afin d'éclairer de haut en bas les plans que l'on a besoin de consulter dans l'intérieur des travaux, sans avoir, pour cela, besoin d'incliner l'appareil.

Des expériences comparatives ont été exécutées par MM. Marsaut et Lombard, pour apprécier le pouvoir éclairant d'un certain nombre de types. Elles ont donné les résultats suivants, dans

(*) On a également cherché, ailleurs que dans la lampe, à réaliser la meilleure utilisation de la clarté, en peignant en blanc les parois des galeries, à l'aide d'un lait de chaux. Les surfaces absorbent aloi*s, à un moindre degré, la lumiéits directe, et en réfléchissent une partie, qui contribue d'autant à l'illumination de l'ensemble. Ce procédé a été essayé à Ânzin, pour une galerie de traction mécanique.

■■ fJi

5i8 SERVICES DIVERS.

lesquels le nombre 100 représente le pouvoir éclairant d'une bougie derÊtoileC).

Lampe Westphalienne n^ 13 69

— Boty 65

— Westphalienne n*» 14 63

— Marsaut 62

— Williamson 50

— Thomas 48

— Clanny 47

— Hueseler (type belge) 44

— — (tyP^ anglais) 40

— Baimbridge 35

— Davy (type DubruUe) .29

— — (type du Gard) 20

— — (typ® ^^ Newcastle) 18

— Stephenson 15

1149 — L'avantage caractéristique des enveloppes de cristal se ti'ouve contre-balancé par le danger auquel expose leur rupture, qui peut être due à un choc, à la chute de la lampe, ou à celle d'une goutte d'eau froide sur le verre chaud, particulièrement dans les fonçages de puits, qui s'effectuent souvent sous une pluie abondante.

Pour remédier à cet inconvénient, la lampe Stephenson et celle d'Upton-Roberts conservent un tamis de sûreté sur toute la hauteur du cristal. Mais cette solution supprime de nouveau la clarté, le verre ne jouant plus alors qu'un rôle de protection contre les courants d'air.

Les lampes Glover, Godiix, Morîson, Rocour présentent deux enveloppes de verre concentriques, dont l'une sert à défendre l'autre.

On a proposé également l'emploi de lames de mica, ou, du moins, celui du verre de Bohême, ou d'un verre peu alcalin. 11 est à recommander d'éviter l'emploi de la lime pour faire le joint. Son action rend le verre aigre et cassant.

On avait fondé des espérances sur le verre trempé incassable de

(*) Marsautf Études sur la lampe de sûreté, 1883, p. 70.

ÉaMRÂGE. 519

M. Labastie ('). Malheureusement il a été reconnu que ce produit s'altèi'e avec le temps, et peut alors céder subitement aux tensions moléculaires qui lui communiquent, au commencement, ses remarquables propriétés. Il se brise alors de lui-même, à la manière des larmes bataviques. Le simple recuit parait, au contraire, exercer une influence favorable (*).

Il convient, du reste, de ne pas s'exagérer l'importance des conséquences de la rupture de l'enveloppe. S'il est vrai qu'elle se fend assez facilement à chaud, par l'influence d'un refroidissement subit, les morceaux restent cependant jointifs, en général, malgré ces fêlures, qui sont, en outre, trop capillaires pour permettre le passage de la flamme. 11 va sans dire que tout verre fendu doit être immédiatement remplacé, quand l'appareil revient à la lampisterie. Il ne saurait du reste en être autrement, car les morceaux se détachent alors les uns des autres, au moment où l'on démonte la lampe pour la recharger d'huile.

fisc — Cheminée. — M. Mueseler a encore ajouté au tamis et à l'enveloppe de verre, un troisième organe fort important. C'est une cheminée métallique intérieure ((ig. 690), qui a pour but de forcer l'air, entré à travers les mailles du tamis, au-dessus du verre, à descendre jusque sur la flamme, afln d'alimenter la combustion, pour remonter ensuite dans le cône ('), en raison du tirage qui s'y établit.

Cette cheminée est en verre, pour sa partie inférieure, dans les lampes Ai'noult, Godin, Barctta (n** H60). On peut alors la faire descendre plus près de la flamme sans sacrifier la clarté. L'air se trouve mieux dirigé sur l'huile, et le cylindre de verre extérieur est, en partie, préservé de réchauffement qui le met en danger. On reproche à cette combinaison l'obscurcissement du verre enfumé.

(*) CRMy 1876, octobre, 9; novembre, 13; 1884, 191, 199. — Bourée, Bulletin de TÂssociation des anciens élèves de l'École centi*ale. — Les Monda, XLVI, 47; XLVII, 178.

(*) Pièeeê annexées aux procès-verbaux de la Commission du grisou, 2* fasc, 67.

[') D'où le nom de lampe à double courant d'air. Dans d'autres types, comme dans la lampe Fumât (n* 1161), l'alimentation a lieu par la partie inférieure, k travers des trous ménagés dans le culot, et garantis par l'interposition d'une, et même de deux toiles métalliques. La lampe Upton-Roberts renferme, en outre, un pavillon destiné à diriger symétriquement ces jets d'air autour de la mèche.

Un diaphragme en toile métallique ferme, pour plus de sûreté, le passage à la base du trallis, tout autour de la cheminée. Le joint qui Tunit à cette dernière doit être particulièrement soigné. Le système devient, par là, beaucoup moins sensible aux courants d'air.

f f 51 — La lampe Mueseler présente une très grande facilité d'extinction, qui se manifeste dans trois circonstances diflerentes.

En premier lieu, l'appareil avertit de lui-même de la présence du grisou, en s éteignant, et supprimant ainsi le^ danger dès qu'il vienl à naître. Cela tient à ce que, la flamme commençant alors par s'épanouir dans cette atmosphère, combustible, la cheminée ne peut plus débiter aussi facilement qu'à l'ordinaire ce supplément de gaz brûlés. Ces produits encombrent dès lors les abords de la mèche, empêchent l'arrivée de l'oxygène, et arrêtent la combustion. Cependant on ne saurait accorder à cette préservation une confiance absolue; l'action de la ventilation pourrait, par exemple, venir en aide à l'insuffisance du tirage et entretenir le fonctionnement (*).

Cette facilité d'extinction ne constitue plus, dans les deux autres cas, qu'un inconvénient pur et simple, sans aucun avantage en compensation. C'est d'abord lorsque l'on incline la lampe. Le tirage ne s'effectue plus alors sous l'empire de toute la longueur de la cheminée, mais seulement de sa projection verticale, laquelle a diminué. 11 devient donc insuffisant pour éviter l'encombrement des gaz bi*ùlés. De là une réelle difficulté à l'emploi de cette lampe, dans les couloirs inclinés où se pratique le traînage (tome I, p. 6i6).

