A LA VEINE
OUVRIERS
DU ro!fo ET DU joun
francs
francs
francs
francs
1244 — Pour donner une idée de la répartition du personnel, d'après la division du travail, j'indiquerai l'organisation de la Société des mines de Lens pendant l'exercice 1882-83 :
!• Fond.
Chefs porions 8
Forions 27
Surveillants 29
Ouvriers à la veine 1155
Aides à la veine 9
Ouvriers aux crains 19
Aides aux crains 2
Meneurs de bois aux tailles 25
Reculeurs de charbon 2
Coupeurs de mur 187
Aides-coupeurs de mur 37
Ouvriers d'avaleresse 40
Aides d'avaleresse 23
Calfateurs 8
Bowetteurs(*). . 85
Aides-bowetleurs 41
Raucheurs[^ 93
Raccommodeurs 117
Aides-raucheurs et raccommodeurs. 62
Galibols(») 50
Cantonniers 37
Poseurs de rails 34
Aides-poseurs de rails 8
Chargeurs aux cages 24
Avanccurs aux puits 29
Chargeurs aux tailles 227
Hiercheurs aux charbons (*).... 386
Pousseurs 16
Accrocheurs aux plans inclinés. . . 53
Freineure '37
Portiers 22
Gardes d'écurie 9
Conducteurs de chevaux 54
Uachinistes ■ 7
Gardes-trains 56
Hiercheurs à terres 75
Remblayeurs 92
Maçons 39
Aides-maçons 7
Moulineurs 5
Boute-feu 10
Divers 23
Total . . 3 260
(*) Mineurs employés au percement des travers-bancs. {*) Mineurs employés & dresser la section des galeries. (>) Aides-boiseurs de 12 à 15 ans.
(^) Jeunes rouleurs.
2** Carreau.
Chefs de carreau. .
Marqueurs. ...
Magasiniers . . . ,
Basculeurs
Délivrcurs d'acquits,
Machinistes 50
Graisseurs 6
Chauffeurs 21
Aides-chauffeurs il
Moulineurs 52
Avanceurs 14
Lampistes 18
Distributeurs de poudre 4
Commissionnaires 5
Scieurs de bois 10
Brouetteurs de bois 6
Gardes de nuit 4
Forgerons It
Aides-forgerons 8
Charpentiers 16
Aides-charpentiers 3
Manœuvres 29
Chargeurs de wagons 14
Mesureurs 3
Ramasseurs de pierres 156
Passeurs de cendres 7
Divers 18
Total . .
3* Aie liera.
Chef et sous-chef d'atelier 2
Employés nux écritures 4
Ajusteurs 23
Tourneurs , 10
Forgerons 15
Aides-forgerons. . 14
Chaudronniers . . . .
Aides-chaudronniers .
Lampistes, ferblantiers.
Maréchal -fcc^ant . .
Charpentiers
Menuisiers. .
Charrons. .
Tourneurs. .
Scieui's . . , Aides-scieurs.
Chauffeurs . .
Divers. . . .
Total . .
Garde et sous-gardes magasins.
Garçons de magasin
Distributeurs de poudre. . . .
4** Magasin,
Divers.
Total
1** Fond [suivant le détail ci-dessus] 3 269
2* Carreau (suivant le détail ci-dessus) 472
Z" Atelier (suivant le détail ci-dessus)
4* Magasin (suivant le détail ci-dessus)
5» Équipages
6** Chemin de fer
?• Rivage
8" Constructions
9* Sondages
10» Employés
Total général.
RËGLEHENT
f !iK45 — Le fonctionnement d'un organisme aussi compliqué que celui d'une mine, ne saurait s'effectuer qu'à l'aide d'une réglementation nette et précise, appliquée avec fermeté et sans défaillance (*). Les mesures à observer sont de deux sortes. Les unes ne concernent que la direction cUe-môme, tant pour le sage aménagement des ressources du gisement, que pour la sécurité du personnel. Mais ces deux points de vue nous ont occupés à diverses reprises, et il n'y a pas lieu d'y revenir en ce moment. Un second ordre de dispositions règle les devoirs du personnel, aux divers degrés de la hiérarchie et c'est d'elles qu'il convient de dire quelques mots.
Toute Société minière est libre d'édicter chez elle les mesures qu'elle juge convenables, pourvu qu'elles ne soient, en rien, contraires à l'ordre public, ni aux lois et règlements du pays. L'ouvrier est mis à même de prendre connaissance de ces dispositions. Une fois qu'il est entré au service de la Compagnie, il doit s'y conformer, et reste passible des punitions, amendes, etc. qui s'y trouvent formulées.
