‹ Cours d'exploitation des mines (volume 3)Chapitre 97 sur 120 · IB · texte numérisé non relu

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Fig. 739 à 718. Nassettes et marteâui du scheideur (plans et élévations).

fines, où se concentrent souvent les parties les plus riches. Ces menus sont recueillis avec soin, et engagés dans la série des opérations mécaniques. Quant aux fragments proprement dits, le scheideur les classe suivant les mêmes principes que le klaubeur.

Il est rationnel de faire prédominer, quoiqu'en gardant une juste mesure, le scheidage sur le broyage mécanique. Le premier, en effet, effectué avec intelligence, ne séparera les blocs qu'au degré nécessaire, ce qui déterminera moins de menu, et, par suite, de perte; iandis que les machines, ne pouvant opérer que d'une manière unifornie sur des fragments pourtant variés, dépasseront souvent le nécessaire. Telle était la tendance franche-

FIg. 7i9, 750.

Raclette

du scheideur

(élévations

antérieure et

latérale).

Jit

68S PRËPARATION MÉCàmQUE DES MINERAIS.

ment accusée des anciens traitements, où le scheidage était poussé aussi loin que possible. Il a fallu beaucoup en rabattre, en raison du renchérissement de la main-d'œuvre. Il convient dédire, d'ailleurs, que les perfectionnements apportés, en dernier lieu, au travail mécanique, sous le rapport de la précision, contre-balancent, dans une certaine mesure, l'inconvénient qui vient d'être signalé.

TRAVAIL HÉt-ANIQVB

1278 — La formule du travail mécanique, ne diffère pas, quant au but de chacune de ses opérations, de celle que nous avons définie plus haut (n** 1274). Elle consiste à soumettre une substance proposée à une action déterminée, qui, en sollicitant diversement les Iragmenls de différentes natures, les classe en trois catégories, suivant le type fondamental (1). La supériorité du principe mis en œuvre, ainsi que de l'appareil destiné à le réaliser, s'apprécieront d'après la pureté du bon à fondre, l'extrême pauvreté du stérile, le resserrement de la matière mixte à refraiter.

En ce qui concerne cette dernière, une pratique fâcheuse consistait autrefois à insister longuement dans une voie identique, en la repassant plusieurs fois de suite sur le même appareil. Cette tendance manque de logique en général (*), car (si l'on excepte un certain nombre de grains, sur lesquels l'action séparatrice n'aura pu s'exercer, paralysée par quelque fâcheux hasard), pour la plupart des fragments, la compensation qui s'est opérée sur eux entre les antagonismes mis en jeu, n'a aucune raison de ne pas se reproduire. Un second traitement, opéré d*après des données identiques, ne réussira donc pas mieux que le premier, de telle sorte que, en persévérant dans celte voie, au lieu d'avancer directement vers un but défini, l'on piétinera sur place.

Il serait donc rationnel, en thèse générale, et sauf les tempéra

(') Nous rencontrerons des cas particuliers, où elle se justifie par des motifs spéciaux.

ments que nous apporterons plus tard à ces formules trop absolues, destinées à jeter de premières lueurs sur cette question si complexe, de changer, aussi complètement que possible, de principe classificateur, pour retraiter les résidus d'une précédente opération, afin d'en solliciter les divers fragments dans des conditions, qui ne soient plus identiques pour tous, comme ils l'ont été la première fois.

Mais cette ressource elle-même serait bien limitée, car nous ne constaterons que trop facilement combien sont peu nombreux ces principes vraiment distincts. On se trouverait donc bientôt désarmé, pour certaines séparations, s'il ne restait une ressource évidente et décisive, celle de dénaturer les morceaux par le broyage. Par cette fragmentation, l'on détruira les associations de minéraux que le hasard avait ménagées sur chaque grain, et d'où résultaient les compensations irréductibles, contre lesquelles on s'était heurté. On aura alors affaire à une matière toute nouvelle, sur laquelle pourront s'exercer de nouveau, fructueusement, les mêmes principes de classement, sauf à tenir compte, pour leur application, de l'influence considérable, qu'exercera nécessairement la diminution du calibre des grains.

On recommencera donc une série de classifications, et si elle arrive encore à se trouver paralysée, un nouveau broyage pourra remettre le traitement en marche. Si donc nous réduisons à sa plus simple expression cette formule abstraite de la préparation mécanique, envisagée dans son ensemble, nous voyons qu'elle se réduit à une succession appropriée d'opérations distinctes, se rattachant à un double type : classifications et broyages. La classification est par elle-même le but définitif de l'opération, et le broyage s'introduit ici avec une double destination: remettre en mouvement la marche normale des classifications quand elle a fini par s'enrayer, ainsi que nous l'avons vu, et en même temps concourir à cette séparation finale des espèces minérales par la destruction des forces de cohésion qui retiennent, indûment réunis, les éléments destinés à prendre les directions opposées de la halde ou de la fonderie.