Le même résultat se produit enfin par suite d'un mouvement plongeant trop rapide, comme lorsqu'on pose brusquement la lampe à terre, ou que l'on descend vivement les échelles. En effet, l'air n'arrivant sur la mèche qu'en raison du mouvement relatif qu'il possède par rapport aux parois, si celles-ci prennent subitement un mouvement propre d'entrainement, la vitesse relative peut se réduire à rien, et l'oxygène se trouver incapable d'atteindre l'huile.

tt52 — Organes divers, — Aux organes principaux que nous

[') Arnoult, Annales des travavx publics de Belgique, XXVI, 27.

venons d'étudier, il en faut encore ajouter quelques autres, que nous allons énumérer.

C'est d'abord le culots qui renferme la provision d'huile nécessaire pour la durée d'un poste.

En son centre, se trouve le porte-mèche^ à travers lequel la mèche pompe, par capillarité, l'huile renfermée dans le culot. Ordinairement une vis, que l'on peut manœuvrer du dehors, sert à monter ou à descendre à volonté la mèche. M. Baretta insiste sur la supériorité que présente la mèche plate sur la mèche ronde, pour mieux brûler, en empêchant la lampe de filer.

Un chapeau de cuivre rouge, percé de trous fins, coiffe le tamis pour permettre la sortie des gaz chauds. On préfère, en général, ce dispositif à un redoublement de toile métallique, qui se brûle et se détruit rapidement.

Une armature métallique, formée ordinairement de six montants assemblés en forme de tronc de pyramide hexagonale, est destinée à préserver cet ensemble fragile, contre des chocs destructeurs.

Un crochet en forme de cercle ouvert près de sa base, sert à porter la lampe, ou à la suspendre à la poche du pantalon, quand on veut, pour un instant, conserver les mains libres.

1153 — Une mouchette est destinée à permettre d'attiser la mèche. Elle consiste en un fil de fer vertical présentant, à ses extrémités, deux parties recourbées à angle droit (fig. 689). Le coude inférieur sert à manœuvrer cette mouchette, en la tournant sur ellemême, la montant et la redescendant. Il se trouve dissimulé dans la hauteur d'un petit rebord circulaire, sur lequel porte la lampe, lorsqu'elle repose sur un plan horizontal. Le coude supérieur agit sur la mèche pour l'épanouir, et la débarrasser des fumerons carbonisés.

Le petit tube qui sert de passage à la mouchette doit être l'objet d'une attention spéciale, car il constitue une communication de l'intérieur avec l'extérieur, au moins dans les intervalles de temps pendant lesquels l'appareil ne repose pas sur sa base. M. Lcchien annonce, d'après des essais directs, que des tubes-mouchette de 4 à 5 millimètres de diamètre enflamment nettement une atmosphère

grisouteuse (*). MM. Mallard et Lechatelier ont indiqué, de leur côté, un diamètre de O^jOOSS comme limite de la propagation (■). Or cette dimension n'a pas été spécifiée sur l'ordonnance du 17 juin 1876, qui réglemente, en Belgique, la construction des lampes de sûreté; et les constructeurs établissent souvent le tube-mouchette sur trois millimètres de largeur. On conçoit donc que la moindre iiTégularité, l'usure, l'oxydation, puissent créer des dangers, si ce point n'est pas suffisamment surveillé.

1154 — Fo^neiure. — L'une des questions qui préoccupent le plus justement les constructeurs, est le mode de fermeture. 11 doit ôtre, d'une part, très commode pour les lampistes, qui opèrent sur des centaines d'appareils; et, de l'autre, impraticable pour le piqueur, auquel on remet sa lampe pleine, allumée et fermée. Mais l'obstination fatale et trop habile de l'ouvrier parvient presque toujours, au bout de peu de temps, à déjouer les efforts qui sont faits pour sa préservation. On ne saurait trop, à cet égard, se préoccuper de la nécessité d'entretenir le personnel dans une crainte salutaire des dangers du grisou, au lieu de le laisser s'endormir dans une funeste sécurité.

M. Yilliers a introduit un mode très ingénieux de fermeture, au moyen de pistons de fer doux à ressort, noyés dans le corps de la lampe, de manière à rendre impossible de les saisir. Us empêchent le dévissage du culot, à moins qu'on ne les extraye préalablement, non avec les doigts ni aucun instrument, en raison de la précision du joint, mais à l'aide de forts électro-aimants, mis en jeu par le lampiste, à l'aide d'une pédale et d'une machine Gramme.

Dans les lampes Lermusiaux, Purdy, Cuvelier ('), on a employé un procédé analogue, en substituant, à l'électricité, l'aspiration produite par une petite pompe, pour retirer la goupille qui se trouve maintenue par la combinaison d'un ressort et de la pression atmosphérique.

M. Aillot a imaginé une vis de 1200 tours, destinée à lasser la

(^) Haton de la Goupilliëre, Bull. Soc. tVenc., 3*, XI« 276.

P) Complet rendue de V Académie des sciencety XCIII, 148.

P) Genès, Fermetures de sûreté pour lampes de mineure. (Génie civile IV, 297.)

patience de Touvrier ; tandis qu'une répétition d'engrenages permet, au contraire, d'en venir rapidement à bout dans la lampisterie. •

M. Schrœder emploie un rivet de plomb, qui est écrasé par la fermeture, et décapité par la réouverture.

La lampe Dinant est soudée chaque fois. Une heure suffit pour en fermer près d'une centaine. Les lampistes les rouvrent, plus rapidement encore, avec un fer rouge.

M. Armatole a proposé l'emploi d'un cadenas à lettres.

La lampe DubruUe, le système protector, la lampe Mozart, la lampe Olanier, sont combinés de telle sorte, que le seul fait de l'ouverture détermine préalablement l'extinction.

On cherche encore une garantie contre les tentatives coupables d'ouverture, dans une forte amende imposée par le règlement, et même la sanction pénale des tribunaux (*).

liAMPES DE SÛRETÉ. ^ TYPES SPÉCIAUX

1155 — Lampe Davy. — Il s'en faut de beaucoup que chacune des lampes de sûreté qui ont été proposées successivement, renferme la totalité des éléments que nous venons d'analyser d'une manière générale. Les divers groupements essayés jusqu'ici constituent des types spéciaux, qui ont été variés à l'infini (*). Je me conten-

(I) Articles 96 de la loi du 21 avi*il 1810 et 31 du décret du 3 janvier 1813.