On a cherché, toutefois, une garantie plus haute, et quelques règlements de mines ont été soumis à l'homologation préfectorale, formalité qui les assimile aux actes de Tautorité publique, et leur assure la sanction des tribunaux, à la diligence du parquet. 11 est, en effet, de la plus élémentaire justice, que des contraventions d'une nature aussi spéciale, et d'une immense gravité (puisque la vie de tous dépend souvent de l'imprudence d'un seul), soient passibles, de la part du pouvoir, de répressions semblables à celles qui sont destinées à protéger, en toutes circonstances, Tcxistence des citoyens. Or, de telles dispositions trouveraient difficilement leur
(^) Du Souich. Rapport sur la réglementation dans les mines à grisou [Annalesj 1', XIX, Bulletin, 151). — Principes à consulter dans l'exploitation des mines à grisou, préparés par la Commission d'études des moyens propres à prévenir les explosions de grisou dans les houillères, in-S*», Paris, 1881.
PfX
place dans une loi générale ; si Ton réfléchit surtout à la complète diversité des conditions où se trouvent placés les différents gites; de telle sorte que les actes les plus inoffensifs en un point, peuvent devenir éminemment dangereux sur d'autres. Il convient donc de laisser les Compagnies étudier, de concert avec l'Administration des mines, les mesures qui conviennent pour chaque exploitation en particulier, en suivant la procédure qui vient d'être indiquée.
Le règlement ne doit rien omettre d'essentiel, et, en même temps, ne rien renfermer d'inutile. Il doit être clairement rédigé, affiché dans les principaux lieux de passage, et, surtout, de stationnement des ouvriers. Beaucoup de Compagnies le font imprimer sous forme de livret, dont elles remettent un exemplaire à chaque employé.
On ne peut que louer certains directeurs, qui ont pris l'initiative d'organiser des conférences, destinées à expliquer à leur personnel la lettre, et surtout l'esprit de ces dispositions. On arrive ainsi à faire comprendre aux ouvriers des dangers qu'ils ignorent, ou qu'ils méconnaissent, et qui motivent des mesures fatigantes pour eux, el, en apparence, inutiles, qu'ils ne sont que trop tentés d'esquiver.
Parmi les mesures d'ordre que les Compagnies sont amenées à prendre, la plupart concernent des dispositions techniques que nous avons eu occasion d'indiquer, dans la description des diverses branches du service, et sur lesquelles il n'y a pas lieu de revenir en ce moment. D'autres se rapportent plus spécialement aux actes de l'ouvrier lui-môme. J'en donnerai une idée, en empruntant, aux règlements de diverses Sociétés, quelques-uns de ces articles.
f S^4l6 — Dans les mines grisouteuses, il est rigoureusement interdit au mineur de porter sur lui du tabac, des allumettes, des clefs propres à ouvrir les lampes. Si l'odeur de la pipe se manifeste dans un chantier, tout l'atelier est mis à l'amende, à moins que les coupables ne soient reconnus.
Quand le grisou envahit un chantier, l'ouvrier doit se retirer de lui-même, sans concevoir pour cela d'inquiétude pour le prix de sa journée, qui lui est acquis, lors même que le maître mineur ne pourrait, sans perte de temps, l'employer sur un autre point.
PERSONNEL. r>39
Lorsque plusieurs types de lampe sont autorisés dans l'intérieur d'une mine, en raison des différences que présentent ses diverses parties, au point de vue du grisou, un surveillant, place sur les limites des régions affectées à chacune d'elles, empêchera que les lampes prohibées dans l'un de ces quartiers y puissent pénétrer.
Des écriteaux très visibles signalent les quartiers suspects par les mots : DANGER, ou : MINE A GRISOU. En Angleterre, le board en fonte émaillée s'installe au devant d'une sorte de trémie en planches, qui ne permet que le passage du wagon, et qu'il est impossible de ne pas remarquer. On place aussi, en ces points, un feu rouge, analogue à ceux des signaux de chemins de fer.
Si l'emplacement devient actuellement dangereux, l'accès en doit être barré, à l'instant môme, par deux bois en croix, et, dans le plus bref délai possible, par une fermeture effective et efficace.
Dans les mines sujettes à des dégagements instantanés, on prendra, au jour, les précautions nécessaires pour empêcher que le grisou, s'il vient à sortir par un orifice, y puisse rencontrer un feu nu, lampe ou foyer. En ce qui concerne les premières, nous avons signalé (n** H40) les réverbères de sûreté, dont on peut alors se servir. On essaye également de remplacer, par des cylindres chauffés à la vapeur, les brasiers au coke destinés à réchauffer les hommes. Quant aux foyers des chaudières, il est impossible de les enfermer, mais on peut, du moins, les tenir en dehors des bâtiments, à une distance suffisante, et les protéger par un mur élevé contre les dégagements du puits.
Les maîtres mineurs doivent faire l'éducation des nouvelles recrues, en leur démontrant les propriétés des lampes de sûreté. Ils leur signalent les inconvénients de la vitesse, d'autant plus redoutables que la flamme sera plus dilatée par la présence du grisou, leur recommandant de tenir les feux bas dans les chantiers, et loin du front de taille, de ne pas agiter de vêtements dans le voisinage, de porter la lampe à la longueur du bras sans la balancer, de l'accrocher solidement aux parois, pour qu'elle ne puisse lomber, ni être heurtée par les outils; de noyer la mèche dans Thuile, si le feu tend à remplir le tamis, et, si cela ne suffit pas, d'étouffer la flamme par la privation d'air, ou avec de l'eau. Sotis aucun
prétexte on ne doit souffler pour V éteindre, comme un instinct mal inspiré pourrait porter à le faire. En pareil cas, les hommes se retirent à tâtons, avec calme, et en bon ordre (*). Si la teneur en grisou devient telle qu'elle provoque une gêne de la respiration, ils se courberont, ils chercheront, à la partie inférieure des galeries, les couches les plus pures.
f !^47 — Le mineur est responsable de la lampe et des outils qui lui sont confiés. Quand il les dégrade, il paye leur remise en état; s'il les égare, il en restitue la valeur.