L'étude du travail mécanique comprendra donc deux parties : celle du broyage et celle des classifications. La première, étant plus

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limitée, sera étudiée en premier lieu et formera l'objet du paragraphe suivant.

1279 — Quant à la séparation, ou classification, nous en rattacherons toutes les modalités à six principes essentiels.

Un premier genre de conditionnement ne porte que sur la grosseur même des fragments, sans aucune considération de leur composition minéralogique. C'est ce que nous appellerons le classement de volume. 11 se présente le premier daûs l'ordre rationnel, car c'est lui qui, de tous, pénètre le moins dans le cœur de la question. Le but final, est en effet la séparation des espèces, et le présent mode n'y a aucun égard. Cependant son importance est de premier ordre, et pour deux motifs. D'abord, parce que nous avons vu (n** 1272) que, dans un certain nombre de cas, où la matière est suffisamment homogène, l'association des fragments d'après leur grosseur constitue à elle seule tout le traitement. En second lieu, parce que, pour des raisons qui se présenteront à nous en temps et lieu (n° 1306), le classement de volume forme un élément indispensable de réussite pour les méthodes les plus délicates de séparation, hors duquel on ne rencontre que confusion et imperfection des résultats. Cette catégorie d'opérations réclamera donc toute notre attention, et nous lui consacrerons le dernier paragraphe du présent chapitre.

f IS80 — Nous rencontrons ensuite l'emploi de l'eau, qui tient dans l'ensemble une place si prépondérante que l'expression de lavage est devenue, pour l'usage, en quelque sorte synonyme de celle de préparation mécanique. Cette influence s'exerce, dans la pratique, suivant quatre modes différents.

Une première action, grossière et très confuse, mais indispensable dans beaucoup de cas comme préliminaire, porte le nom de débourbage. On y fait intervenir la force brutale d'un courant, pour dissocier les grains aglutinés par l'argile, entraîner les boues, et décaper les surfaces solides, de manière â rendre le gros appréciable pour le klaubage, et à dégager les gi^nailles des limons, qui entraveraient la netteté des opérations ultérieures. La descrip-

tion du débourbage ne méritera donc pas de nous arrêter longuement. Elle n'a aucun rapport avec les théories délicates de Tenrichissement(*); et comme, d'ailleurs, elle doit naturellement précéder toutes les autres opérations, nous l'envisagerons immédialemenl après le broyage, et avant le classement de volume, en lui consacrant le paragraphe 5 de ce chapitre.

Nous examinerons ensuite, avec le secours du calcul, l'opération d\i criblage à là cuve et les nombreuses variantes qui se sont successivement introduites dans sa réalisation. On désigne sous ce nom l'influence exercée par la résistance d'un milieu liquide au mouvement des grains. Ce sujet présente une telle importance, qu'il occupera à lui seul la totalité du chapitre lu.

Vient ensuite lelavage sur les tables. On y réalise un antagonisme d'une autre nature, entre l'action d'un courant, devenue motrice pour le grain, et la résistance opposée par le frottement qu'il éprouve, de la part d'une surface solide sur laquelle il se traîne.

La quatrième forme de l'application de l'eau consiste dans l'emploi des secousses au sein du liquide, lesquelles apportent une profonde modification aux résultats des procédés précédents.

Nous terminerons enfin par l'emploi, naturellement très restreint, mais fort intéressant, du classement magnétique, pour séparer de tous les autres corps celles des substances minérales qui sont attirables à l'aimant. Ces trois derniers modes de classification se partageront les trois paragraphes, dans lesquels se décomposera le chapitre un.

Si donc, avant de nous engager dans les détails, nous résumons ce premier aperçu du champ d'études que nous présente la préparation mécanique, nous pourrons le formuler par le tableau suivant :

(*) Les quatre opérations que nous allons mentionner après celle-ci, à savoir \o criblage à la cuve, le lavage sui* les tables, l'emploi des secousses, et le classement magnétique, sont souvent réunis sous ÏAdànomindilion de procédés d'enrichwement, par opposition à l'expression de classemenlj que l'on réserve, dans ce cas, pour désigner spécialement la classification par volume. A ce point de vue, on dit alors que la préparation mécanique, que nous avons réduite à deux termes fondamentaux (n** 1278), en comporte trois : le broyage, le classement, et renrichisscment.

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