{*) Indépendamment des noms que j*ai déjft eu l'occasion de citer en grand nombre, et que je ne reproduirai pas ici, on peut encore enregistrer les suivants : Babilot, Benther, Bichon, Billot, Biram, Boullanger, Briams, Cavenaile, Chave, Chuard, Clarbour et Teale, Glauzet, Closson. Combes, Graig et Bidder, Cuvelier, Daglish et Flood, Dalvemy et Raimondj Dccamps et Carpiaux, Deleuil, Demanet, Denayrouse, Dernoncourt, Dittges, Dougald-BaUardy, Dumesnil, Eckardt et Lauten, Elvin, Evan, Fox, Frot, Fyfe, Gilmore, Gobron, Goebel, Goflin, Gray, Grousset, Hann, Harmegnies, Heinbach, Heinzerling, Herold, Hewiston, Higg, Hislain, Morn, Joassin, Jormar et Duliére, Jouniaux, Kœrner, Landau, Ledieu, Lemielle, Lindsay, Mackworth, Marka, Martin, Matthieu, Neumann, Odling, Olomer, Parish, Payen, Pelton, Pieler, PlimsoU, Plummet. Portai, Pritson et Bell, Régnier, Heuland, Rolland et Catelan, Ros, Rosenkrantz, Rosius» Saint-Hilaire, Schwab et Cicchanowich, Sharp et Joung, Smith, Souheur, Sutchifre et Glayton, Slruvé, Tbouard, Thoraton et Sens, Truchot, Waring, Watson, Wilkins, Win-Morgan, Wolf, Yates, etc.

terai de décrire ici quelques-uns des principaux, afin de marquer la gradation des perfectionnemenls qui ont été accomplis à cet égard.

La lampe de Davy, qui a formé le point de départ de l'éclairage de sûreté, est encore employée dans beaucoup de mines, en raison de sa simplicité, bien que son défaut de sécurité doive tendre à la faire proscrire autant que possible.

Elle se compose (Cg. 686) d'un culot en fer-blanc, sur lequel se visse le tamis, monté sur une bague filetée. Le chapeau est formé d'une toile redoublée, pour diminuer l'action destructive de la flamme. Une armature, formée de trois tiges seulement, la protège conti-e les chocs. Le portemèche se visse sur lesommet du réservoir. On règle la FiB G86 umpe tn'.-y mèchc avcc une

(tipeduCard)

mouctictte.

Kn général, la hauteur du tamis est de

0°,20 environ, et son diamètre : O^iOS à

0",07. Le poids, à vide, est de 0",i5 à

0'«,55. Elle contient à 0'M2 d'huile, et

coûte de 3 à 4 francs.

1156 — Lampe Boty. — Cette lampe, est munie {fîg. 687) d'une enveloppe de cristal surmontée du treillis métallique L'air arrive sur la mèche [au moins dans les types anglais et westphalien, sinon dans la lampe belge) par une série de petits trous, percés dans la bague même qui porte le manchon de verre. Il est donc essentiel de veiller à ce que t

oriHccs ne se bouchent pas. On néglige parfois, par une véritable imprudence, de leur adjoindre la garantie d'une toile métallique. L'appareil ne possède pas de cheminée. Sous le rapport de la silreté el de la simplicité, il forme un intermédiaire assez employé entre la lampe Davy et celle de Mueseler.

1167 — Lampe Birckel.

— Cette lampe, qui n'a pas dccheminéc(fig.688,689), est munie de l'enveloppe de verre et du tamis de sûreté ('). Elle se distingue par l'adjonction d'une sorte de lanterne sourde, formée d'une double garniture de lâle, dont les deux parties sont percées d'ouvertures correspondantes.

L'une d'elles est fixe et environne le treillis. L'autre peut tourner autour de la première h frottement doux. Lorsque la lampe se i-emplit de feu. on exécute cette manœuvre, el l'extinction en est la conséquence. Si l'on conçoit simplement des craintes, on peut effectuer une demîfermeture, qui communique à l'appareil une sensibilité analogue à celle de la lampe Mueseler, et détermine son extinction spontanée en présence du grisou, en gênant l'arrivée de l'air qui serait nécessaire pour dominer l'augmentation des produits de la combustion. Il est seulement à craindre que l'ouvrier ne préfère la clarté à la sécurité. La carapace extérieure figurait déjà dans la lampe Morison.

11S8 — Lampe Mueseler. — La lampe Mueseler (Gg. 690) renferine le lamis et le diaphi-agme, la cheminée, l'enveloppe de verre, le réserroir avec son porle-mèche et sa mouchette, l'armature de six montants.

L'air descend entre le lamis et la cheminée, traverse le diaphragme, passe sur la mèche et remonte dans la cheminée. Inversement, il faudrait, pour qne le feu se communiquât à l'atmosphère, qu'il traversât le diaphragme el le treillis, d'où une double sécuritc. Le diaphragme suffit ordinairement pour contenir la flamme et l'empéchcr de rougir le lamis. Cette lampe est relativement chère et lourde. Elle pèse , vide, prés d'un kilogramme, et contient 0''*,115 d'huile. La cheminée, en s'abaissanl près de la mèche, contribue à diminuer [a clarté.

Les dimensions doivent peu varier, sous peine d'altérer profondément les fonctions de l'appareil. L'ordonnance belge du 17 juin 1876, qui 3 rendu cette lampe obligatoire pour toutes les exploitations grisouteuses, fixe de la manière suivante ces dimensions .

Ilipc réglcinenlaini

VEniif. — Diamêlre eitérieur U',0600

Épaisseur 0",0055

Hauteur (y compris la douille), maiimum . . . 0',0620

Chehihée. — Diamètret : au sommel, maximum 0",0100

au raccord avec l'évasemenl, maxim. 0*.0350

à la base de l'évaseï lient, maximum. 0",0300

Hauteur» : au-dessus du diaphragme 0-,0M0

au-dessous (y compris révaseinenl) . O'.OSTO

de l'évasemeul 0',l)060

de la cheminée au porle-mèclie. . . 0",0320

T*ws. — Haulrur 0-,1090

La toile doit présenter, par centimètre, 12 flls d'un tiers de millimètre.

La lampe Mueseler a été, pendant longtemps, en possession ^u privilège d'inspirer aux ingénieurs une confiance absolue. Mais des doutes se sont récemment élevés sur la valeur de cette innocuité.

Les expériences exécutées par MM. Mallard et Lechatelier pour la Commission du grisou, ont constaté que cet appareil peut allumer le gaz extérieur, si on Tinclinc en le présentant au courant d'air ; ou s'il est soumis, dans une position verticale, à un vent plongeant.