Les dégradations commises par malveillance reconnue, sont soldées au double de leur valeur. Une moitié est retenue pour la réparation, et l'autre versée à la caisse de secours.
Des amendes sont infligées à l'ouvrier qui s'absente du travail sans autorisation, arrive en retard, insulte ses chefs, empêche le travail de ses camarades, ou se porte sur eux à des voies de fait; à celui qui remblaye du menu, ou boute du charbon malpropre.
L'entrée de la mine est interdite à tout homme en état d'ivresse.
L'ouvrier doit se rendre à son poste de travail par le chemin le plus court, ou par celui qui lui est désigné, et s'abstenir de circuler au hasard dans la mine.
Aucune personne ne peut pénétrer dans les travaux, sans être munie d'une autorisation de la direction, et accompagnée par un employé.
L'entrée des galeries qui débouchent au jour, est gardée par un slalionnaire, si le service exige qu'elle soit maintenue ouverte. Dans le cas contraire, elle est barrée au moyen d'un mode de fermeture efficace pour le dehors, mais susceptible de s'ouvrir par l'intérieur, de manière à permettre aux hommes de s'échapper, en cas d'accident.
Quiconque reconnaît une infraction actuelle, de nature à compromettre la sécurité, doit immédiatement la porter à la connaissance de ses chefs.
(•) On avait proposé d'avoir, dans chaque chantier, pour un cas semblable, une lampe renfermant des fils de platine qui, une fois rougis par la flamme, continueraient, après son extinction, h provoquer une oxydation lente du grisou, entretenant leur température, et s'accompagnant d'une certaine lueur.
IIVUTITUTIONS OlJ¥RlftRE8
t!^48 — Les mines sont souvent situées dans des localités privées de ressources. Les Compagnies se trouvent, dès l'abord, appelées à y pourvoir dans la mesure du nécessaire. Il n'est que juste d'ajouter que, bien loin de s'arrêter sur cette limite, elles ont mérité, presque toujours, les plus grands éloges, pour la largeur et la sollicitude avec lesquelles elles se sont acquittées de ces soins, en vue d'améliorer le sort de l'ouvrier. A cet égard, nous distinguerons trois sortes de créations : les institutions matérielles, morales, ou économiques.
Institutions matérielles. — Le point le plus indispensable est celui de l'habitation (*). Les solutions se rattachent à deux types distincts('). Tantôt on construit un ou plusieurs bâtiments, d'une longueur indéfinie, alignés parallèlement, et fractionnés en logements individuels pour chaque famille. On les appelle corons^ ou casernes. Ils forment autant de rues, avec une petite cour devant la façade, et, par derrière, un jardin d'une longueur quelconque perpendiculaire à la rue. Tantôt on préfère, non par économie, car le résultat est opposé, mais pour satisfaire aux goûts de l'ouvrier, de petites maisons, isolées chacune au milieu d'un jardin,
('] Vuillemin. Enquête sur les habilations, les écoles, etc., des mines du Nord et du Pas-de-Calais (BtdL min., 2*, I, 119). -^ Simonin. Les cités ouvrières des bouilleurs dans les mines du centre de la France (Rev. univ, d. m. et u., 1'", XX, 221). — Maisons ouYriéres des mines de Nœux (Annales industrielles, 1882, n* 2). — Huiler et Gacheux. Les habitations oumëres en tous pays (mines d'Angers, Béthune, Blanzy, Creuset, Lens, Grand-Hornu, Seraing, Badei-sdorrf, Rhein Elbe, llasenwinckel). Paris, chez Baudry. — F. BoUaert. Les institutions ouvrières, aux charbonnages de Mariemont et de Bascoup. Lille, 1884. — Mony. Étude sur le travail, Paris, Hachette, 2«édit., 1882. — Chansselle. Institutions de la Westphalie en faveur des ouvriers mineurs [Bull, min., 2*, Vn, 804). — Bresson. Notice sur les institutions en faveur du personnel créées par la Société Autrichienne des chemins de fer de l'État, 1878, in-8<>. — Laugel {Annaleè, 5", V, lois et décrets, 299). — Die Einrichtungen zum Besien der Arbeiter auf den Bergwerken PreusMM, Berlin, 1875 [Zeiller, Annales, 7% IX, Bulletin, 17).
(') A Lens, on a, par centaine de maisons : 513 habitants, dont 157 ouvriers, pro- 4ui8ant 51 425 tonnes de charbon. La Société possédait, en 1883, un total de 1700 maisons.