Depuis lors, M. Marsaut {*) a découvert que si Ton sature la lampe, en l'élevant dans une cloche qui renferme du gaz d'éclairage et la redescendant avant qu'elle soit éteinte, elle fait explosion, au bout de quelques instants, en lançant le feu au dehors. Or, telles sont précisément les circonstances dans lesquelles on recherche ordinairement la présence du grisou, en élevant la lampe près de la couronne, pour étudier l'asjMîcl de sa flamme, dans cette région qui est toujours la plus contaminée. Ce phénomène s'explique, en ce que l'afflux progressif de l'air pur ramène progressivement, par voie de rétrogradation, la teneur sursaturée à la proportion explosive qui détermine la déflagration; tandis que, dans les circonstances ordinaires, une invasion lente et progressive de l'atmosphère de la mine la rend inflammable avant d'être explosive. Dans ces conditions, elle prend feu sans explosion, ce qui provoque l'extinction de l'appareil avant que les circonstances soient encore aggravées, ainsi qu'il a été expliqué (n** H5i).

M. Marsaut a reconnu, de môme, que cette circonstance se présente encore plus nettement, si l'on fait petit feu, en abaissant la mèche, pour mieux étudier l'influence que la présence du grisou exerce sur la flamme, ainsi qu'il sera expliqué plus tard (n° H67). Ce fait augmente encore la gravité de la remarque précédente. 11 s'explique d'ailleurs tout naturellement, d'après la théorie qui a été présentée au n** H46, puisque, la flamme étant plus resserrée vers le centré, l'inflammation part d'un point plus éloigné de la périphérie, et a plus de temps pour prendre son élan, et atteindre la toile avec une vitesse capable de la traverser.

(«j CRM, 1882, 123; 188.3, HO, tôi.

Une lampe Davy, soumise h la même expérience, ne donne qu'une sorte de boufTée, sans explosion proprement dite, ce qui renverse les rdies au point de vue de la sécurité. Cette différence est analogue à celle de la combustion de la poudre à l'air libre, ou au fond d'un canon de fusil. Elle s'explique encore d'après la même théorie. La lampe Davy n'oppose, en effet, presque aucun obstacle à la libre expansion du dedans au dehors, tandis que le cylindi'e de verre de la lampe Mueseter, et le diaphragme ajouté au tamis proprement dit, compliquent cette sortie. H. Harsaut a mis ceUe influence en évidence, en bouchant progressivement une partie des orifices de sortie, ce qui rend l'explosion de plus en plus fréquente.

115V — Lampe Marsaut. — Cet émincnl ingénieur a pris les observations qui précèdent, comme point de départ des modifica-

tions qu'il a fait subir peu à peu à l'appareil de Mueselcr (fig. 691, 692), de manière à constituer finalement une lampe entièrement nouvelle, dont l'emploi s'est rapidement propagé.

ÉCLAIRAGE. bâti

11 commence par supprimer le diaphragme, en le remplaçant par un second tamis concentrique au premier (*). Par là, tout en conservant la sécurité que présente un double passage à travers la toile métallique, il augmente considérablement la surface perméable, et diminue, par conséquent, les chances d'explosion. £n même temps, il restreint la facilité d'extinction spontanée due à Tinclinaison de la lampe, en développant les facilités d'accès de l'air. 11 est même arrivé à supprimer totalement la cheminée.

En second lieu, M. Marsaut environne sa lampe d'une armure métallique pleine, pour défendre le tamis contre l'influence directe du vent. Des fenêtres placées à sa- base, au-dessus du cylindre de verre, servent à l'introduction indirecte de l'air, et sont elles-mêmes garanties par une coui'onne pleine. L'enveloppe est facilement démontable, afin que l'ouvrier, ainsi que le lampiste, puissent aisément vérifier l'état du treillis. On ne doit pas craindre, d'ailleurs, que cette armure, en empêchant le rayonnement, laisse rougir le tamis, sans que le mineur en soit averti. D'une part, en effet, un courant d'air rafraîchissant s'élève entre le bouclier et le treillis. Mais, surtout, la lampe s'éteignant dans le grisou, ne saurait présenter une tendance à rougir.

Des expériences comparatives ont montré à M. Marsaut une supériorité marquée de cette nouvelle lampe sur celle de Mueseler.

ff 60 — Lampe Baretta. — La lampe Barettaf) dérive de celle de Mueseler par les modifications suivantes (fig. 693). Le tamis ordinaire est recouvert d'un second treillis, pour offrir une double sûreté. Celui-ci est, à son tour, enveloppé d'un écran qui le préserve des courants d'air, des poussières, et des chocs. A sa base, est ménagée une galerie pour l'entrée de l'air, garantie elle-même contre l'action du vent par une couronne, établie à la hauteur voulue, dans l'armature extérieure, et faisant corps avec elle.

A l'intérieur, la cheminée métallique s'arrête à la hauteur de l'enveloppe de cristal, et se prolonge, à partir de là, jusqu'aux envi-

(«) Marsaut [Buil. min., 2% XH, 321). — CHM. 1882, 123 ; 1883, 67, 88, 110,104, 185. — Sicherbeitslampe von Marsaut [Œsterreichische ZeiUchrift f. B. u. ff., 1883, 400). n CRM, 1883, 54, 202, 206. : • .

i-ons du porte-mèche, par un tronc de cône en verre, assemblé à l'aide de quelques pas de vis en saillie. On évite ainsi les ombres portées par la partie inférieure de la cheminée de la lampe Mueseler. L'augmentation de la hauteur l'end, en outre, l'extinction moins facile par suite de l'inclinaison de la lampe. En même temps, ce développement du tirage exposerail à certains dangers avec un seul tamis, et motive, pour sa part, l'introduction du second treillis.

Fig. G93. Lampe BirelU.

11 ei — Lampe Fumât. — M. Fumât (') a cherché, dans son dispositif (lig. «94), à imiter la combinaison ordinaire du foyer de chaulTage , ou des lampes modérateur,

qui reçoivent l'air par le bas, en évacuant,

à travers une cheminée supérieure, les gaz

brûlés. De cette manière, le grisou peut se

consumer dès son entrée , au lieu d'être

obligé théoriquemeni, comme dans le type

Muûselcr, de remplir toute la lampe, avant

d'arriver sur la mèche.

Les tubes d'entrée d'air sont garantis par

un double tamis, formé de toile large à l'in-

Icrieur, et de toile à mailles fines au dehors. Une couronne de cuivre, de môme hauteur que ce treillis,

le préserve contre l'action du vent, afin d'éviter les courants

remontants qui pourraient souffler la Hammc.

Fig. G9i. Limpo FumiL

n., 3-, XIII, 1S1. — CAV, 1884. 13, IM.

La partie supérieure de l'appareil présente également un double tamis ; le premier, tronc-conique, prenant sa base sur le sommet de l'enveloppe de verre, ainsi que le second, qui forme un cylindre en prolongement de cette enveloppe. Encore ici, la toile intérieure est à mailles larges et la seconde à mailles serrées. En haut comme en bas, les tamis extérieurs de toile fine constituent la véritable préservation de la lampe. Les toiles intérieures, à mailles plus larges, ne jouent qu'un rôle de préparation, en refroidissant la flamme, et brisant sa force vive en cas d'explosion, en vue de mieux assurer l'efficacité du second rempart. Pour éviter qu'en cas de dévissage de la lampe, le tamis intérieur ne vienne à être oublié, on l'a mandriné dans la cheminée, de manière qu'il n'en puisse être séparé qu'à la lampisterie, à l'aide d'un outil spécial.

LAIHPISTERIE

11612 — Chaque ouvrier a sa lampe, qui porte son numéro. Elle lui est remise par les lampistes pleine, allumée, et fermée à clef (*). Il a cependant le droit de la refuser, si elle lui paraît suspecte, et d'en appeler à la décision du maître mineur. A partir de son acceptation, il en devient responsable. Si elle est trouvée ouverte entre ses mains, il sera considéré comme l'auteur de cette contravention. Les lampistes doivent constater que la lampe leur est rendue fermée. Lorsqu'elle porte des traces de détérioration, ou de tentative d'ouverture, ils ont le devoir d'en faire la déclaration.

Les tamis sont périodiquement nettoyés avec des lessives alcalines, des essoreuses et des brosses mécaniques, pour raviver les surfaces métalliques des fils, et, par suite, leur conductibilité protectrice, rétablir les pores qui ont été fermés par l'encrassement, au détriment de la clarté, et supprimer les poussières, ainsi que l'huile adhérente, qui pourraient s'enflammer en déterminant un coup de

('] En Angleterre, cependant, on admet souvent queJ'ouTrier emporte la partie supérieure de sa lampe, pour la nettoyer.

'■ivy

Fig. G9o. Nettoyage des tamis.

feu. On commence par enfiler le tamis sur le mandrin A (fig. 695), afin que la brosse B, dans sa rotation, le nettoie à Textérieur. Ensuite on le'retire, et on l'enfile sur la brosse C, en le maintenant à la main, pour le nettoyer à l'intérieur f). L'ancien procédé de la calcination au rouge doit être rejeté, comme fatiguant inutilement les toiles. Il est bon de procéder de temps en temps à une vérification spéciale des tamis, en vue de s'assurer que la diminution de diamètre, que les fils subissent à la longue, n'a pas atteint un degré dangereux.

Un examen journalier permet de constater qu'il n'y a pas de fils coupés, ni de déchirure capable de laisser passer la flamme. Une seule maille brisée fera rebuter le tamis.

M. Boussingault a imaginé une méthode de contrôle direct, qui doit être signalée à l'attention. Elle est employée sur plusieurs houillères anglaises, au moyen de l'appareil Embleton {*). On place la lampe allumée au milieu d'un cylindre, dans lequel on admet de la vapeur de pétrole. Si, par suite d'un vice inaperçu, elle est capable de déterminer une explosion, elle la provoquera immédiatement, dans des conditions prévues et peu dangereuses, au lieu d'amener une catastrophe souterraine.

H. Lechien applique cette idée d'une autre manière. L'appareil qu'il propose est un simple tube métallique, raccordé par un robinet et un tuyau de caoutchouc avec une prise de gaz. A son autre extrémité, il est recourbé en forme de virgule circulaire, percée de trous sur sa face interne. On environne de cette spirale, comme d'une ceinture, le tamis de la lampe allumée, et, en donnant du gaz avec le robinet, on détermine une efDuve qui s'enflammera si la lampe est défectueuse, et allumera tous ces petits becs de gaz. Si, au contraire, l'appareil Mueseler est en bon état, il s'éteindra dans ces conditions.

{«) Parent, hulL min., !'•, HI, 97.

(«) Pi4, Angleterre, 269.

1168 — Jamais une lampe ne doit rester dans le chantier, lors même que les hommes ne Tabandonnent que d une manière momentanée. Le grisou pourrait y affluer en leur absence, faire rougir le tamis, et déterminer l'explosion sous l'influence d'un courant d'air.

La lampe forme d'elle-même, par son absence de la lampisterie, le signe matériel du séjour de l'ouvrier dans le fond. Un service de contrôle doit permettre de se rendre compte, à chaque instant, du personnel descendu, tant au point de vue de la discipline que pour le cas d'un accident. Je citerai, comme exemple, celui qui a été établi par M. J. Lévy.

Chaque lampe porte un numéro d'ordre, à la fois sur le réservoir, et sur l'une des pièces de la cheminée qui en peut être détachée. Le même numéro est frappé sur une fiche métallique, et figure, en outre, sur un tableau fixé au mur, et portant des crochets de suspension. A chaque ouvrier est affecté un de ces numéros, dont on tient, avec le plus grand soin, un registre spécial. Indépendamment de ces lampes et fiches personnelles numéi^otées, il en existe une série impersonnelle alphabétique, destinée à remplacer les premières, quand elles sont à réparer. Celles-ci sont, en temps ordinaire, accrochées à leur place, sur un tableau spécial; mais lorsqu'un ouvrier se trouve sans lampe, on lui en remet une de la seconde série, en accrochant, à son numéro, la fiche alphabétique, et reportant sa fiche numérotée au crochet alphabétique. De cette manière, les fiches du tableau normal indiquent avec certitude la descente des hommes ; tandis que le système ordinaire de la simple absence de la lampe exige, en raison de la possibilité d'une mise en réparation, des complications ultérieures qui prennent du temps, et sont sujettes à erreur, dans le trouble d'un sauvetage.

1164 — Les mines à feu nu, dans lesquelles le grisou n'a jamais été aperçu, n'en doivent^pas moins posséder quelques lampes de sùrelé, que l'on maintient en état de service, afin de ne pas se trouver désarmé devant une apparition imprévue.

On a fait beaucoup d'essais pour l'utilisation des huiles minérales, et des lampes ont été spécialement construites pour cette ap-

plication. Cependant, en général, un article formel du règlement proscrit Temploi de ce combustible. M. Wolf a même proposé, en Saxe, des lampes à benzine. L'appareil Pieler est une lampe Davy alimentée à Talcool (*).

1165 — Postes de rallumage. — Des lampistes spéciaux sont placés dans l'intérieur des travaux pour le rallumage des lampes (*). Chaque chantier expédie, de temps en temps, par un gamin, ses lampes éteintes jusqu'à la cabine du lampiste, que Ton installe dans l'air pur, en la rapprochant pour cela, autant qu'il est nécessaire, du point d'entrée. Ce préposé les rouvre avec la clef, dont il est seul dépositaire, et les rallume à un feu nu, ou à une lampe de sûreté qu'il ouvre de même.

Parfois, au lieu d'un employé spécial, on laisse seulement une clef suspendue à une chainette à la disposition de chacun ; mais le premier mode est préférable.

Ce lampiste a en réserve un certain nombre de lampes, destinées à remplacer celles qui lui seraient apportées avec quelque détério ration, ou dont le tamis serait imprégné d'huile. Il prend alors note des ouvriers auxquels il les délivre. •

Pour les cas où l'on peut redouter des dégagements instantanés, sans avoir cependant renoncé à l'installation d'un poste intérieur de rallumage, MM. Gérard et Lechien ont proposé une modification destinée à améliorer les conditions de sécurité. Au lieu d'un feu nu, qui amènerait fatalement l'explosion, à l'arrivée imprévue d'une effluve grisouteusc ; ou d'une lampe de sûreté, qu'il serait long de dévisser et de revisser entre chaque rallumage, de telle sorte que le lampiste ne manquerait pas de la laisser souvent ouverte: ces constructeurs disposent un appareil, ayant la forme d'une lampe Mueseler que l'on aurait sciée à la base, au-dessus du récipient. Toute la partie supérieure s'enlève d'un seul morceau, et repose sur le

(') Elle permet de déceler la présence de proportions de grisou plus faibles qu'avec la lampe ordinaire (Habets, Rapport sur Vexposition éChygiène et de tauvetage de Berlin. — De Vaux, Rev. univ. d. m. et ti., 2*, XV, 140).

(') Ce service se complique parfois beaucoup. Aux mines de l'Agrappe, on estime qu'il peut y ayoir journellement 150 extinctions, pour 750 ouvriers.

c ÉaAIRAGE. 555

culot au moyen d'un joint de sable. La manœuvre est donc instantanée, et l'appareil garde constamment les caractères d'une lampe de sûreté, en dehors du temps très court pendant lequel on le décoiffe pour prendre du feu (*).

RECHERCHE DV GRISOV

1166 — Observation de la lampe de sûreté. — L'étude de la llamme d'une lampe de sûreté constitue le moyen le plus ancien, le plus sûr, et le plus généralement employé pour la recherche du grisou dans les chantiers.

Indépendamment de l'examen auquel chacun doit se livrer, dans l'intérêt de sa propre sécurité, le règlement exige des visites spéciales de la part des maîtres mineurs, avant l'entrée des ouvriers, particulièrement le lendemain d'un chômage, pendant lequel le régime normal a pu être troublé, des portes laissées ouvertes, etc. La statistique a montré, en effet, que la proportion des accidents du lundi s'élève à 21,8 7o en Westphalie, et à 33,5 7o en Saxe, au lieu de celle du septième, ou 14 7o(*)- Pour peu que le gite soit considéré comme dangereux, ces tournées se font avec des lampes à double tamis ; précaution d'autant plus nécessaire, que la lampe Davy est souvent, pour cette circonstance, substituée à celle de Mueseler, en raison de la facilité d'extinction dans le grisou, qui caractérise cette dernière.

1167 — En ce qui concerne les indices que peut fournir Tobservation de la flamme, nous supposerons, pour fixer les idées, qu'il s'agisse de la lampe Mueseler du type réglementaire belge.

(1) Haton de la Goupillière, Bull. Soc. {fenc, 5% XI, 276.

(*) Auszug aus den Mittheihingen der Grubenverwallungett, etc. F]*eyberg, 1882. — Un accident dramatique s'est produit dans ces conditions, le 15 janyier 1868, à Neu- Iserlohn (Westphalie). Le trait venait de commencer, lorsque 81 hommes, déjà descendus, furent foudroyés par une explosion de grisou, sous les yeux de leurs camarades, qui attendaient, autour du puits, leur tour de descente [ZeittchHft BBS, Vil).

■ Ces symptômes sont au nombre de deux : 1" allongement de la flamme, 2° apparition de l'auréole bleue. La description de ces effets révélateurs a été faite avec le plus grand soin par MM. Mallard et Lechatelier {').

La dilatation de la flamme est due à ce que, d'une part, le giisou euge, pour sa combustion, une quantité d'air spéciale, en sus de relie qui correspond à l'huile dans le régime ordinaire; et qu'en niênie tcmps.sa présence dans l'atmosphère en abaisse la teneur en Dxyf^ène. Il faut donc, pour ce double motif, une plus grande surface d'oxydation. Malgré cela, le résultat reste incomplet, et la fl;iinme devient un peu fuligineuse.

Avec une teneur de 0,0035 de grisou dans l'unilé de volume du mélange, l'allongement est très faible; cependant le point fixe que fournit la base de la cheminée permet encore de l'apprécier, A 0,0075 cet allongement est de 1 à 2 millimètres. Pour 0,0150 il atteint 5 à 4 millimètres. A 0,0300 la flamme s'engage fortement dans le cAne, et pour 0,0400 elle y pénètre de 10 à 15 mil limitres environ.

L'auréole bleue provient de la combustion du grisou qui s'efTcc- Uic, en raison de la chaleur fournie par le corps de la flamme, dane^

son voisinage immédiat;' tandis que la teneur de l'atmosphère amliiaiitc reste d'ailleurs insudisanlc pour permettre une combustion |iropre, capable de se propager d'elle-même dans le sein de la ■nasse. On rend son observation plus appréciable en faisant petit

(') AnmU; T, IIX. 195.

ÉaAIRAGË. 557

feu, c'esl-à-dire en baissant la mèche à 5 millimètres, et cachant, avec le doigU le corps de la flamme jaune de l'huile. Celle-ci perdant son pouvoir éclairant, l'auréole apparaît avec une hauteur de 6 à .7 millimètres, dès que la proportion de grisou est de 0,02. A 0,03 elle atteint 7 à g millimètres (fig. 696). Pour 0,04 elle affleure la base du cône. Dès 0,05 elle s'engage dans la cheminée. A 0,06 elle s'évase, de manière à embrasser la base du cône (fig. 697). A partir de 0,07 la flamme s'éteint plus ou moins nettement, et avec certains tournoiements. *

1168 — Bien que ces moyens d'appréciation soient moins aisés, au milieu des chantiers souterrains, que dans le laboratoire, ils permettent cependant d'y reconnaître la présence du grisou, quand la teneur n'est pas inférieure à 0,03. On arrive môme, avec de rhabitude et du soin, à déceler la proportion de 0,02.

Malheureusement la présence d'une certaine quantité d'acide carbonique peut masquer les indications des lampes (*).

En second lieu, il existe au plafond une zone de 0",20 environ de hauteur, dans laquelle les lampes pénètrent difficilement, surtout celles que l'on ne peut incliner ; et c'est justement la partie la plus dangereuse, en raison de la faible densité du gaz.

Enfin, Ton ne doit jamais perdre de vue que les teneurs en grisou, dont la lampe est impuissante à rendre compte, sont tellement rapprochées de celles qui exposent à un danger imminent, qu'une cause souvent légère peut faire passer, en peu de temps, de la sécurité à une catastrophe.

1169 — Indicateurs à écran. — Certains moyens ont été proposés pour faciliter les observations.

M. Steavenson a conseillé (*) d'adapter à la lampe un verre bleu de cobalt, pour modifier l'aspect de la flamme; mais cette adjonction a été reconnue plus nuisible qu'utile.

MM. Mallard et Lechatelicr ont cherché à dénaturer la flamme

(») CRM, 1877, décembre, 7, Gonthiei».

p) Pièces annexées aux procès-verbaux de la Commission du grisou, 2* fasc, 98. — Écho det minet, 1877, 324. — Transacl. y El, XXVÏ, 135.

elle-méiiH!, en l'alimentant avec de l'hydrogène pur ('). Elle devient par là beaucoup moins éclairante, et éteint moins la visibilité de l'auréole bleue ('), que l'on apprécie, en outre, à l'aide d'une loupe. Onarnveainsi.dansle laboratoire, à discerner une teneur de V^7o- Mais la complication de cet appareil l'a fait abandonner par ses auteurs, pour une combinaison plus simple.

Ils ont repris, à cet effet, en améliorant l'exécution, une idée de M. Delon, qui consiste à masquer la flamme de l'huile, au moyen d'un écran interposé entre elle et l'œil de l'observateur ('). Ces ingénieurs ont ajouté un second écran, à l'arrière de la flamme, pour empêcher l'illumination des objets situés au MM^s^Ê^ delà, et les réflexions qui en

|E' 'l^a sont les conséquence. M. Cos- ^p" "W^^ set-DubruUe a complété cet j^jlt ensemble par Tadjonction

Étr " ^l'iiliilM d'une enveloppe métallique noircie, appliquée contre la courbure de la partie postérieure du verre (fig. 698, 699), de manière à mettre l'auréole bleue dans tout son relief {*).

On a encore proposé (') d'installer des lampes fixes, destinées a être examinées au spectroscope, par des agents spéciaux appelés chercheurs de gaz.

H70 — Grisotimètres. — Divers appareils ont été imagi*

('] Piècet aniteiiet aui procès- verbaux de la Commission du grisou, 1" fascic. 150, 3* fsscic, 98.

(*) 11. Pieler a cherché & obtenir le radoie résulUtau moyen de la Hammedc l'alcool, dont il consid6i-c les effets comme encore supérîeui's, sous ce rapport, à ceux de l'hydrogène (n> net, note}.

(') Piècei amuxie» »a\ procf^ terbBui de In Commission du prison, !•■ fasc.. 54, 150. — Annala, 1'. XH. 206. — CRM. 1870. 100, 200. — Journal de* minei, 1879, 243. — Complet rendui de rAcadémitdet iciencei. LXXÏllI, 7*9.

(') MM. Hallard et Lecliatciier ont rédigé un lablesu, indiquant avec détails les diverses apparences qui correspondent k des teneurs pi-aduées, Pitca aaneiiei, etc., 2* fasc., 103.

Cl Blanchet, CRU, 1878, mai, 3i.

ÉCLAIRAGE. Gôlt

nés (') pour recueillir l'air des mines cl en effectuer, dans le laboratoire, l'analyse chimique plus ou moins rapide, et plus ou moins complète. Hais ces méthodes sont étrangères h notre sujet.

M. Coquillon a proposé, sous le nom de gritoumèlres 0, deux appareils, dont l'un l'esté, comme les précédents, destiné aux essais de laboratoire, tandis que l'autre est portatif (fig. 700), pour doser le gi'isou sur place dans les chantiers. Le principe employé par cet inventeur lui fournit une analyse eudiomé- Irique sans explosion. Un fil de palladium porté à la température blanche dans un milieu grisouteux , avec un excès d'oxygène, provoque la combinaison des deux gaz, accompagnée de la disparition d'un volume double de celui du grisou (n° 995). Cette diminution est appréciée è l'aide d'une graduation, dont la lecture fournit directement la proportion de gaz.

M. Lechatelier a reconnu que le platine peut être substitué avec avantage au palladium. Quant au moyen de porter le fil à la température blanche, on le trouve dans une pile Trouvé ou une pile Planté qui donne, au moment voulu, toute l'intensité nécessaire , en employant les intervalles à réparer ses perles.

Les mérites de ces gi'isoumètres ont été très discutés. MM. Mallard fit Lechatelier, chargés de leur étude par la Commission du grisou, insistent sur les difficultés pratiques de l'application de l'appareil portatif, et sur ce qu'il fournit des indications trop faibles.

(') Por un. Thénard, Ormi, Chuard, Thuau, Trucliot. erc. (Annalci, T. VIII, 415. — Bull Soc. ifcnc., î-, VU. 285. — Pièce» atmrtée», elc., 1" fasc.. 6- — Dombre, U GrUou, 43}.

(!) AtmaUt. 7'. XR, 187, Vallard el Lechatelier; XX. 509, Caslel. — Bull, min., f, VI, 43t. — CltM, 1H7U, sepleiiibi-c, 35; 1877, jatmcr, 3t; décembre, S; 1878. janvier. 4; féTrier, 5; 1879. 75; 1881. 197. — Bull. Soc. «frac., 3-, VII. Ml. — PitM annexée», etc., 92. 120. — Coulon. Rapport sur le grisoumèlre, Rouen. 1877. — Compte» rendia de r Académie dei tcience; LXXXIV, 458 ; LXXXVIl, 195.

Sous ce dernier rapport, cependant, ils le i*egardent comme susceptible de perfectionnements, attendu que Tappareil de laboratoire, qui est fondé sur le même principe, donne de bons résultats, quand il est convenablement employé.

1171 — M. Mounier (*) provoque, au moyen de l'électricité, une combinaison partielle du grisou et de Tair, sous forme de naphtaline, ce qui détermine, dans la capacité renfermant la prise d'essai, une dépression variable avec la teneur du mélange. Cet appareil, ingénieusement disposé quant aux détails d'exécution, parait trop délicat pour les conditions du travail souterrain.

M. Turquan propose l'emploi d'une sonnerie électrique, déclanchée par la rupture d'un fil combustible, qui est installé à une distance déterminée de la flamme d'une lampe fixe, et détruit par l'expansion que communiquerait à cette dernière la présence du grisou.

M. Clermont indique, de même, l'usage d'une lampe Mueseler fixe, dont la flamme échauffe une petite barre métallique. Dans le grisou, la lampe s'éteint, et la barre, éprouvant un retrait, ferme un circuit qui met en action une sonnerie avertisseuse.

Le phanérogrisoumètre Gossiaux (*) renferme également, au sein de la flamme d'une lampe de sûreté, une lame métallique qui s'allonge plus ou moins, suivant l'importance de la combustion, el meut, à son extrémité, une aiguille devant un cadran.

M. Liveing C) dispose, dans une lampe de sûreté, deux fils de platine, dont l'un reste au contact de l'air ambiant de la mine» tandis que l'autre est enfermé, avec de l'air pur, dans une enveloppe de verre. On fait passer un même courant à travers tous les deux. Le premier jette alors un éclat supérieur en présence du grisou, en raison de la combustion qui s'établit dans son voisinage. On compare les intensités, en éloignant plus ou moins de l'un ou de l'autre un écran, jusqu'à ce qu'il soit également éclairé par les deux

(») CHMf 1881, 202. — Pièces annexées, etc., 2» fasc, 120. — Les Mondes, LY, 181».

(«) CnM. 1879. 109.

P) Annales, 7% XIX, 191 ; 8% Hl, 31. — CRM, novembre, 1880. — Engineering, XXX, 114. — Kohlcr, Lehrbuch der Bergbaufiunde, 617. — GEsterreichische Zeitêckrifl* 1880, 586.

fils. Cette appréciation ne saurait s'abaisser au-dessous de 1/2 7o> car les incertitudes de mesure peuvent atteindre cette limite. Néanmoins, l'appareil semble de nature à rendre des services, et mérite d'être étudié avec suite.

M. Angus Smith (^) emploie la mousse de platine au fond d'un briquet à air. La compression détermine une incandescence dont le degré varie, suivant cet inventeur, avec la teneur en grisou. Une appréciation photométrique aussi fugitive parait placée dans des conditions bien moins satisfaisantes, que celles de l'appareil précédent.

Le docteur Irvine(*) a construit une lampe indicatrice, fondée sur le principe des flammes chantantes. Un tube étroit, en se remplissant plus ou moins de feu, suivant la manière dont s'allonge celuici, d'après la proportion du grisou, pourra donner naissance à ce phénomène bien connu. On a môme été jusqu'à proposer l'établissement, à demeure, de pareilles lampes sur les points suspects, avec correspondance téléphonique dans le cabinet d'un surveillant spécial. Les épreuves auxquelles a été soumis cet indicateur, ont malheureusement semblé manquer de netteté.

M. Forbes (') se fonde sur un principe analogue : celui de l'inégale vitesse du son dans les gaz plus ou moins denses. La sonorité d'un diapason, placé à l'embouchure d'un tube qui est fermé, à l'une de ses extrémités, par un piston mobile, se trouve renforcée progressivement, et le maximum se produit lorsque la longueur de la colonne est telle qu'elle lui permet de vibrer à l'unisson. Cette longueur dépend de la densilé. Par conséquent, on fera mouvoir le piston jusqu'à ce que l'oreille perçoive la sensation du maximum. A ce moment. Ton déduira de la longueur indiquée par la graduation, la teneur en grisou. Il est toutefois nécessaire d'apporter, dans ces mesures, certaines corrections relatives à la température et à la pression ; complication qui est de nature à jeter beaucoup d'incertitude sur les résultats, car ces quantités sont de l'ordre même des grandeurs à mesurer.

(») Annalei, 7% XIX, 192.

n Rev. univ. d. m. et u., XXXHI, 205.

(») Annales, 7% XIX, 190. — CRM, 1880, 109. — Transact. NEL XXIX, 171.

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M. Ansell f ) se fonde sur Fendosmose. Nous avons vu (n® 1128) que lorsqu'un corps poreux, tel qu'une plaque de biscuit de porcelaine, sépare deux milieux, supposés à la même pression, dont Tun est formé d'air pur, et l'autre imprégné de grisou, le manomèti*e s*élève dans le premier, d'une quantité qui est proportionnelle à la teneur en grisou, et peut lui servir de mesure. Malheureusement cet appareil est peu sensible. En outre, il est sujet à erreur, en raison des influences propres de l'acide carbonique et de la vapeur d'eau, qui s'exercent en des sens contraires. Enfin, l'indication ne présente de valeur que pour une invasion un peu subite, car le maximum de dépression se dissipe bientôt. Si donc une même infection, au lieu de s'opérer d'un seul coup, s'effectue en plusieurs fois, en donnant successivement, au maximum correspondant, le temps de disparaître, le degré de contamination pourra s*élever indéfiniment, sans que l'appareil l'indique à aucun instant par une mesure correspondante.

On voit par les indications qui précèdent, que l'imagination des inventeurs s'est amplement donné carrière sur ce sujet, si important en effet (*). Des combinaisons, pour la plupart fort ingénieuses, ont été mises en avant. Cependant ces appareils manquent de certitude. Ils présentent, en général, une grande complication, et réclament des manœuvres trop délicates pour le milieu auquel ils sont destinés. Quelques-uns se prêtent à l'observation personnelle, au moment voulu. D'autres sont proposés comme des avertisseurs automoteurs, destinés à éveiller d'eux-mêmes Tattention, quand survient le danger. Mais ces derniers risqueraient d'endormir, dans une fausse sécurité, la surveillance des agents chargés de l'observation directe, de laquelle nul aujourd'hui ne songerait à se passer.

(») Annale$, 7% XIX, 188. — CHU, i881, 75. — Transact. SEI, XV, 168, 170; XVI, 2. — Kuh]ei% Lehrbuch der Bergbaukunde, 6i6. — Serlo, Bergbaukwide^ H, 255. — Œsterf-eichische ZeiUchrift.i^GSt p. 175. — Berg und Hûttenmânnische ZeiiungA^^t P* 216.

('') On peut citer encore les grisoumètres de Gaselia, de Young, de Bagot et Apt [K. Brabant, Ventilation des mines à grisou, Annales den travaux publia de Belgique^ XLII).

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